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09 octobre 2021

Zodiac : l'identité du tueur enfin révélée plus de 50 ans après ?

Incroyable et passionnant rebondissement dans la fameuse affaire du tueur du Zodiac. Un tueur dont personne n'a jamais réussi à établir l'identité, et qui revendiquait 37 meurtres commis en Californie entre la fin des années 60 et le début des années 70, resté tristement célèbre pour ses messages indéchiffrables.

Une équipe de plus de 40 anciens enquêteurs des forces de l'ordre, journalistes et officiers du renseignement militaire, ayant notamment travaillé sur la disparition de l'ancien patron du syndicat US des Teamsters Jimmy Hoffa et d'autres cas non résolus, annonce avoir percé le mystère de l'identité du tueur du Zodiac, aux termes d'une enquête de 10 ans !

Selon les informations rapportées par le San Francisco Chronicle, le tueur du Zodiac serait un homme décédé en 2018 à l'âge de 80 ans, répondant au nom de Gary Francis Poste. L'homme, souffrant d’hypertension, d’ostéoporose, d’hypothyroïdie et de fibrillation auriculaire, aurait succombé des suites d’une septicémie, d’un choc septique, d’une dysphagie et d’une démence vasculaire, selon son acte de décès. Ses cendres ont été dispersé dans les montagnes de la Sierra. Marié, il avait servi dans les forces armées et travaillé comme peintre en bâtiment.

Pour nourrir sa théorie, le groupe d’enquêteurs évoque des preuves médico-légales et plusieurs facteurs, dont l’apparente similitude entre des clichés retrouvés dans la chambre noire du suspect, et un portrait-robot du Zodiac que la Police avait réalisé en 1969. Les enquêteurs ont notamment été frappé par la similitude quasi exact des rides dessinées sur le front du suspect, comme le montre la comparaison ci-dessous. Le cliché de droite date du début des années 1980 :

Selon Jen Bucholtz, un ancien agent de contre-espionnage de l'armée qui travaille sur des Cold Cases, "d'autres indices incluent le déchiffrement des lettres envoyées par le Zodiac qui l'ont révélé comme le tueur. Vous devez donc connaître le nom complet de Gary pour déchiffrer ces anagrammes" a-t-il déclaré. Fidèle à son habitude, le FBI a refusé de commenter la révélation; l'agence ayant, pour mémoire, réouvert l'affaire au début des années 2000.

Officiellement lié à 5 meurtres survenus entre 1968 et 1969 dans la région de San Francisco, l'équipe d'enquêteurs a réussi à lui attribuer une sixième victime. Le meurtre de Cheri Jo Bates, le 31 octobre 1966, à Riverside, en Californie, à des centaines de kilomètres au sud de la région de San Francisco, deux ans avant le premier meurtre lié au Zodiac.

La jeune femme, âgée de 18 ans, fut retrouvée morte dans une ruelle du campus du Riverside City College, après que son père ait appelé la police pour signaler sa disparition. Il est d'ailleurs intéressant de noter que, en 1975, un mémo du FBI évoquait Cheri Jo Bates comme la 6e victime du tueur en série (consultable ici, en page 7).

Le problème concernant ce cas, c'est que la police de Riverside a déjà écarté l'idée que la mort de Cheri Jo Bates soit liée au Zodiac. Ce mercredi, un représentant a assuré au San Francisco Chronicle que Gary Francis Poste n’en était pas l’auteur. Les membres de l'équipe d'investigations réclament des tests ADN pour prouver leurs affirmations; expertise que la Police refuse pour l’instant.

L'équipe a déclaré qu'une série de coïncidences relient Bates et Poste, ancien vétéran de l'armée. Une montre-bracelet avec des éclaboussures de peinture a été récupérée sur les lieux du meurtre et aurait été portée par le tueur; Poste ayant exercé l'activité de peintre en bâtiment durant plus de 40 ans. Par ailleurs, les détectives de l'époque trouvèrent une empreinte de talon d'une botte de style militaire, qui correspondait au même style et à la même taille que celles trouvées dans d'autres scènes de crime du Zodiac et de Poste.

En décembre 2020, on apprenait que trois détectives amateurs étaient enfin parvenu à décrypter, 50 ans après, une lettre postée en 1969 par le mystérieux tueur du Zodiac. Elaboré grâce à une technique particulièrement complexe et composée de 340 caractères différents (à déchiffrer en utilisant un sens de lecture très précis), le texte de cette lettre, baptisé Z 340, ne dévoilait toujours pas l'identité du tueur comme pouvaient l'espérer les enquêteurs, mais se contentait de provoquer ses lecteurs : "'J'espère que vous vous amusez beaucoup à essayer de m'attraper. Ce n'était pas moi dans l'émission de télé. (...) Je n'ai pas peur de la chambre à gaz parce qu'elle m'enverra plus vite au paradis, parce que j'ai maintenant assez d'esclaves pour travailler pour moi". Les esclaves étant en l'occurence les victimes de ce tueur en série... Le FBI n'avait pas souhaité commenter cette découverte.

