14 mai 2026

Emilia Clarke révèle souffrir de deux maladies auto-immunes

C’est peu de dire qu’Emilia Clarke revient de loin. L’actrice a souffert de plusieurs anévrismes cérébraux entre 2011 et 2013 alors qu’elle tournait Game of Thrones. Si aucune rechute n’est à déplorer depuis, d’autres maladies lui ont été diagnostiquées « à la suite d’une lésion cérébrale ».

Emilia Clarke souffre en effet de deux maladies auto-immunes, le syndrome d’Ehlers-Danlos (SED) et le syndrome d’activation mastocytaire (SAMA).

« Connaissez-vous le syndrome d’Ehler-Danlos ? J’en suis atteinte. Je suis sur ce spectre, le spectre de l’hypermobilité. Il y a des choses qui sont une répercussion de ce syndrome, dont le SAMA, le syndrome d’activation mastocytaire. En gros, cela signifie que j’ai beaucoup d’inflammation parce que mon corps pense qu’il est allergique à tout », a-t-elle confié au micro du podcast How to Fail.

Le SED est un groupe de maladies héréditaires rares du tissu conjonctif qui affectent généralement la peau et les articulations. Le SAMA, ou mastocytose, est un trouble immunitaire chronique dans lequel les mastocytes envoient par erreur des avertissements au système immunitaire.

La comédienne, qui est actuellement à l’affiche de la série d’espionnage Ponies, est suivie par « un médecin remarquable aux États-Unis qui a tout réglé ».

« Je me sens très bien. D’une que je n’avais jamais ressentie, quand vous vous dites : "C’est bon, parce qu’aucune de ces choses n’interrompt ma vie de manière massive" », a ajouté Emilia Clarke.

Hoshi fait le point sur la maladie de Ménière dont elle souffre

Hoshi est une chanteuse et musicienne accomplie, qui depuis 2017 a rencontré le succès avec six albums au compteur, des tournées à guichets fermés, une participation à un film d’animation et l’adaptation de la comédie musicale Cher Evan Hansen.

Pourtant, il lui faut lutter au quotidien pour chanter, créer… et même sortir de chez elle. En effet, depuis l’enfance, Hoshi souffre de problèmes auditifs qui se sont compliqués. La jeune chanteuse a alors appris qu’elle souffrait de la maladie de Ménière. L’artiste n’en a jamais fait mystère et, ce 12 mai, elle a précisé sur Europe 1, dans l’émission Culture médias, comment évoluait cette affection handicapante.

La maladie de Ménière est une atteinte de l’oreille interne qui provoque vertiges, nausées et perte de l’audition. Manifestations pénibles dont souffre la chanteuse. « C’est chiant parce que c’est tous les jours », dit-elle à propos des vertiges. Quant aux nausées, il existe des protocoles qui permettent de les limiter, sans en venir à bout.

L’artiste explique également : « Je perds progressivement l’audition ». A cela, il n’existe qu’une parade : Hoshi pourrait être appareillée. Une perspective qui ne la réjouit guère, elle qui ne trouve pas cela « très rigolo ». Si aucune guérison n’est possible pour cette maladie qui progresse par crises, en revanche, cela peut se stabiliser. Et la chanteuse de Ta marinière estime qu’elle est dans cette phase. « Là je suis plutôt dans la stabilisation. Ça m’arrive d’avoir des crises. Elles sont moins fréquentes », dit-elle à Thomas Isle. Et la chanteuse de Mauvais rêve veut y croire : « Je touche du bois », ajoute-t-elle.

Mais pour mieux faire face à l’adversité, c’est en étant sur scène et en communiant avec son public que l’artiste puise l’énergie qui lui permet de limiter le stress et l’anxiété liés à sa maladie. « Je pense que ça m’a aidée d’ailleurs à stabiliser tout ça. Prendre des bonnes vibes, c’est cool », estime la jeune femme de 29 ans. Avec son dernier titre, « Bonjour, docteur », qui en dit long sur ses préoccupations, Hoshi prépare une tournée en 2027. Le Bonjour, docteur Tour passera par les Zénith et les Arénas. Elle pourra alors faire le plein des « bonnes vibes » que lui enverra son public, toujours prêt à la soutenir.

Alexandra Lamy a une bonne raison de préférer le célibat

Alexandra Lamy est comblée par le célibat. Un point que l’actrice de 54 ans a tenu à souligner dans un épisode du podcast InPower de Louise Aubery.

