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08 juillet 2026

Pierre Lottin va jouer Louis de Funès dans un biopic

Après Edith Piaf, Simone Signoret et Yves Montand ou Charles Aznavour, c''est Louis de Funès qui va bientôt avoir droit à son biopic.

UGC prépare un long métrage consacré à la légende de la comédie à la française, avec Pierre Lottin dans le rôle principal, comme le révèle Le Film Français.

Un choix qui peut surprendre, mais qui s'est imposé très tôt au producteur Romain Rojtman, bien décidé à raconter l'homme derrière l'icône du cinéma populaire.

Le film sera réalisé par Benjamin Euvrard, également co-auteur du scénario avec Benjamin Dumont, Ingrid Morley-Pegge et Charly De Witte. Le tournage doit débuter en avril 2027, entre Paris et l'Italie, notamment sur les terres où avait été filmé Le Corniaud.

D'après le producteur, le long métrage ne reviendra pas sur toute la carrière de Louis de Funès, mais s'intéressera au moment où tout a basculé. L'histoire débutera en 1964, année charnière durant laquelle l'acteur enchaîne Pouic-Pouic, Le Gendarme de Saint-Tropez, Le Corniaud et Fantômas. L'ambition est de montrer le comédien avant qu'il ne devienne le monument du cinéma français que tout le monde connaît.

Pour Romain Rojtman, Pierre Lottin était une évidence. Il explique avoir cherché à caster "un immense acteur. Pierre possède une rare capacité à faire rire et à émouvoir. Il est profondément populaire et il travaille énormément. Son défi sera d’incarner la vérité de Louis de Funès, pas simplement ses mimiques."

Il précise dans la foulée que le film sera fait avec "l’accord de la famille de Funès.".

Le projet entre désormais dans sa phase de financement. Pas encore de date de sortie annoncée.

23 février 2025

Le Gendarme de Saint-Tropez : Louis de Funès ne s'est pas entendu avec ses jeunes partenaires

Dans une interview accordée à Nice-Matin en octobre 2023, anticipant les 60 ans du Gendarme de Saint-Tropez qui ont été fêtés l’an dernier, le regretté Patrice Laffont, décédé en août 2024, était revenu sur son expérience sur le plateau de la comédie culte, dévoilant les coulisses d’un tournage ensoleillé avec une ambiance de vacances… et d’un Louis de Funès agacé par les jeunes acteurs du film !

Patrice Laffont n’a eu qu’un petit rôle dans le film, celui du jeune Jean-Luc, amoureux de la fille de Cruchot, mais il en gardait un excellent souvenir, malgré un salaire très modeste et peu d’harmonie entre Louis de Funès et les jeunes comédiens à l’affiche du long métrage.

“Ce fut (...) une expérience somptueuse car c’était les grandes vacances et on était toute une bande de jeunes qui ne pensait qu’à déconner, avec pour ‘chef’ Daniel Cauchy [interprète de Richard dans le film, ndlr] !”.

Mais cette bande de jeunes désinvoltes a fortement tapé sur les nerfs de Louis de Funès…

“Autant le réalisateur Jean Girault tolérait nos écarts, autant Louis de Funès fulminait. Il ne nous fréquentait pas et ne nous disait même plus bonjour après quelques incartades en plateau, car pour lui nous n’étions pas professionnels.”

Patrice Laffont a finalement partagé peu de scènes avec le comédien vétéran dans ce premier volet de la célèbre saga de Jean Girault, jouant surtout face à Geneviève Grad, qui interprétait Nicole Cruchot. Il a finalement disparu des volets suivants, bien qu’il se soit pourtant marié avec elle à la fin du film : “J’imagine que nous avons dû divorcer avant Le Gendarme à New York !”, a-t-il plaisanté à ce sujet.

01 juillet 2024

Patrice Laffont : pourquoi il refuse de témoigner dans les documentaires en hommage à Louis de Funès

Patrice Laffont n'a pas toujours été un célèbre animateur télé. Bien avant d'être le mythique présentateur Des chiffres et des lettres, Dessinez, c'est gagné !, Fort Boyard, ou encore Pyramide, le père d'Axelle Laffont a fait ses débuts en tant qu'acteur au théâtre et au cinéma. C'est en 1964 qu'il déroche le gros lot en jouant dans Le Gendarme de Saint-Tropez dans lequel il incarne le fiancé de la fille du personnage de Ludovic Cruchot, interprété par Louis de Funès. Un comédien qu'il ne porte pas dans son coeur puisque leur collaboration s'est très mal passée. Alors que le vendredi 12 juillet, M6 rediffuse la mythique comédie, réalisée par Jean Girault avec notamment Michel Galabru et Jean Lefebvre, le présentateur de 84 ans s'est confié dans les colonnes de Télé Poche sur cette expérience qu'il n'oubliera jamais.

"Louis de Funès était avec son inséparable épouse Jeanne qui nous a snobés complètement, a-t-il expliqué. Très vite, on a compris qu'il ne pouvait pas nous saquer, car il nous prenait pour des petits cons qui ne semblaient pas vouloir embrasser ce métier sérieusement. Son grand truc, c'était de nous seriner : 'Vous n'êtes pas professionnels !' Il faut dire que, sitôt qu'on entendait 'Coupez !', on décampait du plateau pour filer à la plage. Ça le rendait fou ! Il savait aussi qu'on avait piqué des voitures de la production et qu'on les avait pliées..."

