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28 juillet 2026

Pour Benedict Cumberbatch, la fusion Paramount-Warner serait « une calamité » pour la liberté d’expression et les emplois

Voulez-vous qu’une seule et même personne contrôle ce que vous regardez pour vous divertir et vous informer ? C’est la question posée par Benedict Cumberbatch dans une tribune écrite pour le Guardian avec le cinéaste Alan Cumming et l’acteur Benedict Wong, non pas à propos des empires Bolloré, Arnault ou Drahi, mais de la fusion possible de la Warner et de la Paramount.

Une possibilité qui devient de plus en plus probable. La Commission européenne l'a autorisé sous conditions, tandis que la justice californienne tente de la bloquer. Le Royaume-Uni se penche sur le dossier. C’est pour cela que les deux comédiens et le réalisateur s’adressent, dans cette lettre ouverte, au public pour l’avertir.

En matière d'emplois, toute fusion induit une réduction des effectifs, ce que soulignent Benedict Cumberbatch et ses collègues, alors que « l’industrie du divertissement génère plus de 180.000 emplois » au Royaume-Uni et qu’elle « ajoute environ 12 milliards de livres sterling à l’économie » du pays.

Ils rappellent ainsi que « des milliers d’emplois ont été supprimés » lors de la fusion, en 2022, de Warner avec Discovery, mais aussi que « des films terminés ont été mis de côté ». De la même façon, « environ 2.000 personnes » ont été licenciées lorsque Paramount a fusionné avec Skydance l’année dernière.

« Aujourd’hui, les mêmes dirigeants font les mêmes promesses, et les équipes, les producteurs, les talents et le public britanniques en paieront le prix au moment de régler l’addition », rappellent-ils dans leur article.

Si le projet aboutit, cela voudrait dire aussi qu’une seule et même entreprise possédera deux des plus importantes chaînes d’information CNN (Warner) et CBS News (Paramount), y compris leurs archives, « plus de 4,25 millions de vidéos, d’images de plus d’un demi-siècle de couverture médiatique ».

« Si un propriétaire guidé par des intérêts commerciaux contrôle l’accès aux deux, il contrôle la matière première de notre mémoire historique », ajoutent-ils, avant de rappeler, pour appuyer leurs dires, une promesse qu’aurait faite la direction de la Paramount à Donald Trump si la fusion aboutissait : faire des « changements radicaux » chez CNN, l’une des bêtes noires du président des Etats-Unis.

Si cette promesse n’a pas été confirmée par les principaux intéressés, rappelons que Paramount a licencié Stephen Colbert, qui agaçait beaucoup Donald Trump au quotidien. L’animateur de l’un des late-shows les plus regardés était devenu un peu trop bruyant sur l’accord à 16 millions de dollars passé entre la chaîne CBS et le président des Etats-Unis.

Cet arrangement avait mis fin à la plainte en diffamation du chef de l’Etat contre l’émission d’information de la chaîne, 60 Minutes.

Aux dernières nouvelles, Donald Trump a déposé une plainte similaire contre la BBC à qui il réclame 10 milliards de dollars pour avoir insinué qu’il avait motivé ses soutiens à attaquer le Capitole le 6 janvier 2020. Le service public britannique a demandé au président des Etats-Unis de fournir ses messages personnels avec ses conseillers durant les trois heures précédant son discours ce jour-là, précise The Independent, pour prouver sa bonne foi.

27 juillet 2026

La fusion Warner Bros-Paramount suspendue après un revers judiciaire

Le méga-rachat de Warner Bros. Discovery par Paramount Skydance va-t-il vraiment pouvoir se conclure ?

Les deux groupes ont accepté de repousser la finalisation de leur fusion à la suite d'un accord conclu avec une coalition de douze procureurs généraux américains, qui contestent l'opération devant les tribunaux.

Déposé vendredi devant un tribunal fédéral, cet accord prévoit que la fusion ne pourra pas être finalisée avant cinq jours après la fin du procès antitrust, ou le 1er juin 2027 au plus tard si aucun jugement n'est intervenu d'ici là. Aucune date d'audience n'a encore été fixée, mais ce calendrier repousse de fait l'opération de plusieurs mois.

Menée par la Californie, la coalition de douze États avait obtenu en début de semaine une ordonnance bloquant temporairement la fusion pendant 28 jours. Selon les autorités, ce rapprochement, estimé à 111 milliards de dollars, risque de réduire la concurrence dans les secteurs du cinéma et de la télévision câblée.

La procureure générale de l'État de New York, Letitia James, s'est félicitée de cette première victoire : "Suspendre cette fusion pendant que notre procédure suit son cours constitue une victoire essentielle dans nos efforts pour faire respecter la loi et protéger les industries du cinéma et de la télévision. Je me réjouis de poursuivre notre action afin d'empêcher cette fusion illégale."