En février 2021, un polytechnicien français du nom de Fayçal Ziraoui, objet d'un long et passionnant article paru sur le site du magazine Le Point. En déchiffrant les deux derniers cryptogrammes envoyés par le tueur, le détective amateur assurait avoir démasqué le tueur en série en identifiant un nom. Un certain Lawrence Kayr. Si le "r" du nom de famille semble être une erreur, ou bien une ultime manoeuvre du tueur pour brouiller les pistes, ce nom correspondait bien à un suspect identifié par le FBI, et décédé en 2010.

Fayçal Ziraoui s'était empressé d'envoyer ses découvertes à la Police de San Francisco, qui en avait accusé réception, ainsi qu'au FBI. "J'aimerais bien que le FBI suive cette trace, car elle est prometteuse" disait-il au journaliste. Avec les dernières révélations sur l'identité du tueur, pas sûr que l'agence gouvernementale américaine ait forcément penché en faveur du chercheur français, même si elle prend bien soin, depuis la réouverture de l'enquête, de commenter quoi que ce soit sur le sujet.

18 février 2021

Zodiac : un chercheur français aurait enfin trouvé l'identité du tueur

Brève séquence flashback. En décembre 2020, on apprenait que trois détectives amateurs étaient enfin parvenu à décrypter, 50 ans après, une lettre postée en 1969 par le mystérieux tueur du Zodiac, qui fit l'objet d'un brillant film mis en scène par David Fincher. Le tueur, dont personne n'a jamais réussi à établir l'identité, et qui revendiquait 37 meurtres commis en Californie entre la fin des années 60 et le début des années 70, est notamment resté tristement célèbre pour ses messages indéchiffrables.

Elaboré grâce à une technique particulièrement complexe et composée de 340 caractères différents (à déchiffrer en utilisant un sens de lecture très précis), le texte de cette lettre, baptisé Z 340, ne dévoilait toujours pas l'identité du tueur comme pouvaient l'espérer les enquêteurs, mais se contentait de provoquer ses lecteurs : "'J'espère que vous vous amusez beaucoup à essayer de m'attraper. Ce n'était pas moi dans l'émission de télé. (...) Je n'ai pas peur de la chambre à gaz parce qu'elle m'enverra plus vite au paradis, parce que j'ai maintenant assez d'esclaves pour travailler pour moi". Les esclaves étant en l'occurence les victimes de ce tueur en série... Le FBI, qui a rouvert l'enquête au début des années 2000, n'avait pas souhaité commenter cette découverte.

C'est là qu'entrent en jeu les découvertes faites par un polytechnicien français du nom de Fayçal Ziraoui, objet d'un long et passionnant article paru sur le site du magazine Le Point ce 17 février. En déchiffrant les deux derniers cryptogrammes envoyés par le tueur, le chercheur assure avoir démasqué le tueur en série.

Fréquentant les sites spécialisés en cryptographie, il découvre que sur les quatre cryptogrammes expédiés par le tueur, deux attendent encore d'être déchiffrés : le Z 32 et le Z 13, que certains spécialistes considèrent comme "indéchiffrables" en raison de leur faible nombre de caractères.  "Il m'a fallu quinze jours pour décoder les deux derniers cryptogrammes du Zodiac. Je crois que c'est bon" précise le chercheur au magazine.

Après des calculs à base de trigonométrie, de probabilités, avec le renfort de la sémiologie et de champs géomagnétiques, il perce le premier cryptogramme, le Z 32. Il s'agit d'un code daté de juin 1970, et était joint à une lettre dans laquelle le tueur menaçait de faire sauter un bus scolaire à la rentrée suivante. Une carte routière renfermant plusieurs indices topographiques l'accompagnait. "J'ai vite compris que les quatre cryptogrammes se répondaient et que le décodage du Z 340, récemment accompli, me serait nécessaire pour aboutir sur le Z 32. En fait, les cryptogrammes sont impossibles à résoudre indépendamment les uns des autres" explique l'intéressé. "Pour venir à bout des deux derniers cryptogrammes, j'ai dû faire appel à des mécanismes de résolution non conventionnels et découper un code en 2, sachant que le Z 32 n'utilisait cette fois que 10 chiffres pour 20 lettres converties".

