Affichage des articles dont le libellé est John Wayne. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est John Wayne. Afficher tous les articles

30 juillet 2026

John Wayne était déçu par Rio Lobo tourné durant la dernière partie de sa carrière

Durant la Guerre de Sécession, le colonel Cord McNally doit récupérer un chargement d'or capital pour l'armée nordiste. Hélas, le secret est éventé, et les confédérés le récupèrent, en tuant au passage un officier que McNally considérait comme son fils. Il part alors dans une vengeance personnelle pour punir les tueurs, et récupérer le chargement.

Les fans de westerns auront reconnu l'intrigue de Rio Lobo, film réalisé par Howard Hawks porté par John Wayne, Jorge Rivero, Jennifer O'Neill, Jack Elam, Christopher Mitchum (fils de Robert) et Victor French, plus connu pour son rôle dans La Petite maison dans la prairie.

Sorte de redite d'El Dorado (1966), qui était lui-même inspiré par Rio Bravo (1959), Rio Lobo n'a pas été très bien reçu par la presse, comme par John Wayne. Ce dernier avait en effet déclaré dès avril 1971, quelques mois à peine après la sortie du film (repris par Far Out) :

"Rio Lobo est raté. Hawks a commis l'erreur d'écrire la majorité du film. Ford et Hawks pouvaient réaliser, mais Hawks ne savait pas écrire. Il n'aurait jamais dû s'y risquer, et c'était vraiment évident en voyant Rio Lobo. Il était devenu un peu distant, et je suppose qu’il y a eu trop de projections de ses films à Paris. Il a l’impression d’être devenu une figure culte."

Mais l'histoire est plus complexe que cela, comme en témoigne le réalisateur lui-même dans le livre Hawks on Hawks, qui déclare à propos de Rio Lobo :

"Je ne le trouve pas bon du tout. Je ne l'ai fait que parce que j'avais une bonne histoire, mais une fois le projet mal géré par le studio, ils ne pouvaient payer aucun autre bon acteur que John Wayne. J'ai donc gardé l'histoire que j'avais écrite pour plus tard et j'en ai écrit une en catastrophe."

Le tournage sera compliqué, avec Wayne assurant la majorité de la direction d'acteurs, et Hawks se concentrant sur la mise en scène, le scénario étant réécrit au jour le jour, chacun devant apprendre ses dialogues au dernier moment. Rio Lobo a pourtant plu à plus d'un fan de western, notamment sa dernière partie, et son alternance entre humour et action, dans la plus pure tradition des films de son réalisateur.

L'histoire qu'il avait écrite "pour plus tard" et délaissée, Hawks essayera d'en faire un film jusqu'à sa mort. Intitulé "When It's Hot, Play It Cool", une comédie située dans le milieu pétrolier, ce film s'inspirait d'Une fille dans chaque port, film muet que Hawks avait mis en scène en 1928, avec Victor McLaglen et Louise Brooks. Ambitieuse, l'histoire devait se dérouler sur six pays.

Hawks est décédé en 1977, sans le concrétiser. Rio Lobo est resté son dernier film.

29 juin 2026

Le Conquérant : il y a 70 ans, John Wayne tournait un film historique aux conséquences désastreuses pour sa santé

À moins qu’il ne s’agisse de John Ford, la figure la plus puissante et influente sur n’importe quel plateau de tournage où John Wayne a mis les pieds était “Le Duc” lui-même.

Bien qu’il ait eu plusieurs collaborations fructueuses au cours de sa carrière, Wayne a toujours été considéré comme le maître incontesté. Il était la plus grande star du casting, l’atout commercial majeur de la production et l’un des acteurs les plus célèbres de la planète, ce qui signifiait, presque automatiquement, qu’il obtenait ce qu’il voulait.

C’était une perspective intimidante pour tout nouveau venu. C’est pourquoi il s’associait très rarement avec des cinéastes qui n’avaient pas encore fait leurs preuves. Lorsqu’il a donné sa chance à un novice, Dick Powell, qui n’avait qu’un seul long-métrage à son actif, celui qu’on surnommait “Le Duc” a rapidement découvert que le réalisateur était complètement dépassé. Le résultat final fut non seulement l’un des pires films qu’il ait jamais tournés, mais aussi l’un des plus critiqués de tous les temps.

L’héritage du film Le Conquérant de 1956 est pour le moins déplaisant. Outre son statut de paria critique et de désastre commercial – un film qui ne résiste pas à l’épreuve du temps, surtout lorsqu’on voit John Wayne, loin d’être mongol, incarner Gengis Khan –, il est parfois considéré comme l’un des tournages les plus controversés de l’histoire du cinéma.

