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03 décembre 2020

Le Maître d'école sur TMC : un tournage très compliqué avec Coluche

Très souvent diffusé à la télévision, et en l'occurrence à nouveau ce soir sur TMC, la comédie Le Maitre d'école, sortie en salles en octobre 1981, est l'un des grands succès publics de Coluche et du réalisateur Claude Berri (plus de 3 millons d'entrées*). Il s'agit également de leur seconde collaboration, après Le Pistonné (1970) et avant Tchao Pantin (1983) qui vaudra une grande reconnaissance critique de la carrière de comédien de l'humoriste. 

Dans ses mémoires, Claude Berri se confiait sur l'importance que revêtaient ces trois films tournés avec Coluche et revenait sur le contexte au sein duquel s'était décidé le tournage du Maitre d'école. 

"Depuis Le Pistonné, une de mes (rencontres) les plus importantes pour moi a été celle de Coluche, je l'admirais et pour lui, j'ai toujours représenté le cinéma. Au début de l'année 1980, il en avait marre du music-hall, il voulait faire l'acteur. Pierre Grunstein (producteur, Ndlr.) et moi l'avons convaincu de tourner avec Zidi Inspecteur la bavure avec Depardieu. Avant même de connaitre le résultat du film, il m'a convoqué rue Gazan (adresse où se trouvait le domicile du comédien, Ndlr.). Ce soir-là, comme tous les soirs, il avait invité une quarantaine ou cinquante personnes à dîner. Devant tout ce monde, il m'a demandé de lui signer un contrat de quatre films à faire en vint-quatre mois. J'ai obtenu de les faire en trente. (...) Une de ses exigences a été que ce soit moi qui réalise le premier de ces films. C'est pour cela que nous avons fait Le Maitre d'école. Au début, je n'avais pas d'idée, quand j'ai repensé à un livre édité par Champ libre, Journal d'un éducateur."

Le film Le Maître d'école est en effet librement inspiré de Mémoires d'un éducateur, roman de Jules Celma. Ce dernier officie d'ailleurs en tant que co-scénariste du long métrage. Claude Berri précise, dans ses mémoires, qu'il ne s'en inspire que lointainement cependant : "Je n'ai conservé que le principe d'un suppléant qui laisse le bordel s'installer dans sa classe", indique-t-il dans "Auto-portrait". Le film suit Gérard Barbier, vendeur de jeans, renvoyé de son travail. Possesseur du baccalauréat, il décide de devenir instituteur suppléant. Nommé dans une école, il s'aperçoit vite que le métier d'instituteur n'est pas comme il l'imaginait...

Pourquoi cet empressement à vouloir tourner avec Claude Berri ? Et pourquoi un engagement sur plusieurs films ? On apprend dans la biographie consacrée à Coluche, C'est l'histoire d'un mec, par Philippe Boggio, que l'artiste a de nombreuses dettes, suite à son divorce notamment. "Le fisc lui réclame des comptes", écrit Philippe Boggio. "Il doit plusieurs millions de francs aux impôts. (...) Il doit tourner, d'abord pour rembourser. Il va donc devenir boulimique de films, plusieurs par an, sans grand discernement. (...) Il presse Claude Berri". 

Outre ce rythme sous pression, le tournage se passe dans un climat compliqué, en raison des dettes contractées par Coluche et ses problèmes personnels. L'ouvrage de Philippe Boggio explique qu'il est très irritable sur le tournage, même s'il a fait en sorte d'avoir des amis dans la distribution du film, ou des proches dans l'équipe. Séparé de sa compagne Véronique, il espère encore son retour. "Il exige de Claude Berri qu'elle soit embauchée sur le film. Véronique occupe d'abord la fonction de régisseur adjoint, puis celle d'attachée de presse. Mais avant la sortie du film, elle reprend son nom de jeune fille, figurant au générique sous deux patronymes différents". 