« Je suis très heureuse célibataire », a-t-elle affirmé. Et son bonheur est tel que la comédienne n’est « pas du tout à la recherche de quelqu’un », car elle se trouve « hyper bien toute seule ».

L’actrice de Pour le plaisir a connu « pendant très longtemps » la vie à deux. Alexandra Lamy a en effet été en couple de longues années avec l’acteur Thomas Jouannet, père de sa fille, Chloé. Elle a également été mariée avec son collègue d’Un gars, une fille, Jean Dujardin, de 2009 à 2014. Aujourd’hui, l’actrice savoure sa tranquillité et sa liberté.

« Je suis très heureuse d’être seule », a-t-elle insisté, avant de prévenir sur l’un des risques du célibat de longue durée. « Il faut faire très attention parce qu’on s’habitue beaucoup au célibat », a-t-elle relevé.

Elle constate par ailleurs que certaines personnes en couple sont « extrêmement malheureuses ». Une autre intervenante, l’auteure Camille Aumont Carnel, a alors rappelé que les femmes jouissent aujourd’hui d’une « indépendance économique », assez récente à l’échelle de l’Histoire, qui a changé la donne au niveau des relations.

« On est la première génération qui, en masse, est assez indépendante financièrement pour ne pas avoir à dépendre du salaire (d’un homme), pour ne pas avoir à choisir un partenaire avec cette question-là dans l’équation », a-t-elle noté. Et elle remarque que, « bizarrement », en choisissant un partenaire pour ce qu’il est et non pas par besoin matériel, eh bien, « tout le monde est célibataire ! »

Demi Moore pense que l’on devrait « apprendre à travailler avec l’IA » plutôt que la combattre

Demi Moore n’a rien contre les « Don Quichotte » qui se battent contre les « moulins à vent », mais, plus sérieusement, l’actrice qui siège au jury du Festival de Cannes 2026 estime qu’il faut être mieux armé face au développement de l’IA dans la production cinématographique.

Partant du constat que « l’IA est là », l’actrice, productrice et réalisatrice américaine estime qu’il est préférable de faire avec plutôt que contre. Alors que cette question est sur toutes les lèvres dans le monde du cinéma, et que Cate Blanchett annonce la création de son association, RSL Media, pour aider les gens à déterminer la façon dont leur « identité et œuvres créatives » peuvent être utilisées par l’IA, Demi Moore a une approche légèrement différente.

« C’est une question complexe. Je pense qu’en réalité, résister ne fait qu’alimenter la résistance », a-t-elle répondu à Variety. « La combattre (l’IA), c’est mener un combat perdu d’avance. Je pense donc qu’il est plus judicieux de trouver comment travailler avec elle », a insisté la star de The Substance, qui voit quelque chose de « magique » en l’IA, qu’on ne peut « ignorer ». « Mais il faut alors pouvoir l’utiliser intelligemment ».

Sans préciser comment s’y prendre, la comédienne de 63 ans reconnaît que cette nouvelle donne doit s’accompagner d’une réglementation qui protège les artistes - acteurs et réalisateurs. Et elle convient que Hollywood ne fait pas encore assez pour assurer cette protection. « À votre question : en faisons-nous assez pour nous protéger ? Je ne connais pas la réponse. Et donc, j’aurais tendance à dire que probablement non », a-t-elle admis.

Pourtant, Demi Moore reste confiante en l’avenir et a foi en l’art. « En réalité, il n’y a rien à craindre, car ce qui ne pourra jamais remplacer le véritable art, c’est son essence même : l’âme. Il vient de l’esprit de chacun d’entre nous ici présents », a-t-elle affirmé. Et d’ajouter, précise The Guardian : « C’est quelque chose qu’ils ne pourront jamais reproduire par des moyens techniques ».

Apple Martin, la fille de Gwyneth Paltrow et Chris Martin, devient le nouveau visage de la marque Chloé

Apeine son diplôme universitaire de l’université Vanderbilt en poche, la fille de l’actrice Gwyneth Paltrow et du chanteur de Coldplay Chris Martin a posé sous l’objectif du photographe David Sims pour incarner la nouvelle collection estivale de la styliste Chemena Kamali, chez Chloé.

La jeune mannequin a partagé sa joie en publiant sur Instagram quelques jolis clichés et vidéos de la campagne publicitaire « Chloé à la plage ». « C’est un rêve devenu réalité », a-t-elle écrit en commentaire après avoir remercié Chemena Kamali et toute l’équipe.

