17 février 2026

Les Aventuriers de l'Arche Perdue sur M6 : il y a 45 ans, George Lucas ne voulait pas entendre parler d'Harrison Ford pour jouer Indiana Jones

Indiana Jones, l'archéologue le plus célèbre du monde, inventé par Steven Spielberg et George Lucas, est indissociable du comédien Harrison Ford. Cependant, au début des années 80, quand les deux réalisateurs cherchaient la bonne personne pour enfiler le chapeau d'Indy, ils ne pensaient pas du tout à celui qui campait Han Solo dans Star Wars.

L'histoire est bien connue, Spielby et Lucas avaient jeté leur dévolu sur Tom Selleck, jeune acteur de 35 ans en pleine ascension. Tout était prêt pour le comédien, notamment le costume et le chapeau, conçus spécialement pour lui.

"Les vêtements seuls n'ont aucune valeur ni aucun sens s'ils ne sont pas portés par une personne spécifique. Et je vous assure que le costume aurait été très différent si Tom Selleck, l'acteur original d'Indiana Jones, avait tourné le film à la place d'Harrison Ford", explique la chef costumière Deborah Nadoolman, citée dans Mad Movies Classic "Indiana Jones, sur les traces du plus grand aventurier de cinéma" (Alexandre Poncet, Cédric Delelée et Gilles Esposito).

Au dernier moment, Tom Selleck a dû décliner l'offre, coincé par son contrat le liant à la chaîne CBS pour la série Magnum. Ce récit concernant l'homme à la moustache est très célèbre. Ce qu'on sait moins, c'est que George Lucas était farouchement opposé à confier le rôle de l'aventurier à Harrison Ford. L'acteur avait pourtant passé des essais, au même titre qu'un certain Sam Neill, qui jouera plus tard le paléontologue Alan Grant dans Jurassic Park.

Pour le papa de Star Wars, c'est un refus net et catégorique. Harrison Ford est déjà Han Solo, il ne peut pas être aussi Indiana Jones. George Lucas martèle également qu'il ne souhaite pas suivre l'exemple de Martin Scorsese, qui enchaîne les films avec Robert De Niro.

C'était sans compter sur la détermination de Steven Spielberg, impressionné par Ford dans les rushes de L'Empire contre-attaque. Il parvient à convaincre son compère de prendre à nouveau rendez-vous avec le comédien pour des screen tests.

Harrison Ford donne tout ! Sa performance est tellement bluffante qu'il réussit à faire changer d'avis George Lucas. Conquis, le cinéaste donne son accord pour engager l'acteur. Spielberg est ravi, ces essais l'ont encore plus conforté dans l'idée qu'il avait fait le bon choix.

Cette décision n'a pas été du goût de toute l'équipe de tournage, surtout la chef costumière Deborah Nadoolman, qui a dû reprendre son travail de zéro.

"J'avais entièrement fini le costume pour Tom Selleck, et quand il est parti, j'ai été extrêmement déçue", se souvient l'artiste. "Sincèrement, on ne savait pas quoi faire ! Notre réaction à tous a été : Quoi ? Han Solo sera Indiana Jones ? Vraiment ? On avait Tom Selleck, il était superbe, il nous plaisait énormément. On a dû faire la transition très rapidement, et livrer un prototype de costume deux jours plus tard", ajoute celle qui est aussi la créatrice des costumes du clip Thriller de Michael Jackson.

Finalement, son travail finira par payer. Le look d'Indiana Jones dans le premier volet contribuera à forger la légende d'un personnage mythique.

Le comédien Michel Charrel est mort à 89 ans

Le comédien Michel Charrel est décédé à 89 ans. Jamais premier rôle, il faisait partie de ces visages du cinéma croisés devant les caméras de Robert Enrico, Claude Chabrol, Michel Audiard, Jean Delannoy, Georges Lautner, Marcel Carné et même de John Frankenheimer.

