Certains films marquent les spectateurs au point de les pousser à quitter la salle avant la fin, parfois non pas parce qu’ils sont mauvais, mais simplement à cause de scènes difficiles à regarder. Au fil de l’histoire du cinéma, plusieurs œuvres ont provoqué ce type de réaction, souvent liées à des images de violence trop crues ou à des sensations trop intenses.
Par exemple, The Walk – Rêver plus haut de Robert Zemeckis, tourné en 3D avec un réalisme impressionnant, pouvait rendre impossible la projection pour les personnes sujettes au vertige. Des films comme Pulp Fiction de Quentin Tarantino ou Irréversible de Gaspar Noé ont dérangé certains spectateurs par leurs scènes de violence, tandis que Le Projet Blair Witch ou Cloverfield, grâce à leur style “found footage”, ont provoqué des nausées chez quelques spectateurs. À l’inverse, The Tree of Life de Terrence Malick a vu certains quitter la salle à cause de son rythme lent et de son intrigue complexe, illustrant que ce n’est pas seulement la violence qui peut déstabiliser le public.
Pour autant, beaucoup de ces films méritent largement d’être vus. On pense par exemple à Orange mécanique de Stanley Kubrick, le classique de l’horreur L’Exorciste, Pulp Fiction, ou encore Titane de Julia Ducournau, Palme d’or en 2021.
Un exemple récent et emblématique est 127 heures, réalisé par Danny Boyle (Slumdog Millionaire). Le film met en scène James Franco dans un rôle intense et a été salué par la critique avec un score quasi parfait sur Rotten Tomatoes (93 %). Ce n’est ni un film extrêmement violent ni controversé, mais il contient une séquence précise qui a profondément marqué le public.
Issue d’une histoire vraie, la scène en question montre le grimpeur Aron Ralston, coincé sous un rocher dans le Blue John Canyon, près de Moab dans l’Utah, se coupant le bras pour survivre après plusieurs jours d’impuissance. Boyle filme l’instant avec un réalisme frappant, multipliant les gros plans et les détails, au point que certains spectateurs ont été incapables de continuer la projection. À l’époque, plusieurs rapports mentionnaient vomissements, évanouissements et convulsions.
Danny Boyle a reconnu son inquiétude à ce sujet dans une interview avec Deadline : “C’est drôle parce que ce qui m’inquiétait, c’était que les gens partent à ce moment-là. C’est un hommage à James et même si le public ne trouve pas cette scène facile, on voit des gens faire un effort pour tenir le coup. Mais quand on lit ça, ça ne ressemble pas vraiment à une recommandation pour voir le film.”
Il ajoutait également : “Vous êtes en voyage et les choses qui se passent sont difficiles. Il est important que les gens sachent qu’ils ont traversé quelque chose et qu’il y a une récompense qui y est liée. Cette récompense est un profond sentiment de bien-être.”