Dans le Z 32, Fayçal Ziraoui découve que le tueur du zodiac projetait de faire sauter une école, le jour férié du Labour Day en 1970, qui se trouvait à proximité du lac Tahoe, situé entre la Californie et le Nevada. "Il se trouve que le suspect, dont je vais découvrir le nom dans l'autre code (Z 13), habitait tout près de l'établissement visé" dit-il. Il parvient ainsi à identifier un nom : un certain Lawrence Kayr. Si le "r" du nom de famille semble être une erreur, ou bien une ultime manoeuvre du tueur pour brouiller les pistes, ce nom correspond bien à un suspect identifié par le FBI, et décédé en 2010.

Le chercheur s'est empressé d'envoyer ses découvertes à la Police de San Francisco, qui en a accusé réception, ainsi qu'au FBI. "J'aimerais bien que le FBI suive cette trace, car elle est prometteuse" dit-il au journaliste. Mais il y a fort à parier que, tout comme le décryptage du code Z 340, le FBI ne commente pas publiquement cette fantastique découverte de Fayçal Ziraoui.

14 décembre 2020

Zodiac : un message du mystérieux tueur décrypté 50 ans plus tard

Après avoir tenu en échec de nombreux enquêteurs dans les années 70, il avait donné bien du film à retordre à Robert Downey Jr., à Mark Ruffalo et à Jake Gyllenhaal dans le long métrage de David Fincher en 2006. Le mystérieux "tueur du Zodiaque", dont personne n'a jamais réussi à établir l'identité, et qui revendique 37 meurtres commis en Californie entre la fin des années 60 et le début des années 70, est notamment resté tristement célèbre pour ses messages indéchiffrables.

Parmi eux, une lettre cryptée dont le mystère n'avait pas encore été percé, a finalement été décodée par 3 détectives amateurs, plus de 50 ans après, ainsi que l'a récemment déclaré le San Francisco Chronicle. Elaboré grâce à une technique particulièrement complexe et composée de 340 caractères différents (à déchiffrer en utilisant un sens de lecture très précis), le texte ne dévoile toujours pas l'identité du tueur comme pouvaient l'espérer les enquêteurs, mais se contente de provoquer ses lecteurs :

"J'espère que vous vous amusez beaucoup à essayer de m'attraper. Ce n'était pas moi dans l'émission de télé. (...) Je n'ai pas peur de la chambre à gaz parce qu'elle m'enverra plus vite au paradis, parce que j'ai maintenant assez d'esclaves pour travailler pour moi."

Un message qui fait froid dans le dos, et une affaire qui n'a sans doute pas terminé d'intriguer le cinéma et les séries.

03 mai 2020

Journée de la liberté de la presse : 5 films qui rappellent l'importance du métier de journaliste

À l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée chaque année le 3 mai, AlloCiné décide de se replonger dans ces films qui mettent en scène le journalisme et ceux qui se battent pour faire circuler l'information. Qu'elles s'intéressent à de simples reporters ou à des correspondants de guerre, à travers le prisme du thriller ou du biopic, nombreuses ont été les œuvres à avoir marqué l'histoire du cinéma. Parmi les plus emblématiques, on pense bien sûr au film d'Alan J. Pakula, Les Hommes du Président, qui revient sur l'affaire du Watergate, mais aussi à Good Night, and Good Luck de George Clooney, ou encore Le Syndrome chinois de James Bridges, dans lequel Jane Fonda incarne une journaliste enquêtant sur une centrale nucléaire.

Sorti récemment, en 2019, Camille de Boris Lojkine avait également séduit les spectateurs grâce à son portrait de la photojournaliste Camille Lepage. Cette dernière, incarnée à l'écran par Nina Meurisse, avait été tuée en Centrafrique par les ex-Seleka, en 2014. Elle avait 26 ans. La sélection qui suit reflète les choix personnels d'une partie de la rédaction sur les meilleurs films consacrés à ce sujet :

Le gouffre aux chimères (1951)

Près de soixante-dix ans après sa sortie, Le Gouffre aux chimères, réalisé par Billy Wilder (Certains l'aiment chaud, Sabrina...), trouve toujours un écho très actuel. Le film porté par le regretté Kirk Douglas, décédé en février dernier à l'âge de 103 ans, suit Charles Tatum, un journaliste sans scrupule, prêt à tout pour exploiter le filon d'une affaire qu'il suit pour son journal. Le reporter va en effet découvrir un homme, coincé au fond d'une galerie effondrée du Nouveau-Mexique. Tatum va faire en sorte de gagner sa confiance pour mieux tirer profit de la situation... Un film captivant, qui a très peu vieilli et qui ne redore pas le blason de la profession de journaliste, bien au contraire. Il permet néanmoins de s'interroger sur le rôle que les reporters peuvent jouer en tant que témoin de certaines situations, ou en tant que lanceur d'alerte.