Même satisfaction du côté du procureur général de Californie, Rob Bonta, qui parle d'une "immense victoire", avant d'expliquer : "Notre argument est simple : lorsque trop peu d'entreprises concentrent trop de pouvoir sur des marchés essentiels à la vie des Américains, cela rend les choses plus chères et dégrade la qualité. Cet accord est une excellente nouvelle pour le public, les salles de cinéma et tous ceux qui créent les films, les séries et les informations que nous consommons."

Ce report constitue aussi un problème financier pour Paramount Skydance. Le groupe espérait conclure la fusion avant le 30 septembre, date à partir de laquelle il devra verser aux actionnaires de Warner Bros. Discovery une indemnité de 7 millions de dollars par jour tant que l'opération n'est pas finalisée. À moins d'un accord avec les États plaignants, cet objectif semble désormais hors d'atteinte.

07 juillet 2026

Warner Bros. savait depuis des mois que Supergirl allait droit dans le mur

Seulement 58,5 millions de dollars en Amérique du Nord et 100,5 millions dans le monde après deux semaines d'exploitation, c'est peu. Beaucoup trop peu pour un blockbuster super-héroïque comme Supergirl.

Un score très insuffisant au regard de son budget estimé à 170 millions de dollars. Mais selon la presse américaine, le naufrage n'a finalement surpris personne en interne.

Si l'on en croit une récente enquête publiée par The Hollywood Reporter, DC Studios aurait commencé à s'inquiéter de la qualité du blockbuster dès la fin du tournage, en mai 2025.

Les premiers tests auprès du public se seraient révélés particulièrement décevants. Plusieurs sources évoquent des notes situées autour de 60 sur 100, même si un autre insider assure que le film aurait un temps atteint la barre des 70...

Face à ces résultats, le studio et le réalisateur Craig Gillespie auraient rapidement constaté, à l'automne 2025, que le film "ne fonctionnait pas".

Les témoignages divergent toutefois sur les relations entre le cinéaste et les dirigeants : certains parlent de désaccords créatifs, tandis que d'autres évoquent des discussions classiques lors de la post-production d'un blockbuster.

En tout cas, pour tenter de sauver le projet, DC Studios aurait alors développé sa propre version du film. Le scénariste Jeremy Slater, qui travaillait auparavant sur le film The Authority - depuis annulé - aurait été appelé en renfort, aux côtés de la scénariste Ana Nogueira, afin de retravailler plusieurs séquences. Neuf jours de reshoots supplémentaires auraient notamment permis de revoir le combat final, tandis que la musique aurait également fait l'objet de nombreuses discussions.

Le film disposait même de deux monteurs : Tatiana S. Riegel et Fred Raskin, collaborateur régulier de James Gunn. Selon The Hollywood Reporter, la version montée par le studio obtenait de meilleurs résultats lors des projections tests, avec des notes atteignant 70 sur 100. Mais l'écart de réception avec la version de Craig Gillespie, plus longue de 11 minutes, n'aurait finalement été que minime.

DC Studios aurait malgré tout choisi de sortir sa propre version au cinéma. Une décision qui n'aura pas empêché Supergirl de devenir l'un des plus gros échecs critiques et commerciaux de 2026.

06 juillet 2026

Disney, Warner et Universal bientôt contraints de révéler leurs pratiques avec l'IA ?

Le bras de fer entre Hollywood et l'intelligence artificielle ne fait que commencer.

Engagés dans une bataille judiciaire contre le générateur d'images Midjourney, les studios Disney, Warner Bros. et Universal pourraient être amenés à dévoiler une partie de leurs propres pratiques en matière d'IA.

Pour rappel, les trois studios ont accusé la plateforme d'avoir "entraîné" son intelligence artificielle en ayant recours à des œuvres protégées par le droit d'auteur, et ce sans autorisation, afin de permettre aux utilisateurs de générer des images inspirées de leurs personnages et univers. Midjourney invoque de son côté le principe du "fair use" (usage équitable) pour assurer sa défense.

Mais Midjourney ne compte pas en rester là.

Selon Variety, l'entreprise conteste cette récente décision de justice et demande à un juge fédéral, John Kronstadt, de l'autoriser à accéder à des documents internes des studios. Son objectif ? Démontrer que Disney, Warner Bros. et Universal utiliseraient eux aussi des modèles d'IA entraînés sur des contenus protégés, notamment pour le storyboard, le développement ou la création de projets.

L'avocat de Midjourney, Bobby Ghajar, estime que si les studios emploient les mêmes méthodes qu'ils dénoncent aujourd'hui, cela renforcerait considérablement la défense de son client.

Les informations réclamées vont bien au-delà des simples outils d'IA destinés au grand public. Midjourney souhaite notamment accéder aux stratégies des studios autour de l'IA, à leurs recherches, à leurs jeux de données d'entraînement, voire aux comptes rendus de réunions de leurs conseils d'administration consacrées à cette technologie.

