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24 mars 2025

John Carpenter signera la musique du prochain film d'horreur de Bong Joon-ho

Alors que son Mickey 17 est actuellement à l'affiche, Bong Joon-ho prépare déjà ses prochains projets cinématographiques. Suite au carton plein de Parasite, il a récemment confirmé avoir tourné un film d'animation sur des créatures marines. Pour l'instant intitulé The Valley, ce projet sera donc sa prochaine mise en scène pour le cinéma, puis il compte réaliser un film d'action et d'horreur se déroulant dans une station de métro souterraine de Séoul. Il le décrivait déjà comme "le projet de sa vie", et ce film pour l'instant sans titre vient d'ajouter un talent de taille à son équipe : John Carpenter. Qui devrait se charger de composer sa bande originale.

L'info a été donnée en direct d'une séance de questions réponses menée par Bong autour d'une d'une projection de The Thing restauré en 4K. Après avoir revu le film culte avec Kurt Russell, le réalisateur de The Host a demandé à son acolyte s'il serait intéressé par la composition de la musique de son film d'horreur.

Avant même qu'il ait pu poser officiellement la question, Carpenter a répondu avec empressement : "Je veux m'occuper de votre musique." Les deux hommes se sont serré la main et Bong a assuré au public que c'était "officiellement" et "sérieusement" en train de se faire.

Les détails du film d'horreur de Bong restent à confirmer, mais l'emballement de Carpenter réjouit ses fans. S'il n'a plus mis en scène de long métrage depuis The Ward : l'hôpital de la terreur, en 2011, il reste très impliqué dans sa carrière musicale. Compositeur de plusieurs BO de ses propres films, ou des œuvres dérivées de ceux-ci, telles que les Halloween de David Gordon Green sortis depuis 2018, il signe aussi quelques musiques pour d'autres réalisateurs à l'occasion. Cette année, il a par exemple travaillé aux côtés d'Alex Scharfman pour son premier film Death of a Unicorn, avec Paul Rudd et Jenna Ortega.

06 novembre 2024

Quand John Carpenter dénigrait John Ford...

John Carpenter a une dent contre John Ford ! Lors d'un entretien donné il y a des années, le réalisateur de The Thing et de Christine s'en était pris au cinéaste, souvent considéré comme l'un des meilleurs metteurs en scène du cinéma américain :

"Le vaudeville irlandais, je ne supporte plus. Je n'en peux plus de ces scènes où ils dansent. La Prisonnière du désert est un film génial mais il est gâché, vraiment gâché au milieu par le retour, le mariage, le 'pose ta main sur mon épaule et regardons le feu dans la cheminée'..."

"Et enfant j'avais aimé L'Homme tranquille mais en le revoyant, j'ai envie de pleurer. C'est tellement sentimental, avec un point de vue d'immigrant, là où Hawks était un réalisateur complètement intégré. (...) Ford sentimentalisait l'Ouest, surtout les femmes, les mères... Bien sûr, dans les coulisses, ce n'était pas comme ça mais c'est ce qu'il montrait."

Et de pointer une erreur dans un autre classique du western et de la filmographie du cinéaste :

"Bien sûr que je fais l'erreur sur tous mes films, mais ce type était incapable de mettre en scène les stage lines". Les stage lines sont des lignes imaginaires qui délimitent l'espace de tournage. Une règle en technique cinématographique est la règle des 180 degrés : une ligne imaginaire sépare un espace en deux côtés et elle ne doit pas être déplacée une fois choisie, que l'on filme un côté ou l'autre. Si elle l'est, l'orientation des personnages devient incohérente et leurs yeux ne se croisent plus, on ne sait plus qui parle à qui.

Carpenter trouvait tout de même des qualités à un film de Ford, Les Raisins de la colère, qu'il qualifiait alors de "vraiment génial" et de "son grand film". Les Raisins de la colère voit Henry Fonda incarner Tom Joad, un repris de justice rentrant dans sa ferme d'Oklahoma pour constater que sa famille en a été chassée, du fait des événements de la Grande Dépression. Les Joad partent donc pour un périple qui doit les mener en Californie et, l'espèrent-ils, à une vie meilleure.