Convaincus que rien ne pouvait mal tourner en filmant sur d’anciens sites d’essais nucléaires, près de 100 membres de l’équipe, acteurs et techniciens confondus, développèrent des cancers de diverses origines et près de 50 d’entre eux en décédèrent. Avant même que ces conséquences ne soient connues, Wayne était déjà conscient de mener un combat perdu d’avance pour sauver ce qu’il considérait comme un échec annoncé.

À l’époque, cependant, rien de tout cela ne laissait présager de tels problèmes de santé à long terme. Les frustrations de Wayne se concentraient surtout sur le tournage et sur ce qu’il percevait comme un manque de leadership au sein de la production.

Dick Powell, surtout connu comme acteur, n’avait à son actif, en tant que réalisateur, que le thriller noir Même les assassins tremblent (1953). John Wayne, lui, était une star de premier plan habituée à imposer son autorité. “Le Duc” n’avait rien contre Powell en tant que personne, mais il doutait fortement de son expérience et de ses compétences de cinéaste.

“C’était un homme tellement gentil que, quand j’ai vu qu’il était complètement dépassé, j’ai essayé de l’aider sans être trop direct, ce que j’avoue avoir tendance à faire”, a-t-il confié à l’auteur britannique, historien du cinéma et acteur, Michael Munn (via FarOut Magazine). “J’ai tendance à débarquer sans prévenir : ‘Attendez une minute ! Vous êtes en train de mettre la caméra là ?’ C’est ma façon de faire.”

Le fait que le rôle ait été initialement écrit pour Marlon Brando, et qu’après son retrait et son remplacement par un acteur totalement différent, le scénario n’ait pas été réécrit, n’a pas arrangé les choses. Cela signifiait que Wayne avait du mal à “comprendre ce foutu dialogue”, ce qui ne faisait qu’aggraver son désarroi.

“On avait donc un réalisateur peu talentueux, mais qui se trouvait être un type formidable, et un scénario écrit pour Brando, mais déclamé par Duc Wayne”, s’exclama-t-il, exaspéré. “Et ce fut un véritable désastre.”

Il est rare de trouver des propos aussi directs de la part de John Wayne sur l’un de ses propres films. Même lorsqu’il évoquait des projets moins réussis, il restait généralement diplomate, ce qui rend ce jugement sur Le Conquérant d’autant plus marquant.

Le tournage du Conquérant est souvent qualifié de “meurtrier” en raison d’un fait longtemps débattu mais largement relayé : une partie importante de l’équipe aurait été exposée à des retombées radioactives.

Le film a été tourné en 1954 dans l’Utah, non loin de zones utilisées pour des essais nucléaires atmosphériques réalisés dans le Nevada au début des années 1950. À l’époque, les risques liés aux retombées radioactives étaient encore mal compris et les précautions quasi inexistantes. Dans les années qui ont suivi, une proportion inhabituelle de personnes ayant travaillé sur le film – acteurs, techniciens et membres de l’équipe – a développé des cancers. On estime qu’environ une centaine de cas auraient été recensés, dont plusieurs dizaines de décès.

Même si aucun lien scientifique formel n’a jamais été établi avec certitude entre le tournage et ces maladies, la coïncidence a alimenté une réputation noire durable autour du film. Cette suspicion, renforcée par la gravité des chiffres avancés et par le contexte des essais nucléaires de l’époque, a contribué à faire du Conquérant l’un des tournages les plus controversés et les plus tristement célèbres de l’histoire du cinéma.

Un jugement sévère sur son propre travail, mais pas infondé : Le Conquérant n’était pas seulement un échec critique, il est aussi entré dans l’histoire pour des raisons bien plus sombres.

Des décennies plus tard, il reste tristement célèbre pour des raisons qui dépassent largement son statut de “mauvais film”. Pourtant, les souvenirs de John Wayne rappellent que les signes avant-coureurs étaient visibles dès le départ. Bien avant que le film ne soit associé à la tragédie, sa plus grande vedette le considérait déjà comme l’une des productions les plus malavisées de sa carrière.

16 juin 2026

Les Bérets Verts est le film le plus contreversé de John Wayne !

En 1968, John Wayne se retrouve au centre d’une polémique majeure avec la sortie des Bérets verts, un long-métrage profondément lié à l’actualité brûlante de l’époque : la guerre du Viêt Nam. À contre-courant d’une partie de la société américaine, le film déclenche immédiatement des réactions très tranchées.

Si Alamo (1960) incarnait déjà une vision patriotique des États-Unis, ce second projet va encore plus loin et devient l’un des films les plus controversés de la carrière de l’acteur.

À la fin des années 1960, les États-Unis sont engagés dans un conflit complexe au Viêt Nam, opposant le Nord, soutenu par la Chine et le bloc de l’Est, au Sud, appuyé notamment par Washington. Le conflit, commencé en 1955, mobilise de nombreux jeunes Américains envoyés sur le front, souvent dans des conditions difficiles et contestées.