Alors âgé de 25 ans à l'époque, Patrice Laffont n'avait donc pas donné une très bonne image de lui à Louis de Funès envers lequel il garde une certaine rancoeur. Au point de refuser catégoriquement de témoigner lorsqu'il est sollicité dans le cadre d'un documentaire sur le comédien. "De Funès avait beaucoup de talent, mais, allez savoir pourquoi, il ne m'a jamais fait rire. Peut-être est-ce dû à son hostilité sur Le Gendarme... D'ailleurs, quand on fait un doc sur lui et qu'on me demande de témoigner, j'ai tendance à refuser, car je n'en dirais que du mal. Il n'est vraiment pas un bon souvenir pour moi", a-t-il assuré. Au lieu de ternir l'image de celui qui est admiré par tant de Français, Patrice Laffont ne préfère rien dire pour peut-être continuer à faire rêver les gens.

10 décembre 2020

La star qui a porté l'année 2020 est... Louis de Funès

23 mars 2020. Le confinement dure depuis déjà presque une semaine, et personne ne sait pour combien de temps encore. Les masques et les flacons de gel hydroalcoolique forment un tas grossier dans le couloir de l'entrée. A côté de l'imprimante, les attestations à remplir s'entassent comme autant de questions laissées sans réponses. Et dans les enceintes de la télévision laissée allumée, résonne tout à coup une voix familière.

Celle d'un gendarme énervé, occupé à passer un savon magistral à ses deux subordonnés. Sous un ciel bleu provençal, au son des cigales, à l'air libre, dehors, ils disputent une partie de pétanque. Le maréchal des logis-chef Cruchot, loin d'avouer sa défaite, est furieux. Ses hommes s'apprêtent à passer un sale quart d'heure. Lentement, sur le visage des spectateurs qui s'arrêtent devant l'écran, se dessine un sourire en même temps que la réplique suivante.

Même 37 ans après sa disparition, Louis de Funès, comédien préféré des Français, semble poursuivre de là où il se trouve, la mission qu'il avait déjà menée tout au long de sa vie : faire oublier aux gens leurs soucis l'espace de quelques instants, panser leurs peines à coups de grimaces, déconfiner leurs rires. 

Sans doute est-ce la raison pour laquelle, tout au long de cette année 2020 pour le moins complexe, et notamment en mars et en avril, les chaînes de télévision ont choisi de rediffuser en masse les grands classiques du maître de la comédie. Telle une ordonnance médicale, la grille télévision nous a prescrit plusieurs fois par semaine, et à heure fixe, du Gendarme, du Rabbi Jacob, de la Grande Vadrouille, du Corniaud, de l'aile ou de la cuisse.

Le résultat : 50 millions de spectateurs rassemblés devant des films de Louis de Funès durant le premier confinement, avec un record pour La Folie des Grandeurs, diffusé le 12 avril sur France 2 devant 5,3 millions de spectateurs. 5,1 millions pour La Grande vadrouille, 4,1 millions pour Rabbi Jacob, etc. 

Bref ! Un véritable plébiscite pour le roi du rire, un enthousiasme ressuscité pour la bonne humeur de ces films anciens, durant une période où le quotidien avait grand besoin d'être un peu allégé.

Pourquoi ? Tout simplement parce que Louis de Funès avait - a toujours - un super-pouvoir. Celui de provoquer chez son spectateur le rire à l'état brut. Un rire viscéral, naturel, qui n'a pas besoin d'être intellectualisé ou expliqué. Le même rire que celui d'un enfant de 2 ans surpris par une grimace. Un rire d'excellence, de qualité supérieure pourrait-on dire, sculpté avec un savoir-faire qu'aucun autre artiste comique (quelle que soit l'époque ou la nationalité) n'a jamais réussi à reproduire.

Un rire, surtout, qui nous fait instantanément oublier tout le reste pour nous replonger dans des scènes mythiques que l'on connaît souvent par coeur. Quoi de plus salvateur dans une période d'incertitude, que de savoir anticiper chaque séquence, d'entendre à l'avance chaque réplique résonner dans sa tête ? Quoi de plus réjouissant pendant un confinement que de rendre visite au Tonton Louis de Funès, et à sa grande famille ?

Car oui, autour des crises de nerfs de Cruchot, de Barnier ou de Pivert, gravitent souvent l'accent chantant de Michel Galabru, le rire de Claude Gensac, l'air ahuri de Jean Lefebvre ou de Paul Préboist, la musique de Raymond Lefèvre ou de Vladimir Cosma...

Du rire, de la sécurité, de la joie (qui nous sont pourtant offerts par une génération qui elle aussi, en son temps, a connu la peur et l'incertitude), donc. Mais aussi un peu d'émotion salutaire. Lorsqu'on se rend compte que même aujourd'hui, Louis de Funès ne nous a pas laissés tomber. Même 37 ans après sa mort, il poursuit la même mission. Même en 2020, on peut toujours venir se reposer quelques instants à l'ombre de son képi. 

