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16 juillet 2026

Rn 1998, Christopher Lee a reçu des menaces de mort pour avoir incarné cette figure historique

Pour les plus cinéphiles, il fut l'incarnation même du Comte Dracula dans les classiques de l'épouvante de la Hammer. Inoubliable Scaramanga dans L'homme au pistolet d'or face à l'agent 007, Christopher Lee est aussi passé à la postérité — du moins auprès des jeunes générations — pour son incarnation du sorcier Saroumane dans la saga fleuve du Seigneur des Anneaux, chez Peter Jackson.

Nous quittant à l'âge vénérable de 93 ans en 2015, Christopher Lee a eu une vie qui s'est confondue plus d'une fois avec la grande Histoire; entre le fait d'avoir été témoin de la dernière exécution publique en France, avoir rencontré J.R.R. Tolkien ou l'assassin de Raspoutine, ou encore avoir eu de brillants états de service durant la Seconde Guerre mondiale. Il est toutefois un souvenir dont il serait bien passé : avoir fait l'objet de menaces de mort concernant un film resté inédit chez nous et sorti en 1998 : Jinnah.

Réalisé par Jamil Dehlavi, cette coproduction anglo-pakistanaise retrace le parcours du tout premier gouverneur général du pays, Muhammad Ali Jinnah, qui défendait sa théorie des deux nations dans un contexte de tensions entre hindous et musulmans sous le Raj britannique des années 1920, s'imposant comme une voix modérée face aux extrémistes islamiques qui s'opposent à lui, avant de devenir finalement témoin des horreurs de la partition du Pendjab en 1947, qui a permis à Jinnah d'atteindre son objectif politique au prix d'un terrible sacrifice. Muhammad Ali Jinnah est donc le père fondateur du Pakistan moderne.

Dans une interview accordée à la BBC, Christopher Lee estimait avoir délivré dans ce film le meilleur rôle de sa carrière : "c'est film le plus important que j’ai tourné, tant par son sujet que par l’énorme responsabilité que j’avais en tant qu’acteur, car de nombreux membres de sa famille sont venus voir et ils m’ont merveilleusement soutenu. Il a reçu les meilleures critiques de toute ma carrière — tant pour le film lui-même que pour mon interprétation".

Un enthousiasme qui ne semble pas avoir été partagé par une frange de militants politiques : certains au Pakistan ont menacé de détruire les cinémas projetant le film Jinnah, et d’agresser physiquement tout distributeur. En réalité, l'abcès de fixation a commencé avant même la sortie du film...

Une violente contestation largement relayée à l'époque par un journal, le Daily Khabrain, installé dans la ville de Lahore. Ce journal qualifiait les actrices du film de "prostituées", tandis que son rédacteur en chef, Zia Shahid, jugeait le long métrage "profondément choquant". Un éminent industriel pakistanais du nom de Mia Azhar Umin encourageait quant à lui à mener des actions violentes pour empêcher la diffusion du film, et même des menaces de mort concernant ceux qui se risquerait à diffuser l'oeuvre, en plus de viser l'équipe du film : "Soit ils mourront, soit je mourrai", ainsi que le rapportait le Guardian.

La colère de ces manifestants fut semble-t-il déclenchée par ce qui était alors perçu comme un manque de respect envers le fondateur du pays dans ce biopic; l'incarnation de Christopher Lee dans le rôle titre n'a fait qu'exacerber ce rejet.

Qu'un acteur ayant joué le comte Dracula et dans quantité de films d'épouvante puisse incarner cette figure historique et vénérée dans le pays, était tout simplement insupportable aux yeux de certains. Lee reçu des menaces de mort, au point qu'il a fallu recruter des gardes du corps durant le tournage du film.

Il n'est, in fine, pas inutile de rappeler que tout ceci est arrivé dans un contexte de très grande tension politique au Pakistan. L'année même de la sortie de Jinnah, en octobre 1998, le général Pervez Musharraf fut nommé chef de l'armée par le Premier ministre Nawaz Sharif. Un an plus tard, Musharraf fera un coup d'état militaire contre le gouvernement élu de Nawaz Sharif, devenant ainsi le dirigeant du Pakistan alors que la loi martiale fut instaurée et la Constitution suspendue...

24 février 2026

Il y a 20 ans Christopher Lee dévoilait son acteur préféré, et c'était Johnny Depp !

