Le moins qu'on puisse dire, c'est que Digger ne fait pas l'unanimité...
Mais Alejandro González Iñárritu n'est pas réalisateur à se cacher derrière son petit doigt.
Le cinéaste mexicain persiste et signe, et assume les réactions très contrastées autour de son film avec Tom Cruise. Pour lui, mieux vaut diviser que laisser indifférent :
"Le film n'est pas parfait", reconnaît-il dans une réponse publiée hier dans le New York Times, tout en défendant son goût du "risque". Alejandro González Iñárritu savait dès le départ que Digger ne plairait pas à tout le monde. Et visiblement, cela lui va très bien. Pour lui, une réception mitigée vaut toujours mieux qu'un film qui ne provoque rien :
"Je préfère ça à un accueil tiède !"
D'ailleurs, le réalisateur ne semble pas particulièrement surpris par les réactions suscitées par le film :
"Je pense que c'est un film peu commun, sans aucun doute C'est un film qui provoque. Pour moi, c'est le rôle d'un film : lançons la conversation. Personnellement, j'aime les films qui essaient de me dire quelque chose d'une manière différente..."
Iñárritu sait évidemment que tous les spectateurs n'ont pas forcément envie d'être provoqués par un film. Certains préfèrent une narration plus classique, plus lisible, qui ne leur demande pas de sortir de leur zone de confort. Et le réalisateur l'accepte :
"Il y a des gens qui veulent davantage de certitudes dans la narration, et c'est très bien aussi. Mais un film, ce n'est pas une crème glacée. Donc oui, pour être honnête, nous nous attendions à ça !"
Derrière la provocation, Iñárritu défend surtout l'ambition de son film. Digger est bien un film catastrophe, mais le cinéaste considère que sa catastrophe n'est pas un tremblement de terre, un tsunami ou une invasion venue de l'espace. Le véritable danger, c'est l'être humain.
"Ce film est un film catastrophe, mais la catastrophe, c'est nous."
Et il l'assure : son propos est finalement beaucoup plus optimiste qu'il n'y paraît. Selon lui, "le monde est tellement beau et incroyable. Il y a tellement de ressources, et l'équilibre de l'écosystème est d'une beauté absolument folle. Si nous pouvons nous retrouver dans la même pièce, dans la même réalité, et comprendre où nous en sommes dans le récit, je pense qu'il y a de l'espoir."
Reste que, derrière les débats critiques, Digger doit aussi affronter une réalité beaucoup plus brutale : celle du box-office. Le film n'a attiré que 8 millions de dollars aux États-Unis pour son premier week-end, très loin des démarrages auxquels Tom Cruise a habitué le public ces dernières années. Et alors que le rôle de Digger devait lui offrir enfin l'Oscar du meilleur acteur, il s'avance désormais comme le plus gros flop de sa carrière.
