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27 avril 2023

Jafar Panahi : après 14 ans d'interdiction, le réalisateur a enfin quitté l'Iran

Pour le réalisateur iranien Jafar Panahi, c'est la page d'un roman long et pénible qui se tourne. En vigueur depuis 14 ans, son interdiction de quitter le territoire a été subitement levée, et il ne s'est pas fait prier pour s'envoler hors d'Iran, vers une destination non communiquée, comme l'a annoncé son épouse sur les réseaux sociaux.

Arrêté et emprisonné le 11 juillet dernier, en marge d'une manifestation pour réclamer la libération de ses confrères et compatriotes Mohammad Rasoulof et Mostafa Al-Ahmad, Jafar Panahi avait été libéré, sous caution, le 3 février de cette année. Et ce alors qu'il venait d'entamer une grève de la faim pour dénoncer les conditions de son incarcération.

Condamné en 2009 à six ans de prison et vingt années d'interdiction de réaliser ou écrire des films, quitter le pays ou s'exprimer dans les médias, car accusé de propagande contre le régime alors en place, et notamment son soutien envers le mouvement de protestation contre la réélection de Mahmoud Ahmadinejad à la présidence de la République islamique, Jafar Panahi est désormais libre.

Si sa situation ne l'avait pas empêché des mettre des films en scène, de les présenter en festival et même d'y être récompensé (Ours d'Or à Berlin pour Taxi Téhéran, Prix Spécial du Jury à Venise pour Aucun ours), le réalisateur brillait par son absence et faisait figure de symbole dans le milieu artistique.

Comme le russe Kirill Serebrennikov (Leto, La Femme de Tchaïkovski), qui avait réussi à quitter son pays en 2022, il aura désormais plus de latitude pour faire du cinéma et présenter lui-même chacun de ses oeuvres.

20 juillet 2022

Le réalisateur Jafar Panahi va purger une peine de six ans de prison en Iran

En 2010, Jafar Panahi avait été arrêté en Iran pour "propagande contre le régime" et condamné à six ans de prison, en plus de vingt ans d'interdiction d'écrire ou de réaliser des films, de voyager et de s'exprimer dans les médias. Une peine qu'il n'a finalement pas effectuée, travaillant toujours en Iran, vivant en liberté conditionnelle. L'Autorité judiciaire du pays a finalement interpellé le réalisateur de Taxi Téhéran (Ours d'or à Berlin en 2015) et de Trois visages (Prix du scénario à Cannes) afin de l'envoyer dans la prison d'Evin pour purger cette peine de six ans de détention, détaille Le Monde.

Opposé à l'époque à la réélection de l’homme politique ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, il reste critique envers le régime actuel, tout comme les réalisateurs Mohammad Rasoulof (Le Diable n'existe pas, Ours d'or à Berlin en 2020) et Mostafa Al-Hamad (La Coquille). Tous les trois sont actuellement en détention, à l'image de Mostafa Tajzadeh, une figure du mouvement réformateur. Les Etats-Unis et la France ont condamné toutes ces arrestations, via des demandes publiques de libération : "Nous condamnons les efforts continus pour empêcher l’exercice de la liberté d’expression, dit ainsi un porte-parole américain. Nous demandons instamment au gouvernement iranien de libérer tous les professionnels des médias, les militants et les manifestants pacifiques qu’il a arbitrairement détenus." Le communiqué français réclame "la libération immédiate" des cinéastes iraniens et "d’autres personnalités iraniennes engagées pour la défense de la liberté d’expression dans leur pays", s'inquiétant de "la détérioration inquiétante de la situation des artistes en Iran". Tahereh Saeedi, l'épouse de Jafar Pahani, dénonce auprès de la BBC un "kidnapping" : "Jafar a des droits en tant que citoyen. C'est un processus qui doit être respecté. Pour emprisonner quelqu'un, il faut qu'il y ait un avertissement avant, mais enfermer quelqu'un parce qu'il se bat pour la liberté, cela soulève beaucoup de questions. C'est un kidnapping."

En 2009, Jafar Panahi avait été arrêté lors des funérailles de Neda Agha-Soltan, un étudiant en philosophie assassiné par des militaires du gouvernement iranien, alors qu'il manifestait pour la paix. Cette fois, il a été arrêté le 11 juillet en arrivant au parquet de Téhéran pour suivre le dossier de Mohammad Rasoulof, détenu lui depuis le 8 juillet. A la mi-mai, ils dénonçaient dans une lettre ouverte l’arrestation de plusieurs collègues réalisateurs par les autorités et la répression contre les manifestants en Iran.