Il est fidèle à lui-même, à la fois drôle, grave et désarmant de sincérité. À quelques heures de la 11e édition de La nuit de la déprime, diffusée ce mardi 20 janvier à 21 heures sur France 4, Raphaël Mezrahi était l’invité du Buzz TV. Un passage télé qui n’avait rien d’anodin, tant l’événement qu’il porte depuis plus de dix ans est intimement lié à sa vision de la vie, profondément mélancolique.
Et dès les premières minutes de l’entretien, le ton est donné. Présenté avec humour par Damien Canivez comme celui qui est là pour “plomber le moral un bon coup”, l’humoriste assume pleinement ce rendez-vous unique en son genre, mêlant chansons tristes, autodérision et solidarité. Mais derrière le concept, se cache un homme marqué par une peine récente, qu’il accepte d’évoquer à visage découvert.
Depuis onze ans, La nuit de la déprime affiche complet dès l’ouverture de la billetterie. Un succès que Raphaël Mezrahi explique simplement. “On distribue les mouchoirs à l’entrée, c’est un pied de nez à la morosité ambiante”, glisse-t-il en évoquant ce spectacle organisé aux Folies Bergère. Cette année encore, la programmation est prestigieuse, avec Catherine Ringer comme marraine et des artistes comme Enrico Macias (qui ne se cache pas d'avoir trompé sa femme), Véronique Sanson (d'ailleurs, voici des nouvelles de son état de santé), Nolwenn Leroy, Nicoletta ou Adamo.
Mais l’événement ne se limite pas à l’émotion musicale. Depuis la première édition, l’intégralité des recettes est reversée à des associations, notamment en faveur de la cause animale. “La recette, je crois que c’est 27 000 euros tous les ans. Donc j’ai reversé plus de 250 000 euros depuis le début”, précise Raphaël Mezrahi, fier de cet engagement qui donne un vrai sens profond à son projet.
Particulièrement sensible à la cause animale, Raphaël Mezrahi partage son quotidien avec 17 chats. Et c’est justement la perte de l’un d’eux qui l’a plongé dans un chagrin abyssal. Sur le plateau du Buzz TV, il raconte sans détour. “Il y a un chasseur qui a écrasé un de mes chats, mon chat préféré, il y a une semaine et je suis en deuil”, confie-t-il, la voix chargée d’émotion. “J’ai tout arrêté pendant 8 jours, j’ai annulé tous mes rendez-vous. Il peut se passer n’importe quoi, je n’en ai rien à foutre, donc j’annule tout et je suis en deuil”, explique-t-il. Et d’ajouter, avec une lucidité brute : “Je serai en deuil à vie attention, je ne fais pas mon deuil trois quarts d’heure.”
Un rapport à la tristesse qu’il revendique depuis toujours. “Je n’ai jamais été heureux de ma vie. Jamais !”, lâche-t-il sans détour, alors qu'il dit refuser toute aide psychologique. “Je resterai malheureux toute ma vie. C’est pour ça que j’essaie de me marrer et de faire des trucs marrants, parce que dans le fond je suis très triste.” Une confession bouleversante, à l’image de cet artiste à part, qui transforme sa peine en rendez-vous collectif pour mieux la partager.