Pour l'instant, la justice n'a autorisé l'accès qu'à des informations concernant les outils d'IA accessibles aux consommateurs, jugeant les précieux documents internes des studios sans lien direct avec le litige. Midjourney espère désormais faire revenir le tribunal sur cette décision.

Si cette requête aboutissait, le procès pourrait prendre une tout autre dimension en obligeant les géants d'Hollywood à lever le voile sur leurs propres expérimentations avec l'intelligence artificielle.

01 juillet 2026

Fusion Paramount-Warner : le gouvernement britannique menace d'intervenir

Alors que l'opération semblait en bonne voie, elle pourrait désormais se heurter aux autorités britanniques...

La ministre anglaise  de la Culture, Lisa Nandy, a annoncé qu'elle envisageait officiellement d'intervenir dans la fusion Paramount / Warner Bros., estimant que le rapprochement soulève des questions de pluralisme des médias au Royaume-Uni.

En cas de fusion, de nombreuses chaînes et plateformes majeures passeraient sous le même propriétaire, notamment Channel 5, Cartoon Network, Nickelodeon, CNN International, Paramount+, TNT Sports et HBO Max. Le gouvernement craint qu'une telle concentration ne réduise la diversité des acteurs de l'information et de l'audiovisuel.

"Après avoir échangé avec les différentes parties et mené des recherches indépendantes, mon ministère a aujourd'hui écrit aux propriétaires actuels et futurs de Warner Bros. Discovery pour les informer que j'envisage d'intervenir. Nous voulons agir pour une pluralité suffisante des points de vue dans les médias d'information au Royaume-Uni, mais aussi une pluralité suffisante des personnes contrôlant les entreprises de médias et les services de programmes à la demande destinés au public britannique."

Pour Lisa Nandy, les règles d'intérêt public doivent désormais mieux prendre en compte l'essor du streaming et de la vidéo à la demande : "Je pense que cet aspect doit pouvoir être pris en considération pour cette opération, mais aussi pour toutes les futures fusions dans les médias, compte tenu de la place qu'occupe désormais le visionnage à la demande sur le marché." 

Les deux groupes ont jusqu'au 6 juillet pour transmettre leurs observations. Si Lisa Nandy décide d'aller plus loin, le dossier sera transmis au régulateur britannique Ofcom ainsi qu'à l'Autorité de la concurrence (CMA), qui mèneront une enquête approfondie avant une éventuelle décision finale.

Cette intervention serait l'un des derniers obstacles pour cette méga-fusion de 110 milliards de dollars, déjà approuvée par les autorités américaines ainsi que par les régulateurs de la Chine, de l'Australie, de l'Allemagne, de la France et de l'Arabie saoudite. L'Union européenne devrait également donner son feu vert, sous réserve de quelques concessions de la part des deux groupes.

22 juin 2026

Voici les futurs films d'animation dévoilés par Warner Bros. Pictures !

Réunis à l'occasion du Festival d'Annecy 2026, de multiples professionnels de l'animation de chez Warner Bros. Pictures sont venus présenter leur futur line-up à coup d'extraits exclusifs et d'informations inédites. Chansons pop, paysages enchanteurs et adaptations sont tout autant de nouveautés qui seront à découvrir sur nos écrans durant les deux prochaines années.

Parmi elles, des comédies familiales The Cat in The Hat ou Margie Claus, les musicales Bad Fairies et Oh, The Places You'll Go, mais également le fantastique Dynamic Duo et la version cinématographique du best-seller international, The Lunar Chronicles.

Saga littéraire young adult en quatre tomes vendus à plus de 650 000 exemplaires (et encore, cet ultime chiffre recensé remonte à plus de dix ans) et véritable phénomène dans les années 2010, prendra vie dans nos salles de cinémas courant 2028.

Ecrit par l'autrice américaine Marissa Meyer, The Lunar Chronicles nous embarque dans l'univers réinventé des contes de fées, où magie et cyborgs se mêlent dans une univers étrange et futuriste. Un savant mix de fantastique et de science-fiction qui réécrit les histoires de Cendrillon, du Petit Chaperon Rouge, de Raiponce et de Blanche-Neige.

Si le casting reste encore secret, l'animation, elle, a été confiée au studio Locksmith Animation, a qui l'on doit le très touchant Ron débloque et Ce Noël-là. Celui-ci sera également aux manettes d'un autre projet annoncé par Warner : Bad Fairies.

Cette comédie musicale menée par Cynthia Erivo et Ncuti Gatwa, s'annonce être le parfait divertissement à découvrir en famille. Fées badass et humour décalé sont les maîtres de cette histoire haute en couleurs qu'on a déjà hâte de découvrir.

Et si c'est à ce film que la méchante sorcière de l'Ouest prête sa voix, c'est pour un tout autre long-métrage du distributeur que sa partenaire de Wicked, Ariana Grande, a répondu présente : Oh, The Places You'll Go est de ces films aux paysages flamboyants et aux thématiques émouvantes qui nous fera grandir et voyager à coup sûr. Une aventure grandiose emprunté au livre de Theodor Geisel.

