24 mai 2026

L'Etrangleur de la place Rillington : classé X il y a 55 ans, ce chef-d'oeuvre est pourtant le plus grand rôle de Richard Attenborough

Disparu en 2006 à l'âge de 89 ans, le réalisateur Richard Fleischer fut un des plus solides artisans d'Hollywood. S'il a hélas terminé sa carrière sur des oeuvres anecdotiques, voire carrément oubliables et mauvaises, on retient heureusement de lui des films mémorables, et même des chefs-d'oeuvres : 20.000 lieues sous les mers; le splendide Les Vikings, classique absolu du film d'aventure. Le Génie du mal, extraordinaire plaidoyer contre la peine de mort. Le Voyage fantastique, grand classique de la SF. Soleil vert, autre pépite SF d'un atroce pessimisme...

En 1968, il signait un fabuleux thriller basé sur une histoire vraie, dans un style proche du documentaire, L'étrangleur de Boston, qui offrait à Tony Curtis le meilleur rôle de sa carrière. Le plus risqué aussi, tant son incarnation de ce tueur en série, et père de famille aimant, était à l'opposé absolu du spectre des rôles qu'il avait coutume d'incarner à l'écran.

C'est précisément dans cette même période, celle des années 60, qu'il fut approché par le producteur britannique Leslie Linder, qui caressait l'idée depuis quelques temps d'adapter un roman de l'auteur Ludovic Kennedy, paru en 1961 : 10 Rillington Place. Son adaptation sortira en1971, sous le titre L'Etrangleur de la place Rillington. Et sera même classée X en Grande-Bretagne…

10 Rillington Place est une adresse de bien sinistre mémoire, située dans les environs de Londres, qui a hanté et traumatisé les britanniques. Parce que l'histoire est vraie. En 1950, un homme simple d'esprit du nom de Timothy Evans fut pendu pour le meurtre de sa femme enceinte et de sa fille en bas âge. Analphabète et menteur invétéré, connu pour ses violentes disputes avec son épouse, Evans était le suspect le plus évident.

Jusqu'à la fin, il affirma être innocent des crimes dont on l'accusait, soutenant que c'était en réalité son voisin du 10 Rillington Place, un certain John Reginald Christie, qui avait en réalité commis ces crimes. L'ennui, c'est que personne, pas même Evans, ne fut en mesure d'avancer un mobile, même vaguement plausible, expliquant pourquoi Christie aurait commis de tels actes.

En 1953, la police découvrit que le lieu où Evans avait vécu regorgeait en réalité de cadavres : ils avaient été enterrés dans le jardin, enfouis sous le plancher et dans les murs, ou carrément entassés dans le vide ordure... Des corps qui dataient en réalité d'avant l'emménagement d'Evans. L'époque où, justement, John Reginald Christie occupait les murs.

C'est que derrière une apparence lisse et son métier de policier, ce dernier était en réalité atteint d'une véritable démence meurtrière. En une décennie, il viola, tua et cacha les corps de plusieurs femmes, sans jamais éveiller le moindre soupçon…

Soucieux de donner l'approche la plus authentique possible à son film, à l'instar de ce qu'il fit pour L'Etrangleur de Boston, Richard Fleischer planta ses caméras sur les lieux même du drame, dans le véritable Rillington Place. Les occupants du numéro 10 ayant toutefois refusé de quitter les lieux pour les besoins du tournage, le film fut finalement tourné juste à côté de cette adresse tristement célèbre, dans un appartement inoccupé situé au numéro 7. Initialement promis à la démolition, le lieu fut toutefois maintenu en l'état le temps nécessaire pour le tournage. Fleischer engagea même le bourreau Albert Pierrepoint comme consultant, afin qu'il veille à l'authenticité de la scène de la pendaison. C'est précisément lui qui procéda aux pendaisons d'Evans et de Christie.

Lorsque Fleischer proposa à Richard Attenborough de tenir le rôle principal de John Reginald Christie, l'acteur sauta sur l'occasion sans même demander à lire le scénario au préalable. Il livre dans le film de Fleischer une extraordinaire composition, totalement investie et habitée, absolument glaçante. Probablement la meilleure de sa grande et illustre carrière.

