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02 février 2026

À pied d'œuvre : découvrez le nouveau long-métrage de Valérie Donzelli, porté par Bastien Bouillon

Achever un texte ne veut pas dire être publié, être publié ne veut pas dire être lu, être lu ne veut pas dire être aimé, être aimé ne veut pas dire avoir du succès, avoir du succès n'augure aucune fortune… À Pied d’œuvre raconte l'histoire vraie d'un photographe à succès qui abandonne tout pour se consacrer à l'écriture, et découvre la pauvreté.

Après L’Amour et les forêts, lauréat du César de la meilleure adaptation en 2024, Valérie Donzelli s’attaque une seconde fois à la littérature française et contemporaine, en adaptant sur grand écran le roman de Franck Courtès À pied d'œuvre. Récompensé du prix du meilleur scénario à la Mostra de Venise, ce huitième long métrage de la réalisatrice retrace l’histoire de Paul Marquet, magnifiquement incarné par Bastien Bouillon, un auteur confronté à la pauvreté alors qu’il tente de trouver sa voie dans et par l’écriture.

En piochant une nouvelle fois dans le vivier de la littérature, Valérie Donzelli confie que ses projets d’adaptations sont “presque plus personnels que ceux, plus loufoques, que j’ai réalisés auparavant à partir d’un scénario original”, la fiction littéraire lui offrant un cadre plus défini. Pour ce projet, elle est accompagnée à l’écriture de Gilles Marchand, scénariste de La Nuit du 12, récompensé de six César en 2023, avec qui elle façonne un récit à la fois sobre, incarné et profondément humain.

Ce qui unit la réalisatrice et Franck Courtès dans cette adaptation, c’est un même désir de témoigner d’une réalité peu visible : celle du prix exorbitant de la liberté artistique. Loin de toute mythification, À pied d'œuvre donne à voir ce que signifie, concrètement, choisir de créer hors des cadres établis, une liberté qui se paie par la précarité, et parfois l’incompréhension. Cette œuvre ne cherche ni à embellir ni à dramatiser cette condition, mais à restituer un point de vue, sans jugement. Selon Bastien Bouillon, la réussite du projet réside ici : “dans ce mélange de subjectivité, puisqu’on entre dans la tête et les phrases de Paul, et d’objectivité, puisqu'il ne nous dit pas ce qu’il faut penser”.

Valérie Donzelli puise ainsi dans sa propre expérience pour son projet, confiant avoir elle-même enchaîné de nombreux petits boulots dans sa jeunesse, une réalité que le long métrage embrasse pleinement. En adoptant le point de vue de Paul, elle affirme se sentir “au bon endroit”, portée par une proximité intime avec ce vécu. “Faire un film honnête, c’est très important pour moi”, soutient-elle. Plus qu’un portrait d’artiste, À pied d'œuvre esquisse alors une réflexion universelle sur le choix de la liberté et la quête de sens, dans un monde où créer reste un acte profondément engageant.

Au travers du parcours de Paul, À pied d'œuvre capte avec finesse les contraintes souvent invisibles du monde contemporain. En effet, le thème de la précarité permet d’aborder la dureté sourde de notre époque : “tous mes films sont politiques, même s’ils ne le sont pas de façon manifeste. Chacun raconte mon observation du monde”, affirme Valérie Donzelli. En ce sens, le spectateur voit le héros s’inscrire sur un site de services à domicile pour trouver des clients, symbole d’un nouveau monde du travail désormais régi par des plateformes.

“On est tous notés. Je trouve ce rapport au jugement particulièrement violent et hypocrite”, explique la cinéaste, montrant cette ubérisation du travail qui révèle les mécanismes d’un système où la précarité est aussi relationnelle. Ce projet donne ainsi à voir non seulement une insécurité matérielle, mais également un rapport au travail profondément transformé, où chacun devient à la fois prestataire et produit : une pression diffuse semble s’installer, modifiant les relations humaines elles-mêmes.

Paul entre dans ce système par nécessité, à contre-cœur, créant un tiraillement raconté avec pudeur, en laissant les situations parler d’elles-mêmes. Il ne refuse pas les règles, mais refuse la place qu’on lui assigne : celle d’un homme conforme, attendu là où il devrait être – un père de famille qui gagne de l’argent –. De fait, Valérie Donzelli explique : “ce que les gens jalousent chez lui c’est sa liberté, même si cette liberté leur fait peur. Car la liberté, par définition, est incontrôlable”.

En ancrant ainsi son récit dans des réalités très concrètes, À pied d'œuvre esquisse le portrait d’un homme en friction avec son époque, où tout s’optimise, se mesure et se rentabilise, y compris les individus. Être artiste, dans ce contexte, relève moins d’une posture que d’un état intérieur, fait de doute, de fragilité et d’exposition permanente. Mille fois, l’envie de renoncer et de rentrer dans le rang affleure. Pourtant, quelque chose insiste, dépassant la volonté. “Comment raconter ce que c’est que d’être artiste ? C’était toute la difficulté du film”, souligne la réalisatrice. À pied d'œuvre répond à cette question sans emphase, en donnant à voir le temps long, l’incertitude et le courage silencieux que suppose toute quête de sens et de liberté.

Nouveau long-métrage de Valérie Donzelli, À pied d'œuvre invite à une réflexion douce mais persistante : comment continuer à chercher du sens et de la liberté dans un monde de plus en plus normé ? Porté par Bastien Bouillon, À pied d'œuvre est à découvrir le 4 février au cinéma.

