Affichage des articles dont le libellé est La Comtesse de Hong Kong. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est La Comtesse de Hong Kong. Afficher tous les articles

31 décembre 2025

Marlon Brando n'a pas passé un bon moment sur le tournage de La Comtesse de Hong Kong de Charlie Chaplin

En 1967, Marlon Brando, alors considéré comme le meilleur acteur de sa génération, accepte à contrecœur de tourner La Comtesse de Hong Kong. Habituellement peu à l'aise avec la comédie, il s'est fait convaincre par le réalisateur, Charlie Chaplin, qu'il était l'homme du rôle.

Il y incarne Ogden Mears, un ambassadeur américain qui découvre, cachée dans sa cabine de bateau, une comtesse russe (Sophia Loren) qui est en fait une prostituée sans papiers cherchant à atteindre les Etats-Unis. Mears est bien embêté, car il est marié et a peur que si elle est découverte dans sa cabine, cette femme ne ruine sa vie privée comme sa carrière.

Mais une fois sur le plateau, Brando va déchanter, comme il l'écrit dans ses mémoires Songs My Mother Taught Me, assisté du journaliste Robert Lindsey :

"La Comtesse de Hong Kong a été un désastre, et pendant que nous le tournions, j'ai découvert que Chaplin était probablement l'homme le plus sadique que j'avais jamais rencontré. C'était un tyran égocentrique et un radin. Il harcelait les gens lorsqu'ils étaient en retard et les réprimandait sans pitié pour qu'ils travaillent plus vite."

Précisément, Brando liste dans son autobiographie deux exemples survenus lors du tournage du film :

"Un jour, je suis arrivé sur le plateau avec environ quinze minutes de retard. J'avais tort et je n'aurais pas dû être en retard, mais c'est arrivé. Devant toute l'équipe, Chaplin m'a réprimandé, m'embarrassant, me disant que je n'avais aucun sens de l'éthique professionnelle et que j'étais une honte pour ma profession."

"Alors qu'il continuait à parler, j'ai commencé à bouillir de rage. Finalement, j'ai dit : 'Monsieur Chaplin, je serai dans ma loge pendant vingt minutes. Si vous me présentez vos excuses dans ce délai, j'envisagerai de ne pas prendre l'avion et de ne pas retourner aux États-Unis. Mais je ne resterai là que vingt minutes.' Je me suis rendu dans ma loge et, après quelques minutes, Chaplin a frappé à la porte et s'est excusé. Par la suite, il ne m'a plus jamais gêné et nous avons terminé le tournage sans autre incident."

Sauf que si Brando a été protégé, il semble que le fils de Chaplin, Sydney, acteur sur le film, ait été le souffre-douleur de son père :

"[Chaplin] traitait cruellement son fils Sydney, qui jouait mon acolyte dans le film, écrit toujours Brando. Il l'humiliait constamment devant tout le monde : 'Sydney, tu es débile ! Tu n'es pas assez intelligent pour savoir comment placer ta main sur une poignée de porte ? Tu sais ce qu'est une poignée de porte, au moins ? Tu n'as qu'à tourner la poignée, ouvrir la porte et entrer. Ce n'est pas trop compliqué, Sydney ?'".

L'interprète de Sur les quais ajoute : "Chaplin lui parlait comme ça encore et encore, retournant ses scènes encore et encore, le réprimandant et ne lui parlant jamais autrement qu'avec sarcasme". Il conclut, non sans une certaine indulgence à l'égard du metteur en scène :

"Je continue de le considérer comme le plus grand génie que ce milieu ait jamais produit. Je pense que personne n'a jamais eu autant de talent que lui ; à côté de lui, tout le monde semblait minuscule. Mais en tant qu'être humain, il était complexe, comme nous tous."