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14 mai 2026

Dune : le film avec Kyle MacLachlan ressort au cinéma

 Le 15 janvier 2025, le monde du cinéma pleure la disparition de David Lynch aux quatre coins du monde, et chacun en profite pour citer ses chouchous dans la filmographie du réalisateur au style unique. Sans surprise, Muholland Drive revient souvent, au même titre que Twin Peaks (la série et son prequel sous forme de film), Lost Highway, Elephant Man ou Sailor et Lula, mais il y a très peu de mentions d'Inland Empire, son ultime long métrage, et encore moins de son adaptation de Dune, sortie dans nos salles en février 1985. Peut-être parce que lui-même ne l'aurait pas citée, vu qui l'a reniée.

Dès sa parution en 1965, le roman de Frank Herbert s'est attiré les convoitises d'Hollywood, et Alejandro Jodorowsky est le premier à vraiment s'être cassé les dents sur son adaptation, qui a néanmoins donné naissance à un riche documentaire, à l'issue duquel on regrette de ne pas avoir vu le résultat, tout en se demandant à quoi il aurait vraiment ressemblé. Il faudra attendre la première moitié des années 80 pour qu'un projet aboutisse : bien décidé à surfer sur le succès de Star Wars, le producteur Dino de Laurentiis parvient à convaincre David Lynch, qui sort du succès d'Elephant Man et vient de refuser... Le Retour du Jedi.

Séduit par l'univers de Frank Herbert et doté d'un budget de 40 millions de dollars, le cinéaste confie le rôle principal à l'inconnu Kyle MacLachlan et s'offre les services de Sting, dans un rôle secondaire, ou du groupe Toto pour la bande-originale. Mais le rêve tourne vite au cauchemar dans les studios de Churubusco (Mexique), entre techniciens non qualifiés, maladies, pannes et autres démissions pour cause d'impayés.

David Lynch vient quand même à bout du projet avec un premier montage de 3h30 auquel soixante-treize minutes seront retirées pour permettre à un film de 2h17 d'arriver dans les salles mondiales. Vouloir condenser un tel monument en un seul opus étant déjà bien compliqué, le résultat est, hélas (et sans surprise), déséquilibré et beaucoup trop rapide dans sa seconde moitié, centrée sur l'ascension de Paul Atréides. A tel point que le cinéaste ne met pas longtemps à renier ce qu'il a considéré comme "son plus grand échec", précisant qu'il n'avait pas eu de contrôle artistique total, encore moins de final cut.

Grandement critiqué par le presse et le public à sa sortie, ce Dune est pourtant loin d'être honteux, et possède même un charme certain, une étrangeté et même une folie qui préfigure la suite de sa carrière et qui, pour beaucoup, manquent aux films de Denis Villeneuve, parvenu avec succès à offrir une seconde chance à l'oeuvre de Frank Herbert avec une adaptation en deux parties, que suivra en décembre prochain un troisième volet inspiré du roman "Le Messie de Dune".

On ne peut évidemment que rêver à ce qu'aurait donné le film s'il n'avait pas été raboté à ce point, tant ce qu'il reste ne manque ni de qualité ni de style, malgré un déséquilibre évident, y compris pour qui n'a pas lu le matériau de base. Et c'est pourquoi il mérite bien mieux que ce que sa production chaotique laisse craindre, d'où la bonne nouvelle que représente cette possibilité de le (re)voir au cinéma, en version restaurée 4k, depuis le 13 mai.

C'est en effet l'occasion de le (re)voir et de lui (re)donner sa chance dans les meilleures conditions. Et, pour beaucoup, d'enfin combler un manque, ce Dune n'ayant pas été projeté par les cinémas ayant programmé la quasi-totalité des longs métrages de David Lynch après la mort de ce dernier. Il suffisait juste d'être un peu patients.

17 janvier 2025

David Lynch célébré par Kyle MacLachlan : "Il a changé ma vie"

Il y a quarante-deux ans, David Lynch, réalisateur de génie, choisissait Kyle MacLachlan pour jouer dans Dune, son unique film à gros budget. Un choix qui a changé la vie de l’acteur, comme il l’a confié dans un émouvant message publié jeudi sur Instagram, pour saluer la mémoire du réalisateur disparu.