Dans le même temps, une partie de la jeunesse américaine adopte une position pacifiste et rejette cette intervention militaire. Ce climat de tension sociale et politique sert de toile de fond directe au projet de John Wayne.

À 60 ans, l’acteur ne comprend pas ce mouvement anti-guerre et choisit de répondre par le cinéma. Il décide de réaliser un film qui met en avant l’action de l’armée américaine sur le terrain et défend une vision très patriotique du conflit.

Avant même le tournage, il exprime clairement son objectif : “J’espère que [le film] suscitera un peu de patriotisme chez ceux qui en manquent dans votre génération. Personnellement, j’espérais que ce film donnerait aux gens réfléchis des États-Unis une meilleure vision du danger actuel que représente le communisme.”

Le tournage des Bérets verts se fait avec le soutien des autorités et de l’armée américaine. Plusieurs lieux sont utilisés aux États-Unis, notamment les studios de la Warner, mais aussi des sites en Géorgie, en Floride et en Alabama.

L’équipe du film est elle-même divisée sur le plan idéologique, entre partisans et opposants à la guerre. John Wayne insiste toutefois pour que les différends politiques restent en dehors du plateau.

Le récit du film adopte une ligne clairement pro-intervention américaine. Le seul personnage initialement critique est celui d’un journaliste incarné par David Janssen, qui finit par rejoindre la cause militaire après son immersion sur le terrain.

Dès sa sortie, Les Bérets verts est violemment attaqué par la presse américaine. Le film est accusé de simplifier à l’extrême le conflit et de proposer une vision manichéenne de la guerre.

Le critique Roger Ebert se montre particulièrement dur dans son jugement, écrivant notamment : “Si j’étais un soldat au Viêt Nam, je ne voudrais pas être représenté par ‘Les Bérets verts’.”

Il développe également une critique plus large du film : “[Dans ce film], nous semblons mener une guerre sans but précis contre un ennemi semi-anonyme. Il n’est pas question de démocratie ou de liberté, de nationalisme ou d’autodétermination. Il semble que la guerre ait été entièrement causée par l’ennemi et que celui-ci commette des atrocités parce qu’il y prend plaisir. (...) Ce n’est pas seulement malhonnête, c’est aussi injuste. Si j’étais un soldat au Viêt Nam, je ne voudrais pas être représenté par ‘Les Bérets verts’. Je ne voudrais pas que mes concitoyens pensent que je suis aussi stupide et simple d’esprit que les Américains de ce film.”

Malgré les critiques, le film rencontre un large succès commercial. Produit avec un budget d’environ 7 millions de dollars, il en rapporte près de 32 millions.

John Wayne, également co-producteur, voit ainsi son pari validé par le public, même si le débat reste vif dans la presse et dans l’opinion.

Avec le recul, Patrick Wayne, fils de l’acteur et membre du casting, revient sur l’état d’esprit de son père pendant la production.

“Papa était d’avis qu’il s’agissait de combattants américains, qu’il était fier d’eux et qu’il fallait les présenter sous leur meilleur jour. Ils se battaient pour nous, nous les avions envoyés là-bas, nous devions donc les soutenir.”

Entre œuvre militante et objet de polémique, Les Bérets verts reste ainsi l’un des projets les plus discutés de John Wayne. Symbole d’une Amérique divisée par la guerre du Viêt Nam, il continue d’incarner une vision du cinéma directement liée aux fractures politiques de son époque.

01 avril 2026

L'Arche de Noé : en 1928 John Wayne a bien failli mourir dans cette scène

L'Histoire du cinéma est constellée d'exemples d'incidents graves survenus sur les tournages, allant parfois jusqu'à des dénouements tragiquement funestes. Le récent exemple du tournage endeuillé du film Rust l'a brutalement rappelé.

A l'époque de l'âge d'or du cinéma, les réalisateurs étaient des dieux et les producteurs exerçaient un pouvoir quasi absolu dans les situations de vie ou de mort. Une époque où il n'existait pas de règles de sécurité, qui ne viendront que plus tard. C'est ce qu'apprendont, bien malgré eux, les acteurs et les actrices d'un fameux péplum biblique sorti en 1928, produit par le nabab Darryl F. Zanuck et réalisé par Michael Curtiz : L'Arche de Noé.

Effectuant une curieuse mise en parallèle dans son récit, qui mélange la fameuse histoire biblique de Noé et du Déluge, avec celle de soldats de la Première Guerre mondiale, L'Arche de Noé est représentatif de la transition du cinéma muet au cinéma parlant, bien qu’il s’agisse essentiellement d’un film hybride, dit "partiellement parlant", qui utilisait le nouveau système de son sur disque Vitaphone. La plupart des scènes sont muettes, accompagnées d’une bande-son synchronisée et d’effets sonores, en particulier les scènes bibliques, tandis que certaines scènes comportent des dialogues.