En cause également, la prise de stupéfiants qui a une incidence forte sur le tournage, et explique notamment la perte de poids du comédien. "Coluche se drogue sans retenue", précise la biographie. "Il se querelle vite, même avec Claude Berri". Et d'ajouter qu'il "supporte difficilement la turbulence des enfants". "J'ai horreur des gosses, mais les miens me manquent" rapporte sa compagne de l'époque dans "Coluche" d'Axel Cadieux, Les Légendes du cinéma français, édité chez Sofilm Capricci.

* source citations : "Auto-portrait" de Claude Berri, Le Livre de Poche / "Coluche, l'histoire d'un mec" de Philippe Boggio,  Flammarion / "Coluche" d'Axel Cadieux,  Les Légendes du cinéma français,  Sofilm Capricci.

* source chiffres : CBO Box office

15 juin 2020

Geneviève Delpech : le jour où elle a voulu empêcher la mort de Coluche

Geneviève Delpech sort un nouveau livre. Jeudi 11 juin 2020 est en effet paru aux Editions First Les Enquêtes d'une médium - quand la police a recours à l'invisible. Dans ce dernier, la veuve de Michel Delpech raconte comment son incroyable don aide les services de police à résoudre des enquêtes. Car oui, elle est capable de rentrer en contact avec les morts, de pouvoir ressentir, voir ou entendre des informations, des signes, venus de l'au-delà. D'ailleurs, en 1986, elle avait malheureusement prédit la mort de Coluche. "Coluche, on était à son anniversaire et j'ai dit à Michel 'On mon dieu il va échanger sa moto et il va se tuer'" a-t-elle confié au micro d'Europe 1 lundi 15 juin lorsqu'elle est venu faire la promotion de son ouvrage dans l'émission Ça fait du bien.

"Michel est allé voir Coluche et lui a dit : 'Tu sais ma femme...' Coluche est ensuite venu me voir en disant : 'Il paraît que je vais me casser la gueule en moto'. J'ai dit que c'était sérieux et que ça se passerait au niveau de la tête. Il ne m'a pas écouté." a poursuivit Geneviève Delpech. Quinze ou trois semaines après, Coluche est en effet décédé d'un accident de la route. A moto, sans casque, il a heurté le 19 juin 1986, un semi-remorque de 38 tonnes transportant des gravas. Il a été tué sur le coup, aux alentours de 16h30. Autant de prédictions et de flashs douloureux qui ont souvent poussé Geneviève Delpech à arrêter de se servir de ses dons. Mais c'est son défunt mari qui l'a toujours encouragée.

"Jusque-là mes dons étaient utilisés strictement dans un cadre familial ou amical. J'en ai parlé à Michel (...) il m'a encouragée à libérer ma parole." a révélé Geneviève Delpech à Closer. Puis, elle a poursuivit : "Il a utilisé ses dernières forces pour lister toutes les choses irrationnelles que nous avions vécues tous les deux... 'Tu vas pouvoir écrire de nombreux livres' m'a-t-il dit (...) En toute humilité, il était subjugué." C'est d'ailleurs grâce à son défunt de mari que Geneviève Delpech a su gérer ses émotions. "Il était le seul à parvenir à me calmer. Etre dans l'empathie constamment est épuisant moralement et physiquement." a-t-elle conclu.

05 juin 2020

Guy Bedos : ce coup de pouce que son ami Coluche n'a jamais oublié

Guy Bedos et Coluche avaient tissé une amitié solide de leur vivant. Leur rencontre remonte à l'année 1969. Les deux hommes étaient alors tous les deux sur le tournage du film Pistonné, réalisé par Claude Berri. Celui qui fondera des Restos du cœur tient alors le simple rôle de figurant. Mais pour Guy Bedos, il y avait là un talent à exploiter. "J'ai milité auprès de Claude Berri pour que mon nouveau copain passe du statut de figurant à celui d'acteur", déclarera Guy Bedos au magazine l'Express en 2015. Un gage de confiance et de soutien que Coluche n'oubliera jamais.

On connaît la carrière qui s'ensuivra. Sur scène en solo, avec des sketches qui deviendront cultes, il perce sur les planches des théâtres avec plusieurs troupes. C'est à la même époque qu'il rencontre et épouse la mère de ses fils Marius et Romain, Véronique Kantor. Coluche et Véronique s'étaient séparés en 1981, année où l'humoriste avait rencontré l'actrice Fred Romano.