Pour un côté plus sombre, on peut citer Dynamic Duo, prochain film DC centré sur l'amitié entre Dick Grayson et Jason Todd, les Robin, de l'univers Batman. Son animation faîte d'une fusion révolutionnaire de marionnettes, d'art pratique et de technologie de pointe est un immanquable de leur futur catalogue.

Enfin, le studios achève sont line-up de son film de Noël 2027, Margie Claus, portée par la fabuleuse Melissa McCarthy. Il nous embarque dans une aventure destinée à sauver le père Noël et fera suite à The Cat in The Hat, autre adaptation d'un ouvrage de Dr. Seuss, prévue en Novembre prochain.

Et pour les amoureux des Looney Tunes, le célèbre canard Daffy Duck sera de retour dans le long-métrage Daffy Season dont les premières minutes ont été présentées et recueillies de nombreux applaudissements.

Tout autant de projets qu'on a hâte de découvrir et qui sauront se démarquer de leurs concurrents par des techniques d'animation innovantes et originales. Pour accompagner toutes ces nouveautés, Warner se refait également beauté avec un logo tout neuf, stylisé et coloré. Une page qui se tourne pour le studio qui s'ouvre, comme le disait le titre de sa conférence, sur un nouveau chapitre.

18 juin 2026

Warner Bros. ne veut plus de Mad Max, George Miller cherche à finir sa saga ailleurs

Près de cinquante ans après avoir lancé Max Rockatansky sur les routes désolées de l'Australie, George Miller aimerait bien avoir la chance de dire adieu à son héros, dans un ultime périple en terres désolées. Mais cette fois, sans Warner Bros., partenaire historique de la franchise depuis plus de quarante ans.

Selon les informations du journaliste Matthew Belloni (via The Playlist), le cinéaste australien de 81 ans a récemment rencontré plusieurs studios hollywoodiens pour leur proposer un dernier film Mad Max. Parmi les intéressés figureraient Amazon, Universal et Sony Pictures, mais pas Warner Bros. qui aurait choisi de ne pas poursuivre l'aventure.

Il faut dire que l'idée de Miller pour la suite est très ambitieuse : réaliser un ultime long métrage Mad Max, qui serait éventuellement prolongé par une série télévisée, avant de céder les droits de la franchise à un nouveau propriétaire. Une véritable page qui se tournerait pour l'une des sagas post-apocalyptiques les plus emblématiques du cinéma.

Sauf que Warner Bros. a perdu pas mal d'argent avec Furiosa en 2024. Malgré d'excellentes critiques, le préquel porté par Anya Taylor-Joy et Chris Hemsworth n'a rapporté qu'environ 175 millions de dollars dans le monde, soit à peine son budget de production. Un score très loin de l'impact culturel et commercial de Mad Max: Fury Road, devenu en 2015 un classique instantané du film d'action et récompensé par six Oscars.

Reste désormais à savoir quel sera ce dernier chapitre imaginé par George Miller. Depuis plusieurs années, les fans espèrent voir aboutir Mad Max: The Wasteland, un projet centré sur Max lui-même, potentiellement avec le retour de Tom Hardy. Mais aucun détail officiel n'a encore filtré. 

L'idée d'une série télévisée est également évoquée. L'univers de Mad Max, peuplé de seigneurs de guerre, de citadelles et de survivants lancés sur les routes du désert, semble suffisamment vaste pour accueillir de nouvelles histoires sur le petit écran.

Quoi qu'il en soit, pour l'heure, rien n'est signé, ni chez Warner, ni ailleurs.

15 juin 2026

La justice américaine valide la fusion Paramount-Warner Bros. Discovery

Le mega deal entre Paramount Skydance et Warner Bros. Discovery franchit une étape décisive.

Le ministère américain de la Justice (DOJ) a validé le projet de fusion des deux géants hollywoodiens, franchissant ainsi l'un des plus importants obstacles réglementaires sur la route de cette opération colossale estimée à 111 milliards de dollars.

Comme l'a révélé Politico et confirmé ensuite par Variety, la division antitrust du DOJ a donné son feu vert sans exiger la moindre concession, cession d'actifs ou mesure corrective. Après huit mois d'enquête, l'autorité estime que le rapprochement n'est "pas susceptible de nuire à la concurrence ou aux consommateurs américains".

Cette future entité réunirait donc sous un même toit une impressionnante collection de marques et de studios : CBS, CBS News, Paramount Pictures et Paramount+ du côté de Paramount, ainsi que HBO, HBO Max, Warner Bros. Pictures, CNN, TNT, TBS ou encore HGTV du côté de Warner Bros. Discovery.