La maison Chloé, dont Stella McCartney fut longtemps la créatrice attitrée, n’est pas une inconnue pour la famille de la jeune Apple Martin. Sa mère, Gwyneth Paltrow, y a déjà puisé des tenues pour d’importants événements sur le tapis rouge.

Mais c’est dans des pièces de chez GAP qu’elle a posé avec sa mère l’automne dernier pour la marque américaine. La jeune femme, qui se défend d’être une nepo baby, a également été le visage de la marque de prêt-à-porter britannique Self-Portrait. Reste à voir si la jeune femme finira par se lancer dans la comédie, une carrière qui l’intéresse, comme elle l’a confié à Vogue en début d’année.

L’animatrice de radio et télévision, Sophie Garel, est décédée à l’âge de 84 ans

Sophie Garel, célèbre animatrice de radio et de télévision est décédée à l’âge de 84 ans, a annoncé jeudi la radio RTL, sur laquelle elle a officié pendant plusieurs décennies. Animatrice emblématique des années 70 et 80, Sophie Garel a présenté de nombreuses émissions avec l’animateur Fabrice sur cette station, comme « Les jeux de Fabrice et Sophie » et « Atoukado ».

Elle a également été chroniqueuse dans plusieurs émissions animées par Laurent Ruquier comme « On a tout essayé » sur France 2, « On va s’gêner » sur Europe 1, puis de retour sur RTL dans « Les Grosse têtes » lorsque l’animateur a repris l’émission.

Avec Fabrice, « c’est vous deux qui m’avez donné envie de faire de la radio », a réagi Laurent Ruquier, dans un message posté sur Instagram.

« Ton esprit de repartie, ton plaisir d’être au micro tout en ayant l’air de faire ça par-dessus la jambe, ton rire, ton goût des jeux de mots, pour tout ça, merci », a-t-il ajouté.

n 1968, elle a représenté le Luxembourg au concours de l’Eurovision à Londres, en interprétant la chanson « Nous vivrons d’amour » avec Chris Baldo. Sophie Garel a également été la compagne de l’acteur et réalisateur Jean Yanne.

Le Chat : la fin de sa carrière, Jean Gabin a été marqué par l'échec du film

En 1971, Jean Gabin tourne avec Pierre-Granier Deferre avec qui il venait de faire le méconnu La Horse. Le courant est bien passé entre les deux hommes, et ils préparent l'adaptation d'un roman de Simenon intitulé Le Chat. Le projet enthousiasme Gabin, qui en plus va pouvoir travailler avec une comédienne qu'il admire.

Mais un événement va lui gâcher la fête.

Depuis le tournage du Tatoué avec Louis de Funès (1968), qui ne s'est pas du tout bien passé, Jean Gabin a l'image d'une star qui refuse de partager l'affiche avec une autre vedette. Aussi lorsqu'il est annoncé qu'il va donner la réplique à la grande Simone Signoret, tout le monde prédit une nouvelle catastrophe. Ce sera tout le contraire.

Le tournage se passe merveilleusement bien avec sa partenaire, avec laquelle il voulait tourner depuis longtemps. La destruction du couple formé par leurs personnages à l'écran n'a rien à voir avec l'ambiance en coulisses, comme en témoignent les mémoires de Signoret :

"Les préoccupations de Gabin dans la vie courante sont absolument opposées aux miennes", écrira Simone Signoret dans ses mémoires. "Je ne fais pas courir de trotteurs à Vincennes, je n'élève pas de vaches, et on n'a pas les mêmes idées sur bien des choses. Sauf sur une, et elle est de taille : 'Comment jouer la comédie ensemble ?'. Nous nous sommes tendrement aimés à jouer à nous haïr dans le film. Pendant les pauses, il me racontait son Hollywood à lui, son Jean Renoir et son Jacques Prévert, et c'était beau de retrouver dans son oeil le regard du déserteur de Quai des brumes, dans son sourire le sourire du capitaine Maréchal de La Grande illusion."

Le film possède un sujet fort, des interprétations remarquables et une mise en scène qui met en parallèle la destruction d'un quartier de Courbevoie en région parisienne pour y installer La Défense avec l'annihilation de l'amour entre ces deux êtres au bout du rouleau. Pourtant, malgré ces qualités évidentes, Le Chat est un relatif échec en salles.