19 novembre 2020

Le Grand restaurant sur TMC : comment Louis de Funès a pris en main le film de A à Z

Réalisé par Jacques Besnard (assistant d'André Hunebelle sur les deux premiers Fantômas), Le Grand restaurant voit Louis de Funès jouer Monsieur Septime, le dirigeant d'un temple parisien de la gastronomie. Les choses se gâtent lorsqu'un chef d'Etat d'Amérique du Sud y est enlevé au moment de la mise à feu d'une splendide pièce montée...

Sorti en 1966, le film est marqué par l'interventionnisme de Louis de Funès à plusieurs niveaux. Ainsi, pour la première fois, l'acteur se joint à l'écriture du scénario et crée entièrement son personnage. Ce dernier naît d'ailleurs dans sa tête lors du tournage du Gentleman d'Epsom (1962), lorsqu'il règle lui-même le ballet du restaurateur Gaspard Ripeux.

Louis de Funès décide aussi de s'immiscer dans la mise en scène. Une chose rendue possible par le manque d'expérience de Jacques Besnard, qui signe sa première réalisation. Le comédien avait confié : "Pendant 18 ans j'ai été le gugus à qui l'on dit fais ça. Comme un singe savant. Mais de quel droit un metteur en scène peut-il donner des ordres à un acteur comique ?"

Nombreuses sont les scènes résultant de l'imagination et l'improvisation de Louis de Funès. Parmi elles, nous pouvons mentionner celle où les mèches et moustaches d'Adolf Hitler apparaissent sur le visage de Monsieur Septime, lorsqu'il explique la recette du soufflé à la pomme de terre. Une séquence qui devient rapidement culte.

Le ballet du restaurant, où Septime et sept de ses employés dansent de manière énergique, est chorégraphié par la spécialiste en la matière Colette Brosset. Ce qui n'empêche pas Louis de Funès, très à l'aise avec la danse comme il le montrera par la suite dans Les Aventures de Rabbi Jacob, de lui suggérer quelques modifications.

L'acteur a également les pleins pouvoirs sur le casting. Il décide ainsi de réunir de nombreuses personnes qu'il connaît bien : Noël Roquevert en ministre, Jean Ozenne en maître d'hôtel, Jacques Legras en policier ou encore France Rumilly en baronne. Autant de connaissances avec lesquelles il se sent à l'aise pour exprimer son génie créatif.

A sa sortie, le 9 septembre 1966, Le Grand restaurant connaît un important succès populaire, attirant pas loin de 3,9 millions de spectateurs dans les salles obscures. La comédie reste vingt semaines à l'affiche, profitant de La Grande vadrouille, qui sort le 8 décembre et qui assoit définitivement Louis de Funès au rang de superstar.

Source : "Louis de Funès,  grimaces et gloire" de Bertrand Dicale, Grasset

18 août 2020

Le Gendarme en balade sur 6ter : pourquoi y a-t-il eu clash entre Louis de Funès et Jean Lefebvre ?

Louis de Funès, un des acteurs comiques les plus appréciés des Français, pouvait parfois se révéler très exigeant et difficile. Les relations avec certains de ses partenaires sur les plateaux de cinéma étaient parfois électriques, en partie à cause des guerres d'egos. Après Jean Marais sur Fantomas, Fernandel sur Le mouton à cinq pattes, Jean Gabin sur Le Tatoué ou Claude Rich Sur Oscar, Louis de Funès se fâche avec Jean Lefebvre sur la saga des Gendarmes.

Malgré sa cote de popularité et la sympathie qu'il dégage au premier abord, Jean Lefebvre n'a pas toujours eu la réputation d'être facile sur les plateaux de cinéma. Autant dire que face à un tempérament aussi écrasant que celui de de Funès, cela pouvait faire des étincelles. Les deux hommes en feront l'amère expérience à l'issue du tournage du Gendarme se marie. Lors de la première du film, en octobre 1968, l'interprète de Fougasse constate que des scènes dans lesquelles il figure avec Geneviève Grad, alias Nicole Cruchot, ont disparu du montage final.

L'acteur est alors fou de rage. Dans les médias, il accuse de Funès d'être responsable de ces coupes. Son comportement lui vaudra un sévère blâme de la part du cinéaste Jean Girault. Ce dernier le qualifie de "médiocre" et de "figurant le mieux payé du monde" dans une tribune libre du quotidien "Paris-Jour". Cette brutale altercation n'empêchera pas Jean Lefebvre d'apparaître une dernière fois au générique du Gendarme en balade en 1970.

Toutefois, cet incident crée une fâcherie définitive entre Jean Lefebvre et Louis de Funès, qui ne tourneront plus jamais ensemble. Jean Girault rajoutera une couche à cette dispute, tirant à boulets rouges sur Lefebvre : "Il prétend, avec l'audace des médiocres, que je lui ai coupé toutes les scènes où il avait la chance d'écraser Louis de Funès. Je pense, personnellement, que je lui ai rendu un fier service en lui évitant des comparaisons désagréables", riposte le metteur en scène.

En effet, Girault reproche notamment à Jean Lefebvre d'arriver sur le plateau en retard et sans connaître son texte, quand Louis de Funès répète le sien jusqu'à 50 fois. Cette version est corroborée par le directeur de la photo de Jean Girault, Jean Tournier : "Lefebvre ne faisait pas preuve d'un grand sérieux. Mais le plus gênant est qu'il passait ses nuits au casino et qu'il arrivait passablement éméché. Il parvenait tout de même à faire son travail, mais quand le soir, on visionnait sa prestation, c'était une catastrophe à l'image. Girault a eu raison de ne pas conserver ses quelques scènes. D'une certaine manière, il a rendu service à Jean Lefebvre."

