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19 juin 2026

Les frères Coen recevront le Prix Lumière 2026

Le Prix Lumière 2026 sera attribué à Joel et Ethan Coen, ont annoncé les organisateurs du festival lyonnais. Les deux réalisateurs américains recevront la prestigieuse récompense en octobre prochain lors de la 18e édition de l'événement.

Avec cette distinction, les frères Coen rejoignent un palmarès impressionnant où figurent notamment Clint Eastwood, Martin Scorsese, Francis Ford Coppola, Jane Fonda ou encore Michael Mann, récompensé l'an dernier.

"L’adjectif culte semble avoir été inventé pour eux, souligne l'institut Lumière dans son communuiqué. "S’ils ont reçu une Palme d’or, trois Prix de la mise en scène et un Grand Prix au Festival de Cannes, ainsi que quatre Oscars, c’est surtout la ferveur populaire, l’attachement des spectateurs à leurs films et leur impact sur la culture contemporaine qui les installent au firmament des superstars du cinéma. Conteurs d’histoires hors pair, scénaristes orfèvres, leur sens de l’humour, leur style, leur maîtrise du récit, l’usage qu’ils font de la musique, ainsi que la troupe de comédiens qui les entoure (parmi lesquels Frances McDormand, George Clooney, Scarlett Johansson, Jeff Bridges, Billy Bob Thornton, John Turturro, Steve Buscemi, Josh Brolin ou Tilda Swinton…) : tout est hors norme chez ces deux artistes, dont chaque film est un événement." 

Après les frères Jean-Pierre et Luc Dardenne en 2020, Joel et Ethan Coen deviennent ainsi le deuxième duo de réalisateurs à recevoir le Prix Lumière, récompense souvent considérée comme un véritable Nobel du cinéma.

19 janvier 2026

Prix Lumière 2026 : le palmarès

Meilleur Film : L’étranger de François Ozon

Meilleure mise en scène : Richard Linklater pour Nouvelle vague

Meilleur Scénario : Stéphane Demoustier pour L'inconnu de la grande arche

Meilleur Documentaire : Put your soul on your hand and walk de Sepideh Farsi

Meilleur Film d'animation : Arco de Ugo Bienvenu

Meilleure Actrice : Léa Drucker pour Dossier 137

Meilleur Acteur : Benjamin Voisin pour L'étranger

Révélation Féminine : Nadia Melliti pour La petite dernière

Révélation Masculine : Guillaume Marbeck pour Nouvelle vague

Meilleur Premier Film : Nino de Pauline Loquès

Meilleure Coproduction Internationale : L'agent secret de Kleber Mendonça Filho

Meilleure Image : Manu Dacosse pour L'étranger

Meilleure Musique : Warren Ellis, Dom La Nena et Rosemary Standley pour Le chant des forêts

12 juillet 2025

Michael Mann va recevoir le Prix Lumière 2025

Le dix-septième Prix Lumière sera décerné au cinéaste américain, Michael Mann, 82 ans.

Un prix que le directeur de l’Institut Lumière de Lyon définit sobrement comme le « Prix Nobel du cinéma ». Avant Mann que du lourd forcément : Eastwood, Scorsese, Tarantino, Deneuve, Burton, Campion... jusqu’à Isabelle Huppert l’année dernière. Ledit trophée sera remis en marge du raout cinéphile dédié au cinéma de patrimoine qui se tiendra du 11 au 19 octobre au pays des gones.

Michael Mann est célébré alors que l’on fête les trente ans de Heat (un numéro de Première Classics dédié à ce thriller porté par le face à face De Niro – Pacino est en préparation) et que la suite, que le cinéaste a d’abord couché en roman, semble sur les bons rails. Chantre de la modernité esthétique, l’Américain est connu par son traitement de l’image numérique dont il a expérimenté les possibilités dès Ali en 2001 avant de dessiner les contours abstraits d’un monde où les surfaces, les êtres et la matière réfléchissent une lumière en trompe-l’œil :

Collatéral (2004) avec un Tom Cruise grisonnant et unplugged ; Miami Vice (2006) variation cinématographique de la série culte du même nom dont il fut le producteur ; Public Enemies (2009) film de gangsters 2.0 ; Hacker (2015), thriller mondialisé et mal aimé, jusqu’à son Ferrari (2023), le projet d’un vie atterri directement chez nous sur la plateforme Prime Video..

Né en 1943 à Chicago, Mann a d’abord fait ses armes via la forme documentaire (il était sur les barricades parisiennes en mai 68) avant d’entamer une carrière de cinéaste hollywoodien. Outre son téléfilm, Comme un homme libre (1978), son premier long-métrage, Le Solitaire en 1980 avec James Caan en perceur de coffres, Jerry Bruckheimer à la production et Tangerine Dream à la musique, est une merveille de tension désespérée. Obsession du détail, recherche constante de la perfection et de la précision des gestes, il y a assurément du Melville chez Mann.

Après un crochet chaotique par le fantastique, La Forteresse noire (1983) dont la redécouverte récente en salles n’a pas fait regretter son long purgatoire, Le Sixième sens (1986), adaptation cinématographique de l’œuvre de Thomas Harris cinq ans avant Le Silence des agneaux, préfigure la modernité à venir. Le jeu des couleurs et le questionnement permanent des outils de représentation révèlent les origines d'un mal insidieux.

Les années 90 creuseront ce sillon à travers trois réflexions majeures autour de l’Amérique  et ses démons : son passé colonial (Le dernier des Mohicans, 1992), sa violence exacerbée (Heat, 1995) et son système de corruption (Révélations, 1999) A noter que Michael Mann reste vierge de trophées majeurs à titre personnel.

Ce Prix Lumière est donc particulièrement d'importance.

Cette célébration permettra de tout revoir sur grand écran, y compris, on l'espère, son travail pour la télévision dont L.A Takedown, la matrice de Heat et Brother's Keeper son pilote de la série Deux flics à Miami. Une bonne façon d'examiner toujours plus profondément une œuvre qui, sous ses allures protéiformes, trace en réalité une ligne claire. Cette ligne, c'est cet horizon que tous les héros de Mann fantasment au point de se perdre dedans. Le mirage de la vie.

Plus d'infos sur le site du Festival Lumière