Un rôle qui fut aussi une épreuve pour lui. "Je n'aime pas jouer ce rôle, mais je l'ai accepté d'emblée sans même avoir lu le scénario. Je ne me suis jamais senti aussi profondément impliqué dans un rôle que celui-ci. C'est une prise de position des plus percutantes sur la peine de mort" confia l'acteur dans un entretien au Times, en 1970 (via BBC Culture).

"Je ne parlais jamais à personne en général pendant le tournage" raconta l'acteur des années plus tard. "À l’heure du déjeuner, je me rendais dans ma chambre et je m’asseyais seul. L’une des sensations étranges que j’éprouvais était de ne pas pouvoir me débarrasser de cette image pendant très longtemps".

L'écho du film fut aussi amplifié par le contexte social qui traversait la Grande-Bretagne à ce moment précis. À peine quelques années après l'abolition de la peine de mort, des voix s'élevaient pour réclamer son rétablissement. Au cœur de ce débat houleux, l'affaire du 10 Rillington Place a refait surface dans l'opinion publique, précisément grâce à l'adaptation de Fleischer.

Timothy Evans, le malheureux accusé et pendu à tort, devint un symbole de l'injustice et de l'erreur judiciaire : la Justice mettra 16 ans à admettre le fait d'avoir envoyé un innocent à l'échafaud. C'est afin d'éviter toute nouvelle erreur judiciaire de ce type que la peine capitale fut ainsi supprimée comme sanction en cas de meurtre.

Peu diffusé à la télévision, situé au croisement du thriller et de l'horreur, avec ses cadrages parfois oppressants et son atmosphère étouffante, L'Etrangleur de la place Rillington n'est pas le film qui vient nécessairement en tête, en tout cas immédiatement, lorsqu'on évoque l'oeuvre de Richard Fleischer. Il figure pourtant largement parmi les plus grands films de son auteur, en plus d'être un sommet dans la carrière de son interprète principal. Envie de découvrir ce diamant noir ? Il est disponible en VOD ainsi qu'en DVD / Blu-ray.

Sergio Leone ne voulait pas d'autre acteur que Charles Bronson pour incarner le héros de Il était une fois dans l'Ouest

Considéré comme une référence absolue du western, Il était une fois dans l’Ouest occupe une place à part dans l’histoire du cinéma. Avec une moyenne impressionnante de 4,5 sur 5 sur AlloCiné, le film domine des monuments du genre comme Le Bon, la Brute et le Truand, Django Unchained ou encore Danse avec les loups. Pourtant, le long-métrage aurait pu avoir un visage bien différent.

Derrière la création du mystérieux Homme à l’harmonica, Sergio Leone nourrissait une conviction inébranlable : un seul acteur pouvait donner vie à ce personnage. Malgré les réticences des studios et les nombreuses propositions de stars hollywoodiennes, le réalisateur italien n’a jamais envisagé de compromis.

Dans le livre Conversations avec Sergio Leone, recueilli par Noël Simsolo, le cinéaste explique pourquoi il refusait catégoriquement de confier ce rôle à quelqu’un d’autre que Charles Bronson. Pour lui, l’acteur possédait exactement la présence qu’exigeait ce personnage silencieux et hanté par son passé.

“Harmonica, c’est Bronson. Une force de marbre. Un métis qui poursuit sa vengeance. Un homme qui sait attendre le temps nécessaire pour tuer l’individu responsable de la mort de son frère. En tant qu’Indien, il a déjà une haine pour l’homme blanc. Et il torturera Frank en lui rappelant le nom de toutes ses victimes. Mais il doit toujours avoir un air impassible. Il ne parle pas beaucoup. Il exprime sa douleur avec l’harmonica. Sa musique est une lamentation qui vient de loin. C’est viscéral. Et c’est attaché à une mémoire ancestrale.”

Dans l’esprit de Leone, Bronson incarnait une présence presque minérale, capable d’exprimer la souffrance et la vengeance sans multiplier les dialogues. Cette intensité silencieuse représentait l’essence même du personnage.

