Vous aimez les séries à mystères, celles où l'on ne comprend pas tout dès le début et où les secrets sont révélés petit à petit ? Alors on a le show idéal pour vous !
Par contre, il faut prendre une machine à remonter le temps et vous replonger en 1967. Oui, il y a presque 60 ans. La série s'appelait Le Prisonnier, et elle était créée et jouée par l'acteur irlando-américain Patrick McGoohan. Et on a du mal à imaginer aujourd'hui à quel point la série a rendu fou les téléspectateurs britanniques à l'époque de sa sortie.
Un agent secret pose sa démission à ses supérieurs et rentre chez lui en furie. On le voit préparer ses affaires pour partir en vacances, mais quelqu'un introduit du gaz soporifique par la serrure de son appartement et il s'endort. A son réveil, il se trouve "au Village", une petite bourgade située en bord de mer où personne n'a de nom mais porte un numéro. L'ex-agent secret est désormais "Numéro 6".
Il découvre que le chef du Village, "Numéro 2", veut lui soutirer les raisons de sa soudaine démission et le retiendra prisonnier au Village tant qu'il n'aura pas révélé ces informations. Avec pour maxime "Je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre", Numéro 6 ne va avoir de cesse de découvrir qui est le chef de cette organisation, le Numéro 1, et de faire tourner en bourrique les Numéros 2 successifs.
Durant les 17 épisodes que compte la série, le personnage de Numéro 6 va connaître différents états d'esprit. D'abord en rébellion totale contre son emprisonnement, il va ensuite chercher à comprendre ce que font là les autres habitants, comment fonctionne le Village, poser des questions pour en apprendre plus sur son emplacement géographique et, bien sûr, comment s'en échapper.
Ses interlocuteurs sont tantôt des villageois apeurés, tantôt des êtres manipulés par les autorités locales et Numéro 6 se sent assez vite moins seuls, mais qui croire ? Numéro 2 et ses équipes sont passés maîtres dans la manipulation mentale, la psychologie et les nouvelles technologies pour faire avouer à quiconque leurs secrets les plus enfouis. Heureusement, à ce petit jeu, Numéro 6 se montre lui aussi particulièrement retors.
La série était visionnaire et engagée puisqu'en 1967-1968, elle envisageait déjà un monde dans lequel le moindre de nos faits et gestes est filmé (et donc espionné), elle critiquait le consumérisme, la passivité politique des habitants du Village et la tyrannie exercée par les Numéros 2.
Affirmant jusqu'au bout son identité inclassable, le show se termine par un final psychédélique, flamboyant et même avec une fin ouverte, ultime provocation envoyée aux téléspectateurs qui s'attendaient à y trouver toutes les réponses à leurs interrogations. "Tout est clair si vous avez réfléchi en regardant les épisodes" semble être la seule réponse proposée par ce final inoubliable, mais qui a frustré nombre de fans.
Sans Le Prisonnier, il n'y aurait peut-être pas eu Twin Peaks ou Lost... D'ailleurs, ce héros seul contre tous, qui souhaite comprendre une organisation qui le dépasse, retenu prisonnier par des gardiens beaucoup trop polis ("Bonjour chez vous !") et souhaitant lui soutirer quelque chose que lui seul possède et peut leur donner... Ça ne vous rappelle pas un peu Pluribus ?...