A l'instar de ce que firent certaines productions dantesques du cinéma muet, la production de ce film recruta entre 3500 et 7500 figurants, dont un tout jeune et débutant John Wayne, qui passa aussi un peu de temps sur ce film à travailler dans le département des accessoires.

Le clou du film, qui survient dans les dix dernières minutes, est le Déluge proprement dit. Curtiz voulait que la scène soit la plus authentique possible et que les figurants aient l'air véritablement terrifiés. Pour atteindre ce niveau de réalisme, ils ont déversé environ 2 millions de litres d'eau sur des centaines de figurants, sans les prévenir et sans vérifier s'ils savaient nager. Les résultats furent au-delà de ce qui était attendu... Et se révélèrent tragiques au possible.

Hal Mohr, le directeur de la photographie du film, aura ces mots : "Quand ils ont commencé à discuter de la manière de s’y prendre, j’ai protesté. Pas en tant que caméraman, mais en tant qu’être humain, bon sang, parce qu’il me semblait qu’ils allaient tuer quelques personnes avec ces tonnes d’eau et ces immenses décors qui leur tombaient dessus".

Selon Mohr, si la production fit bien appel à des cascadeurs qui "savaient ce qu’ils faisaient", elle utilisa également des centaines d’autres figurants qui n’avaient absolument aucune formation, et qui se battirent littéralement pour leur (sur)vie. On releva trois morts. Un figurant fut amputé de la jambe, tandis qu'un des acteurs principaux du film, George O’Brien, a carrément perdu plusieurs doigts de pieds... John Wayne, lui, qui figurait aussi dans la séquence du Déluge, s'en est sorti, mais il ne s'est jamais publiquement exprimé sur ce drame.

Vous pouvez voir la séquence dans le film, intégralement disponible sur Youtube. Celle-ci débute à partir de 1h22..

Malgré cet événement tragique, ni Michael Curtiz, ni Darryl F. Zanuck, ne furent inquiétés. Les enquêtes menées à la suite de l'accident et les dossiers juridiques conservés par Warner Bros. ne contiennent aucune mention concrète des décès réels.

C'est à la suite de ce tournage que l'on observa la mise en place précoce de protocoles de sécurité applicables à l'ensemble du secteur. Les productions ont commencé à faire de plus en plus appel à des cascadeurs professionnels, à renforcer les dispositifs médicaux sur les plateaux et à établir des normes plus rigoureuses d'évaluation des risques.

Toutefois, comme le rappelait cet article du Guardian, Hollywood attendra 1982-1983, et le drame survenu sur le tournage du film Twilight Zone (deux enfants tués, ainsi que l'acteur Vic Morrow, dans le crash d'un hélicoptère), pour véritablement serrer la vis en matière de sécurité. Ce qui n'a, hélas, pas empêché d'autres décès accidentels dans les décennies ultérieures...

10 décembre 2025

Bientôt un biopic sur John Wayne ?

Après Charlie Chaplin ou Marylin Monroe, une autre figure mythique d’Hollywood pourrait avoir droit à son biopic. En effet, Deadline nous apprend aujourd'hui que le studio Teton Ridge Entertainment, spécialisé dans les contenus sur l’Ouest américain, vient de signer un contrat avec John Wayne Enterprises pour obtenir les droits exclusifs de la vie du plus célèbre des cow-boys de cinéma. Un accord qui concerne aussi bien le grand écran que la télévision et des programmes scriptés ou non.

Le deal étant tout frais, il est encore trop tôt pour savoir à quel genre d’oeuvres sur John Wayne les fans peuvent s’attendre mais une chose est sûre, le film ou la série qui en découlera sera bien renseigné. En effet, grâce à ce partenariat, Teton Ridge Entertainment aura accès à de très nombreuses archives personnelles de l’acteur de Rio Bravo et La Prisonnière du désert dont des lettres, journaux, photos et vidéos.

Ce futur biopic ou documentaire sera produit par Bill Gerber, déjà à l’oeuvre sur des succès tels que A Star is Born et Gran Torino, qui travaillera main dans la main avec Ethan Wayne, l’un des septs enfants de celui qui a marqué de son empreinte le monde du cinéma, et plus particulièrement le genre du western, dont il est l’icône incontestée, mais aussi celui des films de guerre.

