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23 octobre 2020

Le Jouet : Jamel Debbouze et Daniel Auteuil dans le remake du film de Francis Veber

Un nouveau remake pour Francis Veber ! Sony met en chantier une nouvelle version du Jouet, qui va permettre à Jamel Debbouze et Daniel Auteuil de se donner la réplique pour la première fois, et sous la direction de James Huth, à qui l'on doit Rendez-vous chez les Malawas ou Brice de Nice. On ignore encore qui de Debbouze et Auteuil jouera le rôle-titre du film. Auteuil n'est d'ailleurs pas étranger à l'univers de Veber puisqu'il avait incarné François Pignon dans Le Placard et jouait également dans La Doublure.

Le Jouet version 1976 est un scénario original et une réalisation de Francis Veber, dans laquelle un journaliste (Pierre Richard) se retrouvait à devenir un "homme-jouet" suite au caprice d'un enfant auquel son père ne peut rien refuser. Ce père (Michel Bouquet), homme d'affaires important, est très occupé et ne transmet son amour filial que via des cadeaux somptueux. Mais lorsqu'il lui offre François Perrin, il ne sait pas que ce dernier va aider l'enfant (Fabrice Greco) à s'émanciper de son père...

Francis Veber est coutumier des nouvelles adaptations de ses films, puisqu'un remake américain du Jouet avait déjà vu le jour sous le titre The Toy (1982), réalisé par Richard Donner avec Richard Pryor dans le rôle principal et Jackie Gleason dans celui du patron. Les Compères avait été adapté avec Billy Cristal et Robin Williams (Drôles de pères), Le Dîner de cons avec Steve Carrell et Paul Rudd (The Dinner), Le Grand blond avec une chaussure noire avec Tom Hanks (L'Homme à la Chaussure Rouge), La Chèvre avec Martin Short et Danny Glover (Pure Luck) et Les fugitifs avec Nick Nolte et Martin Short (Three Fugitives).

Le tournage du Nouveau Jouet débutera en janvier 2021 et sortira en salles en février 2022. Jamel Debbouze y incarnera le jouet et Daniel Auteuil le grand patron.

14 mai 2020

Le Dîner de cons sur TF1 : pourquoi Jacques Villeret en a-t-il voulu à Francis Veber ?

Au fil des années, Le Dîner de cons est devenu un grand classique de la comédie française. Multi-rediffusée, la comédie portée par Jacques Villeret a cartonné au box-office en 1998, réunissant 9,2 millions de spectateurs en salles, se classant 2ème plus grand succès de l'année derrière Titanic. Le film est aussi salué par les Césars, recevant 3 statuettes (meilleur scénario pour Francis Veber, meilleur acteur dans un second rôle pour Daniel Prévost et meilleur acteur pour Jacques Villeret).

Le Dîner de cons est l'adaptation de la pièce de théâtre écrite par Francis Veber en 1993 et mise en scène par Pierre Mondy. Villeret y campait déjà François Pignon et donnait la réplique à Claude Brasseur, qui incarnait Brochant (Thierry Lhermitte dans le film).

Avant de triompher sur les planches puis au cinéma dans Le Dîner de cons, Jacques Villeret et Francis Veber auraient dû collaborer près de 20 ans avant dans La Chèvre. À l'époque, en 1981, le metteur en scène prépare ce qui sera son second long-métrage après Le Jouet (1976). Après avoir travaillé avec Lino Ventura sur L'Emmerdeur d'Edouard Molinaro (dont il est le scénariste), Francis Veber souhaite à nouveau engager l'acteur sur La Chèvre. "Je crois avoir assez dit à quel point Ventura était chiant, mais comme il était le meilleur, j'ai replongé", confie le cinéaste dans son livre Que ça reste entre nous.

Au départ, le célèbre acteur est enthousiaste et accepte d'incarner Campana, le détective privé qui s'envole pour le Mexique avec le maladroit François Perrin (qui deviendra Pignon dans les autres films de Veber). Il faut donc trouver le partenaire idéal pour faire face à Lino Ventura, et Francis Veber a sa petite idée en tête : Jacques Villeret. C'est là que les ennuis commencent ! "Ventura a dit non. Pourquoi ? Je ne sais pas. Il ne voulait pas de Villeret, un point c'est tout", révèle Francis Veber. Pourtant, sûr que Lino Ventura ne s'y opposerait pas, le réalisateur avait déjà parlé de son projet à Jacques Villeret, qui était euphorique à l'idée de prêter ses traits à François Perrin.

Veber a finalement dû expliquer au comédien que La Chèvre se ferait sans lui. Très affecté par cette décision, Jacques Villeret en voudra longtemps au cinéaste. Au final, La Chèvre se tournera sans Ventura, mais avec Depardieu et Pierre Richard. 20 ans plus tard, quand Veber revient vers lui pour l'adaptation cinéma du Dîner de cons, qu'il a écrit pour lui, Villeret rechigne et met plusieurs semaines à lire le scénario et à lui répondre (malgré le succès de la pièce en 1993). Au final, l'acteur acceptera de reprendre son rôle de François Pignon pour le grand écran et connaîtra la gloire grâce à sa performance mémorable.

