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19 mai 2020

Mort de Michel Piccoli : 7 films à voir à la télé pour rendre hommage au comédien

En hommage à Michel Piccoli, décédé ce lundi 18 mai à l'âge de 94 ans, les chaînes de télé bousculent leurs programmes. L'occasion de voir ou revoir les incontournables de ce grand monsieur du cinéma français.

C'est OCS Géants qui ouvre la marche dès ce soir à 20h40 avec le cultissime Mépris de Jean-Luc Godard, dans lequel le comédien donne la réplique à Brigitte Bardot. Un monument de la Nouvelle Vague sur les relations troublées entre un scénariste et sa femme. A 22h25, la chaîne propose La Poudre d’escampette de Philippe de Broca, une comédie d'aventure dans lequel il incarne un escroc traversant un désert en compagnie de Marlène Jobert et Michael York pour fuir les Allemands en pleine Seconde Guerre Mondiale. Les deux films seront également disponibles sur la plateforme OCS à la demande.

Ce soir également, France 2 propose, en deuxième partie de soirée, de (re)découvrir Vincent, François, Paul et les autres. Dirigée par Claude Sautet, cette comédie dramatique suit le quotidien d'une bande de potes, parmi lesquels Yves Montand, Serge Reggiani, Gérard Depardieu et, bien sûr, Michel Piccoli.

Jeudi 21 mai, Paris Première diffuse à 22h40 le polar Max et les Ferrailleurs de Claude Sautet. Face à Romy Schneider, Michel Piccoli se glisse dans le costume d'un inspecteur de police glacial et manipulateur lancé sur les traces de braqueurs qui sévissent dans la région. Il décide de leur tendre un piège afin de pouvoir les surprendre en flagrant délit.

Ce dimanche 24 mai, Arte consacre sa soirée au comédien avec, dès 20h55, Les choses de la vie, première collaboration du trio Sautet/Piccoli/Schneider. Une oeuvre nostalgique et émouvante dans laquelle la victime d'un accident de voiture revoit sa vie en accéléré et réalise l'importance des petites choses de l'existence. A 22h20, la chaîne propose L'extravagant Monsieur Piccoli, un documentaire signé Yves Jeuland qui retrace la riche carrière du comédien à travers de nombreux extraits de films et d'interviews.

De plus, le service replay arte.tv met à disposition dès maintenant et ce jusqu'au 13 octobre le drame La Belle Noiseuse de Jacques Rivette. Grand Prix au Festival de Cannes en 1991, le film suit un peintre vieillissant rongé par l'abandon d'un grand tableau qui devait être son chef-d'oeuvre et dont sa femme était le modèle. L'arrivée d'un jeune couple dans sa propriété va lui permettre de reprendre cette oeuvre.

Enfin, lundi 25 mai, France 5 propose à 20h55 la comédie dramatique Une étrange affaire de Pierre Granier-Deferre. Michel Piccoli partage l'écran avec Gérard Lanvin et Nathalie Baye. Centré sur un couple qui se délite, le film a valu à Michel Piccoli l'Ours d'Argent du Meilleur acteur à la Berlinale de 1982.

18 mai 2020

Mort de Michel Piccoli : cette touchante anecdote de Pierre Lescure sur ses enfants

Le 12 mai dernier, Michel Piccoli est décédé, à l'âge de 94 ans. La triste nouvelle de la mort de la légende du cinéma français a été faite par sa famille à l'AFP, ce lundi 18 mai. C'est donc tout naturellement qu'Anne-Elisabeth Lemoine a décidé de rendre hommage à Michel Piccoli, dans son émission C à Vous. Et pour ce faire, la présentatrice avait invité sur son plateau de France 5 la journaliste Anne-Sophie Mercier qui a récemment consacré un livre à Michel Piccoli, ainsi que Pierre Lescure.

En fin d'émission, celui qui est président du Festival de Cannes depuis 2014, a raconté une touchante anecdote sur Michel Piccoli, qu'il connaissait bien. Sur la fin de sa vie, l'acteur et son épouse Ludivine avaient décidé d'adopter deux enfants d'origine polonaise. Des enfants prénommés Inord et Missia, désormais devenus grands. Tout comme lui, Pierre Lescure aussi a décidé d'avoir recours à l'adoption, avec son épouse. Tous les deux sont devenus les parents d'une fille prénommée Anna, adoptée dans un orphelinat au Vietnam, près d'Hô Chi Minh-Ville.