Dans un communiqué, le DOJ souligne avoir examiné plus de deux millions de documents provenant de plus de 80 acteurs du secteur, mené des auditions de dirigeants et interrogé de nombreux témoins avant d'arriver à cette conclusion. L'administration américaine affirme que l'industrie du cinéma et de la télévision demeure suffisamment dynamique et concurrentielle pour absorber une telle fusion sans risque majeur pour le public.

Cette décision intervient pourtant dans un contexte de forte contestation à Hollywood. Plus de 5 500 professionnels du secteur ont signé une lettre ouverte appelant au blocage de l'opération. Parmi eux figurent notamment Florence Pugh, Pedro Pascal, Ben Stiller, Kristen Stewart, Mark Ruffalo ou encore Robert De Niro. Les opposants craignent une réduction de la concurrence, une hausse des prix et surtout d'importantes suppressions de postes.

Ces inquiétudes sont d'autant plus fortes que Paramount a déjà indiqué espérer générer plus de 6 milliards de dollars d'économies grâce à la fusion, un objectif qui pourrait se traduire par une nouvelle vague de licenciements dans une industrie déjà secouée par plusieurs années de restructurations.

Malgré cette validation majeure, le dossier est encore loin d'être définitivement bouclé. Plusieurs procureurs généraux américains, dont celui de la Californie, envisagent toujours d'engager des poursuites pour tenter d'empêcher la fusion. De son côté, la sénatrice Elizabeth Warren a dénoncé une décision qu'elle juge favorable à des "milliardaires proches de Donald Trump" et appelé les États à poursuivre le combat.

Le projet fait également l'objet d'examens réglementaires au Royaume-Uni et dans l'Union européenne. Bruxelles s'intéresse notamment aux quelque 24 milliards de dollars apportés par des fonds souverains d'Arabie saoudite, du Qatar et d'Abou Dhabi pour financer l'opération.

Pour Paramount Skydance, le feu vert du DOJ constitue néanmoins une étape déterminante. Le groupe estime que cette fusion donnera naissance à un acteur suffisamment puissant pour rivaliser avec les géants technologiques qui dominent de plus en plus le secteur du divertissement mondial. Reste désormais à savoir si les autorités européennes et les éventuelles procédures judiciaires américaines laisseront le mariage aller jusqu'à son terme.

10 juin 2026

Paramount accuse Netflix de vouloir saboter sa fusion avec Warner Bros.

Le feuilleton du rachat de Warner Bros. Discovery va-t-il reprendre de plus belle ?

Alors que la fusion n'est pas encore actée par les autorités américaines, en coulisses, la tension monte.

Selon un document obtenu par TheWrap, le groupe dirigé par David Ellison accuse ouvertement Netflix d'essayer de saboter l'opération. Dans une lettre adressée au département de la Justice américain, le directeur juridique de Paramount, Makan Delrahim, affirme que le géant du streaming mène une véritable campagne visant à torpiller le projet.

Selon lui, Netflix chercherait à "empoisonner les régulateurs et les autres parties prenantes" afin de bloquer la fusion.

La lettre va même plus loin. Paramount estime que la réaction de Netflix relève de la panique et démontre que l'entreprise considère désormais le futur groupe comme une menace sérieuse.

Cette "réponse de niveau panique" montrerait, selon Paramount, que Netflix voit le nouvel ensemble comme "un concurrent de taille" capable de rivaliser à grande échelle sur le marché mondial du streaming.

Face aux critiques et aux procédures judiciaires visant à empêcher l'opération, Paramount défend au contraire les bénéfices de cette fusion géante. Dans son courrier, Makan Delrahim affirme que le rapprochement entre Paramount et Warner Bros. Discovery permettra d'investir davantage dans les contenus tout en créant de nouvelles opportunités pour les salariés du secteur : "Les travailleurs syndiqués bénéficieront directement de la nouvelle énergie concurrentielle et de l'augmentation des investissements dans les contenus que cette entreprise combinée apportera à l'industrie du divertissement."

L'ancien responsable de l'antitrust poursuit : "Paramount souhaite fusionner avec WBD afin de créer un concurrent plus fort et plus efficace, capable d'opérer à grande échelle et de rivaliser avec Netflix et les autres géants du streaming."

Le groupe estime également qu'un tel rapprochement pousserait les autres acteurs du marché à renforcer leurs propres investissements.

Selon Delrahim, la création d'un nouveau mastodonte du divertissement obligerait des entreprises comme Netflix, Disney ou encore Sony à améliorer encore davantage leurs stratégies de production et de développement de contenus. Cette charge intervient alors que Paramount tente de faire rejeter une plainte déposée devant les tribunaux américains pour bloquer l'acquisition de Warner Bros. Discovery.

28 avril 2026

Le nouveau géant Paramount / Warner Bros. sous forte influence étrangère

Le futur mastodonte né de la fusion entre Paramount et Warner Bros. Discovery commence à dévoiler ses coulisses financières. Et elles sont loin d’être anodines.