Disparu en 2015 à l'âge de 93 ans, l'immense Christopher Lee a laissé un grand vide dans le monde du cinéma. Celui qui a notamment incarné Dracula ou encore Saroumane dans Le Seigneur des Anneaux était un des comédiens britanniques les plus célèbres et les admirés.

En 2006, l'artiste était invité dans l'émission de l'animateur Terry Wogan, "Now and Then", afin d'évoque sa prolifique carrière. Durant la discussion, le présentateur lui pose la question suivante : "Parmi vos partenaires de jeu, lequel vous a le plus impressionné ?"

Sans réfléchir, Christopher Lee rétorque : "Ce n'est pas une question difficile. En ce qui me concerne, le meilleur acteur du monde, c'est Johnny Depp", affirme-t-il, suscitant les applaudissements nourris du public. "J'ai travaillé avec lui 3 fois, c'est aussi un ami proche", poursuit le natif de Chelsea.

"Il n'a jamais peur de relever les défis, et c'est ce que j'aime chez lui. Il ne craint vraiment rien", indique-t-il, avant de faire l'éloge de sa relation avec le réalisateur Tim Burton. "C'est mon cinéaste préféré. Je ne l'ai jamais vu énervé ou ennuyé. Il ne crie jamais et ne nous dit jamais : C'est affreux, on la refait. Il dit plutôt : C'était bien, mais on en tente encore une", se souvient Christopher Lee.

En effet, à l'époque de l'interview, en 2006, Johnny Depp et Christopher Lee avaient collaboré à 3 reprises sous la direction de Tim Burton : Sleepy Hollow, Les Noces funèbres et Charlie et la chocolaterie. Ils se sont retrouvés une 4ème fois en 2010 pour Alice aux pays des merveilles. Johnny Depp incarnait le Chapelier fou et Christopher Lee prêtait sa voix au Jabberwocky.

A noter qu'on retrouvera bientôt Johnny Depp au cinéma. Il sera à l'affiche d'Ebenezer, nouvelle adaptation du roman Un conte de Noël de Charlies Dickens. Le film sortira le 11 novembre 2026 en France. Le comédien nous offrira aussi prochainement sa nouvelle oeuvre en tant que réalisateur : Modi. Il s'agit d'une évocation de la vie du célèbre peintre italien Amedeo Modigliani.

07 octobre 2025

Christopher Lee n'était pas du tout fan de cette version de Dracula avec Bela Lugosi

Son nom est indissociable de cette figure iconique du cinéma fantastique. En 1958, dans Le Cauchemar de Dracula, Christopher Lee incarne pour la première fois le célèbre comte Dracula, auquel il prêtera ses traits à onze reprises. Mais saviez-vous que l'acteur britannique n'était pas du tout fan d'une des toutes premières versions cinématographiques, pourtant acclamée, mettant en vedette le personnage ?

Le Dracula que Christopher Lee ne porte pas dans son coeur, c'est celui sorti en salles en 1931, ainsi que le rappellent nos confrères de Collider. Mis en scène par Tod Browning, le long métrage voyait l'acteur Béla Lugosi se glisser dans la peau du terrifiant personnage. Et pour Lee, le résultat manquait cruellement de mordant...

"Le Dracula de Lugosi. J'ai été tellement déçu. "J'étais complètement anéanti", confiait l'acteur dans l'ouvrage A Dream of Dracula: In Search of the Living Dead de Leonard Wolf, publié en 1972. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que Christopher Lee n'était pas tendre en évoquant la prestation de Lugosi qui, selon lui, ne donnait pas un côté assez menaçant au personnage. "Et ses mains aussi...", ajoutait le comédien dans des propos rapportés par Collider. "Il les tendait avec raideur, le faisant ressembler à une marionnette. (...) Son sourire n'était pas toujours sinistre non plus…"

Pas fan du Dracula de Lugosi, Christopher Lee avait évoqué en 1969, à la télévision française, ce qui le fascinait dans ce personnage emblématique. "Il y a certainement une sorte de sexualité dans ce personnage. Sans doute", déclarait le comédie, britannique, disparu en 2015 à l'âge de 93 ans. "Je vous ai déjà parlé de la virilité et du sang. La puissance du sang."

30 janvier 2024

Pour Christopher Lee, The Wicker Man a été le couronnement de sa carrière d'acteur

La carrière du légendaire et regretté Christopher Lee s’est étendue sur près de 70 années au cours desquelles il a tourné d’innombrables films inoubliables. Et si les nouvelles générations se souviendront sûrement de lui surtout pour avoir donné vie à Saroumane dans la trilogie Le Seigneur des Anneaux de Peter Jackson, l’acteur, lui, a toujours soutenu que le meilleur de sa carrière était cet autre film qui a récemment célébré son 50ème anniversaire : The Wicker Man (1973).

