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17 décembre 2025

Le coup de gueule d'Andréa Bescond pour les réalisatrices françaises

Equivalent des Golden Globes américains, les Prix Lumières (à ne pas confondre avec le Festival Lumière dédié au cinéma de patrimoine) sont remis chaque année depuis 1996 par un parterre de votants composé de correspondants de la presse internationale à Paris. Ils sont généralement remis en janvier ou février, avant les César. 

Les nominations de l’édition 2026 ont été dévoilées il y a quelques jours, et l’absence de femmes réalisatrices a interpellé Andréa Bescond. Actrice, danseuse, dramaturge mais aussi scénariste de cinéma, la créatrice des Chatouilles (la pièce comme le film, qu'elle a co-signé avec Éric Métayer) est également connue pour son engagement féministe. Et sur son compte Instagram, elle pousse un coup de gueule, énumérant ses collègues qui auraient pu être citées (liste à laquelle on pourrait ajouter Carine Tardieu, la réalisatrice de L’Attachement) : 

"Il me semblait que les réalisatrices françaises avaient fait une grande année de cinéma en 2025. Que ce soit en terme de choix de sujets, d’audace, de qualité de réalisation, de singularité… Je suis étonnée de ne voir aucun de ces noms attendus aux nominations des Prix Lumières. Merci Hafsia Herzi, Rebecca Zlotoswki, Julia Ducournau, Amélie Bonnin, Marie-Hélène Roux, Alice Douard, et toutes celles qui manquent, d’avoir fait rayonner le cinéma français cette année avec votre immense talent. Je suis triste et scandalisée (c’est un euphémisme) les réalisatrices représentent à peine 30% de l’industrie, elles fabriquent de grands films mais sont invisibles aux palmarès. Dites-le nous si on gêne…"

Cinq long-métrages et leurs réalisateurs (tous des hommes, donc) ont été nommés pour les Prix Lumières du meilleur film et de la meilleure mise en scène : Dossier 137 de Dominik Moll, L’Etranger de François Ozon, L’Inconnu de la Grande Arche de Stéphane Demoustier, Mektoub, My Love : Canto Due d’Abdellatif Kechiche et Nouvelle Vague de Richard Linklater. 

On compte en revanche trois réalisatrices dans la catégorie meilleur premier film : Louise Hémon pour L’Engloutie, Pauline Loquès pour Nino et Valentine Cadic pour Le Rendez-vous de l’été, récemment récompensé par le prix Louis-Delluc. Et deux autres en documentaire : Romane Bohringer pour Dites-lui que je l’aime et Sepideh Farsi pour Put Your Soul on Your Hand and Walk. 

Le prix Louis-Delluc du meilleur film a d’ailleurs été remis à La Petite dernière d’Hafsia Herzi, déjà récompensé au Festival de Cannes et donc ignoré par les Prix Lumières. La réalisatrice a commenté d’un sobre "merci" le post d’Andréa Bescond qui donne "rendez-vous aux César", en espérant que les femmes cinéastes y auront leur place. 

L’Académie ouvrira le premier tour du vote le 6 janvier 2026, et on connaitra le 28 janvier la liste des nommées aux César 2026. La cérémonie des Lumières aura elle lieu le 18 janvier. 

24 avril 2023

Andréa Bescond engagée contre les violences sexuelles

Andréa Bescond n'a jamais peur de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Après s'être fait connaître du grand public en 2018 avec Les Chatouilles, un film retraçant les abus sexuels qu'elle a subis enfant, l'actrice est de retour dans les cinémas avec Quand tu seras grand. En salles à partir de ce mercredi 26 avril, cette comédie a vu la comédienne passer derrière la caméra pour son troisième long-métrage en qualité de réalisatrice. Au côté de son ex-compagnon Éric Métayer, Andréa Bescond s'essaie ici à la comédie en abordant le sujet des conditions de vie des personnes âgées dans les Ehpad. Interviewée par Télé 7 Jours, elle en a profité pour dénoncer l'inaction du gouvernement quant aux violences faites aux femmes.

Notant les progrès de la société civile en ce qui concerne les violences sexuelles, la cinéaste de 43 ans a déploré le manque d'évolution de l'exécutif dans ce domaine. “Je pense que la politique n'est pas encore à la hauteur. Ça avance, mais moins vite que ça ne le devrait. Et j'aimerais qu'il y ait autant de gens pour manifester contre les violences que contre la loi sur les retraites”, a regretté la réalisatrice du téléfilm À la folie, diffusé en 2021 sur M6, mettant en scène des violences conjugales et l’emprise d’un pervers narcissique sur sa victime.

Le 8 mars dernier, alors que la Journée internationale pour les droits des femmes était célébrée partout dans le monde, Andréa Bescond avait débattu avec Marlène Schiappa sur le plateau de C ce soir, sur France 5. Atterrée par le double discours de l'ex-secrétaire d'État à l'égalité femmes-hommes – défendant d'un côté Gérald Darmanin et Nicolas Hulot accusés de viols, et clamant son engagement contre les violences faites aux femmes de l'autre –, l'actrice avait fini par hausser le ton. Cette dernière avait alors confronté la politique de 40 ans aux contradictions du gouvernement dont elle fait partie en pointant notamment “le système politique” qui ne fait “rien contre l'impunité des agresseurs”.

La ministre, qui a récemment fait parler d'elle pour son apparition en Une du magazine Playboy, avait alors eu du mal à garder son calme face à l'offensive de son interlocutrice. “À votre place, honnêtement, je ne serais pas comme ça toute détendue en train de sortir un livre, vous voyez”, avait lancé Andréa Bescond, provoquant le départ de Marlène Schiappa de l'émission après lui avoir conseillé de démissionner. “Je suis désolé, mais je ne vais pas rester sur le plateau”, avait déclaré la compagne de Matthias Savignac. “Me dire à moi que je découvre les violences sexuelles, mais merde ! J'ai quelqu'un qui a été tué à coups de fusil dans ma famille”, avait tenté de se défendre la successeur d'Olivia Grégoire.