"Pour des raisons qui dépassent mon entendement, David Lynch m’a sorti de l’obscurité pour jouer dans son premier et dernier film à gros budget", écrit MacLachlan dans son hommage. "Il a clairement vu quelque chose en moi que même moi je ne reconnaissais pas. Je dois toute ma carrière, et ma vie en fait, à sa vision."

L’acteur se souvient avec admiration de l’homme derrière la caméra : "Ce que j’ai vu en lui, c’est un homme énigmatique et intuitif, avec un océan créatif qui jaillissait en lui. Il était en contact avec quelque chose que nous autres aimerions pouvoir atteindre."

Leur collaboration ne s’est pas arrêtée là. Après Dune, leur "amitié a prospéré" sur les tournages de Blue Velvet et de Twin Peaks. "J’ai toujours trouvé qu’il était la personne la plus authentiquement vivante que j’aie jamais rencontrée", poursuit l'acteur de 65 ans. "David était en phase avec l’univers et avec sa propre imagination à un niveau proche de la meilleure version de l’humain !"

MacLachlan souligne que Lynch avait une approche unique de la vie et de l’art parce qu'il "ne s’intéressait pas aux réponses, car il comprenait que les questions sont le moteur qui fait de nous ce que nous sommes. Elles sont notre souffle."

En conclusion de son message, Kyle MacLachlan confie son chagrin face à la perte de cet ami si précieux : "Alors que le monde a perdu un artiste remarquable, j’ai perdu un ami cher, qui a imaginé un avenir pour moi et m’a permis de voyager dans des mondes que je n’aurais jamais pu concevoir par moi-même. Il me manquera plus que les limites de ma langue ne peuvent le dire, plus que ce que mon cœur ne peut le supporter. Mon monde s'est rempli parce que je l’ai connu et il est plus vide maintenant qu’il est parti. David, je reste à jamais changé et je serai toujours ton Kale. Merci pour tout."

21 août 2020

Dune : Kyle MacLachlan donne un avis partagé sur la version de Denis Villeneuve

Interrogé en avril dernier sur la nouvelle adaptation de Dune que prépare Denis Villeneuve, David Lynch avait déclaré sans détour "qu'il s'en fiche complètement"; le souvenir acrimonieux de sa propre tentative d'adaptation de 1984 lui ayant laissé une douloureuse expérience en mémoire...

C'est au tour de son ex interprète principal, Kyle MacLachlan, de donner son avis sur le sujet. Dans un entretien accordé au site IndieWire, le comédien est interrogé sur son sentiment à propos de la nouvelle version. "Mon sentiment a évolué avec le temps, je trouve que c'est un joyau imparfait" lâche-t-il d'abord à propos de la version de 1984. "Le film est incroyable sur de nombreux aspects. Pour ce qui est de l'histoire, et sa tentative de la recréer, c'est pratiquement impossible. C'est incroyablement dense, un peu comme un château de cartes. Si vous mettez de côté ou sortez un élément de l'histoire, c'est toute la structure qui chancelle" déclare-t-il.

Si MacLachlan se dit "curieux" de voir ce que va donner le Dune de Villeneuve, ses propos donnent aussi le sentiment que le film à venir part déjà avec un handicap en tant que film justement. "Je militerai pour trois films ou plus, parce que l'oeuvre a ce potentiel pour vraiment s'ouvrir. Dans mon imagination, j'ai toujours pensé que ce serait bien d'avoir une approche à la manière de Game of Thrones, où vous avez des saisons, ou au moins une série en 10 ou 12 épisodes. Là vous avez vraiment la possibilité d'avoir un début et une fin".

Pour la forme et la piqûre de rappel, on rappellera justement que Dune a déjà fait l'objet d'une adaptation en série au début des années 2000, diffusée sur la chaîne SyFy. Et que Denis Villeneuve a prévu dans ses cartons deux films supplémentaires; le premier se concentrant sur la première moitié de l'oeuvre culte de Frank Herbert. Il va donc falloir que le film performe au Box Office mondial si les spectateurs veulent avoir les suites. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le millésime 2020 n'est pas le plus serein pour le monde du cinéma...

Dune est toujours attendu chez nous pour le 23 décembre.