11 août 2020

Le Gendarme se marie sur 6ter : comment Louis de Funès a dû faire face à Mai 68…

Troisième volet de la lucrative saga entamée en 1964, Le Gendarme se marie voit nos héros de St-Tropez chargés de faire la chasse au chauffard. Le Maréchal des logis-chefs Cruchot tombe alors, suite à un contrôle routier, sous le charme de la veuve d'un colonel de gendarmerie, la pimpante Josépha... A l'occasion de la diffusion de la comédie ce soir sur France 2, retour sur son tournage, qui a été marqué par les événements de Mai 1968.

Les prises de vues du Gendarme se marie ont débuté le 20 mai 68 à Saint-Tropez. Deux jours après, huit millions de personnes ont fait grève en France, et le lendemain, tous les tournages se sont arrêtés... Sauf celui de la comédie de Jean Girault. Si la question de stopper toute activité liée au film s'est posée, ce sont surtout les techniciens (sur lesquels les syndicats faisaient pression) qui étaient concernés. Les acteurs, au contraire, voulaient continuer.

Louis de Funès était bien évidemment farouchement opposé à la grève. "Je les aime bien tous ces gens mais je n'en ai farouchement rien à foutre", avait-il confié à son ami Daniel Gélin, lequel lui a répondu que si la gauche prend le pouvoir, le comédien serait alors montré du doigt... Devant cet argument, de Funès se résigna à arrêter le tournage. Mais finalement, le 6 juin, la poursuite de la grève a été rejetée par 46 voix contre 26.*

Un verdict lié au fait que la majorité des gens qui travaillaient sur Le Gendarme se marie avaient besoin d'argent. Plusieurs membres de l'équipe technique avaient même loué un appartement sur la côte avec leur famille, pour se consacrer au film.

Le tournage a donc repris, et fut endeuillé par la mort d'un cascadeur qui a perdu le contrôle d'une voiture s'écrasant dans la vitrine d'un magasin. Au final, Le Gendarme se marie est sorti le 30 octobre 1968 et a réalisé pas loin de 6,2 millions d'entrées sur le sol français. Une grande réussite commerciale dans la lignée de celle des deux précédents épisodes. Par la suite, Louis de Funès n'a pas réengagé la majorité des grévistes sur ses prochains films...

*"Ça tourne mal ! L'histoire tumultueuse et méconnue du cinéma français" de Philippe Lombard, Editions La Tengo, 168 pages, 22€ / "Les Rôles de ma vie" de Michel Galabru et Alexandre Raveleau, éditeur : Hors Collection.

06 août 2020

Fantômas contre Scotland Yard sur TMC : pourquoi Jean Marais était-il jaloux de Louis de Funès ?

Après Fantômas (1964) et Fantômas se déchaîne (1965), un troisième opus voit le jour en mars 1967. Dans Fantômas contre Scotland Yard, le malfrat aux mille visages (Jean Marais) cherche à imposer aux riches (nobles mais aussi magnats de la pègre) un impôt sur le droit de vivre... Le commissaire Juve (Louis de Funès) tente à nouveau de l'arrêter.

Le tournage de Fantômas contre Scotland Yard commence sept semaines après celui de La Grande Vadrouille, le 26 octobre 1966. Fort des succès du Gendarme de Saint-Tropez et du Corniaud, de Funès devient une star incontournable. Un statut qu'il n'a pas autant sur Fantômas se déchaîne et surtout Fantômas, dont la vedette est indéniablement Jean Marais.

Ayant parfaitement compris la situation, le metteur en scène André Hunebelle veut faire de Juve LE personnage central du film. Ainsi, il laisse de côté l'esprit James Bond et offre de nombreuses séquences comiques à de Funès... Au point d'éclipser Jean Marais : ses scènes, aussi secondaires que conventionnelles, s'effacent devant celles du commissaire.

Conséquence : la mésentente entre les deux comédiens, déjà palpable sur les deux précédents films, atteint ici son paroxysme. Et pour ne rien arranger, Jean Marais, à l'approche de la cinquantaine, a du mal à réaliser ses cascades (notamment celles à cheval).

L'actrice Mylène Demongeot, qui joue Hélène, avait expliqué : "Je pense que Jean Marais souffrait sur ce tournage. C'était un homme qui avait été tellement reconnu, tellement adulé. Mais comment lutter contre la force incroyable de de Funès ? Dès les répétitions, on pleurait de rire..." (Source : "Louis de Funès,  grimaces et gloire" de Bertrand Dicale)

Cette hiérarchie se retrouve au niveau des cachets. Si Marais touche plus que de Funès sur les deux premiers Fantômas, ce troisième volet voit la tendance s'inverser : l'interprète du commissaire Juve reçoit 500 000 francs et celui de Fantômas 400 000.

Fantômas contre Scotland Yard réalise pas loin de 3,5 millions d'entrées en France. Un score inférieur à celui du premier film (4,5 millions) et du second (4,2 millions). Un quatrième opus est tout de même prévu. Mais Jean Marais et Louis de Funès ne veulent pas se retrouver, d'autant plus que la franchise s'essouffle. Le projet est donc tout simplement enterré.