En 1976, il tiendra un rôle dans le film L'Aile ou la Cuisse, aux côtés des monuments du cinéma français Louis de Funès, Claude Gensac ou encore Marcel Dalio. De quoi confirmer son talent aux yeux du grand public. Sa popularité et son engagement lui vaudront de vouloir se lancer en politique.

Coluche disparaîtra à l'âge de 41 ans, en 1986, dans un accident de moto dans les Alpes-Maritimes. Guy Bedos, lui, est décédé le 28 mai dernier à l'âge de 85 ans. Un hommage lui a été rendu jeudi 4 juin à l'église à Saint-Germain-des-Prés, à Paris. Ses enfants et ses proches étaient présents pour un dernier hommage, dont l'animateur Michel Drucker qui a raconté : "Hier, c'était formidable. C'était drôle, c'était émouvant", a-t-il raconté avec une vive émotion.

23 mai 2020

La femme de mon pote sur France 2 : pourquoi ce film a-t-il été une expérience douloureuse pour Coluche ?

En 1983, quelques mois avant Tchao Pantin qui marque le virage dramatique de la carrière de Coluche, sort en salles La Femme de mon pote. Réalisé par Bertrand Blier, le film suit deux amis, Pascal et Micky, qui travaillent dans une station de sports d'hiver. Pascal a une liaison avec Viviane qui est loin de laisser Micky indifférent. Mais il résiste au nom de leur amitié, jusqu'à ce que Pascal le pousse dans les bras de Viviane. Micky cède et finit par passer quelques jours en compagnie de la jeune femme pendant une absence de Pascal.

La Femme de mon pote permet de réparer un rendez-vous manqué entre Blier et Coluche. Celui-ci avait en effet passé des essais pour jouer Pierrot dans Les Valseuses. Rôle qui était finalement revenu à Patrick Dewaere. Dans La Femme de mon pote, qui a été écrit spécialement pour lui par Blier, Coluche doit d'ailleurs partager l'affiche avec Dewaere, qui est l'un de ses meilleurs amis. Miou-Miou complète le casting. Il s'agit d'un retour aux sources pour le trio, qui s'est connu et a débuté sur les planches du Café de la Gare. Le scénario résonne avec leur vie privée : Miou-Miou a été successivement en couple avec les deux hommes dans les années 1970. En 1982, Elsa Chalier, l'ex-compagne de Dewaere, se met en couple avec Coluche et s'installe avec lui en Guadeloupe.

Le 16 juillet de la même année, Dewaere met fin à ses jours avec une carabine offerte par Coluche. Thierry Lhermitte reprend alors son rôle dans La Femme de mon pote tandis que Miou-Miou, bouleversée par cette mort, est remplacée par Isabelle Huppert. Coluche veut renoncer au projet mais son impresario, Paul Lederman, le pousse à rester, désireux de le faire travailler à tout prix avec Blier.

Pour le comédien, le tournage est difficile. À l'instar de son personnage, Coluche est perdu. Il refuse d'apprendre son texte à la lettre et se permet d'improviser, suscitant la colère de Blier qui apporte un soin minutieux aux dialogues. Blier se souvient d'une « ambiance bizarre, une ambiance de deuil, pour Coluche comme pour moi. On sentait déjà l'acteur qu'il allait devenir, mais il cultivait un comportement amateur. Tous les deux, on s'est bien fritté. Premier jour, premier plan, je demande de refaire la prise. Et là il me dit : “Bah non, t'avais qu'à faire appel à un acteur professionnel.” » (Extrait de "Coluche" d'Axel Cadieux, Les Légendes du cinéma français, Sofilm). Au bord de la dépression, Coluche n'hésite pas à prendre de la cocaïne entre deux scènes aux yeux de tous.

Son comportement auto-destructeur est raccord avec son rôle suivant, celui du pompiste de Tchao Pantin, pour lequel il remportera le César du meilleur acteur.