Zodiac (2007)

Adapté du livre de Robert Graysmith, dessinateur de presse au San Francisco Chronicle, Zodiac est un thriller sombre et glaçant sur le serial killer qui a terrorisé l'Amérique dans les années 1970 en s'en prenant à de jeunes couples. Il a la particularité de suivre le point du vue de Graysmith (Jake Gyllenhaal), devenu obsédé par l'enquête pour retrouver l'assassin qui envoyait des messages codés aux journaux pour surfer sur sa notoriété, plutôt que celui des forces de police (dont l'inspecteur est incarné par Mark Ruffalo). En observant en marge de l'enquête les conséquences sur la vie personnelle de Graysmith, entâchée par ses recherches compulsives, David Fincher questionne la notion de fascination que l'on éprouve vis-à-vis des tueurs en série; une réflexion qu'il continuera à développer dix ans plus tard dans la série Mindhunter.

Spotlight (2015)

Oscar du Meilleur film en 2016, Spotlight est adapté de faits réels et retrace la fascinante enquête des journalistes du Boston Globe qui a mis au jour un scandale impliquant des prêtres pédophiles couverts par l’Eglise Catholique. Le titre du film fait référence au nom donné à l'équipe d’investigation du journal qui a travaillé pendant un an sur cette affaire, interrogeant les victimes d'abus sexuels et révélant que l'institution catholique avait protégé leurs bourreaux pendant des décennies. Leur article, publié en janvier 2002 et couronné par le prix Pulitzer en 2003, a permis de libérer la parole et déclenché une vague de révélations dans le monde entier.

 Le film de Tom McCarthy, dont le script figurait sur la black list des meilleurs scénarios cherchant un producteur, est porté par un casting cinq étoiles (Michael Keaton, Mark Ruffalo, Rachel McAdams, Liev Schreiber... tous sont parfaits) et sa narration est extrêmement bien ficelée. Le réalisateur ne cherche jamais le sensationnalisme et choisit de reprendre les codes du polar et du thriller, pour faire ressentir au spectateur l'intensité du travail de ces reporters prêts à investir toute leur énergie dans la mission qu'ils se sont fixés : informer leurs lecteurs coûte que coûte et faire éclater la vérité. 

Pentagon Papers (2017)

Film contemporain le plus récent de Steven Spielberg, après sa relecture de l'abolition de l'esclavage par Lincoln (2012) et d'un incident historique au cours de la Guerre froide avec Le Pont des Espions (2015), Pentagon Papers se focalise sur une affaire d'État mise en lumière par le Washington Post  au début des années 1970. Le journal enquête sur la dissimulation d'informations de la part du gouvernement américain au sujet de l'enlisement de la guerre du Vietnam. Cette révélation, deviendra l'un des premiers scoops de l'histoire du journalisme aux Etats-Unis. Servi par un duo d'acteurs au sommet (Meryl Streep et Tom Hanks) et une mécanique narrative implacable, le film de Spielberg est d'une douloureuse actualité, et montre avec beaucoup de pédagogie la nécessité absolue de la survie du journalisme en pleine ère trumpiste.

Sympathie pour le diable (2019)

Pour son premier film, le réalisateur Guillaume de Fontenay s'intéresse au reporter de guerre Paul Marchand, en adaptant son livre, Sympathie pour le diable, publié en 1997. Le film, qui a mis plus de deux décennies à se faire, retrace le parcours du journaliste français durant le siège de Sarajevo en 1992. D'une grande maîtrise, le biopic trouve sa force dans ses images froides, sa violence brute, mais aussi dans la performance bluffante de Niels Schneider, qui prête ses traits au correspondant. L'acteur québécois sera auréolé du Prix de la Meilleure interprétation masculine au Festival international du film de Saint-Jean-de-Luz, en 2019.

Tourné à Sarajevo, Sympathie pour le diable parvient à récréer avec beaucoup de réalisme le cauchemar et les conditions de travail des reporters, qui vivent au rythme des bombardements. Le film réussit également à éveiller les consciences et à créer un dialogue chez les spectateurs en abordant les conséquences traumatiques de ces hommes et femmes qui risquent leur vie pour rendre l'information accessible. Paul Marchand, lui-même, a participé à la conception du scénario, avant de mettre fin à ses jours en 2009.