Ce choix artistique, pourtant évident aux yeux du réalisateur, a longtemps laissé sceptique l’industrie américaine. À Hollywood, beaucoup jugeaient absurde de délaisser les grandes vedettes bankables au profit d’un acteur alors moins exposé.

“À Hollywood, on voulait me faire interner chez les fous. J’avais refusé toutes les stars et j’insistais pour avoir Bronson. On pensait que j’avais perdu la raison. Mais je suis entêté. J’ai obtenu Charles Bronson. Et je crois que la suite a démontré que j’étais loin d’être fou.”

Les producteurs de la MGM n’ont pourtant pas manqué d’alternatives à lui soumettre. Plusieurs stars majeures de l’époque ont en effet été envisagées pour endosser le rôle principal.

“Les Américains m’ont proposé toutes leurs stars. Un jour, on m’annonce que Rock Hudson veut le rôle. Le lendemain, on me propose encore un autre nom. Un jour, un de mes associés me déclare que Warren Beatty souhaite interpréter l’homme à l’harmonica.”

Parmi les propositions formulées aux studios, un nom a particulièrement provoqué l’agacement de Sergio Leone : celui de Warren Beatty. Le réalisateur estimait que l’acteur ne correspondait absolument pas à l’univers du film, au point d’imaginer la réaction déconcertée du public.

“Je lui dis : ‘Warren Beatty ? Je vais te décrire la réaction de mon public si je prends Warren Beatty. (...) [Des gens] regardent la séquence de la mouche. Ils s’amusent. Ils se laissent prendre par les images. Ils attendent, exactement comme les trois tueurs dans la gare. Et voilà que le train arrive… Alors, ils se mettent à frémir devant la fumée et en écoutant la musique de l’harmonica. Ils voient la silhouette de l’homme qui est descendu du train. Son chapeau cache son visage. Et voilà qu’il lève lentement la tête. Et c’est… Warren Beatty. Alors là, les spectateurs sursautent. Ils se regardent en disant : ‘Warren Beatty ! Mais qu’est-ce qu’il fout là, ce Warren Beatty ?! Il s’est trompé de film’.”

Pour Leone, l’apparition du personnage devait susciter fascination et mystère, pas un effet de surprise lié à la célébrité d’un acteur trop identifié.

À force d’insistance, Sergio Leone finit par obtenir gain de cause : Charles Bronson hérita du rôle de l’Homme à l’harmonica. Ce n’était d’ailleurs pas la première fois que le réalisateur pensait à lui : il l’avait déjà envisagé pour incarner Sentenza dans Le Bon, la Brute et le Truand, avant de finalement confier le personnage à Lee Van Cleef, devenu depuis l’un des antagonistes les plus marquants du western.

Le pari de Leone s’est révélé gagnant. Le succès de Il était une fois dans l’Ouest, combiné à celui d’Adieu l’ami la même année aux côtés d’Alain Delon, a transformé la carrière de Bronson. Jusque-là surtout cantonné à des premiers rôles dans des séries B comme Mitraillette Kelly, Le Californien ou Syndicat du crime, il s’impose alors durablement comme une véritable tête d’affiche du cinéma, avant d’enchaîner avec Le Passager de la pluie, La cité de la violence ou De la part des copains.

23 mai 2026

Le palmarès complet de Cannes 2026 :

Palme d’or du court-métrage : 

Para los contrincates (Aux adversaires) de Federico Luis

Caméra d’or : 

Ben’imana de Marie-Clémentine Dusabejambo

Prix d’interprétation masculine :

Emmanuel Macchia et Valentin Campagne pour Coward

Prix du scénario :

Emmanuel Marre pour Notre Salut

Prix d’interprétation féminine :

Virginie Efira et Tao Okamoto pour Soudain

Prix du jury :

L’Aventure rêvée de Valeska Grisebach

Prix de la mise en scène ex-aequo :

Javier Ambrossi et Javier Calvo pour La Bola negra

Paweł Pawlikowski pour Fatherland

Le Grand Prix :

Minotaure de Andreï Zviaguintsev

Palme d’or :

Fjord de Cristian Mungiu

Lanterns sur HBO Max : pourquoi cette série de science-fiction très attendue divise déjà

Une série de science-fiction très attendue. À la fin de l'été, le 17 août 2026, les abonnés français à la plateforme de streaming HBO Max pourront découvrir Lanterns. Ce show américain de huit épisodes met en scène des personnages appartenant à l'Univers DC Comics, plus particulièrement ceux créés dans les bandes dessinées Green Lantern. Quinze ans après le long-métrage avec Ryan Reynolds, qui avait essuyé de sévères critiques, Chris Mundy, Damon Lindelof et Tom King vont proposer leur version et essayer de faire mieux que leur prédécesseur.