"J'ai perdu mon père à 17 ans, un âge où un jeune homme a besoin d'une figure paternelle forte. Ce projet me permet d'approfondir ma connaissance des personnages qu'il incarnait à l'écran, ainsi que de l'homme qu'il était hors caméra : la masculinité incarnée, ancrée dans l'intégrité, le courage et une gentillesse authentique", a fait savoir Ethan Wayne, également acteur et qui a tourné deux fois avec son père quand il était enfant. Puis d’ajouter : "Il donne également à notre famille l'occasion de faire découvrir John Wayne à une nouvelle génération."

Car si l’acteur est toujours très populaire pour toute une génération, il y a effectivement fort à parier que les plus jeunes ne connaissent pas l’immense filmographie de celui qui est décédé en 1979 à l’âge de 72 ans après avoir fait rêver de grands espaces les spectateurs pendant six décennies.

29 août 2025

Les Sacrifiés : il y a 80 ans, John Wayne quittait le plateau du film

 John Wayne n'a pas toujours apprécié celui qu'il appelait affectueusement "Papy Ford", le réalisateur John Ford, qui lui a plus d'une fois proposé des sujets et des personnages forts, qui ont redoré sa carrière, mais qui n'était pas toujours facile à vivre.

L'anecdote se déroule en 1944. La Seconde guerre mondiale fait rage, et Ford s'est engagé dans l'unité filmique du Bureau des services stratégiques. Il tourne alors beaucoup de documentaires, jusqu'à ce qu'on lui propose de tourner l'histoire du lieutenant de marine John Bulkeley et de ses équipages qui en mars 1942, ont détruit des avions et navires japonais stationnées dans les Philippines.

Pour ce projet baptisé Les Sacrifiés, que John Ford veut meilleur qu'un simple film de propagande comme Hollywood en tourne à la chaîne, passe beaucoup de temps avec le vrai Bulkeley afin de coller à la réalité. A cause du règlement militaire qui veut que le personnel n'apparaisse pas à l'écran sous son vrai nom, Bulkeley devient le lieutenant John "Brickley".

L'acteur Robert Montgomery, qui avait participé à l'opération sous les ordres de Bulkeley, est choisi pour le rôle principal et pour interpréter son second colérique, Ford pense à Robert Taylor, mais devant son indisponibilité, choisit son ami John Wayne.

Et durant les premiers jours de tournage, dans une scène où Montgomery et Wayne, filmés de dos, doivent saluer leur supérieur, Ford fait tourner deux prises, puis une troisième. Interloqués, les deux acteurs s'interrogent : personne ne sait pourquoi une scène aussi simple est recommencée. Ford coupe la troisième prise et d'après Montgomery qui raconte la scène dans l'ouvrage A la recherche de John Ford, devant "mille personnes" le réalisateur s'égosille :

"Duke ! Tu ne peux pas réussir un salut qui donne au moins l'impression que tu as été dans l'armée ?"

Une remarque terriblement humiliante pour Wayne, qui avait essayé de se faire engager, mais s'était fait recaler à cause de son âge (34 ans lors de l'entrée en guerre) et le fait qu'il était le seul pourvoyeur pour son épouse Josephine Alicia Saenz et leurs 4 enfants. Cela et le fait que Republic Pictures, qui le détenait sous contrat, voulait continuer d'exploiter la poule aux œufs d'or.

Retour sur le tournage des Sacrifiés où Wayne claque la porte du plateau, et Robert Montgomery, ancien président de la Guilde des acteurs, réagit au quart de tour : "C'était scandaleux, bien sûr. Je suis allé jusqu'à Ford, j'ai mis mes deux mains sur les bras de son fauteuil et lui ai dit : 'Ne parlez plus jamais de cette façon à personne'".

La réaction de Ford ? "D'abord, il s'est mis en colère : 'Je ne vais pas faire des excuses à ce fils de p*te !'... Puis il a fait preuve d'une parfaite mauvaise foi : 'Qu'est-ce que j'ai dit ? Je ne voulais pas blesser ses sentiments'. Et finalement, il s'est mis à pleurer."

Les intéressés se réconcilieront, et le tournage se poursuivra jusqu'à son terme sans anicroche exceptée une chute de Ford dans les studios de la MGM lui causant une importante fracture à la jambe. Montgomery tournera quelques séquences et Ford lui fera un beau compliment : "Je ne peux pas dire où mon travail finit et où commence le vôtre."

02 août 2025

John Wayne a fait ses premiers pas à l'écran il y a presque 100 ans, avant de devenir l'une des plus grandes légendes du cinéma

Récompensé par un Oscar du Meilleur acteur en 1970 pour Cent dollars pour un shérif, celui que l'on surnomme "le Duke" compte indéniablement parmi les légendes qui ont forgé l'Histoire d'Hollywood.