Dans un communiqué relayé par Voici, son agence lui a rendu hommage :

"C'est avec une infinie tristesse que l'Agence Artistique Stéphane Lefebvre vous annonce le décès du comédien Michel Charrel, survenu à Paris le 14 février 2026, à l'âge de 89 ans. Talent d'exception et homme d'une grande générosité, son départ laisse un immense vide auprès de tous ceux qui ont eu la chance de le connaître. Toutes nos pensées vont à sa famille et à ses proches".

Sa carrière débute en 1962, avec un rôle non crédité de chanteur russe dans Le Gentleman d'Epsom, avec Jean Gabin en tête d'affiche. On le retrouve ensuite la même année dans Le Train de John Frankenheimer, Fantômas d'André Hunebelle et Le Tigre aime la chair fraîche de Claude Chabrol.

Ce dernier lui confiera d'ailleurs des rôles dans 4 autres de ses films : Landru (1963), La Femme infidèle (1968), Que la bête meure (1969) et son sketch des Plus Belles Escroqueries du monde (1963).

On peut aussi apercevoir Michel Charrel dans Trois chambres à Manhattan et Les Grandes gueules, puis il tourne pour la deuxième fois avec Jean Gabin dans Le Jardinier d'Argenteuil (1966), puis ils se recroiseront dans Le Pacha (1968) et Le Clan des Siciliens (1969).

On peut également le croiser dans Belle de jour de Luis Buñuel, Les Risques du métier d'André Cayatte, Ces messieurs de la famille de Raoul André et deux films de Michel Audiard (Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages et Une veuve en or).

Au début des années 80, après être apparu dans La Pension des surdoués et Le Guépiot (1980), il s'éloigne des plateaux et n'y reviendra que ponctuellement. Pour Le Brasier d'Eric Barbier (1989), Les Amants réguliers de Philippe Garrel (2005) ou Médecin de campagne (2016) et la série Hippocrate (2018) de Thomas Lilti, toujours dans des petits rôles.

Sa dernière apparition à l'écran était dans Le Sel des larmes, à nouveau signé Philippe Garrel et sorti en 2020.

L'affaire Gisèle Pelicot a fait l'objet d'un documentaire disponible sur HBO Max

Ce mardi 17 février paraissent aux éditions Flammarion les mémoires de Gisèle Pelicot, intitulées Et la joie de vivre. Cet ouvrage de 320 pages co-écrit avec la journaliste et écrivaine Judith Perrignon évoque l'histoire personnelle et familiale de son autrice, et revient également sur les coulisses de son combat pour faire face publiquement à ses agresseurs.

Le nom de Gisèle Pelicot est devenu celui d’un symbole de la lutte pour le droit des femmes. Son témoignage au cours du procès ultra-médiatisé contre son mari a ému la presse internationale, et ouvert un vaste débat public. Sa volonté d’assister à l’intégralité des délibérations et de faire face à l’homme qui lui a fait subir l’innommable a également forcé le respect de millions de personnes à travers le monde.

Héroïne du monde réel, il ne fait aucun doute que l’histoire de Gisèle Pelicot sera un jour transposée dans une œuvre de fiction. Mais avant qu’un biopic ne voie le jour, un documentaire consacrée à l’affaire la plus médiatisée en 2024 débarque sur la plateforme Max. Intitulé L’affaire Pelicot – un procès pour l’histoire, ce film de 65 minutes est réalisé par la britannique Anna Davis.

Cette production anglaise montre la renommée internationale de cette affaire, bien au-delà de nos frontières. Elle offre également un point de vue intéressant pour le public français, et offre la parole à divers protagonistes de l’affaire y compris à certains des accusés (dont l’anonymat a été conservé). Gisèle Pelicot n’a pas participé au projet, mais des extraits de ses interventions sont lus par une comédienne de doublage.

Ce documentaire a vraisemblablement été produit pour faire connaître cette histoire au public étranger. Mais les téléspectateurs français y trouveront également une synthèse convaincante du procès et de ses retombées médiatiques.