Un million de personnes se déplacent, mais moins de 400 000 en région parisienne. Un chiffre qui a beaucoup déçu Gabin, qui croyait dur comme fer au succès du projet, comme l'écrit son biographe et ami André Brunelin dans son ouvrage Gabin :

"Jean considérait Le Chat comme un de ses plus beaux films de la seconde partie de sa carrière, un de ceux, en tout cas, qui lui avait fait retrouver son enthousiasme et sa passion du temps de Quai des brumes et du Jour se lève. Le relatif insuccès populaire du film, qu'il avait coproduit avec sa société Gafer, lui procura une grande déception : 'Qu'est-ce qu'ils veulent que je fasse ?' me questionnait-il, amer, s'en prenant aux spectateurs qui avaient ignoré ce film."

Après cela, Gabin relèvera peu de nouveaux "défis" professionnels, tournant des rôles plutôt attendus (Le Tueur, Deux hommes dans la ville). Seul L'Affaire Dominici représentera pour lui une occasion de montrer qu'il peut tout jouer, et ce rôle inspiré d'une histoire vraie lui demandera un effort tout particulier, et il épluchera soigneusement toutes les informations disponibles sur l'affaire. Hélas, celui-ci aussi, sera considéré comme un échec au box-office (1,3 million d'entrées tout de même, mais moins de 200 000 sur Paris).

Ethan Hawke egrette d'avoir dit non au film Independence Day

En 1996, un film de science-fiction débarque en salles et bouleverse tous les codes : Independence Day ! Mis en scène par Roland Emmerich, il connaît un succès considérable, rapportant la somme colossale de 817 millions de dollars au box-office mondial pour un budget de 75 millions.

Pour mémoire, Independence Day débute en nous montrant une immense soucoupe volante envahissant le ciel terrestre, libérant un nombre infini de plus petites soucoupes qui prennent position au-dessus des plus grandes villes du monde.

Un informaticien new-yorkais, David Levinson, décrypte alors les signaux émanant des étranges voyageurs. Ils ne sont pas du tout amicaux et ces extraterrestres se préparent à attaquer la Terre. Le long-métrage fait désormais partie des classiques de la SF, porté par un casting parfait, de Jeff Goldblum à Will Smith en passant par Bill Pullman, Judd Hirsch, Mary McDonnell ou Randy Quaid.

30 ans plus tard, on n'imagine personne d'autre que Will Smith dans le rôle du capitaine Steven Hiller, celui qui dézingue de l'alien en lançant des punchlines ! Pourtant, la production ne voulait pas de lui à l'époque : "Non, nous n'aimons pas Will Smith. Il n'a pas fait ses preuves. Il ne marche pas sur les marchés internationaux", affirmait 20th Century Fox, selon les dires du réalisateur Roland Emmerich dans les colonnes de The Hollywood Reporter.

En effet, le studio avait jeté son dévolu sur Ethan Hawke, comme il le confirmait en 2018 sur le plateau du talk-show de Conan O'Brien. "Mon refus le plus stupide a été Independence Day. Ils m'ont offert le rôle finalement tenu par Will Smith. J'avais reçu le scénario et je le lisais à un pote en voiture", a-t-il indiqué.

"J'aimais me moquer de certaines répliques avec mes amis. Je disais : Ecoute cette réplique affreuse : E.T. téléphone maison ! Quelle réplique débile. Et j'ai jeté le scénario par la fenêtre pendant un road trip sur une autoroute du Texas", a-t-il révélé, suscitant l'hilarité du public. L'animateur en a rajouté une couche en disant que Will Smith l'avait ramassé juste après.

"L'été d'après, nous sommes le 4 juillet, et tout le monde veut aller au cinéma. Je dis : Allons voir Independence Day, ça va être amusant, on va voir à quel point c'est mauvais. Evidemment, la salle était complète, et je voyais la salle en adoration. Et Will Smith a obtenu les rires les plus nourris au moment de sa réplique E.T. téléphone maison. Les gens exultaient !", se souvient Ethan Hawke.

"C'était quasiment une standing ovation. Et moi je m'enfonçais dans mon siège en pensant : Oh, mon Dieu !", a-t-il conclu, visiblement amer d'être passé à côté d'un rôle aussi mémorable. Toutefois, avec le recul, l'acteur raconte cette anecdote avec le sourire. Cependant, la réplique qu'il évoque n'est pas dans le film.

Peut-être fait-il référence à son fameux "Bienvenue sur Terre", quand Will Smith donne un coup de poing à un alien écrasé dans le désert. Il y a aussi sa fameuse phrase : "C'est ce que j'appelle une rencontre du 3ème type", que le personnage déclame tout en fumant un cigare, posé sur le vaisseau extraterrestre.