Cette fois, l'intrigue se concentrera sur deux super-héros Hal Jordan et John Stewart, interprétés respectivement par Kyle Chandler et Aaron Pierre. Ce dernier devra faire ses preuves alors qu'il vient d'être recruté pour rejoindre les Green Lantern Corps, des policiers intergalactiques. Son objectif ? Prouver à son mentor qu'il est digne de porter l’anneau de pouvoir, l'arme "la plus puissante de l'univers" capable de matérialiser n'importe quel objet.

Le duo se rendra au cœur des États-Unis, à Rushville, dans le Nebraska, pour enquêter sur un meurtre qui pourrait avoir été commis par des forces extraterrestres. Lundi 18 mai 2026, HBO Max a dévoilé sur YouTube un deuxième teaser après un premier qui s'était attiré les foudres des fans. En cause ? Le manque d'éléments appartenant à l'univers DC Comics, la bande-annonce voulant insister sur le fait que Lanterns sera davantage une enquête qu'un film de super-héros.

Une stratégie payante auprès du grand public, pas forcément initié à l'univers des comics, mais qui a irrité les passionnés de la franchise qui regrettaient une absence totale du vert dans la palette de couleurs des premières images, craignant que Lanterns, qui s'est d'ailleurs débarrassée de l'adjectif Green dans son titre, ne soit pas fidèle à son matériau d’origine. D'autres ont été déroutés par ce trailer ressemblant davantage à un épisode de True Detective, dont le show s'inspire, plutôt qu'à un film DC.

"Il n’y a même pas de vert, même l’herbe est jaune, je pleure", peut-on lire dans les commentaires sous la première vidéo YouTube. "Je m'attendais à des policiers intergalactiques. Je n'ai eu que des policiers", a écrit un utilisateur dans un message aimé 10 000 fois. "S’ils n’avaient pas montré l’anneau et la lanterne pendant quelques secondes, on aurait cru que c’était une série policière", pensait un autre.

Des remarques acerbes auxquelles le showrunner Chris Mundy a finalement répondu dans une interview accordée à Entertainment Weekly. "C’est une série Green Lantern, donc il y a du vert, avait-il rassuré. Mais elle se veut très ancrée dans le réel, donc nous tournons dans de vrais lieux avec peu de recours aux fonds verts. [...] Nous avons énormément de respect pour le matériau original, sinon nous ne ferions pas cette série. Je pense que lorsque les gens la verront, il n’y aura pas de controverse." Son argument sera-t-il entendu ? Réponse dans quelques mois.

Le film Brothers a failli briser Tobey Maguire

Le cinéma a souvent ce pouvoir paradoxal : offrir des récits profondément émouvants mais éprouvants pour ceux qui les incarnent. Certains rôles laissent une empreinte durable sur les acteurs, au point de brouiller la frontière entre performance et expérience personnelle. C’est précisément le cas du film Brothers (2009), avec Tobey Maguire, Jake Gyllenhaal et Natalie Portman.

Comme le rappelle FarOut Magazine, à l’époque, les États-Unis sont engagés depuis près de huit ans dans leur plus longue guerre : l’invasion de l’Afghanistan, lancée par George W. Bush en réponse aux attentats du 11 septembre. Ces attaques perpétrées contre les États-Unis en septembre 2001 ont coûté la vie à 2 977 Américains, tandis que la riposte menée dans le cadre de la lutte contre “l’axe du mal” au Moyen-Orient a entraîné la mort de plus de 7 000 militaires américains.

