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25 novembre 2024

Quand Josh Brolin et Denzel Washington ont failli se battre sur le tournage d'American Gangster

Le ton est sérieusement monté entre les deux stars. Josh Brolin et Denzel Washington ont failli en venir aux mains, sur le tournage d'American Gangster, en 2007. 

C'est Brolin qui raconte, durant le podcast In Depth With Graham Bensinger, qu'une altercation a éclaté entre eux sur le plateau de Ridley Scott. Il détaille :

"Denzel est arrivé un peu en retard et il y avait déjà tout un truc... Et puis il m'a montré le script du jour. Il n'avait pas changé mes répliques à proprement parler, mais il en avait changé la structure en quelque sorte. Il disait : 'Je pense que je vais mettre ça ici et ça là...' Mais il ne me regardait pas vraiment. Et là on commence les répétitions avant de filmer. J'essaye de me souvenir de la structure. Il n'y avait pas beaucoup de dialogues. Juste quelques répliques à dire et et je suis censé être super confiant. C'est Denzel Washington en face, mec. Ce n’est pas facile. Et j’ai oublié une réplique."

Oups... Tandis que Josh Brolin demande à son camarade de l'aider, il pose nonchalamment sa main sur son épaule. Un geste que Denzel Washington n'a pas apprécié. Il gifle et vire ainsi sa main et commance à crier : « Ne pose jamais ta main sur moi, putain ! »

Josh Brolin se souvient avoir pensé : "Putain, je vais me battre avec Denzel Washington. C’est fou ! Pour moi nous ne sommes plus des acteurs à cet instant. Du moins dans mon esprit. Lui, il faisait juste son personnage. Il était Frank Lucas, point final. Mais je ne le savais pas. Et puis nous avons surmonté ce moment. J’ai dit : « Est-ce que ça va ? » Il a dit : « Ouais. Et toi ? » J’ai dit : « Ouais... Je peux avoir ma réplique ? » Il a dit OK et c'est comme si rien ne s'était passé..."

Selon Josh Brolin, les deux s'entendent "très bien aujourd'hui".

15 juin 2020

American Gangster sur France Ô : qui est le véritable Frank Lucas incarné par Denzel Washington ?

Mais qui était vraiment Frank Lucas, homme de l’ombre, trafiquant de drogue, criminel affuté et homme d’affaires, considéré comme le Parrain d’Harlem dans les années 60 ? C’est ce que nous raconte Ridley Scott dans le plébiscité American Gangster à (re)découvrir ce soir à la télévision.

En août 2000, le New York Times publie un article intitulé "The Return of Superfly", dans lequel le journaliste Mark Jacobson relate ses rencontres instructives avec Lucas, qui y dévoile sans aucune concession son passé de dealer et sa carrière de malfrat.

Né dans les années 30 en Caroline du Nord, le futur criminel est marqué très tôt par un événement traumatisant : il aurait été témoin à l’âge de 13 ans de l’assassinat de son cousin par un membre du KKK. Il plonge progressivement dans la violence et vit de quelques larcins. Après une bagarre qui a mal tourné, sa mère l’envoie à New York. C’est là qu’il va faire ses armes de dealer. Si Lucas révèle avoir travaillé tout d’abord aux côtés du parrain de l’époque Ellsworth "Bumpy" Johnson, plusieurs sources viennent aujourd’hui contredire ces dires (sa femme expliquera que Lucas s’est approprié l’histoire d’un autre dealer que Bumpy avait pris sous son aile). Mais après la mort de ce dernier, la voie est libre pour la mise en place d’une nouvelle organisation criminelle. 

Nous sommes alors dans les années 60, en pleine la guerre du Vietnam. Lucas fait alors la rencontre alors d’un certain Leslie Atkinson, qui lui révèle que la poudre blanche, dont sont accros un bon nombre de soldats du retour du front, est vendue à moindre prix là-bas. Les deux hommes décident alors de se lancer dans un petit trafic. Le natif de Caroline du nord s’entoure de membres de sa famille (des frères, des cousins…), qu’il fait venir à New York. Avec leur sens des affaires, Atkinson et Lucas mettent rapidement en place un pont aérien entre le Vietnam et les Etats-Unis. Leur drogue, qu’ils brandent et renomment la “Blue Magic”, est plus pure que celles vendues par leurs concurrents. Dans son labo, Lucas fait appel à une douzaine de femmes pour couper la poudre : elles n’avaient sur elle aucun vêtement, si ce n’est un masque chirurgical. Au sommet de sa gloire, le narcotrafiquant déclare posséder 52 millions de dollars, en grande partie dans des comptes off-shores. 

C’est à la suite de nombreuses overdoses de Blue Magic que la DEA décide de mettre sur pied différentes équipes pour démanteler le réseau. Un certain Richie Roberts (joué par Russell Crowe dans le film) fait partie de l’équipe qui arrive à remonter la piste jusqu’à Lucas. C’est ce jeu du chat et de la souris qui sera au centre d’American Gangster, bien que dans la réalité, de nombreuses sources affirment qu’il n’a joué qu’un rôle très mineur dans cette affaire. 

Il faudra attendre 1975 pour voir la chute du Parrain d’Harlem. Ses biens sont saisis et il est invité à comparaître devant un juge qui le condamnera à 40 ans puis 30 ans supplémentaires de prison. Mais conscient d’être un atout pour la DEA, Lucas accepte de coopérer avec la justice américaine en balançant le nom d’autres trafiquants de drogue et de flics corrompus avec qui il a travaillé. Grâce à cette belle affaire, il quittera la prison en 1981… avant d’y retourner pour trafic de drogue. Fait amusant, c’est Roberts lui-même (devenu procureur) qui le défendra devant la cour. Les deux seront devenus amis entre temps, si bien que le premier deviendra le parrain de son fils et qu’il lui paiera ses frais de scolarité. A sa sortie de prison en 91, Lucas quitte définitivement les affaires.  

Un accident de voiture en 2005 le condamnera au fauteuil roulant. Il trouvera la mort en 2019, à 88 ans.

Richie Roberts n’est pas le seul à s’être pris d’amitié pour le gangster. Pour se préparer au rôle, Denzel Washington a pu rendre visite à Lucas et a même enregistré leurs échanges : "Je n'ai pas tenté de l'imiter, mais de faire ressortir son charme, qui est le trait dominant de sa personnalité. Je lui ai seulement demandé de ne me divulguer aucune information qui pourrait m'obliger à témoigner contre lui ! Mon objectif n'était évidemment pas de glorifier son passé de dealer, mais d'essayer d'illustrer son désir de rachat."

Malgré tout, Frank Lucas était un criminel violent, qui n’a pas hésité à faire assassiner ses concurrents (quand il ne le fait pas lui-même) ou à faire sauter la voiture d’un policier corrompu qui tente de l'escroquer.