"Quand moi j'ai appris que la petite fille qu'on adoptait, ma femme et moi, allait pouvoir quitter le Vietnam, j'ai quitté précipitamment le Festival de Cannes", s'est souvenu Pierre Lescure. Avant de poursuivre : "Je cours dans l'hôtel. J'avais dit au revoir à [Gilles, ndlr] Jacob. Je croise Michel Piccoli avec son œil malicieux qui m'a dit : 'Haha monsieur Lescure fait des choses très importantes, il court'". Aussitôt, Pierre Lescure lui avait répondu : "Oui, je vais chercher ma fille". Une confidence qui avait beaucoup ému Michel Piccoli. "Et là, il est tombé dans mes bras, et il sanglotait. Et il y avait tout l'amour pour ses deux enfants. Il était bouleversant ce mec-là", a conclu l'ancien PDG de Canal+.

Mort de Michel Piccoli : l'original et coquin hommage de Brigitte Bardot

Mort le mardi 12 mai des suites d'un accident cérébral, comme l'a annoncé sa famille dans un communiqué transmis à l'AFP ce lundi 18 mai, Michel Piccoli laisse un grand vide derrière lui. Géant du septième art français, lui qui a vécu plus de 70 ans de carrière, il était aussi père de trois enfants. Marié avec Éléonore Hirt en 1954, l'acteur était devenu papa pour la première fois en accueillant sa fille, Anne-Cordélia. Après un deuxième mariage avec Juliette Gréco, le défunt avait succombé aux charmes de la scénariste Ludivine Clerc avec qui il a adopté deux enfants, Inord et Missia.

Un entourage qui se souviendra de lui avec émotion, tout comme Brigitte Bardot a pu le faire en apprenant sa disparition. En effet, ce lundi 18 mai, BB a dévoilé un touchant message en hommage à Michel Piccoli. Déclaration transmise à l'AFP dans laquelle elle adresse un clin d'œil coquin à leur collaboration dans le film Le Mépris de Jean-Luc Godard, se remémorant plus particulièrement la scène d'ouverture du film. "Il avait du talent, de l'humour et il aimait mes fesses", a d'abord réagi l'ex-actrice. Et d'ajouter, non sans tristesse : "Nous avons interprété Le Mépris mais partagé une grande estime réciproque. Les derniers embruns de la Nouvelle Vague l'ont emporté me laissant seule sur la plage abandonnée."

En donnant la réplique à Brigitte Bardot, sa femme Camille Javal devant la caméra de Jean-Luc Godard, en 1963, Michel Piccoli avait été révélé au grand public. Impossible donc pour d'autres personnalités de l'oublier. Sur les réseaux sociaux, de nombreuses stars sont sorties du silence pour rendre hommage au défunt. "Adieu Michel Piccoli. Je vous aimais tant", a écrit Gilles Lellouche sur son compte Instagram. "Adieu maestro", a déclaré Laura Smet, sur le même réseau social. Un élan d'émotion qu'ont rejoint Nicolas Bedos, Manu Payet ou encore Marina Foïs.

Mort de Michel Piccoli à 94 ans

L'acteur et réalisateur français Michel Piccoli est décédé le 12 mai à l'âge de 94 ans des suites d’un accident cérébral, a annoncé ce lundi sa famille à l'AFP. Il était connu pour ses participations à de grands classiques du cinéma que sont Le Mépris, La Grande bouffe ou Belle de Jour.

Fils d'un violoniste et d'une pianiste, Michel Piccoli est envoyé en pension dès l'enfance. A l'occasion d'un spectacle de fin d'année, un déclic se produit chez cet adolescent introverti qui s'épanouit sur les planches. Décidant de devenir acteur à 18 ans, il prend des cours de théâtre chez Andrée Bauer-Thérond, puis René Simon. S'il apparaît à l'écran dès 1945 dans Sortilèges de Christian-Jaque et trouve un premier vrai rôle (celui d'un mineur) dans Le Point du jour en 1948, il se consacre surtout à la scène, au sein des compagnies Renaud-Barrault et Grenier-Hussenot ou encore du très novateur Théâtre de Babylone.