Les soldats revenus au pays ont ensuite dû affronter des problématiques déjà observées après la Seconde Guerre mondiale, la guerre du Vietnam et la première guerre d’Irak : syndrome de stress post-traumatique, manque de soutien institutionnel, sous-financement des dispositifs d’aide, colère, désillusion, alcoolisme et addictions. Le taux de suicide chez les anciens combattants américains est aujourd’hui estimé à environ 6 000 par an.

C’est dans ce contexte que s’inscrit Brothers, réalisé par Jim Sheridan. Le film raconte l’histoire d’un soldat américain présumé mort après un accident d’hélicoptère en Afghanistan, qui est finalement retrouvé vivant et rentre chez lui. Il doit alors réapprendre à vivre auprès de sa famille, notamment de son frère, un ancien détenu tentant de reconstruire sa vie aux côtés de son épouse dont il est séparé.

La performance de Tobey Maguire dans le rôle de ce soldat tourmenté lui vaut une nomination aux Golden Globes. Mais le tournage s’est révélé éprouvant psychologiquement. En 2009, il confie au LA Times : “J’ai perdu beaucoup de ma joie pendant le tournage. Je ne m’en rendais même pas compte. Je ne veux pas paraître prétentieux ou bizarre, mais deux jours avant la fin du tournage, j’ai commencé à faire des blagues et à rire, et ça m’a libéré. Ça faisait deux mois que je n’avais pas fait ça.”

Le film, qui réunit également Jake Gyllenhaal, Natalie Portman et le regretté Sam Shepard, reçoit des critiques mitigées mais rencontre un succès modéré au box-office. Avec le temps toutefois, il a été réévalué, obtenant désormais la note de 4 sur 5 sur notre site, accordée par les spectateurs. Il s’agit d’un remake du film danois de 2004 intitulé Brodre, les deux œuvres s’inspirant librement de L’Odyssée d’Homère.

Après Brothers, Tobey Maguire s’éloigne durablement des plateaux de tournage, n’apparaissant que dans un seul film grand public avant Gatsby le Magnifique en 2013, aux côtés de Leonardo DiCaprio.

Il s’absente également pendant 14 ans de l’univers Spider-Man, entre Spider-Man 3 (2007) et Spider-Man: No Way Home (2021). Des rumeurs évoquent toutefois un retour dans le rôle de l’homme-araignée dans le prochain blockbuster Marvel, Avengers: Doomsday, prévu pour décembre prochain.

Entre-temps, Tom Holland reprendra le rôle de Spider-Man en juillet prochain dans Spider-Man: Brand New Day, un film qui ne devrait inclure ni Maguire ni Andrew Garfield, ce dernier ayant récemment ironisé sur la récurrence de la question autour de son retour : “Je pense que c’est une question qui va probablement me suivre jusqu’à la fin de mes jours : ‘Êtes-vous secrètement dans le nouveau film Spider-Man ?’… Jusqu’à mes 90 ans, on me demandera : ‘Êtes-vous dans le nouveau Spider-Man Volume 512 ?’”

22 mai 2026

L'Être aimé avec Javier Bardem : pourquoi ces scènes en noir et blanc dans le film ? Le réalisateur répond !

Sorti le samedi 16 mai au soir dans les salles françaises, au moment de sa présentation, en Compétition, au 79ème Festival de Cannes, L'Être aimé de Rodrigo Sorogoyen a été vu par 39 864 spectateurs en un peu plus de trois jours. Soient, peut-être, autant de personnes qui se sont demandées pourquoi le réalisateur passait au noir et blanc ou changeait le format de l'image dans quelques-unes de scènes de son drame dans lequel un célèbre cinéaste retrouve sa fille alors qu'il souhaite la diriger dans son prochain film.

Le réalisateur d'As Bestas et Madre a-t-il voulu pousser la mise en abyme en se faisant plaisir sur le plan visuel, ou peut-on dans ces quelques passages au noir et blanc des élans de subjectivité, qui soulignent la manière dont Esteban (Javier Bardem) voit Emilia (Victoria Luengo), ou inversement ? A quelques heures de sa première participation à la Compétition, le principal intéressé a répondu à la question :

"Il y a beaucoup de choses que j'adore dans le cinéma et qui ne sont pas rationnelles", nous dit Rodrigo Sorogoyen. "Moi je suis quelqu'un de très rationnel et je voulais, dans cette histoire et ce film, m'écarter de cet aspect de ma personnalité et être un peu plus intuitif, prendre des risques. Quand j'ai commencé à réfléchir à la manière dont je pouvais filmer cette histoire - et je savais déjà qu'elle tournerait autour de la notion de récit - j'ai su que je voulais tourner avec tous les outils possibles."