Absolument indissociable du genre qui lui a apporté la gloire - le western - John Wayne doit ses longs métrages les plus célèbres à deux cinéastes incontournables : John Ford (avec des films comme La Chevauchée fantastique, La Prisonnière du désert ou L'Homme qui tua Liberty Valance) et Howard Hawks (avec La Rivière Rouge, Rio Bravo ou El Dorado).

Mais avant de devenir l'une des stars les plus renommées du cinéma, il y a pratiquement 100 ans, John Wayne a lui aussi été obligé de gravir patiemment les premiers échelons de la grande échelle qui allait le mener vers les sommets hollywoodiens.

Alors qu'il était âgé d'environ 21 ans, c'est en effet dans la comédie dramatique et sportive Tom, champion du stade (en version originale, Brown of Harvard), qu'il a foulé son tout premier plateau de tournage en incarnant un jeune joueur de football américain. Un sport qu'il pratiquait d'ailleurs en-dehors des studios, son imposante carrière lui ayant permis de décrocher une bourse sportive à l'université du Sud de la Californie.

Cette première apparition dans Tom, champion du stade marque le début d'une longue série de petits rôles non crédités pour John Wayne, qui oeuvrait également à Hollywood en tant qu'accessoiriste et cascadeur, et qui portait encore le nom de Duke Morrison. C'est le célèbre réalisateur Raoul Walsh qui, en 1930, offrit au jeune homme le rôle qui allait lancer véritablement sa carrière (et qui devait initialement être confié à Gary Cooper) dans La Piste des géants.

Afin de mieux coller avec l'atmosphère western du film, il laissa de côté son patronyme et hérita d'un nom qu'il conserverait tout au long de sa carrière : John Wayne.

24 avril 2025

Il y a 49 ans, John Wayne pensait que le western ne s’arrêterait jamais et voilà pourquoi

Le western était-il voué à mourir ? Pas du tout selon John Wayne. En 1976, l'acteur oscarisé pour Cent dollars pour un shérif était plutôt confiant quant à l'avenir du genre, qui selon lui ne mourrait jamais.

Invité de Jim Whaley sur le plateau de l'émission "Cinema Showcase", celui que l'on surnommait Duke déclarait à propos de l'arrêt possible du western :

"Est-ce que vous connaissez un pays dont le folklore a été détruit ? Moi pas. [Le western] est notre folklore, et on a davantage écrit de prose et de poésie à son propos que sur n'importe quel autre folklore. C'est le plus aimé à travers le monde, et le cheval est le meilleur vecteur d'action existant. C'est la seule réponse que je puisse vous donner."

Si on lui pose la question à l'époque, c'est que depuis deux décennies déjà, le western et son mythe ont fait l'objet d'une déconstruction. Les premiers jalons avaient été posés dès 1950 par La Porte du diable ou La Flèche brisée qui remettaient en question la représentation du peuple amérindien, et en ce milieu des années 70, Little Big Man avait poursuivi la question en 1970, et des films comme Buffalo Bill et les Indiens (1976) ou Le Train sifflera trois fois (1952) avaient remis en question le modèle de l'héroïsme, respectivement à travers la figure de William Cody ou de la ville entière frappée de lâcheté et abandonnant son shérif.

Ce sont des films dont John Wayne n'était pas un grand fan, de son propre aveu à Jim Whaley :

"Je vous assure que j'ai vu ces westerns où on essaye de psychanalyser les cowboys, mais une fois que vous faites un film avec notre cowboy légendaire, le public américain et international veut le voir."

Nous étions en 1976, année où John Wayne sortait ce qui sera son dernier film et son dernier western, Le Dernier des géants.

23 janvier 2025

Les Cordes de la potence : c'est le western que John Wayne aimait le moins de toute sa carrière

Avec près d'une centaine de westerns à son actif, John Wayne est une référence du genre. Ayant traversé aussi bien son âge d'or que son déclin, l'acteur y a construit sa légende pendant plus de 40 ans. Mais l'un d'eux ne trouvait pas grâce à ses yeux : Les Cordes de la potence, réalisé par Andrew V. McLaglen.

On y suit le jeune Daniel Cahill, arrêté pour ivresse et avoir causé pour 37 dollars de dégâts au saloon. Il se retrouve en cellule avec trois bandits qui le convainquent de s'évader et de cambrioler la banque, pour ensuite revenir en prison comme si de rien n'était. Le père de Daniel, le Marshall J.D. Cahill, revient en ville avec les hors-la-loi qu'il était parti arrêter. Lorsqu'il apprend que la banque a été cambriolée, il commence à mener l'enquête, et fait de Daniel son adjoint.

