Trente ans après la mort mystérieuse de sa mère, Marthe (Charlotte Dauphin) revient dans le sud de la France pour faire éclater la vérité. Mais plus elle s'approche de son passé, plus le réel semble lui échapper.
Après L’Autre, Charlotte Dauphin poursuit son exploration de la perte et de ses répercussions avec son deuxième long-métrage, Melpomène, en salle depuis le 30 septembre. Prenant pour appui une histoire familiale hantée par un décès mystérieux, la réalisatrice brouille les frontières entre mémoire, réalité et folie.
Marthe, professeure d’histoire de l’art, retourne dans la maison familiale pour tenter de comprendre les véritables causes de la mort de sa mère. Mais à mesure qu’elle remonte le fil de son passé, ses certitudes vacillent et l’enquête qu’elle mène se transforme peu à peu en une quête plus intime, à la recherche d’elle-même. Au travers de ce personnage, Charlotte Dauphin interroge notre manière de nommer et de rationaliser ce qui nous échappe, notamment lorsqu’il s’agit de santé mentale. « Comment, sur le terrain des émotions et de quelque chose d’extrêmement subjectif fait-on pour ramener une forme d’objectivité ? Comment psychiatrise-t-on les émotions ? Car il s’agit au final de rationaliser quelque chose qui ne l’est pas. », explique-t-elle.
Melpomène propose ainsi un regard résolument féminin et moderne sur la fragmentation psychologique et la frontière entre raison et folie. Dans le film, les femmes semblent rapidement enfermées dans cette alternative. Pourtant, la folie pourrait aussi constituer un chemin vers une forme de vérité et de connaissance de soi. « Je pense que Marthe, contrairement à tous les autres personnages, potentiellement en tout cas, est dans la vérité. Elle avance vraiment vers quelque chose de vrai », estime la réalisatrice.
Cette réflexion prend une résonance particulière au regard de l’histoire de la psychiatrie, longtemps marquée par un regard masculin. La réalisatrice déplore le manque de progrès de cette discipline, qui peine encore à appréhender la complexité de la santé mentale. « J’ai discuté notamment avec des oncologues – puisque l’on parle aussi du cancer du sein dans ce film – des très grands pontes de ce domaine qui disaient qu’il n’y a pas eu de progrès dans la psychiatrie alors qu’il y en a eu dans tous les autres domaines médicaux. »
Au-delà du deuil et de la quête de vérité de Marthe, Melpomène soulève ainsi une question essentielle : comment apprendre à se faire confiance lorsque le regard des autres, et celui de la société, nous pousse à douter de nous-mêmes ?
Pour donner corps à cet univers où les certitudes vacillent, Charlotte Dauphin s’est entourée d’une distribution étoilée et internationale. En effet, la cinéaste donne la réplique à Pascal Greggory, qui prête ses traits au docteur Rozère, ainsi qu’à Marisa Berenson dans le rôle de sa grand-mère, mais aussi Finnegan Oldfield, Louis-Do de Lencquesaing ou encore Anouk Grinberg et Marie-Agnès Gillot. Ainsi, une diversité de visages et de parcours participent à la singularité du projet et permet de faire cohabiter différentes sensibilités autour de Marthe.
Parmi eux, Andie MacDowell occupe une place particulière. L’actrice – récompensée d’un César d’honneur en 1997 pour l’ensemble de sa carrière – interprète Lady Rain, personnage discret mais essentiel dans le parcours de Marthe. Sa participation au film de Charlotte Dauphin résonne profondément avec son histoire personnelle. Bouleversée à la lecture du scénario, Andie MacDowell y a retrouvé un écho de ce qu’avait vécu sa propre mère, diagnostiquée schizophrène après sa naissance, alors qu’elle souffrait en réalité de troubles liés au post-partum.
L’actrice raconte: « Lorsque le film m’a été proposé, j’ai eu le sentiment que c’était l’univers qui me parlait. J’ai aussi une histoire personnelle assez particulière avec la France, et j’adore le cinéma français. » À travers ce témoignage, elle rappelle combien les souffrances psychiques des femmes ont longtemps été mal comprises, parfois mal diagnostiquées, et combien il reste essentiel de porter un autre regard sur leur santé mentale.
Chaque année en France, 13 millions de personnes sont concernées par un trouble psychique, les femmes étant particulièrement touchées. Alors que la santé mentale a été désignée Grande cause nationale en 2026, la question de la santé mentale féminine reste essentielle. Avec son nouveau long-métrage, Melpomène, Charlotte Dauphin contribue à mettre en lumière ces enjeux, mais aussi les fragilités psychologiques qui peuvent accompagner la maladie et le chemin parfois complexe de la reconstruction après un cancer du sein.
Partenaire du film Melpomène, le magazine Time France dédiera le mardi 20 octobre son sommet Time Climate qui relie idées, action et influence, à Octobre Rose. Cet événement, construit comme une conversation éditoriale utile pour toutes celles et ceux qui veulent incarner la transition, aura lieu au Cinéma Katara de l’hôtel Le Royal Monceau - Raffles Paris.
De 14h à 19h, conférences et rencontres se succèderont entre scientifiques, professionnels de santé, représentants associatifs et personnalités engagées, pour croiser les regards, partager les expériences et ouvrir un dialogue essentiel sur les liens entre environnement et santé.
Parmi ses temps forts, le public pourra assister à un échange animée par Laurie Cholewa entre Charlotte Dauphin et le footballeur français Robert Pirès, tous deux acteurs dans le film Melpomène. Ensemble, ils aborderont la question de la santé mentale des femmes après un cancer et les fragilités liées à la maladie et des enjeux de reconstruction intime, entre identité personnelle et regard des autres.
À la fin de la journée, le public et les intervenants pourront échanger autour d’un cocktail.
Consultez le programme complet et le lien d’inscription >
Le 20 octobre prochain, avec cette journée exceptionnelle, Melpomène s’inscrira au cœur d’une soirée qui entend faire avancer les échanges autour de la santé des femmes, de la prévention au parcours de reconstruction après la maladie.

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