"Car il n'y a pas seulement un récit mais plusieurs, donc beaucoup de façons de les raconter. J'ai donc fait un film avec tous les formats possibles, avec de la pellicule et du numérique, des ratios différents en alternant le 16/9 et le 4/3... On me pose beaucoup la question sur le noir et blanc, car c'est un changement très fort. Je voulais qu'il y ait une cohérence pour le spectateur et il intervient quand il y a des interférences entre elle et lui à propos d'un récit du passé. La première fois, c'est quand il lui dit, sur la plage : 'Je me souviens de tout.' Là on passe au noir et blanc."

"Il y a aussi cette interview avec un journaliste, et cette scène du repas où il ne pense pas vraiment au récit mais à elle et à sa jeunesse." "C'est beau, car c'est un peu quand l'un des deux personnages rentre dans la tête de l'autre", complète Victoria Luengo, qui confirme que nous n'étions pas loin du tout en voyant dans ces passages au noir et blanc des manifestations d'une subjectivité. Et vous ? L'aviez-vous perçu de la sorte ?

Phénomènes : Mark Wahlberg regrette d'avoir joué dans ce thriller de science-fiction

Sa carrière cinématographique est impressionnante. Avec près de soixante films à son actif, Mark Wahlberg a joué dans de nombreux succès populaires comme Very Bad Cops d'Adam McKay, Ted de Seth MacFarlane ou la saga Transformers. Le comédien a également eu la reconnaissance de ses pairs en étant nommé à deux reprises aux Oscars, en tant que producteur pour Fighter de David O. Russell (2010), et en tant qu'acteur dans un second rôle pour Les Infiltrés de Martin Scorsese (2007).

Cependant, parmi les nombreux long-métrages dans lesquels il est apparu, l'un d'entre eux est durement jugé par le principal intéressé. Il s'agit de Phénomènes, pourtant réalisé par un cinéaste de renom, M. Night Shyamalan, à qui l'on doit notamment Sixième Sens (1999), The Visit (2015) ou encore Split (2017). Deux ans après la sortie de ce thriller, le 11 juin 2008, la star hollywoodienne n'avait pas mâché ses mots et sévèrement critiqué l'oeuvre, pourtant devenue un succès commercial après avoir récolté 163 millions de dollars au box-office dont 1 292 029 entrées en France.

En 2010, alors qu'il faisait la promotion de Fighter où il donnait la réplique à Christian Bale, il n'avait pas hésité à dézinguer Phénomènes pour lequel sa partenaire du jour avait aussi passé le casting sans le réussir : "C'était un mauvais film que j'ai fait. Elle a réussi à éviter la balle", avait-il lancé en conférence de presse alors qu'il était interviewé par le site Chud.com. Puis de poursuivre : "Et merde, les choses sont comme elles sont ! Les foutus arbres, et les plantes. Merde ! On ne peut pas me reprocher de ne pas avoir voulu essayer de jouer un professeur de sciences et de faire un truc comme ça. Ce n'était pas un flic ou un escroc."

Dans ce film, Mark Wahlberg incarne Elliot Moore, un professeur de lycée qui tente de fuir une mystérieuse menace aérienne poussant ses victimes à se suicider. De son côté, le réalisateur avait confié au New York Daily News avoir "voulu faire un excellent film de série B" : "Le film puise dans la paranoïa de notre société actuelle en 2008, où nous avons peur des inconnus, peur de nos voisins et même peur de laisser nos enfants jouer dehors", s'était-il expliqué.

À noter que trois ans après Trap, qui avait rapporté 83 millions de dollars, un nouveau long-métrage de M. Night Shyamalan va débarquer dans les salles obscures le 3 février 2027 avec un nouveau film. Intitulé Remain, il mettra en scène Jake Gyllenhaal, Phoebe Dynevor et Ashley Walters dans une adaptation du roman éponyme de Nicholas Sparks, sorti en 2025.

