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29 décembre 2022

Mort du réalisateur Ruggero Deodato

Ruggero Deodato commence comme figurant, mais après avoir été recalé de l'audition d'un film de Federico Fellini, renonce à sa carrière d'acteur pour s'intéresser à la réalisation. Il débute comme assistant de Roberto Rossellini (avec Le Général de la Rovere) ou Carlo Ludovico Bragaglia (Maciste dans la vallée des lions).

De 1959 à 1968, il travaille sur près de 30 films dont plusieurs de Sergio Corbucci (notamment le célèbre Django), mais aussi Le Chevalier de Maupin de Mauro Bolognini et Danse macabre d'Antonio Margheriti.

Comme il est de coutume à l'époque afin de faire passer certains films italiens pour des productions hollywoodiennes, il adopte le pseudonyme de Roger Rockfeller pour ses deux premiers longs métrages de réalisateur en 1968 : Fenomenal e il tesoro di Tutankamen et Gungala la pantera nuda. Il touche ensuite à tous les genres, du drame (Le Dernier souffle) au film catastrophe (SOS Concorde).

Mais c'est véritablement avec le cinéma d'horreur que Deodato va se forger un public fidèle. Après un premier essai, Le Dernier monde cannibale (1977), il sort le film qui choque une génération : Cannibal Holocaust (1980). Avec des images extrêmement violentes (et le réel massacre d'animaux à l'écran), le réalisateur fait croire que les meurtres du film sont bien réels. Le film fait scandale, et le monde retient le nom de Ruggero Deodato.

Fort de ce choc, Deodato poursuit avec le thème horrifique avec Amazonia : la jungle blanche (1985), Body Count, Les Tueurs de la pleine lune et Angoisse sur la ligne.

En parallèle, il continue de tourner des sujets de séries B très divers comme Atlantis Interceptors, le nanardesque The Barbarians ou encore Les petites canailles. Les films sont très inégaux, mais ses aficionados lui restent fidèles.

La fin des années 80 et du cinéma d'exploitation italien marque le début des difficultés pour Deodato. Il concentre alors son activité à la télévision, où son talent pour les images chocs n'a plus lieu de citer. Il tentera de revenir à l'horreur avec Ballad in Blood en 2016, l'histoire d'un trio d'amis se réveillant au lendemain d'Halloween pour constater que l'un de leurs collocataires est mort.

Il s'agira de son dernier long métrage de cinéma en solo. Alors qu'il venait d'annoncer travailler sur des jeux vidéo inspirés de Cannibal Holocaust, le journal italien Il Post annonce ce 29 décembre son décès à 83 ans.

16 avril 2020

Le réalisateur de Cannibal Holocaust annonce le jeu vidéo Cannibal

A 80 ans, bon pied bon oeil, Ruggero Deodato se lance dans les jeux vidéo, en revenant au genre qui l'a fait connaître : les films d'horreur cannibales. Le nom du futur jeu ? Cannibal, tout simplement.

Le sulfureux cinéaste italien a longtemps cherché à réaliser un 4e volet à sa saga cannibale, après Le Dernier Monde cannibale (1977), Cannibal Holocaust (1980) et Amazonia, la jungle blanche (1985). Ce sera donc finalement un jeu vidéo, sous les auspices d'un studio de développement italien du nom de Fantastico Studio. "Rencontrer les gens de Fantastico Studio m'a donné l'opportunité de revenir à ces atmosphères et ces thèmes, mais en tentant quelque chose de nouveau. Contaminer le langage des jeux vidéo avec mon monde est un nouveau défi, rendre l'histoire interactive offre de nouvelles possibilités et j'espère que cela aidera aussi les jeunes à se rapprocher de mon univers narratif" explique le cinéaste octogénaire.

Annoncé pour le mois de novembre 2020 sur PC, PS4, X Box One, Switch et même smartphone, Cannibal sera un jeu d'aventure / horreur graphique, dans lequel le joueur suivra les mésaventures d'un groupe d'individus en les contrôlant à tour de rôle, alors que ces derniers se sont lancés dans une expédition au coeur de la jungle de Bornéo pour y découvrir évidemment les us et coutumes des tribus cannibales locales... L'histoire est écrite par le réalisateur, et sera illustrée par l'artiste Solo Macello.

Un teaser vient accompagner l'annonce, même s'il ne dévoile strictement rien du jeu à venir, à part le visuel signé par l'artiste.