28 juillet 2020

Le Gendarme de Saint-Tropez sur 6ter : comment est née cette saga avec Louis de Funès ?

C'est l'un des films les plus populaires du cinéma français, celui qui propulsa Louis de Funès au rang de star, le premier d'une saga indémodable qui rassemble encore des millions de téléspectateurs à chaque diffusion (3 millions le 23 mars 2020, en plein confinement). Mais savez-vous seulement comment est né Le Gendarme de Saint-Tropez ?

Tout commence dans la charmante petite cité lacustre de Port Grimaud, dans le Var. Alors qu'il fait des repérages pour un scénario, l'attaché de presse Richard Balducci se fait voler la caméra qui se trouvait dans sa décapotable. Aussitôt arrivé à la gendarmerie de Saint-Tropez, il tombe sur un employé qui semble peu motivé par l'affaire. "[Il] lui déclare qu'il sait bien qui est le voleur de la caméra, que les gendarmes ont raté de peu quelques jours plus tôt, mais qu'on ne peut rien faire dans l'immédiat" raconte le journaliste Bertrand Dicale dans la biographie Louis de Funès, grimaces et gloire.

Enervé et jurant de rendre "célèbre une brigade aussi je-m'en-foutiste", il s'empresse d'en parler à Louis de Funès avec qui il avait précédemment collaboré sur Pouic-Pouic et Faites sauter la banque. Le comédien adore l'idée d'en faire un film et Balducci rédige illico un synopsis dans lequel on retrouve déjà une chasse aux nudistes, un vol de tableau et la "faune du port". Quant à de Funès, celui-ci imagine déjà les caractères des différents brigadiers, entre gendarmes débonnaires et d'autres bien plus hargneux.

Après quelques refus, le réalisateur Jean Girault et Louis de Funès parviennent à trouver des producteurs. Si Darry Cowl et Francis Blanche sont préférés au comédien, les deux déclinent l'offre et le rôle de Cruchot lui revient. Les rumeurs disent que c'est lui-même qui a fait appel à Michel Galabru pour camper l'adjudant Gerber. Ce dernier se souvient : "J'étais venu passer quelques jours à Saint-Tropez parce que ma femme voulait voir l'endroit dont on parlait tant dans France Dimanche. [...] Qu'est-ce que je me suis fait chier ! Le dernier jour,[...] je vois un groupe d'hommes en train de prendre le petit déjeuner. J'entends qu'ils parlent d'un film [...] et il y en a un qui dit "Puisqu'on a de Funès, on n'a qu'à mettre des ringards autour de lui. Comme ça, on n'aura pas les payer bien cher." Je dis à ma femme en riant : "Eh bien ! les mecs qui vont être engagés, ils vont être gâtés !" Quand je rentre à Paris, on m'appelle : j'étais sur le film."

Le tournage commence le 5 juin 1964 et il n'est que le début d'une énorme success story qui n'en finit pas de faire rire le public français. Arrivé en tête du box-office à sa sortie, il cumule pas moins de 7,8 millions d'entrées. Devant un tel succès, une suite est rapidement mise en chantier, laquelle sortira un an plus tard et engrangera plus de 5 millions d'entrées. La suite, on la connaît : 4 autres opus se succèderont entre 1968 et 1982, soit un an avant le décès de Louis de Funès.

31 mai 2020

Oscar sur France 2 : pourquoi Louis de Funès a-t-il été terrorisé par Claude Rich ?

Sept ans après avoir fait en 1960 un carton sur scène avec la pièce Oscar, Louis de Funès reprend son rôle dans le film d'Édouard Molinaro. Il y joue Bertrand, un riche promoteur à la vie paisible. Jusqu'au jour où son homme de confiance, Christian, le fait chanter pour doubler son salaire et obtenir la main de sa fille, dont il est l'amant. Il lui avoue également qu'il le vole depuis de nombreuses années. Les choses se compliquent encore quand la maîtresse de Christian se révèle finalement ne pas être Colette, la fille de Bertrand, mais qu'en revanche, Colette s'avère être enceinte d'Oscar, le chauffeur.

Connu pour son perfectionnisme à l'excès, de Funès ne faillit pas à sa réputation et se montre difficile sur le plateau. Le réalisateur en fait les frais, comme il l'explique dans un entretien accordé à Télérama en 2013* : « Il n'aimait pas être dirigé. Sur le tournage d'Oscar, il trouvait que je faisais trop de plans. Je voulais pouvoir être maître de mon montage, mais il préférait les plans à deux personnages. » 

Son partenaire à l'écran, Claude Rich, n'est pas épargné non plus. Tout d'abord, de Funès n'est pas d'accord avec son jeu d'acteur. Molinaro se souvient : « Il voulait que Claude joue dans le même registre que lui. Ma théorie était, au contraire, qu'il devait être distant, flegmatique face à l'expansion de Louis. Le contraste m'amusait. Pas Louis. » 

De plus, de Funès n'arrête pas de le comparer à Guy Bertil, comédien avec lequel il avait joué plusieurs centaines de fois la pièce Oscar, ce qui agace profondément Rich. La tension entre les deux acteurs atteint son paroxysme lorsqu'un jour, de Funès refuse de tourner car le réalisateur ne rit pas à ses scènes. Quand six heures plus tard, le tournage reprend enfin, de Funès commet un lapsus lourd de sens en appelant son collègue "Bertil" au lieu de "Rich". Sous le coup de la colère, ce dernier brise une flûte de champagne qu'il tenait en main, menaçant de Funès avec le verre brisé. Effrayé, de Funès bredouille et le tournage reprend.

