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27 juillet 2026

L'Enfer du dimanche, avec Al Pacino, a été "épuisant" pour Oliver Stone

Tout au long de sa carrière, Oliver Stone s’est imposé comme l’un des réalisateurs les plus prolifiques et ambitieux d’Hollywood. Avant même de passer derrière la caméra, il avait déjà signé les scénarios de classiques comme Midnight Express et Scarface. Une fois lancé dans la réalisation, son rythme de travail est devenu impressionnant.

À la fin des années 1980, il enchaîne ainsi Salvador, Platoon, Wall Street, Conversations nocturnes et Né un 4 juillet en seulement trois ans, avant de sortir la même année The Doors et JFK. Pourtant, malgré cette cadence infernale, un film l’a plus éprouvé que tous les autres.

Sorti en 1999, L’Enfer du dimanche (Any Given Sunday) marque un véritable tournant dans sa carrière. Ce drame sportif porté par Al Pacino, dans le rôle de l’entraîneur des Miami Sharks, une équipe fictive de football américain, réunit également Cameron Diaz, Dennis Quaid et James Woods.

Malgré son succès, le tournage s’est révélé particulièrement éprouvant. Entre un budget considérable et une distribution composée de nombreuses fortes personnalités, Oliver Stone finit par ressentir le besoin de prendre du recul.

Comme il l’a confié à la BBC en 2003 : “En 1999, j’ai réalisé L’Enfer du dimanche, un film extrêmement éprouvant, et il était temps de faire une pause. Comme vous le savez, dans les années 90, les budgets des films hollywoodiens ont explosé : ce qui coûtait 19 millions de dollars au début des années 90 atteignait désormais les 50 millions.”

Selon plusieurs sources, L’Enfer du dimanche a bénéficié d’un budget d’environ 55 millions de dollars. À titre de comparaison, Platoon avait été tourné avec seulement 6 millions de dollars, tandis que JFK, pourtant bien plus ambitieux sur le papier, avait coûté environ 40 millions.

Pour Oliver Stone, cette inflation des budgets allait de pair avec l’évolution d’Hollywood et du sport professionnel, dont il s’inspire dans le film. Il expliquait d’ailleurs à Entertainment Weekly (via FarOut Magazine) que le football américain était devenu une “industrie démesurée”.

Le réalisateur se retrouvait ainsi confronté à des attentes toujours plus élevées de la part des studios. Comme il le résumait lui-même : “Il s’agissait donc de plus en plus de marketing, de budgets plus importants, d’egos plus démesurés. C’est tout simplement très difficile de travailler dans ce système – non pas que j’y ai renoncé, mais j’avais juste besoin d’une pause.”

Cette parenthèse l’éloigne d’Hollywood pendant quelques années. En 2002, il se rend à Cuba pour réaliser un documentaire consacré à Fidel Castro. Ce film, premier volet d’une trilogie d’entretiens avec des dirigeants controversés, n’a jamais été distribué aux États-Unis. Oliver Stone poursuivra ensuite cette série avec South of the Border, centré sur Hugo Chávez, puis Conversations avec Poutine en 2017.

Ironiquement, après avoir quitté Hollywood pour souffler, le cinéaste reviendra rapidement aux superproductions. Dès 2004, il réalise Alexandre, une fresque historique consacrée à Alexandre le Grand, dont le budget dépasse de près de 100 millions de dollars celui de L’Enfer du dimanche. Malgré l’épuisement provoqué par ce dernier, Oliver Stone n’avait donc pas renoncé aux projets hors normes.

12 juin 2026

Oliver Stone fait son grand retour après 10 ans d'absence avec un film totalement inattendu

Il y a dix ans, Oliver Stone racontait l'incroyable destin du lanceur d'alerte Edward Snowden dans un biopic porté par Joseph Gordon-Levitt et Shailene Woodley. Depuis, le cinéaste s'était tourné vers les documentaires, comme Conversations avec monsieur Poutine, JFK - L'enquête ou encore Lula, film sur le président du Brésil, Luiz Inácio Lula da Silva.

Le célèbre réalisateur américain vient de terminer le tournage de son nouveau long métrage, White Lies, dans la plus grande des discrétions. Scénarisé par Oliver Stone lui-même, ce drame, présenté comme "intime et provocateur" par The Hollywood Reporter, explore les sujets de la famille, du deuil et révèle comment l'amour peut changer de forme au cours d'une vie.

L'intrigue suivra Jack Freeman, un enfant de parents divorcés qui reproduit les erreurs de ses parents dans son propre mariage. Se sentant piégé, il se lance dans une quête passionnée pour s'échapper, mais se retrouve plus perdu que jamais. "Sa rencontre avec une femme dont la vie est à l'opposé de la sienne marque le début d'un voyage inattendu vers la redécouverte de soi", précise la suite du synopsis rendu officiel.