A noter qu'il y a bien une réplique en référence au film de Spielberg, quand Steven Hiller parle d'aller "botter le cul de E.T.", mais elle n'est pas aussi mémorable que les deux autres (même si elle fait mouche).

Après le refus d'Ethan Hawke, Roland Emmerich s'est vraiment impliqué corps et âme pour imposer Will Smith, allant même jusqu'à menacer 20th Century Fox : "C’était peu de temps avant le début du tournage et nous n’avions toujours pas confirmé Will et Jeff. J’ai tapé du poing sur la table : 'Les gens d’Universal appellent tous les jours, alors donnez-moi ces deux acteurs ou je pars là-bas !' Je ne pense pas que ce transfert vers un autre studio aurait vraiment été possible, mais c’était une excellente menace", se souvient le metteur en scène.

Ce dernier a eu du flair, la performance de Will Smith étant souvent citée par le public comme un des gros points forts du blockbuster. La scène que nous évoquions plus haut, où il abat un vaisseau alien, frappe l’extraterrestre et lance la réplique cinglante : "Bienvenue sur Terre", est devenue mythique. Après ce film, le comédien a enchaîné les succès, notamment la trilogie Men In Black, dans laquelle il affronte encore des petits hommes verts.

Il y a 28 ans, Marion Cotillard donnait une de ses toutes premières interviews

Enfant de la balle, Marion Cotillard baigne depuis longtemps dans l'atmosphère des plateaux de théâtre. Dès qu'on a besoin d'un bébé ou d'un enfant pour une pièce, la voici sur les planches, donnant la réplique à sa mère.

Après quelques apparitions pour Arnaud Desplechin (Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle) en 1996) et Coline Serreau (La Belle verte), c'est la série des Taxi, initiée en 1998 sous l'impulsion du producteur Luc Besson, qui la révèle au grand public.

Une ascension qui débouchera, dix ans plus tard à peine, sur une incroyable consécration avec La Môme Piaf qui la fait entrer dans la légende, en remportant un Golden Globe, un BAFTA, un César et un Oscar de la Meilleure actrice. Une mise sur orbite internationale et définitive de sa carrière, dont le succès ne s'est pas démenti depuis.

C'est à l'aune de ces considérations que l'on regarde l'une des toutes premières interview de la comédienne, réalisée sur la plage de Cannes en mai 1998 lors de la présentation du film Taxi de Gérard Pirès. Une rencontre qui avait servi pour un documentaire coproduit par la Télévision Suisse (RSI), Homo Cinematographicus, de Alberto Veronese.

"Je n'ai presque rien fait" lâche humblement l'actrice, qui se raconte dans une interview touchante et pleine de fraîcheur, du haut de ses 23 ans, retraçant son parcours professionnel et sa vision du métier de comédienne. Issue d'une famille d'artistes, elle explique avoir d'abord envisagé cette carrière avec une certaine insouciance avant de réaliser son importance vitale.

"Il y a des gens que j'aime, mais ce ne sont pas mes modèles. Je n'ai jamais voulu travailler par rapport à ce que faisaient les gens. J'ai envie de trouver les choses en moi, et de trouver ma propre façon d'aborder un rôle" confie Marion Cotillard. "J'aime Audrey Hepburn, Greta Garbo, récemment Patricia Arquette... [...]

En fait, si j'ai des modèles, en tout cas des gens chez qui je découvre des choses qui me permettent d'évoluer, c'est plutôt chez les comédiens hommes, je ne sais pas pourquoi. J'ai découvert comme tout le monde Leonardo DiCaprio, et il est incroyable. Il a complètement accepté sa part masculine et féminine, et ca donne un truc d'une dimension..." Savoureux, lorsqu'on sait qu'elle finira par lui donner la réplique en 2010 avec Inception de Christopher Nolan.

Elle confie aussi qu'elle n'a pas de technique fixe pour aborder un rôle et que son approche est différente à chaque fois, préférant faire "comme ça vient". Par exemple se plonger dans l'exploration du passé affectif de son personnage, pour le créer physiquement et psychologiquement.

Insiste aussi sur l'importance fondamentale pour elle des répétitions; une méthode qu'elle compare à celle du théâtre. Elle tient à répéter toutes les scènes avant le début d'un film, car cela lui donne la liberté de se tromper, de tester de multiples possibilités et de découvrir des éléments inattendus pour construire le personnage.

