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02 février 2026

Don Camillo et les contestataires : Fernandel n’a pas pu finir ce film dont il espérait qu’il soit "le plus drôle"

Avant de tomber gravement malade, Fernandel tournait un sixième film Don Camillo, dont il révélait à la télévision le scénario et trouvait qu'il était "le plus drôle de la série".

De 1948 à 1969, l'auteur italien Giovannino Guareschi publie les aventures de Don Camillo, qui seront adaptées au cinéma à partir de 1952, en commençant par Le Petit monde de Don Camillo, avec Fernandel et Gino Cervi dans les deux rôles principaux. Et c'est le dernier tome en date à l'époque, qui se traduit littéralement par "Don Camillo et les jeunes d'aujourd'hui", qui va devenir le sixième opus de la saga au cinéma.

Le tournage commence à l'été 1970 sous le titre "Don Camillo et ses contestataires". Mais en cours de route, Fernandel accuse des coups de fatigue toujours plus forts, au point que le film est mis en pause. En octobre 1970, Fernandel est interviewé pour parler de ce film interrompu et en raconte le scénario, très ancré dans son époque :

"Dans ce film, le fils de Peppone est un maoïste, et une nièce à moi, que je ne connais pas mais que j'ai quand même, est hippie. Vous voyez ce que ça donne, déjà. Alors en plus de Peppone qui est communiste et moi, qui suis ce que je suis, ça crée beaucoup d'histoires. Mais des histoires différentes de celles que nous avons vues. Ce ne sera pas uniquement le conventionnel de Jésus Christ, Don Camillo et Peppone, cette fois il y a les jeunes qui rouspètent."

 "Les hippies ne sont pas d'accord avec les maoïstes, les communistes pas du tout d'accord avec les deux, et moi avec personne. Et moi, je n'accepte pas non plus le concile, vous comprenez ? On m'envoie (...) un coadjuteur, car je ne veux pas dire la messe de face, je veux continuer à la dire comme avant, de dos. On veut me prendre le Christ, je ne veux pas. Alors je vais trouver les communistes qui eux empêchent que le Christ soit pris, parce que c'est avec ce Christ qu'ils ont été baptisés, mariés... Alors c'est une histoire complètement différente de ce que nous avons vu dans Don Camillo."

"J'ai tourné 14 jours, j'ai vu 30 à 35 minutes de film bon, et Christian-Jaque a fait un travail remarquable, et je crois que c'est le plus drôle de la série", conclut-il.

Fernandel est en convalescence au moment de cette interview, et espère reprendre le tournage. Sauf qu'en réalité, son état de santé est plus grave qu'il ne le pense, car les médecins et sa famille lui cachent qu'il est condamné. Le tournage de ce 6ème Don Camillo ne reprend pas, et Fernandel décède le 26 février 1971 à 67 ans.

Résultat, c'est l'Italien Gastone Moschin qui est choisi pour jouer Don Camillo, un acteur surtout connu pour quelques westerns (Le Spécialiste) et gialli (Milan Calibre 9). Quant à Peppone, il est maintenant incarné par Lionel Stander, acteur hollywoodien qui a commencé au milieu des années 1930 en jouant dans L'Extravagant Mr. Deeds ou Une étoile est née.

A la la fin des années 60, Stander s'est rendu en Italie pour relancer sa carrière et après plusieurs westerns comme Il était une fois dans l'Ouest (1968), La Colline des bottes (1969), il tourne lui aussi dans Milan Calibre 9 et se retrouve à refaire équipe avec Moschin sur Don Camillo.

A sa sortie en France en 1972, le film ne rencontrera pas le succès escompté, avec seulement 263 558 entrées, soit bien moins que les millions d'entrées réalisées par Fernandel et Cervi, et un résultat qui n'est pas étonnant pour un film porté par des acteurs quasi inconnus en France.

Finalement, le projet sera relancé sous le titre Don Camillo et LES contestataires, et l'équipe est totalement changée. Très ami avec Fernandel, Christian-Jaque refuse de tourner un Don Camillo sans lui et s'en va, et Gino Cervi, qui incarnait Peppone, est poussé vers la sortie par les producteurs. Reste à savoir par qui le remplacer le duo en place depuis 5 films.

02 décembre 2025

Inconnu de tout le monde, cet acteur a tourné 29 films avec Fernandel

Fernandel a été l'une des stars du cinéma français, notamment dans le registre de la comédie. Avec plus de 185 millions d'entrées au cours d'une carrière s'étalant de 1931 à 1970. Avec plus de 40 ans en tête d'affiche ou en la partageant avec Bourvil, Jean Gabin, Raimu ou Gino Cervi, sa filmographie regorge de classiques, au premier rang desquels Le Petit monde de Don Camillo.

Mais savez-vous quel acteur a le plus tourné avec Fernandel ? Son nom vous est sans doute inconnu, mais il a pourtant côtoyé l'acteur marseillais à 29 reprises !

Cet acteur s'appelle André Jaubert, plus connu sous le nom de "Andrex". Il a rencontré Fernandel dès l'école à Marseille, et restera son ami toute sa vie. D'abord chanteur, il se rend à Paris pour s'y produire, avant de passer par le théâtre et l'opérette. En 1933, Fernandel, qui débute au cinéma, lui trouve un rôle (de chanteur) dans Le Coq du régiment.

On le retrouve donc dans 29 longs métrages de l'acteur, avec des rôles allant du gangster dans Fric-Frac (1939) au chef de gang dans L'Héroïque Monsieur Boniface (1949), en passant par le marin du Mouton à cinq pattes (1954), l'ami fidèle d'Honoré de Marseille (1956), et le patron de bistrot de Cocagne (1960) et La Cuisine au beurre (1963). Il l'accompagnera jusqu'à La Bourse et la Vie de Jean-Pierre Mocky en 1966.