A l'époque du tournage, John Wayne n'est pas en bonne forme, plus vraiment le roi du box-office, mais possède une base de fans solide. Les Cordes de la potence est un "John Wayne Movie" dans la plus pure tradition du genre, dans lequel il semble invincible (il est montré n'ayant jamais besoin d'être soigné malgré ses blessures), au caractère bien trempé, et ne s'en laissant compter par personne malgré son âge (Wayne avait 66 ans).

On peut pourtant déceler que l'acteur ne monte plus à cheval sur les plans larges (on reconnaît aisément une doublure) et qu'il doit se contenter d'apparaître sur les plans rapprochés en étant déjà à cheval au début de la scène. Sans doute à cause de difficultés pour y monter.

Produit par l'acteur, à sa sortie, Les Cordes de la potence est vilipendé par une partie de la critique américaine, notamment le New York Times, qui écrit : "Reconnaissant peut-être les nouvelles limites de leur star, ils passent beaucoup de temps à essayer de transformer un western conventionnel en un film d'enfants en danger", ajoutant : "[les enfants] sont terrorisés par les voleurs qu'ils ont autrefois aidés, dans des situations librement empruntées à Tom Sawyer, mais sans esprit ni sentiment véritable."

Lors d'une interview donnée à Tony Macklin retrouvée par SlashFilm, John Wayne déclarera lui-même en 1975, deux ans après la sortie du film : "C'était juste un film pas vraiment bien fait. Il avait besoin d'une meilleure écriture et de plus de soin dans sa fabrication."

Il n'est pas faux que l'on voit moins John Wayne dans ce film, car on sent que le temps passe et que la star n'est plus vraiment ce qu'elle a été. Cela s'en ressent aussi sur le fait que Wayne est assez isolé à l'image.

Les Cordes de la potence, comme avant lui Big Jake (1971) et Les Cow-boys (1972), interroge la paternité, l'absence du père tout à son travail, renvoyant vers des questionnements possibles de l'acteur quant au partage entre sa vie personnelle et professionnelle durant les décennies passées. 

11 janvier 2025

Brannigan avec John Wayne voulait rivaliser avec L’Inspecteur Harry, avec Clint Eastwood

1975. L'Inspecteur Harry et sa suite Magnum Force avec Clint Eastwood ont cartonné au box-office américain et Un justicier dans la ville avec Charles Bronson vient de confirmer la tendance. C'est dans ce contexte que le réalisateur Douglas Hickox (auteur du slasher Théâtre de sang) s'engouffre dans la brèche et engage une autre star du western, John Wayne, afin de jouer les flingueurs sans scrupules.

Wayne avait refusé le rôle de Dirty Harry en 1971 et s'en était toujours voulu. Le film de Hickox lui donne l'opportunité, avec un peu de retard, de rattraper le coup. Le film s'intitule Brannigan, et raconte l'histoire de Jim Brannigan (Wayne), policier de Chigago chargé d'escorter aux Etats-Unis un criminel américain détenu à Londres. Mais juste avant son arrivée, le détenu est enlevé et ses ravisseurs en demande une énorme rançon. La police locale essaye de réunir l'argent mais Brannigan, lui, part sur le terrain mener son enquête.

Le pitch rappelle un peu Un shérif à New York avec Clint Eastwood, qui jouait déjà sur le flic se trouvant plongé dans un environnement inconnu (ici l'Américain à Londres), et sur L'Inspecteur Harry, avec un flic aux méthodes musclées confronté à d'autres méthodes moins brutales. Les 67 ans de John Wayne au moment du tournage ajoutent une "excuse de l'âge" auxdites méthodes, Brannigan jouant aussi sur le côté "moi, de mon temps" que ne pouvait pas se permettre Eastwood dans les Dirty Harry.

Le souci de Brannigan est plutôt son échec à fournir un divertissement solide. Malgré son charisme toujours présent, Wayne est à la peine à marcher dans les pas de Eastwood et Bronson, et fournit une performance sans éclat.

Le manque d'enjeu du scénario est lui aussi préjudiciable, puisque l'enlèvement d'un criminel avéré donne peu d'envie de savoir s'il va vraiment s'en sortir, et la quête de Brannigan devient alors un peu vaine. Reste le plaisir de voir John Wayne déambuler dans les lieux célèbres de Londres, chose assez rare, mais il en faudra plus aux amateurs de L'Inspecteur Harry et du Justicier dans la ville.

Malgré des résultats corrects au box-office à l'époque de sa sortie, Brannigan reste aujourd'hui réservé aux afficionados du "Duke", mais témoigne de façon intéressante de la façon dont les modes sont parfois un peu trop vite suivies à Hollywood, et oublient qu'il faut parfois un supplément d'âme pour faire un très bon film.

