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14 juillet 2026

L'Echange : Meg Ryan n'a aucun regret sur ce film sorti il y a 23 ans qui a pourtant détruit sa carrière

Dans les années 1990, Meg Ryan était l'une des plus grandes stars d'Hollywood. Avec son sourire espiègle, elle était devenue la chérie de l'Amérique après avoir joué dans une série de comédies romantiques qui eurent d'énormes succès, de Quand Harry rencontre Sally à Nuits Blanches à Seattle en passant par Vous avez un message.

Jusqu'à ce que sa carrière marque nettement le pas dans les années 2000, l'actrice devenant de moins en moins présente à l'écran au fil du temps.

Après des études de journalisme à New York - qu'elle ne terminera d'ailleurs pas -, Meg Ryan s'illustre au générique de plusieurs séries télévisées. C'est en 1981 qu'elle fait ses débuts sur grand écran dans la comédie Riches et célèbres de George Cukor. Cinq ans plus tard, elle est à l'affiche du Top gun de Tony Scott, où elle évolue au côté de Tom Cruise.

En 1989, c'est la consécration internationale pour la comédienne : sa prestation dans Quand Harry rencontre Sally face à Billy Crystal fait d'elle une icône hollywoodienne, spécialisée dans le genre de la rom-com.

En 1995 dans French Kiss, elle joue l'amoureuse de Kevin Kline. Dans Nuits blanches à Seattle et Vous avez un message, elle partage l'affiche avec Tom Hanks, sous la houlette d'une spécialiste du genre, la regrettée Nora Ephron.

Meg Ryan s'affranchit parfois du genre qui a fait sa gloire, figurant au générique du film de science-fiction L' Aventure interieure (où elle fait la connaissance de son futur mari Dennis Quaid), du film de guerre A l'épreuve du feu, et s'essaye même au doublage sur le film d'animation Anastasia.

La décennie qui s'ouvre pour elle, celle des années 2000, va pourtant se révéler très difficile pour la comédienne, tant sur le plan personnel que professionnel.

En 2001, son film L'Echange de Taylor Hackford, où elle donne la réplique à Russell Crowe, est un échec cuisant en salle et torpillé par la critique. De son côté, l'actrice subit aussi les commentaires acerbes sur son idylle avec le comédien. Cette liaison fatale aura raison de son mariage de dix ans avec Dennis Quaid.

Le scandale prend une telle ampleur que Russell Crowe et Meg Ryan refusent même de faire la promotion du film. "Cela a eu un effet indélébile et très destructeur sur la sortie du film aux États-Unis, car l'histoire réelle a complètement éclipsé le film" déclarait même le réalisateur au Guardian, peu avant l'avant-première du film en Grande-Bretagne.

Dans un entretien avec le New York Times en 2019, Meg Ryan admet elle-même que le destin cabossé de ce film et sa liaison avec Crowe "ont été un gros tournant. J'ai senti l'effet comme si j'étais le bad guy de l'histoire".

Si l'image de Meg Ryan sort très écornée de cette affaire, l'estocade, si l'on ose dire, sera portée à peine deux ans plus tard, avec le film In the cut. Dans un souci d'échapper à l'étiquette romantique qui lui colle à la peau, elle tient la vedette de ce thriller érotique réalisé par Jane Campion.

Gros échec au box-office, le film sonne presque comme un coup de grâce. "Lorsque j'ai fait In the Cut, les réactions ont été vicieuses" lâche la comédienne dans l'entretien au New York Times. "J'ai eu le sentiment qu'il s'agissait peut-être de mon dernier film". Hollywood semble lui tourner le dos, et inversement : "ce sentiment avec Hollywood était réciproque : j'en avais fini avec Hollywood, et Hollywood avec moi, probablement".

Dans les travées d'Hollywood justement, certains n'ont pas manqué de perfidement souligner son important recours à la chirurgie esthétique, en particulier un implant labial qui a définitivement effacé le sourire espiègle de ses débuts...

Dans un entretien accordé à The Credits (via Farout), l'actrice expliqua n'avoir aucun regret sur ce film : "Je suis très fière de ce film. C’est juste que je ne lis pas grand-chose à son sujet. Je suis fière d’avoir travaillé avec elle [NDR : Jane Campion], bien sûr. J’adore Mark [Ruffalo] dans ce film. J’adore l’atmosphère sombre de ce film. Ce film m’a fait prendre conscience, peut-être pour la toute première fois, que j’étais une actrice".

La suite de sa carrière est nettement plus sporadique et discrète, Meg Ryan tournant dans des films qui n'eurent que très peu ou pas d'impact sur le public. En 2008, elle donne ainsi la réplique Antonio Banderas dans mon Mon espion préféré, comédie romantique mêlée d'espionnage, dans laquelle elle joue la mère de Colin Hanks (fils de Tom Hanks).

La même année, elle obtient le premier rôle d'une autre comédie, The Women, premier film de l'américaine Diane English, dans lequel elle joue le rôle d'une femme qui ignore que son mari la trompe alors que toutes ses amies sont au courant.

La suite est une succession de rendez-vous manqués. Son nom a circulé à plusieurs reprises ces dernières années pour un éventuel retour à la télé, notamment pour être la voix off d'un spin-off de How I Met Your Mother, qui n'a finalement jamais vu le jour. Il était question également d'une série comique pour NBC en 2013. En 2017, elle figure à l'affiche de la comédie télévisuelle Picture Paris.