Source : Que ça reste entre nous de Francis Veber, Robert Laffont.

02 avril 2020

L'Emmerdeur sur France 2 à 14h : Lino Ventura, un acteur compliqué. Francis Veber se souvient

 François Pignon, personnage emblématique créé par Franer dans sa pièce Le Contrat, voyait le jour pour la première fois au cinéma dans L'Emmerdeur d'Edouard Molinaro. Interprété par Jacques Brel, Pignon est entré au panthéon des personnages les plus appréciés du cinéma français. De Brel à Pierre Richard en passant par Daniel Auteuil, Jacques Villeret ou Gad Elmaleh, Pignon a traversé les âges, campé par ces différents acteurs. Mais Pignon n'est rien s'il n'a personne à emmerder ! Et dans ce film, il va coller aux basques d'un monstre sacré, Lino Ventura.

Au début des années 70, Francis Veber se fait connaître au théâtre avec sa pièce Le Contrat. Gaumont le sollicite alors pour mettre en scène un film d'espionnage, La Couverture, d'après un synopsis de l'auteur lui-même. Surpris, Francis Veber accepte d'aller rencontrer Lino Ventura pour lui proposer le rôle principal. Impressionné par le comédien, Veber lui raconte son histoire. Ventura s'énerve : "On va m'emmerde longtemps avec ce rossignol ?", lance-t-il à Veber.

Ce dernier se rend compte que Gaumont avait déjà proposé ce rôle à l'acteur, qui avait refusé. Le studio a ensuite envoyé Veber au casse-pipe pour essayer de convaincre à nouveau Ventura. L'artiste finit par s'amuser de la situation et les deux hommes commencent à tisser des liens. Veber lui parle alors de sa pièce, Le Contrat, qu'il souhaiterait adapter au cinéma. Ventura se montre intéressé et le scénariste promet de lui envoyer la pièce par courrier. Veber dépose alors le manuscrit chez le comédien et un coup de téléphone retentit le lendemain. "Ça, je veux bien le jouer !", s'exclame Lino Ventura, en parlant du rôle du tueur à gages Ralf Milan dans L'Emmerdeur.

Abasourdi, Francis Veber n'en croit pas ses oreilles. Il retourne voir Gaumont et le producteur Alain Poiré. Le studio accepte de financer le film. L'auteur retourne alors voir Lino Ventura, qui se révèlera être aussi "chiant que François Pignon". "Parler de Lino Ventura n'est pas facile", explique le réalisateur dans sa biographie. "Il a laissé une image sans tâche dans la mémoire collective, et la remettre en question peut paraître sacrilège. Je suis pourtant obligé de dire que cet homme exceptionnel pouvait être incroyablement chiant."

En effet, Ventura était notamment très exigeant au niveau de l'écriture. Tellement méticuleux que Francis Veber s'est arraché les cheveux pour certaines scènes. "Ce n'est pas dans ma morphologie", ripostait souvent l'acteur quand il ne se sentait pas d'interpréter une situation. Très soucieux de son image, il ne souhaitait pas l'associer à un sujet scabreux. "Je l'ai vu passer à côté de sujets exceptionnels parce que ce n'était pas dans sa morphologie", se désole Francis Veber. Par exemple, après L'Emmerdeur, le metteur en scène lui propose le rôle principal d'Adieu poulet, celui d'un flic corrompu se faisant entretenir par une prostituée. Ventura rechigne à jouer le rôle car selon lui : "Lino ne se fait pas acheter par une pute."

Veber a beau lui expliquer que ce n'est pas lui qui se fait acheter mais son personnage, Ventura n'en démord pas, il ne le jouera pas. L'auteur a dû remanier le scénario pour l'acteur pour qu'il revienne finalement sur sa décision. Ventura n'était pas seulement minutieux sur l'écriture, il était aussi très difficile sur les tournages. "Il pouvait être merveilleux quand il était en confiance, mais se montrait infernal s'il se braquait contre quelque chose ou quelqu'un. Lui qui avait tant de charme dans la vie, devenait brusquement caractériel", révèle Veber.

Agacé par le comportement de Ventura, le cinéaste se plaint un jour à la femme d'Alain Poiré, Yvette : "Il est capricieux comme un enfant", déclare Veber. "Non, il est capricieux comme une femme", rétorque Yvette Poiré. "Voilà qui risque de choquer ceux qui considéraient Lino comme un modèle de virilité, mais à la réflexion, je trouve que c'est un compliment. Le Lino que j'ai connu était plus complexe, plus ambigu que l'image de macho aux gros bras et au grand coeur de la mémoire collective. Lui imaginer une composante féminine ne me paraît pas l'amoindrir, mais au contraire l'enrichir.", confie le metteur en scène. Selon ce dernier, Ventura était un homme inquiet, stressé par son perfectionnisme jusqu'à s'en rendre malade et à mourir trop jeune.

Source : Que ça reste entre nous de Francis Veber publié chez Robert Laffont