19 mars 2024

John Wayne est le recordman absolu des premiers rôles au cinéma

Avec 135 longs métrages en tête d'affiche tournés entre 1930 et 1976, et selon Collider, l'acteur avec le plus de rôles en tête d'affiche est John Wayne ! Le chiffre de 135 peut sembler peu, car il existe des acteurs à la filmographie bien plus riche, tels Danny Trejo, Michael Madsen, Eric Roberts ou beaucoup d'acteurs de Bollywood. Mais si ceux-là tournent parfois 12 films la même année, il s'agit la plupart du temps de rôles secondaires.

De la même manière, Bruce Willis a techniquement plus de 140 films à son actif mais, dans les dernières années de sa carrière, il n'apparaît dans la plupart d'entre eux que quelques minutes à l'écran.

Dès 1930, John Wayne accède au premier rôle du western de Raoul Walsh La Piste des géants. Il tourne quelques petits films avant de travailler pour les studios de séries B "Leon Schlesinger Studios", "Lone Star Productions" et "Republic Pictures" pour lesquels il tourne entre 7 et 11 westerns par an, tous en tête d'affiche.

Cela dure jusqu'en 1939, soit toute une décennie, avant que le réalisateur John Ford ne choisisse Wayne pour tourner dans La Chevauchée fantastique, qui remporte un franc succès. Le western marque la première collaboration entre les deux hommes, qui signeront ensemble douze autres films, sans compter La Conquête de l'Ouest, film "à segments".

La Chevauchée fantastique permet à John Wayne de quitter les séries B et d'atteindre les films "A" à moyen budget (comme Les Ecumeurs), puis les films A de prestige à gros budget comme Rio Bravo tout en demeurant la tête d'affiche.

Il se murmure que John Wayne est apparu dans huit films de John Ford tournés de 1927 à 1930, toujours en figurant d'arrière-plan et près de dix ans avant La Chevauchée fantastique, mais ces rôles sont difficiles à trouver.

Si John Wayne est autant resté en haut de l'affiche, c'est notamment grâce au personnage qu'il affichait à l'écran dans ses westerns - au point de parfois porter le même costume de film en film - et à son attitude de "dur" qui ne s'en laisse pas compter par les méchants et ne laisse pas une injustice impunie. L'Amérique fantasmée en chair et en os.

17 février 2022

Star Wars : la voix de John Wayne est dans le film

Visage carré, mâchoire serrée, posture virile, il a incarné le héros sans peur et sans reproches de l'âge d'or Hollywood. John Wayne, surnommé The Duke, fut l'acteur icône et fétiche des cinéastes Howard Hawks et John Ford, presque toujours l'archétype du cow-boy téméraire investit par la volonté de faire triompher la loi.

Du coup, on est un peu à des années lumières - c'est le cas de le dire- d'associer un tel acteur à une saga comme Star Wars. Et pourtant. Car figurez-vous que l'acteur fait un caméo dans le premier volet de la trilogie originale de George Lucas. Oui oui, vous avez bien lu ! Certes, il s'agit d'un caméo vocal, mais tout de même !

L'anecdote fut d'ailleurs révélée par le légendaire Designer sonore de la saga, Ben Burtt, lors d'une convention Star Wars il y a quelques années de cela. Le plus amusant, si l'on ose dire, c'est que le Duke n'a même pas signé pour le rôle en question.

Burtt glisse une anecdote à propos de la création du personnage baptisé Garindan. Si vous vous souvenez bien d'Un nouvel espoir, c'est lui qui prend en filature Luke et Obi-Wan dans les rues de Mos Eisley, avant de prévenir les troupes de l'Empire. Son faciès est étonnant d'ailleurs, rappellant les fameux masques de thériaque portés par les médecins de la peste au XVIIe siècle.

"J'ai toujours voulu faire un homme insecte – nous n'avions pas vraiment d'homme insecte jusqu'à Poggle le bref [des épisodes II et III]. Nous avions ce personnage qui ressemblait un peu à un moustique du premier Star Wars [Garindan donc] pour lequel nous avions besoin d'un son. Et je me demandais [...] comment j'avais fait – parce que je garde des notes et des cassettes – et j'ai découvert que c'était un bourdonnement électronique qui était sorti de mon synthétiseur et qui avait été déclenché par une voix humaine" raconte Burtt.

Et il ajoute : "Je l'ai écouté et j'ai réalisé que c'était John Wayne - j'avais trouvé quelques lignes en boucle dans les poubelles du studio qui avaient été jetées. Donc, le bourdonnement a été déclenché par un dialogue comme "D'accord, qu'est-ce que tu fais dans cette ville" ou quelque chose comme ça."

Si la contribution de John Wayne à Star Wars est donc bien involontaire, la séquence et l'anecdote restent bien savoureuses. Sans oublier le fait que George Lucas est un grand fan du Duke. On imagine donc que cette contribution même involontaire n'a pas été forcément pour lui déplaire.