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05 juin 2026

Faux mouvement : 51 ans après, Wim Wenders retire son film qui montrait Nastassja Kinski nue à 13 ans

Nastassja Kinski, 66 ans aujourd'hui, fit ses débuts à l'écran devant la caméra de son compatriote Wim Wenders dans le film Faux Mouvement, en 1975. Alors qu'elle n'a que 13 ans, elle y apparaît pourtant nue, seulement vêtue d'une culotte. Elle est sur un lit et un homme adulte s'allonge à côté d'elle, la gifle puis la caresse.

Une scène problématique, dont le réalisateur vient d'accepter le retrait de diffusion. "Je constate aujourd'hui que Nastassja Kinski aurait dû être mieux protégée", a déclaré hier dans un communiqué le cinéaste, présentant ses "excuses" à l'actrice qui réclamait le retrait de la scène... depuis dix ans.

"Les nombreuses réactions, remarques et discussions de ces derniers jours ont largement contribué à affiner mon regard sur les événements de l’époque. Je t’en suis reconnaissant. Seul un échange ouvert et respectueux permet de repenser les positions et de réévaluer les responsabilités" a ajouté Wenders.

En 2024, la comédienne avec évoqué le tournage de ce film, au micro de la station allemande RTL : "Pourquoi ne l'ont-ils pas filmée autrement ? La même histoire, mais filmée différemment pour qu'on ne voie pas tout" avait-elle plaidé. "Je veux confronter les responsables. Je veux des excuses pour ce qui s'est passé".

En mai dernier, elle s'était à nouveau épanchée sur ce film et sa scène, dans le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung. Elle y déclarait qu'elle n'avait pas été préparée à se déshabiller, et que sa mère n'avait pas donné son consentement pour cette scène : "Même si, à 13 ans, je ne savais pas encore grand-chose, j'avais déjà remarqué que ce n'était pas correct".

Nastassja Kinski avait tenté de convaincre Wim Wenders de retirer cette scène dans le passé, sans succès, tandis que l'entourage du cinéaste faisait valoir l'argument qu'il n'existait aucun droit légal à la suppression de cette scène, ou au retrait du film.

Celui qui a été Président du jury lors de la dernière Berlinale en février 2026 a donc finalement accepté sa demande. Peu après l’annonce du retrait de la diffusion de Faux mouvement, l’avocat de l’actrice, Christian Schertz, a affirmé à l’Agence France-Presse que "le film aurait dû être retiré depuis longtemps. Je regrette en outre que cela n’ait eu lieu qu’à la suite de la pression publique", expliquant qu’il "attendait de voir" en quoi consistait "la proposition de dialogue" du réalisateur.

23 octobre 2023

Wim Wenders a reçu le Prix Lumière 2023

Wim Wenders était à l’honneur cette semaine à Lyon. Le Festival Lumière a passé en revue la filmographie du cinéaste allemand, qui a pu présenter au public quelques unes de ses plus belles oeuvres, dont Paris, Texas (Palme d’Or 1984) ou Les Ailes du désir, ainsi que son tout dernier film, Perfect Days, émouvant autoportrait de l'artiste en agent d'entretien apaisé tourné dans les toilettes publiques de la ville de Tokyo. Un bijou passé par Cannes où l’acteur Koji Yakusho avait reçu le Prix d’interprétation.

Le Festival a aussi consacré trois expositions au travail photographique de Wenders (à voir jusqu’au 31 décembre dans la capitale des Gaules), qui s’est aussi livré au traditionnel remake de La Sortie des usines Lumière, en hommage au premier film du Cinématographe par les frères Lumière, tourné en 1895. Mais le point d’orgue de ses festivités était bien sûr le prestigieux Prix Lumière, remis au grand Wim vendredi soir, en présence d’Irène Jacob, Alfonso Cuarón, Aurore Clément, Rüdiger Vogler et Peter Handke qui se sont succédés sur scène pour lui rendre hommage.

"Je suis très fier d’avoir ce prix qui s’appelle Lumière. J’ai eu des prix dans ma vie, mais ça, c’est différent, c’est le prix du cinéma. Je ne veux pas dire qu’une Palme d’Or, c’est rien. Mais le Prix Lumière, c’est unique et j’en suis fier", a déclaré Wim Wenders, très ému. Il succède notamment à Clint Eastwood, Quentin Tarantino, Pedro Almodovar, Martin Scorsese, Catherine Deneuve ou Wong Kar-wai.

En prime, le groupe lyonnais Colectivo Caliente est venu interpréter des standards de la musique cubaine rendus célèbre par son documentaire Buena Vista Social Club. Jeanne Cherhal a elle chanté une reprise du célèbre "Perfect Days" de Lou Reed. Et Vincent Lindon a lu un de ses textes, hommage à Michelangelo Antonioni et Ingmar Bergman.