N’espérez pas y trouver de nouvelles révélations sur l’affaire qui n’est pas encore totalement finie, puisque la fin du film nous rappelle qu’un nouveau procès se tiendra en fin d’année pour les accusés qui ont fait appel de leur condamnation.

Le documentaire L’affaire Pelicot – un procès pour l’histoire est à retrouver dès à présent en exclusivité sur Max. Son autobiographie, intitulée Et la joie de vivre, est disponible aux éditions Flammarion.

Mort de Robert Duvall : Hollywood rend hommage au mythique comédien

Hollywood est en deuil et les hommages affluent depuis l'annonce de la mort de Robert Duvall, ce lundi, à l'âge de 95 ans. Al Pacino et Robert De Niro, qui avaient partagé l'affiche du Parrain, 2e partie avec le comédien, ont rapidement réagi, tout comme Francis Ford Coppola, qui avait notamment dirigé la star hollywoodienne dans les deux premiers volets du Parrain et Apocalypse Now.

"Ce fut un honneur de travailler avec Robert Duvall", déclare Al Pacino. "Il était un acteur né, comme on dit. Son lien avec le métier, sa compréhension de ce dernier et son talent phénoménal resteront à jamais gravés dans les mémoires. Il va me manquer." De son côté, Robert De Niro écrit : "Que Dieu bénisse Bobby. J'espère pouvoir vivre jusqu'à 95 ans. Qu'il repose en paix."

Francis Ford Coppola, qui avait collaboré avec Robert Duvall à de nombreuses reprises, déclare sur son compte Instagram : "Quelle tristesse d'apprendre la disparition de Robert Duvall. Un acteur si talentueux et un pilier d'American Zoetrope depuis ses débuts : Les Gens de la pluie, Conversation secrète, Le Parrain, Le Parrain, 2e partie, Apocalypse Now, THX 1138, Assassination Tango."

"Un autre ami nous quitte. Nous avons joué ensemble et sommes devenus amis", déclare sur Instagram l'acteur Michael Keaton, qui avait donné la réplique à Robert Duvall dans le long métrage Le Journal. "Je me souviens de cet après-midi sur le perron de ma maison où nous avions discuté de chevaux. Il incarnait la grandeur en tant qu'acteur."

"Un homme incroyablement drôle. Incroyablement fort. L'un de nos plus grands acteurs", déclare Adam Sandler sur son compte Instagram. "Un homme avec qui on aimait tant discuter et rire. On l'aimait tellement. Tout le monde l'aimait. Il avait tant de films légendaires à son actif. Regardez-les dès que vous le pouvez."

Enfin, Stephen King, en guise d'hommage, cite sur le réseau X la réplique culte du comédien dans Apocalypse Now : ""J'aime l'odeur du napalm au petit matin. Repose en paix Robert Duvall.""

Léa Seydoux retrouve Arnaud Desplechin pour Les Choses qui font mal

Après deux films sortis en 2025, Spectateurs ! et Deux pianos, Arnaud Desplechin travaille sur un autre projet, The Thing That Hurts ou Les Choses qui font mal en français, qui sera son troisième film en langue anglaise après Esther Kahn (2000) et Jimmy P. (2013).

Annoncé en 2024, on sait peu de choses sur ce long-métrage si ce n’est que, selon Les Inrockuptibles, il racontera la "rencontre entre les patients d’une psychothérapeute américaine, récemment décédée, et les souvenirs qu’ils ont d’elle" et que Léa Seydoux et Golshifteh Farahani feront partie du casting, aux côtés des Américains Jason Schwartzman et John Turturro.

En janvier dernier, le site World of Reel précisait que Felicity Jones et Alfre Woodard seraient également de l’aventure et qu’un financement belge était en bonne voie pour un tournage au printemps 2026.

Le média précisait même qu’un certain Wes Anderson faisait partie des producteurs du film, ce qui semble cohérent avec sa distribution. Jason Schwartzman est un des comédiens fétiches du cinéaste américain et il a d'ailleurs déjà donné la réplique à Léa Seydoux dans deux de ses films : The Grand Budapest Hotel (2014) et The French Dispatch (2021).