Pour les rôles particulièrement sombres ou lourds, comme celui qu'elle a incarné (et qu'elle cite) dans le téléfilm Chloé, diffusé en 1996, où elle interprète une lycéenne tombant dans la prostitution, elle s'immerge totalement et conserve l'énergie du personnage toute la journée sur le plateau, évitant de se dissiper. Elle insiste toutefois sur la nécessité absolue de "décrocher" le soir pour redevenir elle-même et se protéger émotionnellement.

Quoi qu'il en soit, un entretien vraiment intéressant, qu'on vous encourage évidemment à regarder ! On rappelle aussi pour la forme que la comédienne est à l'affiche du film Roma Elastica, qui sera diffusé en séance de minuit durant le Festival de Cannes cette année. Elle y incarne une star de cinéma à bout de souffle épaulée par sa fidèle maquilleuse, campée par Noémie Merlant.

Dune : le film avec Kyle MacLachlan ressort au cinéma

 Le 15 janvier 2025, le monde du cinéma pleure la disparition de David Lynch aux quatre coins du monde, et chacun en profite pour citer ses chouchous dans la filmographie du réalisateur au style unique. Sans surprise, Muholland Drive revient souvent, au même titre que Twin Peaks (la série et son prequel sous forme de film), Lost Highway, Elephant Man ou Sailor et Lula, mais il y a très peu de mentions d'Inland Empire, son ultime long métrage, et encore moins de son adaptation de Dune, sortie dans nos salles en février 1985. Peut-être parce que lui-même ne l'aurait pas citée, vu qui l'a reniée.

Dès sa parution en 1965, le roman de Frank Herbert s'est attiré les convoitises d'Hollywood, et Alejandro Jodorowsky est le premier à vraiment s'être cassé les dents sur son adaptation, qui a néanmoins donné naissance à un riche documentaire, à l'issue duquel on regrette de ne pas avoir vu le résultat, tout en se demandant à quoi il aurait vraiment ressemblé. Il faudra attendre la première moitié des années 80 pour qu'un projet aboutisse : bien décidé à surfer sur le succès de Star Wars, le producteur Dino de Laurentiis parvient à convaincre David Lynch, qui sort du succès d'Elephant Man et vient de refuser... Le Retour du Jedi.

Séduit par l'univers de Frank Herbert et doté d'un budget de 40 millions de dollars, le cinéaste confie le rôle principal à l'inconnu Kyle MacLachlan et s'offre les services de Sting, dans un rôle secondaire, ou du groupe Toto pour la bande-originale. Mais le rêve tourne vite au cauchemar dans les studios de Churubusco (Mexique), entre techniciens non qualifiés, maladies, pannes et autres démissions pour cause d'impayés.

David Lynch vient quand même à bout du projet avec un premier montage de 3h30 auquel soixante-treize minutes seront retirées pour permettre à un film de 2h17 d'arriver dans les salles mondiales. Vouloir condenser un tel monument en un seul opus étant déjà bien compliqué, le résultat est, hélas (et sans surprise), déséquilibré et beaucoup trop rapide dans sa seconde moitié, centrée sur l'ascension de Paul Atréides. A tel point que le cinéaste ne met pas longtemps à renier ce qu'il a considéré comme "son plus grand échec", précisant qu'il n'avait pas eu de contrôle artistique total, encore moins de final cut.

Grandement critiqué par le presse et le public à sa sortie, ce Dune est pourtant loin d'être honteux, et possède même un charme certain, une étrangeté et même une folie qui préfigure la suite de sa carrière et qui, pour beaucoup, manquent aux films de Denis Villeneuve, parvenu avec succès à offrir une seconde chance à l'oeuvre de Frank Herbert avec une adaptation en deux parties, que suivra en décembre prochain un troisième volet inspiré du roman "Le Messie de Dune".

On ne peut évidemment que rêver à ce qu'aurait donné le film s'il n'avait pas été raboté à ce point, tant ce qu'il reste ne manque ni de qualité ni de style, malgré un déséquilibre évident, y compris pour qui n'a pas lu le matériau de base. Et c'est pourquoi il mérite bien mieux que ce que sa production chaotique laisse craindre, d'où la bonne nouvelle que représente cette possibilité de le (re)voir au cinéma, en version restaurée 4k, depuis le 13 mai.

C'est en effet l'occasion de le (re)voir et de lui (re)donner sa chance dans les meilleures conditions. Et, pour beaucoup, d'enfin combler un manque, ce Dune n'ayant pas été projeté par les cinémas ayant programmé la quasi-totalité des longs métrages de David Lynch après la mort de ce dernier. Il suffisait juste d'être un peu patients.