Ce 25 février 2026, Régis Laspalès fête ses 69 ans. Connu pour son humour absurde et son célèbre duo avec Philippe Chevallier, l’acteur mène aussi une vie loin des projecteurs, au cœur de la Bourgogne.
Dans le petit village de Premeaux-Prissey, non loin de Nuits-Saint-Georges, il cultive ses vignes et produit son propre vin, renouant ainsi avec les racines familiales.
Si le public l’associe spontanément aux sketches cultes du duo Chevallier et Laspalès, l’artiste n’a jamais oublié d’où il venait.
Sa famille est originaire de cette région viticole emblématique de Bourgogne. Son grand-père était vigneron, et les souvenirs liés à la terre et aux vendanges ont marqué son enfance. Aujourd’hui, cette histoire familiale trouve un prolongement inattendu : entre deux projets artistiques, Régis Laspalès enfile volontiers les habits de vigneron.
Sa maison de Premeaux-Prissey, nichée dans un paysage de coteaux et de vignes, lui sert de refuge. Loin du tumulte parisien, il y retrouve un rythme plus lent, presque méditatif. Ici, le comédien observe les saisons, surveille la maturation du raisin et participe aux différentes étapes de la production de son vin. Une activité exigeante, qui demande patience et précision, mais qui lui apporte aussi une satisfaction particulière.
Dans cette commune discrète de Côte-d’Or, la vie s’organise autour de la nature et de la vigne. Le village, traversé par plusieurs sources et situé à proximité de terroirs réputés, offre un cadre propice à la viticulture. Pour Régis Laspalès, s’y installer n’a rien d’un hasard : c’est un retour aux origines. Même s’il continue de vivre une partie de l’année à Paris, dans le quartier de Montparnasse, il aime retrouver cette maison bourguignonne où l’histoire familiale semble toujours présente.
Cette double vie surprend parfois ceux qui ne connaissent que l’artiste de scène. Sur les planches, il incarne souvent des personnages maladroits ou décalés, maître de l’absurde et du timing comique. Mais dans les vignes, l’homme se montre appliqué et passionné. Le travail du vin lui rappelle que certaines choses ne peuvent pas être accélérées : la nature impose son tempo, et il faut apprendre à l’accompagner.
Depuis plusieurs années, ce lien avec la Bourgogne s’est renforcé. Les vendanges sont devenues un rendez-vous attendu, un moment de partage et de convivialité. Dans la région, où la culture du vin est profondément ancrée, l’acteur trouve une forme de simplicité qui contraste avec la vie médiatique. Les habitants, eux, voient surtout en lui un voisin attaché au village et à son patrimoine.
Cette passion pour la terre s’inscrit aussi dans un parcours personnel riche et parfois inattendu. Avant de devenir une figure populaire de l’humour, Régis Laspalès a suivi des études artistiques à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, où il s’est spécialisé en sculpture. Cette sensibilité artistique transparaît encore aujourd’hui dans sa manière d’aborder la vigne et le vin : avec curiosité, observation et goût du détail.
Bien sûr, le public continue d’associer son nom à ses années de succès au théâtre et à la télévision. Repéré dans les années 1980 dans l’émission de Philippe Bouvard, le duo qu’il forme avec Philippe Chevallier a marqué plusieurs générations de téléspectateurs. Leur humour, basé sur les situations du quotidien et l’absurde, a rencontré un large public et leur a valu une place durable dans le paysage comique français.
Mais à Premeaux-Prissey, ce passé médiatique s’efface souvent derrière une autre image : celle d’un passionné de terroir. Dans les rangs de vigne, l’humoriste retrouve une certaine discrétion et un rapport direct aux choses simples. Produire son vin devient alors un prolongement naturel de son attachement à la Bourgogne.
À 69 ans, Régis Laspalès semble avoir trouvé un équilibre entre ses deux univers. D’un côté, la scène, le théâtre et l’humour qui ont fait sa notoriété. De l’autre, la vigne, la campagne et un village où le temps paraît ralentir. Entre ces deux mondes, il cultive une forme de fidélité à ses origines.
Et au fond, cette activité de vigneron raconte aussi quelque chose de lui : derrière l’artiste populaire se cache un homme attaché à la transmission et à la mémoire familiale. Dans chaque vendange, dans chaque bouteille produite, c’est un peu de cette histoire bourguignonne qui continue de vivre.