Ce ne sera pas non plus la première fois que l’actrice tourne sous la direction de Arnaud Desplechin puisqu’elle était déjà à l’affiche de Roubaix, une lumière (2019) et Tromperie (2021). Quant à Golshifteh Farahani, elle était au casting de Frère et sœur (2022).

Aucune date de sortie n'a encore été annoncée pour Les Choses qui font mal, mais on peut imaginer une sortie autour du Festival de Cannes 2027, le cinéaste étant un grand habitué de la Croisette.

Les Rayons et les Ombres : voici la bande-annonce d'un film historique avec Jean Dujardin, inspiré de faits réels et méconnus

Dans le rôle principal, on retrouve Jean Dujardin qui incarne ici le rôle complexe et nuancé d'un homme qui va peu à peu sympathiser avec les membres du Troisième Reich. Sa fille est incarnée par l'actrice Nastya Golubeva qui n'est autre que la fille du réalisateur Leos Carax (Les Amants du Pont-Neuf, Annette).

Produit par le studio Gaumont, Les Rayons et les ombres est un film épique qui n'est pas sans rappeler l'ambition de The Brutalist, fresque américaine de Brady Corbet sorti en 2025. Il s'agit, là aussi, d'une fresque historique, bien française cette fois, d'une durée de 3h15. Pour le moment, il n'est pas question de projeter le film avec une entracte pendant les séances.

Nul doute que le film retracera la chute de Jena Luchaire. Arrêté en Italie, il est condamné à mort et fusillé en février 1946. Quelques mois plus tard, sa fille aînée Corinne, qui s’était enfuie avec lui, comparaît devant la Chambre civique du département de la Seine, et est condamnée à dix ans d’indignité nationale.

Les Rayons et les ombres, au cinéma le 18 mars 2026

16 février 2026

Dana Eden, productrice de la série Téhéran, retrouvée morte pendant le tournage de la saison 4

Une enquête a été ouverte pour faire toute la lumière sur l'affaire. Dana Eden, la productrice de la série Téhéran, a été retrouvée morte dimanche 15 février. Son corps a été découvert dans une chambre d'hôtel d'Athènes, rapporte l'agence de presse Reuters.

Un proche avait donné l'alerte, Dana Eden étant injoignable. Le corps de la productrice de 52 ans a été retrouvée dans sa chambre d'hôtel près de la place Syntagma, en plein centre de la capitale grecque.

Elle se trouvait en Grèce pour le tournage de la saison 4 de Téhéran, selon le média Times of Israël. Pour l'heure, la thèse privilégiée par les enquêteurs grecs pour expliquer ce décès est celle du suicide.

"Tout semble indiquer qu’il s’agit d’un suicide", selon un porte-parole de la police cité par le journal israélien, des marques constatées sur son cou pourraient être le résultat "d’une tentative de suicide avec le câble du téléphone."

La police aurait également retrouvé dans la chambre d'hôtel des médicaments. "C’est un moment de grande tristesse pour la famille, les amis et les collègues", a déclaré la société de production Donna and Shula Productions dans un communiqué.

"La société de production tient à préciser que les rumeurs concernant un décès à caractère criminel ou nationaliste sont fausses et sans fondement", est-il ajouté pour couper court à la diffusion d'informations non vérifiées. Sur les réseaux sociaux, certains commentateurs affirmaient que Dana Eden avait été tuée par des agents iraniens.

Dana Eden était arrivée le 4 février à Athènes pour le tournage de la quatrième saison de la série à succès diffusée sur Apple TV. Les trois premières saisons de la série Téhéran, centrée sur Tamar Rabinyan, une agente du Mossad infiltrée dans la capitale iranienne, ont été tournées à Athènes.

Le tournage de la quatrième saison avait été retardé après les attaques commises par le Hamas en Israël le 7 octobre 2023 et les bombardements sur Gaza qui ont suivi. Téhéran est devenue l'une des productions israéliennes les plus vendues à l'international et a reçu l'Emmy Award de la meilleure série dramatique en 2021.