02 juin 2023

John Carpenter annonce qu'il travaille sur The Thing 2

Quarante ans après, la chose va-t-elle refaire des ravages ? John Carpenter a révélé le week-end dernier, lors d'une séance de questions-réponses avec des fans, au festival Texas Frightmare Weekend, qu'il pourrait bien faire The Thing 2 dans un avenir proche. Rien de très concret encore, mais le réalisateur américain tease :

"J'ai juré de garder le secret... Mais bon, il se pourrait qu'il y ait - et je ne sais pas si ça se fera vraiment - mais il se pourrait que je fasse The Thing 2 !"

John Carpenter a réalisé The Thing, d'après la nouvelle de John W. Campbell Jr. ("Who Goes There ?") en 1982. Le film d'horreur de science-fiction était porté à l'époque par Kurt Russell et suivait sur un groupe de scientifiques américains, accompagnés d'un pilote d'hélicoptère, coincés en Antarctique après avoir rencontré une créature mystérieuse qui peut se transformer en la forme de ses victimes.

A l'époque de sa sortie en salles, The Thing n'avait rapporté que 19 millions de dollars de recettes, avant de devenir culte en vidéo par la suite... Gageons que The Thing 2 ferait un peu mieux au box-office...

07 juin 2021

Arte programme un cycle John Carpenter avec New York 1997, Prince des ténèbres et Invasion Los Angeles

"Radical, nihiliste, scabreux, culte - bienvenue dans l'univers de John Carpenter !", voilà l'annonce de diffusion du cycle John Carpenter, du 7 au 14 juin. Arte met à l'honneur le cinéaste américain - un des maîtres de la science-fiction et de l'horreur - et rediffuse trois de ses plus grands films. À commencer par New York 1997, dès ce lundi 7, à 20h55 - suivi d'un portrait du réalisateur à 22h30. Ce documentaire - comprenant des extraits de films et des entretiens avec de nombreuses personnalités - s'intitule Big John et part à la découverte de l'univers très particulier de Carpenter. Il est déjà visible sur Arte.tv. Prince des ténèbres sera lui diffusé le jeudi 10 juin à minuit et pour finir, Invasion Los Angeles, le lundi 14 à 22h25.

Fort de son succès à sa sortie en 1981, New York 1997 est resté un film culte du cinéma d'action. Trois ans après Halloween, il marque la cinquième réalisation de Carpenter. Le cinéaste s'est par ailleurs inspiré du Scandale du Watergate - survenu en 1972 - qui a mené à la démission du président Nixon. 

L'histoire se déroule dans un futur proche à Manhattan. Le taux de criminalité ayant explosé, la ville devient une véritable prison à haute sécurité avec 3 millions de détenus. Le criminel Snake Plissken a vingt-quatre heures pour retrouver le président, capturé par des détenus à la suite d'un crash aérien sur l'île.

Au casting, nous retrouvons Kurt Russell, Lee Van Cleef, Ernest Borgnine ou encore Donald Pleasence...

Sorti en 1987, Prince des ténèbres, est un film d'horreur fantastique, mêlant les sujets ennemis science et religion. L'histoire est celle d'un prêtre, accompagné d'une équipe de scientifiques, détenteur d'une clef qui ouvre la crypte d'une église, dans laquelle se trouve un cylindre rempli d'un liquide vert. Cette intrusion a rapidement des répercussions.

Avec Donald Pleasence (également présent dans New York 1997), Victor Wong, Jameson Parker, Alice Cooper...

Invasion Los Angeles sort en 1989. Film a petit budget, il est perçu comme une critique amère du système capitaliste et reçoit des critiques négatives à sa sortie, avant de devenir culte au fil du temps. L'intrigue est inspirée de la nouvelle de l'écrivain Ray Faraday Nelson, Les Fascinateurs. 