Quelques semaines après, alors qu'il avait été souffrant, Claude Rich reçoit un bouquet de fleurs de la part de de Funès avec un mot d'excuses. Quant à Molinaro, alors qu'il s'était juré de ne plus retourner avec de Funès, il le retrouve deux ans plus tard dans Hibernatus. La faute au succès d'Oscar qui, avec 6,1 millions d'entrées, est le deuxième plus grand succès au box-office l'année de sa sortie.

10 mai 2020

Louis de Funès star du confinement : quel film a fait le plus d'audience ?

Depuis le début du confinement, les français trouvent du réconfort avec la télévision et notamment les films de Louis de Funès. Le comédien, décédé en 1983, est toujours aussi populaire et cette période de crise a été un véritable révélateur du phénomène. Le déconfinement étant sur le point de commencer, il était temps de faire un point sur les audiences générées par Louis de Funès afin de se rendre compte de sa vertigineuse côte de popularité.

Diffusé le 12 avril sur France 2, La Folie des grandeurs obtient le meilleur score avec 5,3 millions de fidèles devant le poste. La Grande vadrouille n'est pas loin derrière avec 5,1 millions de spectateurs le 22 mars sur la même chaîne. Sur la 3ème marche du podium, on retrouve L'aile ou la cuisse et Rabbi Jacob avec 4,1 millions de personnes réunies sur France 2 le 29 mars et le 5 avril.

Voici la liste complète des longs-métrages diffusés et leurs audiences :

La Folie des grandeurs - 5,3 millions (12 avril sur France 2)

La Grande vadrouille - 5,1 millions (22 mars sur France 2)

Rabbi Jacob - 4,1 millions (29 mars sur France 2)

L'aile ou la cuisse - 4,1 millions (5 avril sur France 2)

Le Corniaud - 3,5 millions (26 avril sur France 2)

Le Gendarme se marie - 3,5 millions (6 avril sur M6)

Le Gendarme de Saint-Tropez - 3 millions (23 mars sur M6)

La Soupe aux choux - 2,9 millions (28 mars sur France 2)

Le Gendarme à New-York - 2,9 millions (30 mars sur M6)

Le Gendarme en balade - 2,9 millions (13 avril sur M6)

Le Gendarme et les gendarmettes - 2,8 millions (20 avril sur M6)

Hibernatus - 2,2 millions (18 avril sur France 2)

Jo - 2,1 millions (4 avril sur France 2)

Le Gendarme et les extra-terrestres - 1,5 millions (23 mars sur M6)

Le Petit baigneur - 1 million (4 mai sur C8)

En tout, Louis de Funès a rassemblé plus de 50 millions de téléspectateurs durant le confinement ! Son fils, Olivier de Funès, interrogé par Le Parisien, a tenté d'expliquer l'engouement toujours très présent des français pour son père : "Il a toujours plu. J'ai toujours entendu les gens me dire : « Votre père est formidable ! Qu'est-ce qu'on s'est encore amusé en famille hier soir ! » Et, de son vivant, combien de fois ai-je constaté, quand j'ai joué avec lui, que des personnes en détresse lui écrivaient ou venaient lui dire de vive voix dans sa loge au théâtre des choses bouleversantes.

Qu'ils avaient par exemple un enfant malade et qu'il était pour lui le meilleur médicament. Son but, c'était de faire rire les enfants. Donc, de rendre quelque chose de très sain et de très vrai. Parce qu'on ne fait pas rire les enfants s'ils ne reconnaissent pas dans ce qu'ils voient ce qu'ils n'osent pas dire des grandes personnes quand ils les trouvent ridicules. C'est cette sincérité inouïe et dénuée de toute intention qui perdure."

Selon le journaliste Bertrand Dicale (auteur de Louis de Funès, grimaces et gloire), le comédien "est une valeur-refuge par la certitude que l'on a de toucher tous les publics avec ses films : les bourgeois, les prolétaires, les immigrés, les gens de droite, de gauche, les très très à droite, les très très à gauche et toutes les générations." Quant à Jean-Christophe Mikhaïloff, directeur de la communication de la Cinémathèque, il qualifie de Funès d'antidépresseur. "C’est un mime, c’est un peu notre Charlie Chaplin", analyse-t-il.

Sur AlloCiné, l'ex roi du box-office rassemble également énormément. Nos différents articles concernant les secrets de tournage de ses films ont suscité un intérêt exceptionnel en ces temps de confinement. Les réseaux sociaux ne sont pas en reste, l'artiste se révélant une valeur sûre, en témoigne la page Facebook Just Louis de Funès. Cette dernière rassemble en effet 1,2 millions de fans du célèbre acteur. L'inoubliable interprète de Rabbi Jacob aura bien fait rire la France pendant cette période compliquée. Merci Louis de Funès.