Cet extraordinaire film sur la ruée vers l'or à la fin du XIXe siècle doublé d'un émouvant hommage sur la naissance du cinéma mérite une sérieuse découverte

1978, Canada. À 560 kilomètres au sud du cercle polaire arctique se trouve Dawson City. Lors de travaux destinés à construire un centre de loisirs, le conducteur d’une pelleteuse fait surgir de terre des centaines de bobines de films miraculeusement conservées.

Combinant films muets, films d'actualités, images d'archives, interviews et photographies historiques, et accompagné par une bande-son envoûtante d’Alex Somers, le documentaire Dawson City: Le temps suspendu dépeint l'histoire de la ruée vers l’or d’une petite ville canadienne, tout en relatant le cycle de vie d'une collection de films singulière à travers son exil, son enterrement, sa redécouverte et son salut.

Le résultat, didactique, confondant la petite Histoire (naissance d'une ville) à la grande (l'échelle d'un pays tout entier), est extraordinaire. Et c'est au réalisateur Bill Morrison qu'on le doit.

Cinéaste et artiste basé à New York, entré dans le cinéma par la peinture et auteur de plus d’une vingtaine de films, ses oeuvres combinent la soif du documentariste de découvrir des histoires cachées, avec l'obsession d'un archiviste de récupérer des trésors cinématographiques.

C'est à la fin des années 80 que le réalisateur entend parler de cette extraordinaire découverte de plus de 500 bobines de films datant du début du siècle. "j'en ai entendu parlé pour la première fois lorsque j'étais étudiant en Art à la fin des années 1980" racontait le cinéaste à la sortie de son documentaire chez nous, en 2020.

"Cette redécouverte de 533 bobines de films préservées dans le pergélisol, alors même que toutes les autres copies connues ont brûlé ou furent totalement négligées, est en elle-même une histoire absolument incroyable.

Mais cette découverte n'était qu'une partie d'une histoire plus large et captivante encore : "celle de la ruée vers l'or de la ville de Dawson City, comment elle est passée d'un petit camp de pêcheurs endormis situé sur les terres appartenant à un peuple amérindien, à une population furieuse de 40.000 personnes cherchant à tout prix de l'or en l'espace de deux ans à peine, pour ensuite décliner drastiquement au point de ne plus compter que 1000 habitants au tournant du XXe siècle.

C'est littéralement une capsule temporelle d'histoires, de récits, qui convergent les uns vers les autres. Avec cette idée que les films fixés sur pellicule sont retournés, in fine, dans la terre même d'où l'on a extrait l'or. Le rôle du cinéma a été crucial, central, pour raconter ces histoires. Pour moi, c'est un condensé parfait du XXe siècle en Amérique du Nord".

D'une durée plutôt étonnante (2h00) mais sans jamais donner le sentiment de tirer en longueur sur son passionnant sujet, porté par des images restaurées avec une précision chirurgicale ou dans un état de conservation absolument incroyable, Dawson City : le temps suspendu se révèle, in fine, bouleversant. "je crois vraiment que le film en celluloïde est une manifestation physique de la conscience humaine représentée dans un temps donné. Le film, c'est la mémoire rendue visible" déclarait Bill Morrison. On ne saurait mieux dire.

Steven Spielberg veut accueillir les extraterrestres sur Terre

Qui représentera la Terre le jour où des extraterrestres débarqueront enfin ? La bataille fait déjà rage à Hollywood.

Invité d'un des derniers Late Show de Stephen Colbert, le cinéaste Steven Spielberg a officiellement fait acte de candidature pour devenir l’ambassadeur de l’humanité face à une éventuelle vie alien. Et le réalisateur estime avoir de sérieux arguments face à son principal concurrent : Barack Obama.

"Je pense que c’est moi qui devrais représenter la Terre !" a lancé Spielberg sous les applaudissements du public, avant d’ajouter avec humour : "J’adore Barack. On est amis. J’aime sa famille… mais il a déjà eu ses huit années (à la Maison Blanche) !"