Selon un document déposé auprès de la Federal Communications Commission (FCC), près de la moitié du capital du nouveau groupe - 49,5 % - sera détenue par des investisseurs étrangers. Plus frappant encore : environ 38,5 % des parts reviendront à trois fonds souverains du Moyen-Orient.

Dans le détail, le Public Investment Fund d’Arabie saoudite détiendra 15,1 % du capital. Le fonds souverain des Émirats arabes unis en possédera 12,8 %, tandis que la Qatar Investment Authority montera à 10,6 %. Une présence massive, même si Paramount assure que ces investisseurs n’auront ni sièges au conseil d’administration, ni droits de vote.

Car le contrôle restera entre les mains de David Ellison et de son père Larry Ellison, associés à RedBird Capital Partners. Ensemble, ils conserveront la majorité des droits de vote, soit 100 % des actions décisionnelles, selon les termes du montage. 

Pour boucler l’opération, Paramount Skydance a mobilisé près de 24 milliards de dollars auprès de ces fonds, dont environ 10 milliards injectés par l’Arabie saoudite. Une alliance stratégique qui permet de financer le rachat colossal de Warner Bros. Discovery, estimé à 111 milliards de dollars (validé la semaine dernière par les actionnaires du groupe).

Reste encore quelques obstacles. Le deal doit obtenir le feu vert des régulateurs européens, et pourrait faire l’objet de recours juridiques aux États-Unis. Du côté du département de la justice, une première étape a déjà été franchie, mais rien n’empêche une contestation ultérieure.

En parallèle, Paramount a saisi la FCC pour obtenir une validation formelle de cette structure capitalistique, qui dépasse largement les seuils habituels de participation étrangère. Une démarche présentée comme "standard" par le groupe, et qui ne conditionne pas la finalisation de l’accord.

Dans son dossier, le studio demande notamment l’autorisation de permettre à des investisseurs étrangers de détenir, indirectement, plus de 25 % du capital, avec la possibilité de monter jusqu’à 20 % chacun à l’avenir, ainsi que la validation de participations supérieures à 5 % pour certains d’entre eux.

Paramount communique sur le caractère purement technique de la démarche, qui ne conditionne en rien la finalisation du rachat de Warner Bros. Discovery. Et surtout, le message est politique : malgré l’arrivée massive de capitaux étrangers, le contrôle resterait entièrement américain.

13 avril 2026

1000 stars hollywoodiennes s’opposent à la fusion entre Warner Bros. et Paramount

La fusion de Paramount et Warner Bros. n'est pas encore actée. Mais elle suscite déjà l'inquiétude d'une grande partie de l'industrie.

Plus de 1 000 figures du cinéma et de la télévision, dont Joaquin Phoenix, Ben Stiller et Kristen Stewart, ont signé une lettre ouverte publiée lundi pour dénoncer le projet de rachat, en cours d'étude par les autorités américaines, après le retrait de Netflix :

"Nous sommes profondément inquiets des signes de soutien à cette fusion qui privilégient les intérêts d’un petit groupe d’acteurs puissants au détriment de l’intérêt général"; affirme la lettre, publiée par le New York Times et disponible sur le site BlocktheMerger.com. "L’intégrité, l’indépendance et la diversité de notre industrie seraient gravement compromises. La concurrence est essentielle à une économie saine et à une démocratie saine. Tout comme une régulation et une application des règles rigoureuses."

Les signataires ajoutent que cette opération "renforcerait encore la concentration déjà très forte du paysage médiatique, en réduisant la concurrence à un moment où nos industries - et les publics que nous servons - peuvent le moins se le permettre ». Selon eux, cela entraînerait « moins d’opportunités pour les créateurs, moins d’emplois dans tout l’écosystème de production, des coûts plus élevés et moins de choix pour le public, aux États-Unis comme dans le reste du monde". Ils alertent également sur un point jugé particulièrement préoccupant : "Cette fusion ramènerait le nombre de grands studios américains de cinéma à seulement quatre".

Ils estiment par ailleurs que le secteur est déjà "sous forte pression, en grande partie à cause des précédentes vagues de consolidation", évoquant "une baisse marquée du nombre de films produits et distribués, ainsi qu’un rétrécissement des types de récits financés et diffusés". Pour eux, "un petit nombre d’acteurs puissants détermine de plus en plus ce qui est produit — et dans quelles conditions", laissant les créateurs et les structures indépendantes avec "de moins en moins de voies viables pour faire exister leur travail".

Dirigée par le CEO David Ellison, Paramount Skydance a annoncé fin février son intention de racheter Warner Bros. Discovery pour 111 milliards de dollars, après une bataille avec Netflix pour les actifs du groupe.

Parmi les signataires mis en avant figurent notamment Adam McKay, David Fincher, Denis Villeneuve, Jane Fonda, J.J. Abrams, Mark Ruffalo, Rosario Dawson, Ted Danson, Yorgos Lanthimos et bien d’autres.

