Dans Jay Kelly, George Clooney prête ses traits à un acteur célèbre dont la carrière est régulièrement accompagnée d’une même critique : il jouerait toujours son propre rôle. La ressemblance avec ce que l’on reproche parfois à Clooney n’a évidemment pas échappé au principal intéressé.
Interrogé par Vanity Fair l’an dernier, il a réagi avec sa franchise habituelle : “Les gens disent que je ne joue que mon propre rôle ? Je m’en fous.” Avant de rappeler la diversité des films dans lesquels il a tourné : “Il n’y a pas beaucoup d’acteurs de mon âge qui peuvent alterner entre des comédies populaires comme O Brother, Where Art Thou? et des films plus sérieux comme Michael Clayton ou Syriana. Alors, si cela signifie que je joue toujours mon propre rôle, je m’en fiche. Avez-vous déjà essayé de jouer votre propre personnage ? C’est difficile.”
Ce recul, Clooney l’attribue aussi à ses débuts, loin d’avoir été immédiatement couronnés de succès. “J’ai bénéficié du fait de ne pas connaître un succès retentissant dans de nombreux domaines de ma carrière”, a-t-il confié au magazine. “Je n’ai connu le succès, ce genre de succès qui peut aveugler, qu’à 33 ans. J’avais déjà travaillé pendant 12 ans. J’avais bien compris à quel point tout cela était éphémère et à quel point cela n’avait finalement rien à voir avec moi, honnêtement.”
Écrit par Noah Baumbach et Emily Mortimer, Jay Kelly suit une immense vedette de cinéma qui traverse l’Europe avec son fidèle manager, Ron, incarné par Adam Sandler. Alors qu’il se rend en Italie pour recevoir un prix, Jay repense aux choix qu’il a faits et aux liens qu’il a laissés se distendre. Laura Dern joue son attachée de presse. Présenté en compétition à la Mostra de Venise en août 2025, le film est sorti sur Netflix en décembre de la même année.
Pour Clooney, un tel personnage se présente rarement à ce stade de sa carrière. “Quand on est acteur dans ma situation, à mon âge, trouver des rôles comme celui-ci n’est pas si courant”, a-t-il expliqué. Il refuse pour autant de lutter contre le temps qui passe : “Si vous ne pouvez pas accepter le vieillissement, alors vous devez quitter le métier et disparaître. Maintenant, quand je poursuis un méchant, c’est drôle – ça n’est plus palpitant. Et c’est OK. J’accepte tout cela.”
Accepter le rôle était une chose, s’adapter à la méthode de Noah Baumbach en était une autre. Le réalisateur aime multiplier les prises, ce qui a poussé George Clooney à le prévenir de ses limites dès le départ.
“Je lui ai tout simplement dit : ‘Noah, écoute, j’adore le scénario. J’apprécie ton travail de réalisateur, mais j’ai 63 ans, mec – je ne peux pas faire 50 prises’”, a raconté l’acteur, qui avait cet âge au moment du tournage. Il a ajouté, non sans autodérision : “Je n’ai pas cette énergie. Mon registre d’acteur est assez limité.”
George Clooney a également profité de cet entretien pour défendre son partenaire de jeu. Adam Sandler retrouvait Baumbach après The Meyerowitz Stories et interprétait cette fois Ron, le manager qui accompagne Jay tout au long de son voyage.
“Ce film, plus que tout autre film d’Adam, révèle à quel point il est un acteur talentueux, sensible et passionné”, a estimé Clooney. Il a insisté auprès de l’équipe pour que son collègue soit considéré à la hauteur de ce rôle : “Je répétais sans cesse à l’équipe : ‘Ne le surnommez pas Sand Man. Ne lui parlez pas comme s’il était un simple comique farfelu. En réalité, c’est un acteur vraiment magnifique et exceptionnel.’ Parce qu'il est surtout connu pour ses comédies légères, quand il joue dans des films plus sérieux comme Uncut Gems, cela rappelle à tous son véritable talent. Il n’est pas seulement un bon comique.”
Si vous ne l’avez pas vu, Jay Kelly est à découvrir directement sur Netflix.









