Affichage des articles dont le libellé est Taxi. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Taxi. Afficher tous les articles

23 janvier 2026

Marion Cotillard, son expérience amère dans Taxi

Marion Cotillard, icône du cinéma français, s’est imposée comme une actrice incontournable grâce à une carrière aussi brillante que variée. Révélée dès ses débuts dans les années 2000, elle a enchaîné les rôles marquants, du drame au film d’auteur, jusqu’à la reconnaissance internationale.

Après avoir décroché l’Oscar de la meilleure actrice pour La Môme (2007), elle a continué de briller dans des films comme Inception, Deux Jours, Une Nuit ou encore Rust and Bone. Avant de devenir une star planétaire, Marion Cotillard avait aussi connu des moments compliqués sur la saga Taxi.

Le mercredi 11 avril 2018, les salles avaient accueilli le dernier volet de la saga Taxi. Ce cinquième opus était revenu sur le devant de la scène après plus de dix ans d’absence. Il avait été porté par un nouveau réalisateur à la barre. Pour relancer la franchise, le producteur Luc Besson avait confié les clés du bolide à Franck Gastambide. Celui-ci avait déjà signé des succès au box-office, comme Les Kaïra (2012) et Pattaya (2016).

L’acteur avait d’ailleurs assuré, lors d’une interview accordée à Première en 2016 : "Je suis un fan de la franchise. Je veux respecter les codes de Taxi et faire de ce cinquième volet un film dans l'air du temps". Ce respect s’était notamment traduit par la présence de Bernard Farcy, le commissaire Gilbert. En revanche, le duo emblématique formé par Samy Naceri et Frédéric Diefenthal avait été écarté.

La saga avait beaucoup évolué depuis le premier Taxi sorti en 1998. Outre une nouvelle intrigue, le budget avait été largement revu à la hausse. Le casting avait aussi été remodelé, avec des apparitions surprenantes comme Soprano ou Bengous. Pourtant, la franchise avait également servi de tremplin à des acteurs alors inconnus. C’est le cas de Marion Cotillard. Elle avait débuté dans les deux premiers volets en incarnant Lily, la compagne de Daniel (Samy Naceri). Selon une enquête de L’Express publiée en 2018, le tournage n’avait pas été simple pour la comédienne.

"Pour Marion Cotillard, le tournage est moins trépidant", expliquait le magazine, précisant que sa première rencontre avec Luc Besson "avait tourné à l’embrouille" et qu’elle était repartie persuadée de ne pas être retenue. Finalement choisie, elle avait été mise à l’écart pendant le tournage : "À l’exception d’une journée à Marseille pour l’épilogue, l’actrice a passé son temps entre Le Havre et Paris pour des scènes intermédiaires." Ce rôle, qu’elle qualifiait elle-même de "en retrait", lui avait même empêché de bénéficier du succès du film : "Elle ne bénéficiera jamais des retombées du triomphe de Taxi. Les attachés de presse ont le plus grand mal à lui décrocher des interviews, et c’est à peine si on la reconnaît dans la rue."

01 septembre 2020

Taxi 2 sur Netflix : un accident fatal et une bataille juridique de 10 ans

Le drame survient en août 1999, Porte Dauphine à Paris, lors du tournage de la scène durant laquelle la 406 blanche de Samy Naceri effectue un vol plané au-dessus de deux chars. Le cascadeur Gilbert Bataille est chargé de la manoeuvre et les cadreurs doivent capter le décollage du véhicule grâce à un tremplin (la voiture sera conçue numériquement).

Après un premier essai jugé trop lent par le metteur en scène Gérard Krawczyk, le cascadeur fait une deuxième tentative en allant plus vite et avec un tremplin plus long. Mais la voiture retombe beaucoup trop loin, dérape et percute deux personnes : le caméraman Alain Dutartre, qui meurt peu de temps après, et un accessoiriste qui est gravement blessé.

Rémy Julienne, l’un des cascadeurs les plus aguerris de France (il a doublé Roger Moore, Jackie Chan, Belmondo…), officie sur Taxi 2 en tant que responsable des cascades. Hanté par cet accident (le seul dans sa carrière comptant pas loin de 1 400 productions !), il décide d'en endosser l'entière responsabilité, pensant qu’EuropaCorp ira dans son sens…

Quand Rémy Julienne comprend qu’il est seul, il déchante. Le malheureux fait même un infarctus après une confrontation avec Luc Besson devant le juge. En 2005, il est condamné pour homicide involontaire et écope de 18 mois de prison avec sursis ainsi que 13 000 euros d’amende. La responsabilité du producteur n'est pas mise en cause. Le superviseur des cascades avait expliqué :

"Au début, j'avais le cul entre deux chaises. (...) Puis un jour, j’ai eu accès aux éléments du dossier et j’ai vu ce que Besson, le réalisateur et les autres avaient déclaré. J’ai été littéralement écœuré. Je suis tombé de mon arbre, ils me chargeaient tous ! Là, j’ai changé de tactique et j’ai dit la vérité : je n’ai jamais trouvé dans une production quelque chose d’aussi horrible, jamais." *

Mais Rémy Julienne ne s'avoue pas vaincu. Il retrouve un devis qu'il avait soumis aux producteurs pendant le tournage, dans lequel il leur proposait, pour un coût de 18 000 euros, de faire des essais dans un terrain vague avant la cascade (ce qui aurait, sans doute, empêché l’accident). La société de Luc Besson avait décliné la proposition, sans dire pourquoi...

La Cour de cassation retient, en 2010, qu'EuropaCorp a refusé d’effectuer ces tests pour économiser au maximum. L'enquête met également en lumière la pression permanente que l’entreprise mettait sur ses salariés pour que le tournage soit le plus rapide possible, au détriment de la sécurité (chose que Luc Besson a toujours fermement démenti en dépit des témoignages).

Rémy Julienne avait même expliqué que la mort du caméraman n'avait pas poussé la production à diminuer les prises de risques : "Après cinquante ans de carrière je ne sais jamais d'avance ce qu'il faut faire mais je sais ce qu'il ne faut pas faire. Et il y a eu d'autres anomalies de ce type. Le pire c'est qu'à la fin la production a refusé de payer ces frais supplémentaires." *

EuropaCorp est finalement reconnue coupable d'homicide involontaire. La société doit ainsi payer 100 000 euros d'amende et 30 000 euros de dommages et intérêts à la famille d'Alain Dutartre. Même si la Cour de cassation l'a dispensé de toute peine, ces dix ans de procès ont considérablement marqué Rémy Julienne (il a fait trois infarctus, deux cancers et a disparu des plateaux).