Au casting, on retrouvera Josh Hartnett dans le rôle principal et Yvonne Chapman. Deux acteurs emblématiques du cinéma d'Oliver Stone sont aussi de la partie : Michael Douglas - héros de Wall Street - et Willem Dafoe - apparu dans Platoon et Né un 4 juillet. Le reste de la distribution est composé de l'actrice Ellen Barkin et Homer Gere - qui n'est autre que le fils de Richard Gere.

White Lies ne dispose pas encore de date de sortie officielle.

16 février 2026

Oliver Stone soupçonnait Michael Douglas de se droguer sur le tournage de Wall Street

Oliver Stone a très sérieusement douté du talent de Michael Douglas au début du tournage de Wall Street. En fait, le réalisateur était si déçu par la tête d’affiche de son film qu’après deux semaines de tournage, il a fini par débarquer dans la caravane de ce dernier pour lui demander s’il avait un problème de drogue !

Un épisode qui reste gravé dans la mémoire de Michael Douglas qui a raconté l’anecdote à l’occasion du TCM Classic Film Festival de New York.

« Il m’a demandé : "Tu prends de la drogue ?" J’ai répondu non. Et il m’a dit : "Parce que tu as l’air de n’avoir jamais joué la comédie de ta vie" », s’est souvenu le vétéran de Hollywood (via Entertainment Weekly). Plutôt surpris par la réaction d’Oliver Stone, Michael Douglas a décidé de juger sur pièce en demandant à regarder les premiers rushes. Et le fait est… qu’il se trouvait plutôt bon !

« J’ai regardé les scènes de manière très critique… et j’ai trouvé ça plutôt bon », a poursuivi Michael Douglas, qui avait fini par ranger Oliver Stone à son avis.

Bien loin d’en vouloir au cinéaste pour son perfectionnisme, l’acteur de 81 ans lui est bien au contraire reconnaissant de l’avoir poussé à donner plus. « Il était prêt à ce que je le déteste pour le reste du tournage afin de me pousser un cran plus loin », a-t-il analysé avec le recul.

Le fait est que la franchise un tantinet brutale du réalisateur a porté ses fruits, puisque la performance de Michael Douglas lui avait valu l’Oscar du meilleur acteur en 1988 pour son rôle dans Wall Street.

10 février 2026

Michael Douglas raconte le tournage odieux de Wall Street avec Oliver Stone

Inoubliable Gordon Gecko...

Invité du TCM Classic Film Festival à New York, Michael Douglas est revenu (via EW) sur les coulisses pour le moins brutales de Wall Street (1987). Dès les premières semaines de tournage, Oliver Stone n’était visiblement pas convaincu par la performance de son acteur principal.

"On terminait la deuxième semaine de tournage quand quelqu’un frappe à ma porte. C’était Oliver. Il s’assoit et me demande si tout va bien. Je lui dis oui. Et là, il me demande : ‘Tu te drogues ?’" se souvient Douglas. "Je lui réponds non. Et il me dit : ‘Parce que tu as l’air de n’avoir jamais joué de ta vie.’"

Surpris, l’acteur explique au réalisateur qu’il ne regarde jamais les rushes, préférant éviter de se focaliser sur ce qui ne fonctionnera pas à l’écran. "Je lui ai dit que je ne regardais pas les images. Il m’a répondu : ‘Tu ferais mieux.’" Douglas s’exécute alors, analyse ses scènes… et reste persuadé que son travail tient la route.

"Je les ai regardées très attentivement, de façon critique, et franchement, ça me semblait plutôt bon. Je continuais à dire : ‘Je pense que c’est bien !" Un avis qu'Oliver Stone finira par partager...

Dans Wall Street, la star incarne donc Gordon Gekko, face à Charlie Sheen et Daryl Hannah, dans un film centré sur la relation toxique entre un jeune trader ambitieux et un redoutable prédateur de la finance. Un rôle devenu mythique, qui lui vaudra l’Oscar du meilleur acteur.

Avec le recul, Michael Douglas ne garde aucune rancœur :

"Il était prêt à ce que je le déteste pendant tout le film si ça pouvait me pousser un peu plus loin... Mais bon, son palmarès avec les acteurs est impressionnant. Et au final, je lui suis profondément reconnaissant de m’avoir donné ce rôle et de m’avoir poussé à un autre niveau."

D'ailleurs, il faut souligner que cette relation de travail mouvementée n’a pas empêché Michael Douglas et Oliver Stone de se retrouver des années plus tard. L’acteur a en effet repris le rôle de Gordon Gekko dans la suite Wall Street : L’argent ne dort jamais, réalisée par Stone plus de deux décennies après le film original, en 2010. Une collaboration tardive qui témoigne d’une confiance finalement réciproque, malgré les tensions...

05 septembre 2021

Deauville 2021 : Oliver Stone inaugure sa cabine de plage et enquête sur la mort de JFK

Né d'une mère française, Oliver Stone est régulièrement passé par le Festival du Cinéma Américain de Deauville, où il a notamment présenté World Trade Center en 2006. Mais il ne faisait pas encore partie des talents dont le nom apparaît sur les célèbres cabines de plage que l'on retrouve sur les planches. C'est désormais chose faite grâce à cette 47ème édition dont il était l'un des invités d'honneur, et où il a présenté son documentaire JFK L'Enquête.