18 septembre 2024

Rue du conservatoire : un documentaire de Valérie Donzelli sur les acteurs et la jeunesse

"En 1996 j’ai passé le concours du conservatoire. Je l’ai raté. Il y a un an on m’a demandé d'y faire une masterclass sur le jeu d’acteur au cinéma. J’y suis allée. J’ai rencontré une jeunesse vivante, joyeuse et passionnée. Parmi mes élèves il y avait Clémence. L’année d’après, elle m’a demandé de filmer leur dernier spectacle. J’ai ressenti son urgence et la peur qu’elle avait de quitter ce lieu mythique. Alors j’ai accepté. En filmant cette jeunesse, j’ai revisité la mienne." Valérie Donzelli

Après le succès de L'amour et les forêts, avec Virginie Efira et Melvil Poupaud, Valérie Donzelli revient avec un film tourné dans la plus grande discrétion et assez inattendu !

Il s'agit d'un documentaire centré sur la jeunesse, passionné de théâtre et par le jeu d'acteur. Il sort au cinéma ce mercredi. A qui se destine-t-il ? On vous répond.

Rue du conservatoire est une immersion au sein d'une promotion de jeunes comédiens, et c'est captivant. "Qu’est-ce qui se cache derrière les acteurs ? Derrière cette peur de ne plus être regardé ?", explique Valérie Donzelli dans sa note intention.

Le documentaire capte ce groupe d'étudiants dans leurs moments de joie, de déception, avec toujours au centre l'amour du jeu. Un documentaire qui transmet le plaisir du jeu et l'amour du théâtre, en l'occurrence ici via Hamlet, avec une nouvelle adaptation très enthousiasmante, grâce au regard de cette jeunesse.

Jeunes ou moins jeunes, chacune et chacun devrait être touché par l'élan de vie du film. C'est un film bouillonnant, mêlant le jeu, et le "je" de Valérie Donzelli, qui se remémore sa propre jeunesse. "J'ai senti qu'il fallait que je sois partie prenante du film aussi avec elle, parce que moi, ce conservatoire, je l'ai raté. Je me suis un peu identifiée à Clémence [l'heroine du film]. J'ai fait ce documentaire l'année de mes 50 ans. Elle, elle en a 25, donc il y a 25 ans qui nous séparent. Et quand on a 50 ans, on se rend compte qu'on est plus jeunes et on comprend la jeunesse et on la regarde avec joie et allégresse, cette jeunesse qui n'a pas conscience qu'elle est jeune. Parce que je crois que les jeunes n'ont pas conscience qu'ils sont jeunes. On a conscience de la jeunesse quand on ne l'est plus."

Une jeunesse que Valérie Donzelli qualifie ainsi dans notre interview podcast : "Je la définis comme une promesse, comme un avenir, comme de la beauté, comme de la joie, comme de la force, comme un super pouvoir, parce que la jeunesse, c'est un super pouvoir."

Valérie Donzelli réalise ici son premier documentaire pour le cinéma. La cinéaste, connue pour les fictions La Reine des pommes, L'amour et les forêts ou encore la série Arte Nona et ses filles, ne s'était encore jamais réellement prêté à cet exercice, même si deux expériences dans le passé lui avait permis de s'y essayer.

Elle avait réalisé un court documentaire pour une exposition photo dont nous vous avions parlé ici. Et par la suite, elle avait été invitée par la chaine Arte a réalisé un documentaire dans le cadre du programme Square Artiste (le doc est à voir ici). "Ca s'appelait Le cinéma de maman, et c'était un film sur le deuil", nous précise Valérie Donzelli.

Est-ce que Rue du conservatoire répond à une envie de faire du documentaire ? "Le documentaire est un endroit qui m'intéresse, parce que d'abord, on travaille en toute petite équipe et j'aime travailler en toute petite équipe". Et d'ajouter : "et c'est quelque chose qui se dessine au fur et à mesure. Donc, on ne sait pas ce que va être le film."

"C'est vrai qu'à chaque fois que j'ai fait du documentaire, c'était des portraits de femmes. Ce qui m'intéresse dans le documentaire, c'est de raconter les gens, de raconter quelqu'un. Et Mais je n'ai pas de projets de... En fait, j'ai un rapport au documentaire un peu comme celui du cinéma, c'est-à-dire qu'il est un peu hybride. Je sais qu'il y a un autre documentaire que j'aimerais faire un jour sur un autre sujet. Je trouve que ce serait intéressant de faire un documentaire sur l'argent. J'ai des idées comme ça de documentaires, mais qui ne sont pas forcément des formes de documentaires classiques."

Rue du conservatoire de Valérie Donzelli est sorti au cinéma ce mercredi.

28 septembre 2021

Bande-annonce d'On est fait pour s'entendre, avec Pascal Elbé, Sandrine Kiberlain et Valérie Donzelli

Après un passage remarqué au Festival du film francophone d'Angoulême, où le film -hors compétition- a reçu un accueil chaleureux du public, On est fait pour s'entendre dévoile ses premières images.

Ce 3ème long métrage de Pascal Elbé, après Tête de turc (2010) et Je compte sur vous (2015), est une comédie romantique librement inspirée d'un handicap, un début de surdité, qui a frappé le cinéaste et que ce dernier a voulu raconter avec humour et légèreté, en s'entourant d'une vaste distribution, allant de Sandrine Kiberlain, à Emmanuelle Devos, en passant par Valérie Donzelli, ou encore François Berléand. Pascal Elbé, à la fois scénariste et metteur en scène du film, tient également le rôle principal.

Le pitch se présente ainsi. Antoine, la cinquantaine, découvre qu'il a perdu beaucoup d'audition. N'assumant pas son handicap, ce professeur d'histoire s'est résigné à vivre dans sa bulle, quitte à susciter l'incompréhension de son entourage. Sa rencontre avec Claire, veuve et mère d’une petite fille mutique va le pousser à s'ouvrir au monde...

On est fait pour s'entendre sortira le 17 novembre 2021 dans les salles.