L'histoire suit John Nada, un ouvrier de chantier au chômage, qui est à la recherche d'un emploi. Embauché à Los Angeles, il s'installe dans le bidonville de son collègue Frank Armitage, dans lequel il découvre une paire de lunettes de soleil qui permet de voir des extraterrestres ayant l'apparence d'humains. Les créatures dirigent le monde et maîtrisent l'art de la propagande.

Avec Roddy Piper, Meg Foster, Keith David, Peter Jason...

16 février 2021

John Carpenter : "les cinémas sont morts, c'est une tragédie, mais c'est la réalité"

Le Prince des ténèbres de l'industrie cinématographie a parlé ! John Carpenter, auteur culte du premier Halloween, Invasion Los Angeles, Fog ou The Thing ne mâche pas ses mots concernant l'avenir des salles. Interrogé par le site NME, celui qui se consacre désormais à la musique ne cache pas sa grande inquiétude.

"Ces types prennent des décisions qu'ils considèrent comme étant dans leur meilleur intérêt", déclare John Carpenter, questionné sur la décision de Warner Bros. de sortir ses films 2021 simultanément en salles et sur HBO Max. "C'est ainsi qu'ils envisagent l'avenir, et c'est pourquoi ils pensent que c'est la meilleure façon de procéder", ajoute-t-il.

Le maître de l'horreur évoque ensuite le sort d'Halloween Kills de David Gordon Green, dont il est le producteur et le compositeur. Prévu pour 2020, le long-métrage a été décalé au 20 octobre 2021 en raison de la crise sanitaire. L'auteur de New York 1997 n'exclut pas l'idée que le slasher puisse finalement atterrir sur une plateforme de streaming.

"Halloween Kills pourrait être partagé de cette façon car les salles de cinémas sont mortes", assène Carpenter. "C'est juste la réalité de notre époque... c'est une tragédie mais c'est la réalité. Nous devons faire face à cela. Le studio Universal a décidé de reporter la sortie d'un an en espérant que la situation s'améliore. Et on espère vraiment que ça va s'améliorer", conclut le metteur en scène.

Pas de sortie streaming pour le moment pour Halloween Kills... mais un constat amer de la part d'un des réalisateurs les plus influents de l'Histoire du cinéma. En octobre dernier, le producteur Jason Blum déclarait que le long-métrage sortirait au cinéma en 2021 quoi qu'il arrive, vaccin ou pas vaccin, démontrant sa volonté de ne pas céder aux sirènes des plateformes.

04 mai 2020

Christine sur France 5 : pourquoi il ne faut pas manquer ce classique de l'épouvante de John Carpenter

1983. L'écrivain Stephen King et le cinéaste John Carpenter ont le vent en poupe. Le premier multiplie les best-sellers et voit ses romans adapter sur grand écran, tandis que le second enchaîne les films, à raison d'un par an. Quand les mondes des deux hommes se rencontrent enfin, cela donne Christine. Adapté d'un nouveau livre de l'auteur, le long-métrage raconte la relation passionnée et destructrice entre un jeune introverti, Arnie Cunningham, et sa voiture. Rouge, élégante, venue d'un autre temps, cette Plymouth Fury de 1958 n'est pas une automobile comme les autres. En plus de faire sombrer ses propriétaires dans la folie, l'engin, aussi vivant qu'un être humain, est une véritable machine à tuer. À défaut d'avoir fait le bonheur de son réalisateur, Christine, diffusé ce lundi 4 mai, à 20h50, sur France 5, continue, des décennies plus tard, de fasciner et d'honorer son statut d'œuvre culte.

Après avoir signé deux beaux succès en salles, Fog et New York 1997, John Carpenter essuie l'échec critique et commercial de son dernier film, The Thing, sorti en 1982. Viré par les studios Universal, qui le remplacent par Mark L. Lester pour mettre en scène Charlie, le cinéaste se retrouve désemparé. Lorsque le producteur Richard Kobritz l'approche pour Christine, il accepte à contrecœur. Dans une interview pour SFX Magazine, il explique que ce film est le seul qu'il considère avoir fait par obligation, "pour le travail". "Tous les autres sont des projets personnels", précise-t-il. Toujours dans cette entrevue, il se rappelle même de son sentiment de honte lorsqu'il a vu son nom en gros sur l'affiche placardée sur un immense panneau publicitaire.

