Zazie marche en chantant sur un pont, en regardant la caméra qui la précède dans un travelling arrière. Le clip de La même histoire mis en ligne début septembre a beau avoir l’air simple, son tournage a été un peu plus complexe…
Au cours de ce qui est un vrai plan séquence de plus de quatre minutes, l’image s’accélère brusquement à de brefs instants, conférant une certaine intensité à cette promenade nocturne. Pour que l’effet fonctionne, l’artiste a dû apprendre à interpréter certaines parties de sa chanson au ralenti pour que leur vitesse soit ensuite multipliée. « C’était un vrai boulot, confie Zazie à 20 Minutes. Mais, comme je connais très bien et depuis longtemps le réalisateur, Christian Beuchet, on est resté quand même très instinctifs. »
« On a fait ça un peu à l’arrache, avec beaucoup de spontanéité », poursuit-elle. La chanteuse a effectué elle-même les repérages : « J’ai pensé au pont de Bir-Hakeim mais il est trop connu. Je voulais tourner la nuit avec les réverbères et qu’il y ait le métro. » Elle a porté son dévolu sur le pont de Bercy. « J’ai envoyé des vidéos à mon réal' en lui expliquant qu’à tel endroit on pouvait faire un camp de base et qu’il y avait un café en bas où pourrait s’installer ma copine maquilleuse… »
Il y a bien sûr eu plusieurs prises, jusqu’à aboutir à la bonne. « Sur la dernière, on a eu du bol parce qu’il y a eu un embouteillage à la fin de la chanson. Alors que ce n’était pas du tout prévu, je me suis dit que j’allais slalomer entre les voitures. Comme je savais qu’il y aurait du ralenti, j’ai eu envie de le faire. Bon, on me voit quand même vérifier pour que je ne me fasse pas écraser, on est à quand même à Paris », rit-elle.
La même histoire est la première chanson que Zazie a écrite après son Nouvel Air Tour en 2024. « Je me suis remise plus rapidement à l’écriture que prévue, souligne-t-elle. Je ne voulais pas me l’imposer, j’attendais d’en avoir l’envie. J’ai raccordé mon piano et j’ai travaillé en piano-voix. Le premier texte a donc été celui-ci. Je me suis dit : "Oh la la, je suis un peu en colère." J’ai attendu d’en avoir d’autres avant d’appeler mes amis musiciens. »
Et peu à peu, l’album Volatil, qui sortira le 2 octobre a vu le jour. Ce nouvel opus a été annoncé au début de l’été par un premier extrait, Peu importe. Un titre qui n’était pas prévu au départ… « En écoutant mes nouvelles chansons, ma maison de disques m’a dit qu’il y avait beaucoup qui pouvaient sortir en deuxième single, mais qu’elle ne voyait pas quel morceau lancer en premier. J’ai boudé deux jours, puis j’ai pondu Peu importe. Quinze jours après, je la leur ai livrée et ils l’ont trouvée très bien », se remémore-t-elle.
La même histoire n’est cependant pas le deuxième single de Volatil. « C’est un extrait. Je sors un album, donc il faut que les gens sachent un peu ce qu’ils pourront écouter, qu’ils aient des bûches pour décider de faire du feu ou pas. C’est plutôt un à-côté, pour montrer un autre aspect du disque, assure Zazie. Peut-être un peu plus austère, et puis surtout trop long pour aller en radio où les chansons doivent durer moins de trois minutes. Je n’avais aucune intention de couper le moindre couplet de cette chanson. Donc on le fait exister comme ça. »
Le texte de La même histoire, a une tonalité désabusée. Et pour cause. « Je trouve que la petite histoire, comme la grande, se répète. Je suis d’une génération dont les parents ont connu la guerre, et quand ils voient la tête du monde, ils sont très angoissés. Ma mère a 93 ans, mon père est décédé récemment, à 90 ans… Donc sans faire du catastrophisme, je pense que le monde est en pleine mutation. D’où le titre de l’album, Volatil. C’est chimique, pas fiable, c’est un peu instable. Et il y a en même temps cette idée de prendre un peu de hauteur… »