Il faut dire que le cinéaste possède un CV extraterrestre difficile à battre. Depuis plus de quarante ans, Spielberg façonne l’imaginaire alien du cinéma américain avec des classiques comme E.T., Rencontres du Troisième type ou La Guerre des Mondes. Sans oublier Disclosure Day, qui sortira dans quelques jours au cinéma.

"Mon premier film sur les extraterrestres, je l’ai tourné à 17 ans en 8 mm, il s’appelait Firelight..." rappelle le cinéaste. "J’ai passé ma vie à jouer une sorte de rôle d’ambassadeur des aliens au cinéma. Et pourtant, ils ne se sont jamais montrés à moi. C’est injuste !"

Quand Stephen Colbert lui suggère que les extraterrestres ont peut-être peur de finir dans l’un de ses films, Spielberg répond simplement : "Je ne sais pas… mais je suis disponible, les gars !"

La blague fait surtout écho à une déclaration récente de Barack Obama, qui expliquait lui aussi sur le plateau du Late Show qu’il ferait "un très bon émissaire de la planète" en cas de premier contact extraterrestre grâce à "son expérience diplomatique" et son côté "sympathique".

30% de Michael 2 serait déjà tourné !

La suite aura bien lieu. Le studio Lionsgate compte bien raconter le reste de la vie de Michael. D'autant qu'il en a déjà filmé une bonne partie.

Lors d’un échange relayé par Deadline, le patron cinéma de Lionsgate, Adam Fogelson, a confirmé que Michael 2 avançait très rapidement en coulisses : "Nous sommes vraiment très enthousiastes concernant les progrès réalisés sur la suite", explique-t-il. "Les discussions avec toutes les parties concernées se passent exceptionnellement bien."

Mais surtout, Fogelson révèle un détail assez fou : une partie importante du film est déjà dans la boîte :

"Nous avons déjà entre 25 % et 30 % d’un second film tourné grâce à la précédente production."

Autrement dit, Lionsgate compte bien reprendre les séquences du premier montage de Michael, coupées pour des raisons légales l'an dernier. En effet, Antoine Fuqua avait initialement prévu d’intégrer les années sombres du Roi de la pop dans son biopic. Un premier montage de Michael, dépassant les 4 heures, abordait notamment les accusations visant Michael Jackson. Mais cette époque controversée a été écarté en raison d’accords juridiques liés au procès de Jordan Chandler, stipulant qu’aucune mention de son nom ou de sa famille ne pouvait apparaître dans un film ou un documentaire. Le film a donc été largement réécrit. Le troisième acte a été entièrement refait, avec 22 jours de tournage supplémentaires en juin 2025, pour un coût additionnel estimé entre 10 et 15 millions de dollars.

Un mauvais coup financier à l’époque… qui se transforme en jackpot pour Lionsgate aujourd'hui.

Car Michael 2 devrait bien pouvoir réutiliser ces séquences - certainement en les passant à la moulinette de son service juridique pour s'éviter un procès. Adam Fogelson souligne en effet que ce matériel filmé représentera un avantage considérable pour la production, même s’il refuse encore de détailler précisément l’impact financier d'une telle économie :

"Cela aura évidemment une importance majeure pour le budget du film. Mais nous voulons surtout nous assurer de faire un grand film spectaculaire et satisfaisant pour le public mondial."

Après avoir largement exploré l’enfance, l’ascension et les débuts du règne de Michael Jackson, la suite devrait donc se concentrer sur les années 1990, les scandales, les affaires, les affres de sa vie privée, mais aussi ses grandes réussites musicales, notamment l'album et la tournée Dangerous (qui réunira près de quatre millions de personnes à travers le monde).

"Il reste énormément d’histoire à raconter autour de Michael Jackson, ainsi qu’une immense partie de son catalogue musical le plus populaire qui n’a même pas encore été abordée dans le premier film ! Nous sommes très confiants dans le fait que nous avons entre les mains un film extrêmement divertissant capable de séduire une nouvelle fois un public mondial."

Michael met en scène Jaafar Jackson dans le rôle de son oncle aux côtés de Colman Domingo, Nia Long et Miles Teller. Avec plus de 700 millions de dollars déjà récoltés au box-office mondial, le film pourrait devenir le tout premier milliardaire de l’histoire de Lionsgate.