Pourtant, à sa sortie, Christine reçoit un accueil chaleureux, de la part des critiques, mais aussi au box-office. Dans l'Hexagone, en 1984, il frôle même le million d'entrées. Un excellent score pour un film de genre qui ne compte aucune star connue en tête d'affiche. Dans un entretien avec le journaliste Gilles Boulenger en 2001, John Carpenter n'en démord pas et continue de rejeter le long-métrage : "Que les spectateurs le trouvent bon ou mauvais, je sais au fond de moi que je l'ai foiré. J'étais encore blessé par l'échec de The Thing." Non, Christine n'est peut-être pas le chef-d'œuvre de sa carrière. Ce n'est pas vraiment effrayant, encore moins sanglant, et on ne retrouve pas l'irrévérence de ses projets précédents. Pourtant, malgré le désamour de son créateur, le film n'a pas volé son succès et en a sous le capot.

Sa particularité, c'est son mélange des genres. Avant d'être un film d'épouvante, c'est surtout un drame sur un amour toxique et la violence de l'adolescence. Cette violence, c'est celle que vit Arnie, brillamment interprété par Keith Gordon. Frêle et maladroit, il est la cible quotidienne des bourreaux de son lycée. Lorsque son regard va se poser sur Christine, le jeune homme va se métamorphoser. Son style vestimentaire - très intéressant à observer - va changer et sa passivité va laisser place à une brutalité jusqu'ici dissimulée. 

Comme dans toute relation malsaine, l'un va prendre l'ascendant sur l'autre pour mieux l'isoler et le faire souffrir. Sous l'emprise de sa voiture, l'adolescent objectophile va se couper de sa famille et de ses seuls amis. C'est d'ailleurs à travers leurs points de vue, et non celui du personnage principal, que les spectateurs suivent cette descente aux enfers. Contrairement au livre de Stephen King, qui explique pourquoi le Mal s'est emparé de l'engin, la version de John Carpenter refuse, quant à elle, de donner des éléments de réponses. De quoi renforcer le mystère autour de cette sinistre tragédie.

Avec son ambiance très pop, Christine symbolise à merveille les années quatre-vingt, des vêtements aux coupes de cheveux, en passant par le rebelle en blouson noir. Depuis, la mode est passée par là, et même si le film peut paraître daté, ces détails lui confèrent une aura unique. Ce qui ne vieillit pas, en revanche, ce sont ses effets spéciaux, toujours aussi impressionnants aujourd'hui, comme en témoigne la séquence culte dans le garage de Darnell. Autre élément intemporel : la bande-originale. Il y a celle composée par John Carpenter, l'une des meilleures de sa carrière, mais aussi celle qui mêle de grands succès du doo-wop (sous-genre musical très populaire dans les années cinquante, NDLR) aux figures du rock'n'roll, comme les Rolling Stones ou The Crickets. Des morceaux qui donnent une voix à la voiture possessive et meurtrière.

John Carpenter n'aurait sans doute jamais imaginé que le monde se souviendrait de Christine des années plus tard. Pour mesurer son impact, il suffit de se tourner vers les nombreux fan-clubs qui se réunissent à des événements et des projections spéciales pour partager leur passion. Il y a, par exemple, un site internet dédié à l'actualité autour du film et de sa voiture star, ou encore le groupe The Official Christine Car Fan Site, qui rassemble plus de dix mille membres. Aussi étonnant que cela puisse paraître, l'œuvre de Stephen King et de John Carpenter n'est pas encore passée par le case remake. Pas sûr que le concept d'une voiture tueuse puisse attirer un jeune public. En attendant qu'Hollywood prouve le contraire, il est toujours bon de se replonger dans ce classique plus rock qu'il n'y paraît. Attachez vos ceintures.