Damon Lindelof, créateur de Watchmen, actuellement sous contrat avec HBO (Warner Bros. Discovery), a expliqué sa position dans un post Instagram. S’il dit connaître David Ellison et reconnaître chez lui un dirigeant "brillant, ambitieux et passionné", il a malgré tout choisi de signer la lettre, par attachement au tissu "ouvrier" d’Hollywood.

"C’est une ville de milliers de techniciens : machinistes, éclairagistes, chauffeurs, décorateurs, équipes caméra, catering… Et ils sont tous sur le point de se faire avoir", écrit-il. Il estime qu’une consolidation de cette ampleur entraînerait mécaniquement moins de films, moins de séries, et donc moins d’emplois. "Quand deux studios historiques deviennent la même entité, l’un finit toujours par devenir une ville fantôme".

Il conclut en disant sa peur, mais aussi sa volonté de ne pas rester silencieux : "Une bataille est déjà perdue si elle n’est jamais menée."

03 mars 2026

David Ellison promet 30 films en salles après la fusion Paramount/Warner Bros.

Promis, le cinéma ne pâtira pas de la fusion des studios Warner Bros. et Paramount.

David Ellison, patron de l'entité Paramount Skydance, a réaffirmé son engagement à sortir 30 films en salles chaque année une fois que Paramount fusionnera avec Warner Bros. Discovery.

"Comme nous l’avons toujours dit, nous sommes déterminés à proposer un large catalogue de récits de qualité, avec 15 films par an et par studio, soit un total d’au moins 30 films chaque année", a déclaré Ellison aux analystes lors d’une conférence téléphonique lundi (via Variety). Il a ajouté :

"Nous croyons fermement que les films doivent être vus au cinéma".

David Ellison a souligné que la société avait "déjà démontré sa capacité à augmenter sa production", rappelant que Paramount sortira au moins 15 films en 2026, contre huit en 2025. Warner Bros. n’avait également pas atteint l’objectif fixé par Ellison, avec seulement 11 films sortis l’an dernier.

Il a salué l’année 2025 de Warner Bros., qu’il a qualifiée de "programme de grande puissance", créditant des succès comme Superman et Minecraft d’avoir "propulsé" le studio à 4 milliards de dollars de recettes au box-office l'année dernière. Il n’a pas mentionné Sinners ni Une Bataille après l'autre, deux autres films de Warner qui ont dominé la saison des récompenses.

Ellison a présenté son attachement au cinéma sous un angle personnel, rappelant qu’à la tête de Skydance, il avait pu constater l’impact d’une sortie sur grand écran.

"Quand on regarde le cinéma, domaine auquel nous croyons profondément, les grandes franchises et les propriétés intellectuelles majeures se lancent en salles, point final", a expliqué Ellison. "J’ai personnellement appris cette leçon en 2022. Nous avons eu le plus gros film au box-office avec Top Gun: Maverick, devenu un phénomène culturel, avec 1,5 milliard de dollars de recettes."

"Dans le même temps", a-t-il ajouté, "nous avons sorti Adam à travers le temps (The Adam Project) cet été-là sur Netflix, qui, à sa sortie, était le film le plus réussi sur la plateforme… [il] a très bien été reçu par le public mais n’a pas eu la même résonance culturelle." Selon Ellison, la capacité d’une sortie en salles à inscrire un film dans la conversation culturelle a façonné sa vision pour Paramount et - si l’opération aboutit - Warner Bros. Pictures.

"Dès le premier jour, lorsque nous avons acquis Paramount, nous avons dit que nous n’allions pas produire de films directement pour le streaming", a-t-il conclu comme un pied de nez à Netflix...

Pour autant, l’équipe d’Ellison n’a pas toujours été aussi séduite par l’expérience cinématographique. Jeff Shell, président de Paramount, avait poussé à réduire la fenêtre  de sortie en salles (comprenez le temps pendant lequel un film reste exclusivement en salles) de plusieurs mois à 17 jours lorsqu’il dirigeait NBCUniversal pendant la pandémie. Ellison a néanmoins assuré que le futur studio combiné Paramount/Warner Bros. respectera la fameuse fenêtre de 45 jours avant que ses films ne débarquent sur les plateformes. Malgré ces promesses, certains restent sceptiques quant à sa capacité à trouver et développer suffisamment de films, d’autant plus que les sociétés combinées devront gérer plus de 78 milliards de dollars de dette !

01 mars 2026

Paramount devrait racheter Warner avant la fin de l’été

Paramount a mis 110 milliards de dollars sur la table. Et plus encore.

Pour être sûr de boucler au plus vite le rachat de Warner Bros. Discovery, le groupe est visiblement prêt à prendre de très gros risques financiers.

Paramount Skydance s’est fixé un objectif ambitieux : conclure le deal avant la fin de l'été. Plus exactement, d'ici la fin du troisième trimestre 2026, autrement dit avant que l’été ne s’achève.

