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24 octobre 2026

Comment le film Stalingrad a empêché Ron Perlman d'abandonner le cinéma

Voilà déjà 45 ans que Ron Perlman promène sa silhouette à l'écran. Véritable gueule de cinéma reconnaissable entre toutes, ce diplômé en beaux-arts de l'University of Minnesota sait ce qu'il doit au réalisateur Jean-Jacques Annaud, qui a largement contribué à mettre sur orbite sa carrière d'acteur.

Après sa composition dans La Guerre du feu et, plus encore, la géniale incarnation de Salvatore, son personnage bossu dans Le Nom de la rose, Ron Perlman attendra un long moment avant que le cinéaste ne le recontacte, au tout début des années 2000.

Après son film Sept ans au Tibet, sorti en 1997, le cinéaste se plongeait quatre ans plus tard dans un pur film de guerre, Stalingrad. "Ce qui m'a particulièrement intéressé, c'est la reconstitution de cette bataille à travers le microcosme de deux hommes, deux snipers, qui s'affrontent dans cette bataille, sous l'oeil de la propagande" expliquait Annaud dans une interview pour le magazine DVDVision, en 2001.

Lorsque le cinéaste contacta Perlman, ce dernier se trouvait alors dans une période difficile. Il se retrouvait confiné à des apparitions télévisées secondaires ou à des doublages de séries d'animation. Pire encore, les dettes et le manque de perspectives concrètes s'accumulaient.

Ron Perlman évoquait ainsi en 2014 cette période, comme étant le point le plus bas de son existence artistique :

"Vous ne planifiez pas l'obscurité; vous ne réalisez même pas que vous y êtes jusqu'à ce que vous soyez déjà en plein dedans. Je pensais qu'à ce moment précis, le monde m'avait tout simplement oublié. C'était le moment où j'ai été le plus proche de me dire : "J'ai essayé, j'ai fait de mon mieux, et maintenant je dois trouver un travail normal et sûr pour faire vivre ma famille". Je pensais sérieusement que j'avais atteint le bout de mon chemin comme acteur".

Sorti de nulle part, un message de Jean-Jacques Annaud arrive dans ses mails. Le réalisateur français lui annonce qu'il est de passage en ville et l'invite spontanément à dîner dans un restaurant.

"On s'installe, on prend notre petit apéritif, et là, Jean-Jacques me regarde et me dit : "Bon, j'ai un film qui a un feu orange clignotant... et je t'ai écrit un rôle" raconte Ron Perlman.

Pour un acteur acculé par l'angoisse du lendemain, l'onde de choc émotionnelle est immédiate :

"J'ai été submergé. J'étais sur le point de fondre en larmes. Jean-Jacques m'a regardé et m'a demandé : "Ron, qu'est-ce que tu as dans l'œil ?" Je lui ai répondu d'une voix tremblante : "Ce sont mes allergies." Il a souri et a enchaîné : "De toute façon, ce n'est pas le plus grand rôle du film, mais il est beau, tu vas l'aimer. Je sais ce que tu aimes".

Perlman poursuit : "Ce geste... le simple fait qu'il me dise "Je t'ai écrit un rôle", ça a été comme un interrupteur. C'était passer de l'état "éteint" à "allumé". Cet homme est venu sauver un homme qui était en train de se noyer".

Le rôle écrit sur mesure par Annaud et son coscénariste Alain Godard n'est autre que celui de Koulikov, un ancien élève de l'académie de tir d'élite allemande d'Erwin König (incarné par Ed Harris), devenu un tireur chevronné de l'Armée Rouge qui prend sous son aile le jeune héros Vassili Zaïtsev (Jude Law).

Avec son râtelier métallique — souvenir des purges staliniennes résumé par une réplique truculente ("Ce n'était pas la faucille, camarade, c'était le marteau") —, Perlman insuffle à son personnage un formidable mélange de gouaille, de mélancolie et de gravité tragique. Un grand acteur, assurément.

15 octobre 2026

Ron Perlman est prêt à tout pour retrouver Hellboy dans un troisième film !

Ron Perlman bientôt de retour dans la peau du démon à la peau rouge ? À l'occasion du premier anniversaire de sa société de production, Asylm Studios, le site américain Deadline a réalisé un long entretien avec Ron Perlman, dans lequel le comédien évoque ses projets.

L'acteur de 76 ans s'est dit prêt à reprendre le rôle de Hellboy, 22 ans après sa première incarnation du personnage, rappelant que Guillermo del Toro avait dès le départ prévu de faire une trilogie.

"J'en ai déjà beaucoup parlé et j'ai suffisamment énervé de monde, mais je vais le répéter pour vous : les films originaux étaient censés former une trilogie. Dans Hellboy II, on s'est arrêté sur un moment très gênant où le personnage de Liz Sherman est enceinte de jumeaux, et aucune des promesses concernant la destinée de Hellboy, appelé à détruire le monde, n'a été abordée. Tout cela aurait dû figurer dans le troisième film, et je militerai toujours pour qu'il voie le jour.

