Le 28 juin 2026, l'acteur, réalisateur et producteur Mel Brooks a fêté ses 100 ans ! Né en 1926 et toujours actif à l'heure de ces lignes, on lui doit plusieurs comédies culte du cinéma américain, parmi lesquelles Frankenstein Junior ou Le Shérif est en prison. Mais il serait réducteur de le cantonner à ces deux films.
Doué en musique alors qu'il n'est qu'un enfant, Melvin James Kaminsky adopte le pseudonyme de Mel Brooks durant l'adolescence, afin d'éviter d'être confondu avec le trompettiste Max Kaminsky. Durant la Seconde Guerre mondiale, à 18 ans, il rejoint l'armée américaine en 1944 et débarque en France en novembre de la même année, au sein de la 78ème division d'infanterie.
Au cours de son service, il officie déjà comme comique pour les troupes. A son retour aux Etats-Unis, il poursuit dans cette voie. En 1949, il écrit pour les émissions télé "Admiral Broadway Revue" de Sid Caesar (1949), "Your Show of Shows" (1950-1954), puis "Caesar's Hour" (1954-1957) et participe ponctuellement à des films, souvent non crédité, comme Le Tombeur de ces dames de Jerry Lewis (1961).
Ayant quitté New York pour Hollywood, Brooks crée la série d'espionnage parodique Max la menace, qui marque son époque, et dure 138 épisodes diffusés de 1965 à 1970. Durant cette période, il signe l'un de ses classiques : la comédie musicale Les Producteurs (1967). Dans ce film provocateur, il met en scène un producteur véreux et un comptable peu regardant montant une comédie musicale catastrophique afin qu'elle soit un bide et d'empocher un beau pactole. Le sujet ? Un hommage au Führer Adolf Hitler, écrit par un ancien nazi.
Première réalisation de Brooks, Les Producteurs est mal distribué et devient un flop. Il se rentabilisera grâce à ses ressorties et ses nouvelles adaptations sur les planches et ailleurs. Coup dur pour Brooks, qui a heureusement Max la menace pour rebondir. A la fin de la série en 1970, il sort son deuxième long métrage, Le Mystère des douze chaises, puis le film qui va le faire connaître internationalement : Le Shérif est en prison (1974).
Western parodique brisant le quatrième mur, le film balaye tout sur son passage, rapportant plus de 110 millions de dollars pour un budget estimé à 2,6 millions ! Presqu'un record : la même année, il réalise également Frankenstein Junior, qui réussit quasiment le même exploit. Grâce à ces deux parodies, Mel Brooks devient le roi du rire à Hollywood.
Il en profite pour mettre en scène un film muet, La Dernière folie de Mel Brooks (1976), puis Le Grand frisson (1977), dans lesquels il passe également devant la caméra. En 1981, il se lance dans l'ambitieux La Folle histoire du monde (1981), qui retrace l'aube de l'humanité jusqu'à la Révolution française, puis La Folle histoire de l'espace (1987), qui tourne en dérision Star Wars.
S'ensuivront Sacré Robin des bois (1993) qui moque entre autres Robin des Bois, prince des voleurs et Dracula mort et heureux de l'être (1995), qui parodie le mythe de Dracula trois ans après la sortie de celui de Francis Ford Coppola.
L'échec commercial de ce dernier film met un terme à la carrière de metteur en scène de Mel Brooks, qui se cantonne ensuite à exploiter son catalogue en série animée (Spaceballs) ou en remakes (Les Producteurs, Max la menace).
En 2023, à 97 ans, il reprend la plume pour signer la suite de La Folle histoire du monde en série. Mel Brooks en est aussi le narrateur, ce qui lui vaut une nomination à l'Emmy. Deux projets ont suivi, sont tournés et vont sortir prochainement : la série Very Young Frankenstein, inspirée par Frankenstein Junior et le film Spaceballs: The New One, suite de La Folle histoire de l'espace.
A 100 ans, Mel Brooks est donc plus occupé que la plupart des gens de la moitié de son âge. Placée sous le signe du rire, sa vie et sa carrière lui auront apporté une longévité exemplaire, et deux Oscars : Meilleur scénario original pour Les Producteurs et un prix pour l'ensemble de sa carrière.