Réalisé par Robin Hardy, The Wicker Man est un film d’horreur folk qui raconte l’histoire d’un policier de Scotland Yard se rendant sur une île isolée pour enquêter sur ce qu’il croit être un meurtre. Cependant, il y fera la découverte d’un mystérieux et déconcertant culte religieux qui règne sur l’île.

Le long métrage avait un budget si serré que Christopher Lee lui-même s’est impliqué personnellement pour que le film puisse aller de l’avant. Tout d’abord, l’acteur a accepté de ne pas être payé, comme il l’a rappelé des années plus tard dans le documentaire “The Wicker Man Enigma” :

“Je n’ai pas été payé. Je n’arrête pas de le répéter aux gens et ils ne croient pas que c’est vrai. J’ai le contrat pour le prouver. Quoi qu’il en soit, parfois on fait des choses par amour... S’ils m’avaient payé mon tarif normal – et tous les autres recevaient leurs cachets habituels – ils n’auraient pas pu faire le film.”

D’autre part, l’acteur a sûrement perdu de l’argent avec ce film, puisque le producteur du film avait si peu confiance en ce projet qu’il a décidé de le sortir sans aucune forme de présentation pour la presse. Christopher Lee a alors lui-même contacté tous les critiques britanniques qu’il connaissait pour leur proposer de les payer pour voir le film afin que le public connaisse son existence.

De plus, quelques années plus tard, l’acteur a aussi payé de sa propre poche toutes les dépenses nécessaires à la promotion du long métrage aux États-Unis. Il semble donc qu’il ait eu une affection particulière pour The Wicker Man, le considérant comme son meilleur film. Et d’ailleurs, jusqu’à l’arrivée du Seigneur des Anneaux, c’était le film sur lequel on lui posait le plus de questions, comme il l’a souligné dans une interview accordée à Total Film en 2005.

“Mais on me pose encore beaucoup de questions sur The Wicker Man car c’est devenu l’un des grands films cultes de tous les temps. C’est vraiment l’histoire de ma carrière, faire des films cultes. Et j’ai toujours dit que c’était le meilleur film que j’ai jamais réalisé, même sous sa forme massacrée, ce qui est le cas. Même le DVD est massacré. Qu’est-il arrivé à ce film, je ne le sais toujours pas. Le négatif a disparu depuis.”

Christopher Lee fait ici référence au fait qu’il existe aujourd’hui différents montages de The Wicker Man : celui de 87 minutes initialement projeté dans les cinémas britanniques, un montage du réalisateur de 95 minutes et un montage final de 91 minutes. Cependant, aucune de ces versions n’est la version originale que Robin Hardy a été contraint de couper à l’époque, ce que Lee a regretté toute sa vie.

“Je crois toujours que ça existe quelque part, dans des boîtes anonymes. Je le crois toujours. Mais personne ne l’a jamais revu depuis, donc nous ne pouvions pas le recouper, le rééditer, ce que je voulais faire. Ça aurait été dix fois mieux”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse au Festival du film fantastique de Bruxelles en 2002.

Depuis ledit montage n’a toujours pas refait surface. Bien entendu, la popularité du film reste intacte et, en 2006, un remake hollywoodien mettant en vedette Nicolas Cage a été produit, à des années-lumière du film de Hardy. Le film aurait également eu une influence sur le célèbre Midsommar acclamé d’Ari Aster qui n’existerait sûrement pas sans lui.

Toutefois, si The Wicker Man est le meilleur film de Christopher Lee, sa meilleure performance en tant qu’acteur, selon lui, a eu lieu dans Jinnah (1998) de Jamil Dehlavi, un biopic sorti uniquement en DVD, qu’on a du mal à retrouver de nos jours, et dans lequel il a interprété Muhammed Ali Jinnah, le fondateur du Pakistan.

“C’est la meilleure chose que j’ai jamais faite. Et c’est la plus grande responsabilité que j’ai jamais eue en tant qu’acteur, car de nombreux membres de sa famille sont venus voir et ils m’ont merveilleusement soutenu.”

À défaut de pouvoir découvrir sa meilleure performance, son meilleur film, The Wicker Man, lui, est à revoir en streaming sur MUBI.