04 mai 2020

Le petit baigneur sur C8 : les retrouvailles orageuses entre de Funès et Robert Dhéry

Dans Le Petit Baigneur, l'inventeur de prototypes de bateaux André Castagnier (Robert Dhéry) est licencié par Philippe Fourchaume (Louis de Funès), son patron. Mais lorsque ce dernier apprend que son ex-employé a mis au point un petit voilier au fort potentiel commercial, baptisé Petit Baigneur, il va tout faire pour tenter de le réintégrer dans l'entreprise... Et chercher à tirer profit de sa création.

Louis de Funès et Robert Dhéry se sont rencontrés bien avant le tournage du Petit Baigneur : ce dernier, comédien de base, fonde au lendemain de la guerre avec son épouse Colette Brosset la troupe comique des Branquignols, qui comprend des acteurs comme Jean Carmet, Michel Serrault et... de Funès. Si les deux hommes passent d'agréables moments ensemble via cette joyeuse bande, leurs retrouvailles sur le tournage du Petit Baigneur en 1967 n'en sont pas moins orageuses.

La raison ? Fort des succès phénoménaux de comédies comme Le Gendarme, Le Corniaud et surtout La Grande Vadrouille (17,2 millions d'entrées !), de Funès est devenu une très grande star... Et a tendance à perdre l'esprit de troupe cher à Robert Dhéry. Les discordances démarrent dès le début des prises, l'acteur faisant rapidement savoir au réalisateur qu'il n'est pas satisfait de ses choix de mise en scène. Dhéry doit donc revoir l'ensemble pour offrir plus de gros plans à de Funès.

Signe symptomatique de ces tensions à répétition : la hargne bien réelle avec laquelle le comique s'acharne à coups de pelle sur le prototype du fameux bateau... Toutefois, malgré ces conflits à répétition, l'amitié entre les deux hommes n'en a véritablement pas souffert. D'autant plus que, lors de sa sortie en salles, en 1968, Le Petit Baigneur marche très bien : le film réalise plus de 5,5 millions d'entrées sur le sol français et devient ainsi le plus gros succès de son metteur en scène.

26 avril 2020

Le Corniaud sur France 2 à 14h : pourquoi de Funès est-il entré dans une colère noire lors du tournage ?

Dans Le Corniaud, Louis de Funès incarne Leopold Saroyan, un trafiquant qui utilise Antoine Maréchal, un honnête commerçant joué par Bourvil, pour conduire de Naples à Bordeaux une Cadillac remplie d'héroïne. Bien évidemment, les choses ne vont pas se passer comme prévu... A l'occasion de la diffusion de cette comédie culte, cet après-midi sur France 2, petit focus sur la raison pour laquelle Louis de Funès est entré dans une colère noire, au début du tournage.

Bourvil et Louis De Funès n'ont que peu de scènes ensemble dans Le Corniaud. Gérard Oury leur promet toutefois un temps égal d'apparition à l'écran, chose à laquelle le second est particulièrement attaché, tandis que le premier l'est moins (sans pour autant n'y accorder aucune importance).

Après dix jours de tournage, le metteur en scène a l'idée d'organiser une projection, dans un cinéma, pour montrer les premières images du film à son équipe. Louis de Funès s'y rend avec sa femme Jeanne, qui lui sert accessoirement d'agent. A la fin, le couple considère avec indignation que l'acteur n'est pas assez présent à l'écran et que, d'une manière plus générale, le long métrage fait la part trop belle aux scènes jouées par Bourvil.

Louis de Funès entame alors une "grève de l'expression", pratique consistant à jouer de la façon la plus minimale et neutre possible... Pour "rattraper le coup", Gérard Oury doit consentir à la mise en boîte de quelques séquences supplémentaires avec le comédien, dont celle, devenue culte, de la douche avec le culturiste (une idée qui lui vient lors d'un voyage où il voit un couple d'hommes aux physiques bien différents : l'un est un frêle milliardaire, l'autre un bodybuilder).

Si dans les premiers rushs du film, Bourvil apparaît plus que de Funès, cela est dû à une raison purement pratique. Alors que l'interprète de Saroyan doit tourner ses premières scènes en Italie à bord d'une jaguar, le tournage est brusquement arrêté. La raison ? Un assistant a abîmé la voiture. Forcé d'attendre sa réparation, le réalisateur se concentre alors sur les séquences avec Bourvil. Pendant plusieurs jours, de Funès dois patienter jusqu'à l'arrivée du véhicule…

Après cet incident, les crispations sont vite oubliées, et les deux acteurs s'entendent bien. Lors de sa sortie, Le Corniaud connaît un succès public phénoménal, avec plus de 11,7 millions d'entrées sur le sol français. Oury, Bourvil et de Funès se retrouvent l'année suivante pour La Grande Vadrouille, qui fait encore mieux avec 17,2 millions d'entrées (soit le plus grand succès de tous les temps en France, qui sera dépassé par Titanic, Bienvenue chez les Ch'tis puis Intouchables).

20 avril 2020

Le Gendarme et les gendarmettes sur M6 à 21h : saviez-vous qu'un voyage dans le temps avec de Funès était prévu ?

Sixième et dernier film de la saga, Le Gendarme et les gendarmettes a failli être un tout autre film ! Après le triomphe du Gendarme et les extraterrestres en 1979 (6,2 millions d'entrées), le réalisateur Jean Girault est à la recherche de nouvelles idées pour une suite. Son film a damné le pion à de grosses productions hollywoodiennes comme Superman ou Apocalypse Now et la mise en chantier d'un nouvel opus se révèle inévitable.