La comédienne fait aussi le choix de se mettre en retrait, pour profiter de ses enfants et davantage s'occuper d'eux. "J'avais l'impression de ne plus en savoir assez sur moi-même ou sur le monde pour le refléter en tant qu'actrice. Je me sentais isolée" confiait-elle au New York Times.

Âgée de 64 ans, plutôt sereine sur le hiatus de sa carrière de comédienne, elle prend son temps. Il est vrai aussi que dans le milieu impitoyable d'Hollywood, où l'on a volontiers le culte de la jeunesse éternelle même au prix parfois chèrement payé du bistouri, les rôles deviennent plus rares pour les actrices.

Son comeback (si l'on peut dire...) s'est fait en 2024 sous les auspices de Netflix, avec What Happens Later. On vous le donne en mille : c'est, in fine, un retour au genre qui a fait sa gloire, la rom-com. Comme un éternel recommencement.

22 novembre 2020

L'Echange de Clint Eastwood sur Arte : l'histoire vraie des meurtres du poulailler

Mis en scène par Clint Eastwood et écrit par J. Michael Straczynski, un ancien journaliste devenu scénariste (il a notamment travaillé sur La Cinquième dimension, Babylon 5 et plus récemment World War Z et Sense 8), L'Echange se déroule à Los Angeles en 1928 et raconte le combat de Christine Collins (Angelina Jolie), une mère dont le fils a été enlevé. Quelques temps après la disparition, la police lui restitue un garçon en affirmant qu'il s'agit de son enfant, mais Christine sait que ce n'est pas lui. Si cette histoire semble absurde (qu'elle mère confondrait son enfant avec un autre ?), il s'agit pourtant d'une histoire vraie...

Au début des années 2000, J. Michael Straczynski découvre l'histoire de Christine Collins, une femme qui en signalant la disparition de son fils allait mettre en lumière les agissements plus que douteux d'une police corrompue. A la lecture de documents relatifs à l'affaire, le journaliste et scénariste n'en croit pas ses yeux. L'histoire semble tellement incroyable que Straczynski se met même à douter de la véracité des documents, il se souvient avoir pensé : "Ce n'est pas possible, ça n'a pas pu se passer comme ça, il y a sûrement erreur!". Et pourtant...

En mars 1928, Christine Collins signale la disparition de son fils Walter, mais sans aucun indice l'enquête stagne. La presse et le public se passionnent pour cette affaire de disparition inexpliquée. Quelques temps plus tard, la police annonce que l'enfant a été retrouvé dans l'Illinois, mais à son arrivée en Californie, sa mère ne le reconnait pas. Devant son insistance, le Capitaine de police chargé de l'enquête décide de faire interner Collins en hôpital psychiatrique.

Au bout de 5 jours, le garçon avoue qu'il n'est pas Walter. Il a simplement profité de sa ressemblance avec le garçonnet pour se rendre à Hollywood afin de rencontrer son idole, l'acteur Tom Mix. Christine Collins est libérée et, avec l'aide du pasteur présbytérien, Gustav A. Briegleb (incarné à l'écran par John Malkovich), poursuit l'Inspecteur en justice. L'affaire de corruption crée un scandale retentissant et se solde par la démission du Capitaine J. J. Jones et du chef du LAPD, James E. Davis.

Le meurtre du jeune Walter sera avoué par le tueur en série Gordon Northcott et sa mère Sarah Louise Northcott en 1930. 

Arrêté en septembre 1928, alors qu'il fuyait avec sa mère, Gordon Northcott aurait enlevé, violé et tué plus d'une dizaine d'enfants. C'est son neveu, le jeune Sanford Clark qui le dénonce à la police de Los Angeles. 

L'histoire débute en 1926 à Wineville en Californie. Le jeune canadien Sanford Clark, alors âgé de 13 ans, est envoyé chez son oncle Gordon Northcott qui vit dans un ranch en Californie avec sa mère. Sanford est battu et violé par ce dernier à plusieurs reprises, il en parle à sa sœur qui décide d'en informer le consul américain au Canada. Le 31 août 1928, des inspecteurs du service de l'immigration se rendent au ranch.

Le jeune garçon affirme que Northcott a enlevé, abusé et tué plusieurs jeunes enfants dans son poulailler et l'a forcé à l'aider. Pour prouver ses dires, le garçon, désormais âgé de 15 ans, indique le lieu où les corps sont enterrés ou recouverts de chaux. La police ne retrouve pas de corps complets mais des effets personnels, l'arme des crimes et des os. Très vite l'affaire est surnommée "L'Affaire des Meurtres du poulailler de Wineville".

Gordon et Sarah Louise Northcott sont arrêtés par la police canadienne le 19 septembre 1928. La mère avoue le meurtre du jeune Walter Collins, avant de se rétracter. Elle est condamnée à la prison à vie le 31 décembre 1928 mais sera toutefois libérée sur parole douze ans plus tard avant de mourir en 1944. Après son arrestation, Gordon Northcott Stewart aurait avoué le meurtre de cinq enfants avant de nier. Le tueur est reconnu coupable de meurtres au terme d'un procès de 27 jours et condamné à mort. Il est pendu le 2 octobre 1930, à l'âge de 23 ans.

Malgré les témoignages des Northcott et devant l'absence de corps, Christine Collins continuera toute sa vie à chercher - en vain - son fils. Elle meurt le 8 décembre 1964 à Los Angeles, à l’âge de 75 ans.