Dana Eden travaillait en étroite collaboration avec la productrice Shula Spiegel au sein de leur société commune, Dana and Shula Productions, à l'origine de Téhéran et de nombreux autres projets.

Séries Mania: la suite de "La Servante écarlate" lancera le festival, qui promet une édition politique

Sur le réseau social X, le ministre israélien de la Culture, Miki Zohar, a rendu hommage à "l'une des productrices les plus importantes et influentes de l'industrie télévisuelle israélienne".

Robert Duvall est mort à 95 ans

L'acteur américain Robert Duvall s'est éteint ce lundi 16 février à 95 ans, annoncé son épouse Lucienne Duvall sur Facebook (via Variety). Elle y a écrit un message poignant :

"Hier, nous avons dit adieu à mon mari bien-aimé, mon ami cher et l'un des plus grands acteurs de notre époque. Bob s'est éteint paisiblement chez lui, entouré d'amour et de réconfort. Pour le monde, il était un acteur oscarisé, un réalisateur, un conteur. Pour moi, il était tout simplement tout."

Natif de la Californie du sud, Robert Selden Duvall est le second des trois fils de l'amiral William Howard Duvall. Très jeune, il est poussé par ses parents vers une carrière de comédien. C'est ainsi qu'il part pour New York après être sorti diplômé en arts dramatiques du Principia College, dans l'Illinois, et qu'il débute sur les planches de Broadway en 1955.

Il étudie sous la tutelle de l'acteur Sanford Meisner au théâtre du Neighborhood Playhouse. Sa performance dans la pièce Vu du pont en 1957 est, selon Robert Duvall lui-même, la clé qui lui ouvrira les portes d'une brillante carrière cinématographique.

En 1963, il décroche son premier rôle au grand écran aux côtés de Gregory Peck, en interprétant Boo Radley, l'effrayant voisin attardé qui finit par sauver les enfants Du silence et des ombres. Un an plus tard, il retrouve la star de Moby Dick dans Le Combat du Capitaine Newman, où il joue cette fois le rôle du capitaine Paul Cabot Winston.

Flic new-yorkais homophobe dans Le Détective (1968) ou chauffeur de taxi dans Bullitt (id.), il trouve un puissant accélérateur pour sa carrière en la personne de Francis Ford Coppola. C'est en effet sous sa direction qu'il trouve ses plus beaux rôles : un flic arrogant mais au bon fond dans Les Gens de la pluie (1969), l'avocat confident des Parrains Marlon Brando (1972) et Al Pacino (1974), un directeur qui court à une mort certaine dans Conversation secrète (id.) ainsi que l'inoubliable lieutenant colonel William "Bill" Kilgore dans la fresque Apocalypse Now (1979), une prestation pour laquelle il remporte le Golden Globe du Meilleur second rôle.

Robert Duvall collabore avec d'autres cinéastes de renom comme Robert Altman (le satirique M.A.S.H. en 1970), George Lucas (le futuriste THX 1138 en 1971), Sam Peckinpah (Tueur d'élite en 1975) ou encore Sidney Lumet (Network en 1976). Composant un brillant tandem avec Robert De Niro dans le film policier Sanglantes confessions (1981), il est oscarisé en 1983 pour son rôle d'ancien chanteur de country alcoolique dans Tendre bonheur, un drame de Bruce Beresford dont il a lui-même composé les chansons.

Archétype du dur au cœur tendre, il collectionne les rôles de flic sympathique, que ce soit aux côtés de Sean Penn (Colors, 1988) ou face à Michael Douglas (Chute libre, 1993) et Denzel Washington (John Q, 2002), et fait souvent figure de mentor pour la jeune génération (Tom Cruise dans Jours de tonnerre, Nicolas Cage dans 60 secondes chrono, Eric Bana dans Lucky You, Joaquin Phoenix dans La Nuit nous appartient).