Hormis ses nombreuses collaborations avec Fernandel, Andrex apparaîtra dans Hôtel du Nord de Marcel Carné, L'Etrange monsieur Victor de Jean Grémillon, le film historique La Marseillaise de Jean Renoir, Manon de Henri-Georges Clouzot et parviendra même à obtenir un premier rôle dans la comédie chantante Madame et son flirt de Jean de Marguenat.

Son dernier rôle sera dans Cap Canaille avec Juliet Berto, Richard Bohringer et Jean-Claude Brialy en 1983. Il s'éteint le 9 juillet 1989 à 82 ans.

11 juin 2025

Don Camillo ; quand Fernandel revenait sur l'un des personnages culte du cinéma français

L'acteur français Fernandel a incarné le personnage du curé italien Don Camillo dans cinq films de 1952 à 1965, qui furent tous des succès au box-office. Ce rôle sympathique qui lui allait si bien le mettait notamment en scène en s'adressant directement à Jésus (doublé par Jean Debucourt, puis Renzo Ricci et Jean Topart).

Dans une interview de 1965, donnée alors qu'il tournait Don Camillo en Russie et disponible sur l'INA, Fernandel racontait avec gourmandise et la verve qui le caractérise comment ce rôle iconique est arrivé dans sa vie :

"La première fois que Duvivier [Julien Duvivier, le réalisateur et co-scénariste du film, ndlr] m'a envoyé le sujet, j'étais à Carry-le-Rouet, près de Marseille, en vacances. Je tournais La Table-aux-crevés [d'Henri Verneuil] et le soir [j'allais] à Carry-le-Rouet (...). Et ce jour-là je me rappelle, avant dîner (...), j'ai commencé à feuilleter le scénario, et j'ai vu la première scène où Don Camillo parlait à Jésus et j'ai dit à ma femme : 'Si vraiment, le sujet que je suis en train de lire continue comme il a commencé, je crois que je tiens le rôle de ma vie. C'était exact, et je l'ai fini dans la nuit."

"Le lendemain je télégraphiais à Duvivier et à [Robert] Chabert [le producteur français du film] 'D'accord' et j'ai reculé un film pour faire Don Camillo d'abord."

Un miracle ? Presque, car Le Petit monde de Don Camillo, qui oppose un curé de campagne italien à un maire communiste et qui se trouvent parfois des luttes communes est un succès triomphal avec 12,79 millions d'entrées en France, et devient aussi un succès à l'international. Une suite est immédiatement lancée avec la même équipe, Le Retour de Don Camillo (1953), qui réalise aussi un excellent score avec 7,42 millions d'entrées dans l'Hexagone.

"J'ai trouvé dans le rôle du personnage de Don Camillo quelque chose d'humain, de vrai, de sincère et qui s'adaptait à ma personnalité, car si j'avais dû jouer un curé conventionnel (...), je n'aurais pas accepté le rôle. J'ai accepté parce que c'était un rôle extraordinaire, qui venait en son temps, et que Duvivier avait traité de manière extraordinaire, où c'était pour moi. (...) Il a tellement réussi les scènes avec Jésus que nous sommes arrivés à faire croire au public que je parlais vraiment au Seigneur."

"Et j'ai retrouvé dans ce personnage un peu de ma nature méridionale, de mon Marseille natal, car après tout Don Camillo c'est Fernandel dans la vie, avec sa faconde, la soutane en plus".

07 octobre 2020

Fernandel maltraité durant son enfance : les confidences de son petit-fils

Pour les besoins de leur numéro du 2 octobre 2020, France Dimanche a interviewé Vincent Fernandel. Le petit-fils de Fernandel et fils de l'acteur Franck (décédé le 8 juin 2011) a sorti, le 17 septembre dernier, un livre intitulé Au cœur de la fougère - Voyage sur la terre des All Blacks. L'occasion pour nos confrères d'en savoir plus sur sa découverte de la Nouvelle-Zélande, ses souvenirs avec sa famille ou encore son avis concernant les films dans lesquels son grand-père a joué.

Vincent Fernandel n'a pas pu connaître la figure emblématique de La vache le prisonnier puisqu'il est né 12 ans après sa mort, mais cela ne l'empêche pas de ressentir un lien très fort avec lui. "Si je décide qu'il est là, il est là. Ce qui ne remplace évidemment pas d'avoir mangé avec lui, joué aux boules ou sauté sur ses genoux, mais il est là. Je suis très rationnel et concret et je vis aussi dans un monde où personne ne part vraiment. Je crois en ces résonances qui passent de génération en génération, de mon grand-père à mon père, de mon père à moi et un jour qui sait, de moi à mes enfants", lance le jeune homme de 37 ans, qui n'a pas encore d'enfants mais pourrait l'envisager. Malgré le temps qui s'est écoulé depuis que Fernand Contandin est décédé (le 26 février 1971), son petit-fils connaît bien l'histoire de son grand-père. Il sait notamment qu'il a eu une enfance très difficile puisqu'il était maltraité à la maison.

"C'est vrai. De ce que j'en sais, sa mère ne l'aimait pas. Ce n'était pas physique mais, parfois, la maltraitance morale peut être plus violente encore. Toutefois, mon grand-père était fort discret à ce sujet. C'est sûrement en réaction à ce qu'il a vécu qu'il a tout fait pour construire une famille unie et aimante. Et il ne s'en est pas trop mal tiré. Malgré tout, il a toujours aidé les siens, offrant à sa mère de quoi vivre jusqu'à ce qu'elle ne s'éteigne. Loin d'être un ingrat, c'était un homme bon", assure Vincent Fernandel, qui garde une très bonne image du père de son père.