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18 mai 2023

La Liste de Schindler : Martin Scorsese explique pourquoi il a refusé de faire le filma

Parmi ces films qui ont marqué l'Histoire du cinéma, La Liste de Schindler occupe incontestablement une place de choix; figurant même dans le top 100 des meilleurs films de tous les temps, selon la bible hollywoodienne qu'est le Hollywood Reporter.

En 1982. Steven Spielberg triomphe au Box Office mondial avec E.T. C'est aussi cette année là qu'il découvre un ouvrage d'un auteur australien, Thomas Keneally : La Liste de Schindler, traduit en France en 1984.

L'histoire d'Oskar Schindler, industriel nazi convaincu, qui sauvera finalement de la déportation quelques 1300 juifs en engloutissant sa fortune. Une histoire qui le bouleverse et qu'il souhaite adapter au cinéma; mais "ne se sentant pas prêt émotionnellement" -comme il le dira lui-même-, il a longtemps cherché à confier le projet de film à d'autres réalisateurs, avant de se raviser.

D'abord Roman Polanski, qui refuse : cette histoire est trop proche de la sienne, lui qui a réchappé enfant du terrible ghetto de Cracovie, tandis que sa famille fut exterminée à Auschwitz. Spielberg songe aussi à confier la réalisation à Billy Wilder, qui réaliserait là son dernier film. Ou encore Martin Scorsese, intéressé dans un premier temps, avant de décliner l'offre : "ce film doit être réalisé par une personne de confession juive" lui a-t-il dit.

Dans une interview fleuve accordée au site Deadline en amont de la présentation à Cannes de son film ultra attendu, Killers of The Flower Moon, Scorsese revient notamment sur la génèse du film de Spielberg, qu'il a contribué à impulser avec l'aide du (brillant) scénariste Steven Zaillian, à qui l'on doit notamment le script de Gangs of New York.

"Pour La Liste de Schindler, j’avais engagé Steven Zaillian, et nous travaillons tous les deux sur le scénario. J’étais prêt à le réaliser. Mais j’avoue avoir eu des doutes. Nous étions en 1990, je venais de tourner La Dernière Tentation du Christ.

Je me souviens que Spielberg, au fil des années, n’arrêtait pas de me parler du livre. Il me l’avait montré quand nous étions dans l’avion vers Cannes, et il me disait "C’est mon futur grand film, et je vais le réaliser". [...] Et je lui avais répondu "Bien, j’ai La Dernière Tentation du Christ de mon côté, et je vais le faire également.

À l’époque, je n’arrêtais pas de dire "Je ne suis pas juif !" Ce que je voulais dire, c’est que l’histoire devait être racontée par un juif, et je pense que Spielberg était d’accord avec moi. [...] Il m’avait raconté qu’il n’y avait que 200 juifs à Phoenix, là où il ou avait grandi. Je ne pouvais pas le croire. Je viens moi-même de l’Upper East Side, et j’ai grandi avec cette communauté. Je n’étais pas altruiste, cela faisait sens qu’il prenne ce projet en main. J’avais peur de ne pas être à la hauteur sur ce coup".

"Lorsque vous avez vu le résultat final, quelle a été votre sentiment ?" lui demande le journaliste. Scorsese lui répond : "Si j'avais fait le film, ca n'aurait pas été le succès qu'il est devenu. Il aurait pu être bon. j'avais des idées, dont la plupart se retrouvent dans le film [de Spielberg]. J'avais une fin différente. J'ai une grande admiration pour son film".

08 avril 2022

Ukraine : la petite fille en rouge de La Liste de Schindler aide les réfugiés en Pologne

Sa silhouette et son visage, inoubliables, traversait le film comme un fantôme. Dans La liste de Schindler, le chef-d'oeuvre de Steven Spielberg, la petite fille en rouge, seul élément en couleur d'un film tourné en noir et blanc, représentait l'élément qui déclenchait la prise de conscience de Schindler face à la barbarie nazie.

Il la voyait pour la première fois lors de la liquidation du ghetto de Cracovie, et revoyait son cadavre plus tard lorsque son corps était brûlé.

La vraie petite fille, Roma Ligocka, était connue dans le ghetto de Varsovie pour son manteau rouge, mais contrairement à son homologue dans le film, elle a survécu à l'holocauste et a publié ses mémoires en 2002 sous le titre La petite fille au manteau rouge. Elle était par ailleurs la cousine du cinéaste Roman Polanski.

Son interprète dans le film, Oliwia Dabrowska, était une toute jeune actrice polonaise de trois ans à l'époque. Désormais âgée de 32 ans, et vivant toujours en Pologne, elle se consacre à l'accueil des réfugiés ukrainiens qui traversent la frontière avec son pays.

Le 9 mars dernier, elle a partagé son son compte Instagram une photo iconique de son personnage dans le film, retouchée aux couleurs de l'Ukraine, jaune et bleu. "Elle sera toujours le symbole de l'espoir" écrivait-elle, "Faisons-la revivre".

Dans les jours qui ont suivi ce post, elle se rendait à la frontière pour aider les réfugiés, et demandait de l'aide pour les accueillir. "Nous avons besoin de votre aide ici à la frontière polono-ukrainienne. Chaque petit geste compte : nous avons besoin de dons matériels et financiers, vous pouvez aussi vous porter volontaire pour aider en personne. La situation est dramatique ; Je suis aussi bénévole ici, à la frontière, et je l'ai vu de mes propres yeux…"

"Aujourd'hui, la Russie a bombardé Yavoriv" écrit-t-elle. "À seulement 20 kilomètres de la Pologne. Si proche ! J'ai peur, mais cela ne fait que me motiver davantage à aider les réfugiés."

Evoquant sa rencontre avec une mère ukrainienne et ses deux enfants fuyant la guerre qui avaient besoin d'être transportés dans une ville près de la frontière allemande, elle raconte : "Habituellement, nous transportons des réfugiés dans notre région, mais cette fois, nous ne pouvions pas simplement dire "non".

Ils voulaient désespérement rejoindre leur sœur. Ces enfants… mon Dieu, je peux à peine retenir mes larmes. Je ne peux pas vous dire tout ce que j'ai vu là-bas, parce que je n'ai pas les bons mots dans mon esprit... Personne, qui n'a jamais vu ça, ne peut imaginer ce cauchemar dans les yeux de ces gens."

Selon les chiffres fournis par le Haut Commissariat aux Réfugiés, un organe de l'ONU,  le nombre de réfugiés ukrainiens fuyant la guerre s'élève à 4.019.287 millions (chiffre datant du 30 mars 2022). La Pologne en accueille à elle seule plus de 2,3 millions. Plus de 608.000 sont entrés en Roumanie, plus de 387.000 sont allés en Moldavie et environ 364.000 sont entrés en Hongrie depuis le début de la guerre le 24 février. La Slovaquie a accueilli plus de 281.000 réfugiés.

Au total, plus de dix millions de personnes - près d’un quart de la population - ont dû quitter leur foyer soit en traversant la frontière pour trouver refuge dans les pays limitrophes, soit en s'exilant ailleurs en Ukraine. Le nombre de déplacés à l’intérieur du pays s'élève à 6,5 millions, selon un décompte établi le 16 mars dernier par l’ONU.