En 1989, il joue dans la mini série télé Lonesome Dove, qui montre deux anciens Texas Rangers qui décident de convoyer du bétail jusqu'au Montana, distant de plus de 4000 km. Sa prestation lui vaut le Golden Globes de meilleur acteur dans un téléfilm, et une nomination aux Emmy Awards, les Oscar de la télé américaine.

A plus de 60 ans, Robert Duvall continue à tourner avec une régularité exemplaire et dans des registres divers (Phénomène, Deep Impact, A l'aube du 6ème jour, Open Range, Thank You for Smoking...). Fort de cette expérience devant la caméra, il se met lui-même en scène dans le très remarqué Prédicateur en 1997 et en tueur à gages passionné de tango dans Assassination Tango en 2004. Après avoir été le père pour le moins compétitif de Will Ferrell dans la comédie familiale Match en famille, puis celui de Vince Vaughn dans Tout... sauf en famille.

Après une apparition brève mais bouleversante dans La Route (2009), et un caméo clin d’œil à son rôle de Tendre bonheur dans Crazy Heart, il joue dans Get Low, inspiré d’une histoire vraie, un vieil ermite mystérieux dans les États-Unis des années 30. Jamais fatigué, Duvall prouve qu'il est encore en forme, monte à cheval, et bouleverse les certitudes d’un jeune homme dans Seven Days in Utopia (2011).

Le comédien côtoie Tom Cruise en 2012 dans le film d'action Jack Reacher avant de s'illustrer dans Le Juge en 2014. Il y donne la réplique à Robert Downey Jr, qui incarne son fils. L'acteur travaille ensuite deux fois de suite avec James Franco dans Wild Horses (que Duvall réalise aussi) et In Dubious Battle (mis en scène et interprété par Franco). En 2018, il apparaît dans Les Veuves de Steve McQueen.

Robert Duvall, souvent raillé comme "l’éternel second rôle d’Hollywood", mérite par sa carrière et son talent, une place d’honneur dans le panthéon du cinéma.

Emilien Jacquelin : cette maladie qui a brutalement freiné sa carrière de skieur

Double champion du monde de biathlon, Emilien Jacquelin a choisi de mettre un terme prématuré à sa saison de Coupe du monde. Un arrêt brutal qui a surpris les observateurs mais qui n’a rien d’un caprice.

Invité à échanger avec des lecteurs, il s’est confié à L’Équipe avec une franchise désarmante sur ce qui l’a réellement poussé à lever le pied : un épuisement profond, autant physique que mental.

Revenant sur sa décision prise quelques jours après son sacre mondial en relais à Oberhof, le biathlète a expliqué : "C'est une décision qui fut difficile à prendre et que j'aurais pu prendre il y a un an après les Jeux Olympiques. À l'époque, j'étais deuxième mondial et cela aurait été très compliqué de m'arrêter. Ça fait un an que j'avais conscience que mon énergie était en phase descendante et que j'avais besoin de souffler. J'ai la capacité de mettre beaucoup d'énergie, c'est ce que j'ai fait, mais à un moment donné il faut savoir s'écouter, car je ne suis pas une machine, et ça a déraillé."

Derrière les podiums et les médailles, le champion de 27 ans évoque un mental usé, une flamme vacillante. "Sans ce break, je pense que, dans un an, j'aurais dit au revoir au biathlon parce que je ne m'y retrouvais plus. C'est comme un vinyle : j'en ai fini avec la face A, je fais une pause avant de retourner le disque et lancer la face B. J'avais un besoin de faire la paix avec tout ça."

Si la fatigue psychologique a récemment freiné son ascension, une autre épreuve avait déjà contrarié ses ambitions sportives par le passé : la mononucléose. Avant de se consacrer pleinement au biathlon, Emilien Jacquelin rêvait d’une carrière dans le cyclisme professionnel. Mais la maladie est venue bouleverser ses plans. "J'ai eu des regrets sur le coup mais je crois un peu au destin. Je suis très content de voir des amis qui sont passés pro. Non pas que je vis mon rêve à travers eux, mais il y a une partie de moi qui est super content de les voir là où ils sont. Je pense qu'il y a des rêves qui sont faits pour ne pas être réalisés."