À l'époque, les films de SF cartonnent (Star Wars, Alien) et le metteur en scène souhaite continuer de surfer sur la vague. Il convoque alors le scénariste Jean Halain qui commence à travailler sur un script science-fictionnesque. Son idée est toutefois rapidement abandonnée. En 1980, Le Gendarme de Saint-Tropez et l'Empereur est le premier titre qui circule dans la presse. Richard Balducci, créateur des personnages originaux, imagine une histoire loufoque où la brigade menée par Louis de Funès est envoyée en mission en orbite autour de la Terre pour réguler la circulation des vaisseaux spatiaux.

Cruchot et sa petite équipe doivent accomplir l'entraînement des cosmonautes et grimper à bord de la fusée Ariane ! Pendant le voyage, le véhicule spatial est percuté par un autre engin et commence à tourner à l'inverse de la rotation terrestre. 120 jours plus tard, les gendarmes regagnent la Terre et s'aperçoivent qu'ils ont voyagé dans le temps ! Ils se retrouvent à Waterloo en 1815. Nos compères s'entretiennent avec Napoléon en personne et lui viennent en aide pour la bataille.

Cruchot se lie d'amitié avec l'Empereur et lui apprend anglais. Quant à Berlicot, il fait danser le reggae à toute la cour de Napoléon pendant que Fougasse enseigne les rudiments de la pétanque à des marquis. Louis de Funès part ensuite à la rencontre de son arrière-grand-père, Ernest Cruchot. Finalement, l'Empereur les accuse de trahison. Les gendarmes embarquent à nouveau dans leur vaisseau et repartent pour un autre voyage dans le temps pour rentrer à leur époque. Arrivés à Saint-Tropez, ils se rendent compte qu'un monument (inauguré par Brigitte Bardot !) a été érigé en leur mémoire car tout le monde les croit morts.

Cette histoire abracadabrantesque n'a finalement pas été retenue. Certaines idées seront toutefois conservées pour La Soupe aux choux, écrit par Jean Halain et réalisé par Jean Girault. Ce dernier préfère se tourner vers un récit plus terre-à-terre, optant pour Le Gendarme et les gendarmettes. À l'époque, les premères femmes commencent à entrer dans la Gendarmerie nationale et le metteur en scène préfère jouer là-dessus. Le cinéaste décèdera malheureusement pendant le tournage à l'âge de 58 ans, laissant son assistant, Tony Aboyantz, terminer le film. Ce sera un nouveau succès, le dernier de Louis de Funès, avec 4,2 millions d'entrées en salles en 1982. Le comédien nous quittera peu après, le 27 janvier 1983.

Source : Ça tourne mal ! L'histoire tumultueuse et méconnue du cinéma français de Philippe Lombard, Editions La Tengo, 168 pages, 22€

04 avril 2020

Jo sur France 2 à 14h : savez-vous que Louis de Funès a réellement été victime d'un maître-chanteur ?

Dans Jo, deuxième adaptation de la pièce de théâtre "The Gazebo" après Un mort récalcitrant, Louis de Funès incarne Antoine Brisebard, un auteur à succès victime d'un maître chanteur qui menace de compromettre sa réputation en révélant le passé de sa femme. Alors que ce dernier doit passer le soir même pour prendre possession de la somme d'argent exigée, Brisebard le tue accidentellement...

A l'occasion de la diffusion, sur France 2, de cette comédie sortie au début des années 1970, focus sur le fait que Louis de Funès a réellement été victime d'un maître-chanteur !

La mésaventure s'est déroulée en août 1968. Une mystérieuse personne envoya un message écrit comportant des menaces à Louis de Funès, lui demandant de lui verser la somme de 150 000 francs (sous prétexte que ce dernier gagnait trop d'argent...). Il donna ensuite rendez-vous à la femme de l'acteur dans un sous-sol à Paris. Le jour J, la police (prévenue par le couple) s'est rendue sur place, mais l'individu, ayant anticipé sa venue, a envoyé un chauffeur de taxi à sa place, et n'a donc pas pu être appréhendé.

Prénommé Jacques Robert, le maître-chanteur a été arrêté dans les jours qui ont suivi. Il s'agit d'un homme qui s'était évadé d'un hôpital psychiatrique en 1964. La raison de son incarcération ? Il avait, en 1954, assassiné son père qui, selon le criminel, ne se comportait pas bien avec sa mère...

Jacques Robert a à nouveau fait parler de lui en 1974, lorsqu'il est entré de force dans un studio de RTL avec un pistolet et une fausse grenade, plus précisément lors de l'émission "Les routiers sont sympas" animée par Max Meynier. Après cinq heures de prise d'otage, l'animateur est parvenu à le convaincre de se rendre aux policiers de la BAC, et a ensuite été condamné à trente mois de prison ferme.

Sorti en salles en 1971 et ayant bénéficié d'un succès commercial solide (2,5 millions d'entrées), Jo marque également les énièmes retrouvailles entre Louis de Funès, Michel Galabru et le cinéaste Jean Girault, après Le Gendarme de Saint-Tropez, Le Gendarme à New York, Le Gendarme se marie, Le Gendarme en balade, Le Gendarme et les extra-terrestres, Le Gendarme et les gendarmettes et L'Avare.