Décidément, la bêtise humaine n'a vraiment aucune limite sur les réseaux sociaux. De fait, Jean-Baptiste Marteau n’a pas pu s’empêcher de taper du poing sur la table. En effet, le journaliste star de France Télévisions, visage particulièrement bien connu des téléspectateurs du service public, en a eu subitement ras-le-bol de jouer les cibles faciles face à la haine en ligne quotidienne.
Victime d'une vague de messages homophobes d'une violence inouïe et particulièrement inquiétante, le présentateur a décidé de sortir de sa réserve pour dénoncer haut et fort ce calvaire. Loin de vouloir s'apitoyer sur son propre sort ou chercher la moindre compassion, il a choisi d'élever la voix pour toutes les victimes anonymes qui souffrent en silence dans l'ombre.
Les faits remontent à l'été 2024, en pleine effervescence des Jeux Olympiques de Paris. Alors qu'il assurait avec passion les commentaires des épreuves d'équitation sur France 2, le journaliste a vu les attaques haineuses redoubler d'intensité.
Cible de messages hostiles depuis son coming-out public survenu plusieurs années auparavant, il constatait une dégradation inédite et inquiétante de la situation : "Depuis quelques mois, dans le contexte politique et sociétal dans lequel on se trouve, les messages étaient de plus en plus prenants, menaçants, nombreux. Et depuis le début des Jeux olympiques, je trouve qu'on a encore passé un cap."
Dans une interview vidéo accordée au média Brut le 3 août 2024, le présentateur martelait avec fermeté : "J’ai voulu dire : 'Stop, ce n'est plus possible’." L'agressivité a d'ailleurs dépassé le cadre virtuel des réseaux sociaux. Le journaliste révélait avoir reçu des lettres de menaces visant directement sa fille, envoyées par courrier sur son lieu de travail à France Télévisions. Face à ces franchissements répétés de la ligne rouge, il a déposé plusieurs plaintes, permettant à la justice d'identifier et de juger certains auteurs.
Si Jean-Baptiste Marteau affirmait aller "très bien" sur le plan personnel, il tenait à rappeler que tout le monde n'avait pas la même capacité de résistance face à une telle violence. Également ambassadeur de la fondation Le Refuge, qui accompagne au quotidien les jeunes membres de la communauté LGBT rejetés par leur famille, le journaliste sait pertinemment que ces attaques ont des conséquences dévastatrices.
Pour illustrer la gravité de la situation, il évoquait le message bouleversant d'un père de famille reçu après l'un de ses tweets sur l'homophobie décomplexée : "Sa fille a mis fin à ses jours à cause du harcèlement scolaire."
Pour le présentateur, s'exprimer publiquement était devenu un devoir d'alerte indispensable : "C’est peut-être plus efficace pour essayer de faire bouger les lignes et que demain on n'ait pas encore plus de messages de ce type." En dénonçant publiquement cette violence ordinaire, il rappelait avec gravité que les mots ne sont jamais anondins et que les insultes homophobes "peuvent tuer".