Aujourd’hui encore, celui qui a reçu la Légion d'Honneur, entretient un lien fort avec le vélo. Il utilise comme échappatoire et outil d’entraînement. Mais au-delà du physique, c’est bien le mental qui reste au cœur de sa réflexion. Sur ses difficultés récentes au tir, il analyse sans détour : "Avant les dernières épreuves, j'étais ultra-concentré. Mais, dès que la course débutait, je sentais le cerveau qui éteignait la lumière. Je n'avais du coup plus ce qu'il fallait en ressources mentales." Une lucidité rare dans le sport de haut niveau, où l’on parle peu de fragilité. Pour lui, cette pause n’est pas un échec, mais une nécessité pour revenir plus fort.

Sophie Marceau favorable à #MeToo ? Elle donne un avis tranché

En novembre prochain, Sophie Marceau fêtera ses 60 ans. Un cap symbolique que l'actrice s'apprête à franchir non sans une certaine appréhension. "S’il ne me vient pas à l’idée de penser à la postérité, il m’arrive de penser à la mort, et ce n’est pas une idée qui m’amuse beaucoup", confie-t-elle dans une interview accordée en exclusivité à nos consoeurs du magazine Madame Figaro.

La comédienne essuie de plein fouet la misogynie d'une industrie qui relègue les quinquagénaires à "des rôles de grand-mère parce que vous n’êtes pas si mal". Dans LOL 2.0, son nouveau film, la réalisatrice Lisa Azuelos la fait ainsi interpréter une maman dont le fils (Victor Belmondo) s'apprête à devenir père. "Je me souviens qu’à un moment donné, j’étais devant une assemblée, et je racontais le pitch du film, se souvient-elle. Je révèle alors que mon personnage va devenir grand-mère. Et là, j’entends tous les hommes dire 'Oh non !' C’est fou, non ?"

Féministe, Sophie Marceau se réjouit de l'apparition des coordinateurs d'intimité sur les plateaux de tournage. Selon le CST, cette profession consister à "établir et faire respecter le cadre dans lequel sont préparées et tournées les scènes d’intimité, en apportant de la transparence, et en parvenant à des accords conciliant consentement et besoins de la narration, pour anticiper et éviter la survenue de problème lors du tournage de ces scènes".

"Je trouve ça très bien, livre de manière tranchée l'actrice découverte dans La Boum. Parce que je les entends encore les derniers lascars qui s’accrochent et continuent à faire leurs blagues salaces. Des vieux de ma génération qu’on ne changera pas." Selon elle, la libération de la parole était indispensable à la faveur du mouvement #MeToo. "Il est vital de s’exprimer dès qu’il y a un truc qui ne passe pas, une gêne, un malaise. Je n’ai rien contre les hommes, mais je suis inconditionnellement pour la défense des femmes", insiste-t-elle.

La jeune Sophie Maupu est loin d'avoir atteindre la majorité quand elle décroche son premier rôle au cinéma. "J’étais pudique, j’étais timide, les rapports de séduction me paraissaient suspects, en un sens, ça m’a sauvée", raconte-t-elle à Madame Figaro. Surtout, l'adolescente appelée à devenir plus tard James Bond girl n'a pas pas passé beaucoup de casting dans les années 1980. "On demandait aux filles de se déshabiller, moi je ne suis pas allée au-delà du tee-shirt – c’est en Amérique que l’on me l’a demandé…"

Elle poursuit : "Dans les scénarios, il y avait toujours un moment où la fille se faisait humilier, pour rien, gratuitement. Moi, je disais non, ce qui a éliminé pas mal de projets". Sophie Marceau affirme avoir eu très tôt conscience de ces débordements. "Je voyais bien qu’il y avait une manière assez répandue de traiter les femmes, et qui ne me convenait pas." En refusant de jouer la Lolita, une mode à l'époque selon elle, la comédienne a ainsi réussi à se protéger.