Faire une autre version de Hellboy ne m'intéresse pas, je veux uniquement terminer la trilogie avec Guillermo. Ce serait tellement épique. Comme une épopée grecque. L'orgueil, le destin, l'inné contre l'acquis... ce serait une aventure incroyable. J'ai 76 ans aujourd'hui et, s'il vient me voir quand j'en aurai 86, on fera quand même ce putain de film."

L'interprète emblématique de Hellboy estime que la saga originale, dont les deux films sont sortis en 2004 et 2008, n'a jamais eu la conclusion qu'elle méritait. Le deuxième opus, Hellboy II : Les Légions d'or maudites, laissait en effet les spectateurs sur une situation intrigante : Liz Sherman (Selma Blair) y apparaissait enceinte de jumeaux, tandis que le destin prophétique de Hellboy, censé provoquer la fin du monde, restait en suspens.

Alors que la franchise a connu deux nouvelles adaptations ces dernières années, avec David Harbour en 2019, puis Jack Kesy dans Hellboy : The Crooked Man en 2024, Ron Perlman se montre catégorique : hors de question de reprendre le personnage pour un nouveau film. S'il accepte de passer à nouveau des heures sur la chaise de maquillage, ce sera uniquement pour tourner ce troisième opus avec Guillermo del Toro.

Toutefois, lorsque le journaliste de Deadline lui a demandé si des discussions récentes avaient eu lieu avec le réalisateur oscarisé, Ron Perlman a esquivé la question d'un laconique "Pas de commentaire". De quoi laisser planer un infime espoir chez les fans de la première heure.

Si le retour de Hellboy reste pour l'instant un rêve pour Ron Perlman, le comédien a de nombreux autres projets. À la tête de sa société de production indépendante, Asylm Studios, il s'apprête à relever un autre défi de taille : incarner Ernest Hemingway.

L'acteur va en effet prêter ses traits au légendaire écrivain dans un biopic consacré à ses dernières années à Cuba, marquées par la paranoïa et le déclin physique. Le tournage doit débuter en janvier 2027 à Cuba.

En mars 2027, Perlman devrait également retrouver Charlie Hunnam, Katey Sagal et d'autres membres du casting original de Sons of Anarchy pour Legends. Dans ce projet méta, les acteurs incarneront des versions fictives et exagérées d'eux-mêmes lors d'une convention de fans qui tourne au cauchemar.

20 juin 2022

Ron Perlman nous parle de Hellboy 3 et de sa divergence avec Guillermo del Toro

Presque 15 ans après la sortie du deuxième opus, Les Legions d'Or Maudites, Hellboy n'a toujours pas eu droit à la conclusion de sa trilogie. Mais la franchise de Guillermo del Toro, adaptée des comics, n'est pas encore morte et enterrée. Elle a survécu au reboot porté par David Harbour, alors Ron Perlman veut encore y croire... même s'il avoue que Guillermo del Toro n'est pas sur la même longueur d'ondes :

"On ne parle pas de Hellboy 3, Guillermo et moi. Il sait ce que je pense et je sais ce que lui pense. Du coup, on n'en parle pas... Enfin, parfois... mais très rarement", nous confie l'acteur de 72 ans, que Première a croisé au 61e festival de télévision de Monte-Carlo.

Le cinéaste mexicain a depuis été oscarisé (pour La Forme de L'eau) et enchaîne les longs-métrages, de Pacific Rim à Pinocchio, en passant par Nightmare Alley.

"Lui a tourné la page, mais moi je vois les choses différemment. J'ai le sentiment qu'il faut absolument qu'on finisse cette trilogie", poursuit Ron Perlman. "Parce que nos films Hellboy ont été pensés pour être en trois parties. Sauf qu'on n'en a fait que deux ! L'histoire n'est pas terminée. Il faut qu'on raconte ce qui se passe ensuite (...) A la fin du deuxième volet, Liz est enceinte et elle attend des jumeaux. Mais on ne sait pas si Hellboy va accomplir sa destinée, qui est de détruire le monde, ou s'il va aller contre et le payer de sa vie. Ca, ça devait être dans le troisième film, mais comme il n'y a pas de Hellboy 3..."

Guillermo del Toro a d'ailleurs déjà mis un terme définitif à la rumeur il y a quelques années, refermant ce chapitre de sa carrière. "Ce n'est pas tellement qu'on a une divergence d'opinion à ce sujet, Guillermo et moi, c'est surtout qu'on a une divergence d'agendas ! Lui fait d'autres choses..." termine d'expliquer Ron Perlman.

L'acteur n'est pas brouillé avec le réalisateur pour autant, puisqu'il est apparu dans Nightmare Alley en début d'année et sera l'une des voix du prochain Pinocchio de Netflix. En espérant encore, qu'un jour, il dira OK pour Hellboy 3.

"Je vous ai donné ma position. Je ne veux jamais dire jamais..." conclut Ron Perlman.