Chloé Zhao, réalisatrice oscarisée de Nomadland, a révélé qu’elle suivait une formation pour devenir accompagnante de fin de vie, aussi appelée thanadoula ou death doula en anglais.
La cinéaste de 43 ans a terminé le premier niveau de cette formation au Royaume-Uni. Une démarche qu’elle entreprend pour, dit-elle, affronter une peur qui la paralyse depuis toujours. « Parce que j’ai eu peur de la mort toute ma vie et c’est toujours le cas », a-t-elle expliqué au New York Times.
Selon le site de l’International End of Life Doula Association, une thanadoula « offre un soutien personnalisé et compatissant aux individus, aux familles et à leurs proches alors qu’ils font face et traversent le processus menant à la mort ». Pour Chloé Zhao, cette formation représente bien plus qu’un simple apprentissage théorique : c’est une nécessité existentielle.
« Parce que j’ai eu si peur, je n’ai pas pu vivre pleinement. Je n’ai pas pu aimer de tout mon cœur car j’ai tellement peur de perdre l’amour, ce qui est une forme de mort », a confié Chloé Zhao.
La réalisatrice était d’ailleurs présente au moment du décès de sa mère, et cette expérience a renforcé sa volonté de comprendre ce passage. Enfin, cette démarche s’inscrit dans une période charnière de la vie de la cinéaste. Une phase qu’elle qualifie volontiers de « crise de la quarantaine », mais qu’elle perçoit comme « la meilleure chose qui puisse vous arriver, car vous êtes en chemin vers une renaissance ».
Lors de sa formation, elle a notamment étudié la façon dont on aborde la mort et le deuil au sein des différentes cultures, jusqu’à comprendre que, si « le chagrin de perdre un être cher ne change pas », « la compréhension sociétale de ce qu’est la mort et l’espace qu’elle donne au deuil ont énormément évolué ». Autant de réflexions qui résonnent particulièrement avec Hamnet, son dernier film, qui explore le deuil de Shakespeare après la mort de son fils, et qui vient de récolter neuf nominations aux Oscars.