Remarqué dans Le Doulos et les films de Pierre Chenal, Michel Piccoli accède à la célébrité grâce au Mépris de Godard (1963), dans lequel il forme avec B. B. un couple de légende. La popularité du comédien fait un bond après son interprétation de Dom Juan dans une adaptation télévisuelle par Marcel Bluwal en 1965. Avec ses tempes grisonnantes et sa tranquille assurance, le quadragénaire enchaîne les rôles de séducteurs, donnant à plusieurs reprises la réplique à Catherine Deneuve dans La Chamade, Benjamin ou les mémoires d'un puceau (gros succès public en 1967) ou encore Belle de jour de Luis Buñuel. Avec ce dernier, il entretiendra une longue collaboration cinématographique commencée dès 1956 avec La Mort en ce jardin, suivi notamment des films Le Journal d'une femme de chambre (1964), Le Charme discret de la bourgeoisie (1972) ou Le Fantôme de la liberté (1974).

Alter ego de Claude Sautet dans Les Choses de la vie (1970) ou Vincent, François, Paul et les autres, subtiles chroniques qui lui assurent les faveurs du public, Piccoli met à mal son statut de vedette en incarnant un homosexuel dans La Grande Bouffe (1973), le film à scandale signé par un autre de ses cinéastes-fétiches, Marco Ferreri, puis un homme amoureux d'une poupée gonflable dans Grandeur nature. Prenant grand plaisir à jouer les escrocs (Sept morts sur ordonnance, Le Trio infernal), l'acteur excelle dans l’ambiguïté, comme en témoignent ses prestations dans Le Saut dans le vide et Une étrange affaire - deux rôles qui lui valent un prix d'interprétation, le premier à Cannes en 1980, le second à Berlin en 1982.

Citoyen engagé, producteur courageux (Le Général de l'armée morte), le comédien met sa notoriété au service de jeunes auteurs tels que Jacques Doillon (La Fille prodigue) et Leos Carax (Mauvais sang, 1986). "Il faut toujours apprendre son métier, on ne sait jamais quand on tombe sur une constellation juste, alors il faut voyager", déclare en 1986 aux Cahiers du cinéma celui qui bourlingua en compagnie de Renoir, Resnais, Chabrol, Demy, Varda, Lelouch et Tavernier. A plus de 60 ans, il trouve encore des rôles marquants : le malicieux Milou (en mai), le peintre intransigeant de La Belle Noiseuse (1991), l'étrange psy de Généalogies d'un crime ou encore l'acteur en crise de Je rentre à la maison (2001).

Mais Piccoli l'aventurier tient à se lancer un nouveau défi : après avoir tourné avec les plus grands, d'Hitchcock à Luis Buñuel en passant par Manoel de Oliveira, Piccoli veut s'essayer à la réalisation. Après deux courts métrages, il signe en 1997 le loufoque Alors voila, suivi de La Plage noire, une réflexion sur l'exil et la liberté. La singularité du metteur en scène se confirme avec C'est pas tout à fait la vie dont j'avais rêvé, présenté en Sélection officielle à Cannes en 2005.

Six ans plus tard, Michel Piccoli foule de nouveau les marches rouges de la Croisette pour défendre Habemus Papam de Nanni Moretti. Si le jury se prononce finalement en faveur de son compatriote Jean Dujardin, son interprétation d'un pape dépressif et en proie au doute lui vaut les éloges des critiques du monde entier. Habitué depuis ses débuts à faire la navette entre la France et l'Italie pour sa carrière, travaillant aussi bien avec René Clément et Jacques Demy d'un côté et Marco Ferreri ou Vittorio De Sica de l'autre, il quitte ensuite le Vatican pour tourner avec Alain Resnais, autre grande figure du septième art avec qui il a déjà collaboré (La Guerre est finie, 1965), pour Vous n'avez encore rien vu.

Piccoli fait une dernière incursion chez Leos Carax en 2012 dans Holy Motors, avant de tourner pour le drame belge Le Goût des myrtilles, qui sera son dernier film.