Passé par Cannes au mois de juillet, le film fait suite à celui qu'il avait réalisé en 1991, et met en lumière de nouvelles informations grâce à des documents récemment déclassifiés, qui transforment "la théorie du complot en complot avéré". Une rencontre avec le public a également été organisée, et vous pouvez la retrouver en intégralité sur Facebook.

16 février 2021

Le documentaire d'Oliver Stone sur JFK sera à Cannes

Depuis 1991, le nom d'Oliver Stone est associé à l'affaire JFK, le réalisateur ayant tourné un film de procès à ce sujet, porté par Kevin Costner, qui a connu un joli succès dans le monde (70 millions de dollars). Il y a deux ans, le metteur en scène a annoncé vouloir tourner une série documentaire sur ce même sujet, intitulé JFK : Destiny Betrayed, qui promettait des révélations choquantes sur la carrière politique et la mort du président américain, en 1963. Une manière de réparer les "erreurs" de son film de fiction, qui prenait pas mal de libertés avec la réalité ?

Pas vraiment, à en croire un article de Variety, où, au cours d'une conversation avec Spike Lee (Do The Right Thing, Blackkklansman, Da 5 Bloods...), Oliver Stone révèle que son documentaire -notez qu'il ne parle jamais de série dans sa mise à jour du projet- a été refusé par Netflix et National Geographic pour son ''manque de vérifications''. Le réalisateur ne s'est pas découragé pour autant et l'a proposé au comité de sélection du festival de Cannes 2021, qui l'aurait accepté. Il espère ainsi qu'une projection dans le cadre de cet événement prestigieux permettra de faire connaître son projet au plus grand monde : ''C'est un grand pas pour nous, car au moins, s'il ne peut pas être reconnu en Amérique comme un document, il le sera finalement par la communauté internationale. Et c'est ce qui est important."

Le festival de Cannes pourrait cette année être reporté en juin ou juillet. Spike Lee en sera le président du jury.

19 novembre 2020

Platoon sur Paris Première : la genèse difficile du film de guerre culte d'Oliver Stone

Premier volet de la trilogie d'Oliver Stone sur la guerre du Vietnam (avec Né un 4 juillet et Entre Ciel et Terre), Platoon fait partie de ces longs métrages cultes qui connaissent une production mouvementée. Ayant lui-même combattu pendant ce conflit, le réalisateur veut, dès la fin de son service à la fin des années 1960, faire un film centré sur ce qu'il a vécu en tant que soldat. Ainsi, lorsqu'il est étudiant avec Martin Scorsese comme professeur, il met en scène "L'Année dernière au Vietnam", qui parle de son expérience de guerre et plus particulièrement de la question du traumatisme.

Oliver Stone écrit le premier jet de Platoon en 1971. Il l'envoie à Jim Morrison, dans l'espoir que ce dernier accepte de jouer le rôle finalement tenu par Charlie Sheen. On raconte que le chanteur a le script avec lui lorsqu'il est découvert mort, à Paris, le 3 juillet 1971... Une vingtaine d'années plus tard, le réalisateur lui rend hommage en lui consacrant un film, The Doors.

Une fois la version brute du scénario de Platoon achevée, en 1976, Oliver Stone tente de trouver un financement. Mais personne ne veut produire son histoire, jugée trop sombre. Ce scénario lui permet toutefois d'être engagé sur Midnight Express, qui lui vaut un Oscar. Son nom devient synonyme de réussite à Hollywood, d'autant plus qu'il enchaîne avec l'écriture de Scarface. Il accepte ensuite de réaliser gratuitement Salvador, porté par un James Woods au sommet de son art, pour pouvoir obtenir les six millions de dollars nécessaires à la production de Platoon.

Oliver Stone envisage de tourner aux Philippines en raison de la présence de forêts tropicales "faciles" d'accès. Le tournage manque de peu d'être annulé à cause d'un coup d’Etat militaire visant à renverser Ferdinand Marcos, mais commence finalement deux jours après le départ de l'homme d'Etat philippin. Pour que le jeu des comédiens soit le plus authentique possible, le réalisateur et son conseiller militaire Dale Dye se comportent de manière tyrannique, tels des officiers dont l'intransigeance ne connaît pas de limites. Un camp d'entraînement est même conçu pour mettre les acteurs en condition.

Lors de sa sortie, Platoon rapporte pas loin de 138 millions de dollars dans le monde pour un budget de six millions. Il érige Oliver Stone au rang des cinéastes de renom mêlant qualités esthétiques et propos contestataire pertinent. La réussite du film se trouve également dans son casting, avec cette idée judicieuse d'attribuer le rôle du mauvais soldat à Tom Berenger (habitué à jouer les gentils) et celui du bon à Willem Dafoe (au contraire davantage sollicité pour camper les bad guys). Platoon obtient par ailleurs les Oscars du Meilleur film, Meilleur réalisateur, Meilleure son et Meilleur montage.