Dans un communiqué publié vendredi, David Ellison, président et PDG de Paramount Skydance, a déclaré : "Depuis le tout début, notre poursuite de Warner Bros. Discovery a été guidée par un objectif clair : honorer l’héritage de deux entreprises emblématiques tout en accélérant notre vision de construire une société de médias et de divertissement de nouvelle génération. En réunissant ces studios de classe mondiale, nos plateformes de streaming complémentaires et les talents extraordinaires qui les soutiennent, nous créerons encore plus de valeur pour les publics, les partenaires et les actionnaires et nous ne pourrions pas être plus enthousiastes pour ce qui nous attend."

Pourquoi aller vite ?

Parce que pour arracher Warner, Paramount a dû aller rallonger sa mise. Quand Warner a choisi de casser son accord précédent avec Netflix, une clause contractuelle prévoyait une indemnité de rupture colossale : 2,8 milliards de dollars d'indemnités pour le géant du streaming. Et qui a payé la note ? C’est Paramount qui a accepté de régler l’addition pour Warner dans le cadre de son deal. Un geste qui en dit long sur la détermination de David Ellison : Warner devait tomber dans son escarcelle, quoi qu’il en coûte.

Et la pression ne s’arrête pas là.

L’accord signé prévoit aussi que si la transaction n’est pas finalisée d’ici fin septembre 2026, des frais supplémentaires commenceront à s’accumuler. Une “ticking fee” dans le jargon financier. En clair, chaque mois de retard risque de faire augmenter le prix de vente final.

Dans les coulisses, cela signifie que les validations réglementaires devront avancer vite, que les autorités administratives ne s'opposeront pas au projet et que les actionnaires suivront afin que le financement soit verrouillé sans faux pas. Le pari est risqué. Paramount n’absorbe pas un acteur secondaire : il rachète un groupe plus gros que lui, déjà lesté d’une dette héritée de la fusion avec Discovery. L’intégration nécessitera des milliards d’économies et une discipline financière de fer.

27 février 2026

Netflix jette l'éponge : la plateforme refuse de surenchérir pour racheter Warner

Le feuilleton du rachat de Warner Bros vient de connaître un nouveau rebondissement. Netflix a officiellement jeté l'éponge jeudi 27 février, refusant de surenchérir face à l'offre améliorée de Paramount. Une décision qui met fin à six mois de bataille acharnée pour s'emparer du légendaire studio hollywoodien. Mais ça ne garantit en rien la victoire de Paramount.

"Nous avons toujours été disciplinés, et au prix nécessaire pour égaler la dernière offre de Paramount Skydance, l'accord n'est plus financièrement attractif", ont déclaré les co-PDG de Netflix, Ted Sarandos et Greg Peters, dans un communiqué conjoint transmis à Deadline. "Cette transaction a toujours été un 'agréable à avoir' au bon prix, pas un 'indispensable' à n'importe quel prix."

La nouvelle a immédiatement fait bondir l'action Netflix de 10%, les investisseurs saluant la prudence financière de la direction. Paramount avait relevé son offre à 31 dollars par action (contre 30 dollars initialement) et renforcé ses garanties de financement, poussant Warner Bros Discovery à déclarer cette proposition "supérieure" à l'accord de 82,7 milliards de dollars signé avec Netflix en décembre.

Mais à peine deux heures après l'annonce du retrait de Netflix, le procureur général de Californie Rob Bonta a douché l'enthousiasme ambiant. "Paramount/Warner Bros n'est pas un accord conclu", a-t-il déclaré, des propos rapportés par Deadline. "Ces deux titans hollywoodiens n'ont pas passé l'examen réglementaire. Le Département de la Justice de Californie mène une enquête ouverte, et nous avons l'intention d'être rigoureux dans notre examen."

Cette mise en garde survient une semaine après l'ouverture d'une enquête antitrust par la Californie, État où l'industrie du divertissement pèse lourd économiquement. "L'industrie du cinéma et du divertissement n'a pas seulement une importance historique pour notre État, c'est aussi un secteur critique qui soutient l'économie de la Californie et touche la vie des Américains au quotidien", avait déclaré Rob Bonta le 20 février. "Les transactions proposées pour Warner Brothers doivent faire l'objet d'un examen complet et robuste, et la Californie y regarde de très près."

L'affaire prend également une dimension politique. La sénatrice démocrate Elizabeth Warren avait qualifié une fusion Paramount-Warner de "catastrophe antitrust", tandis que 11 procureurs généraux républicains avaient écrit à la ministre de la Justice Pam Bondi pour exprimer leurs "préoccupations concernant le fait que la fusion proposée entraînera probablement une concentration excessive du marché".

Le dossier doit encore obtenir l'approbation des actionnaires de Warner Bros Discovery et le feu vert des régulateurs américains et internationaux. L'histoire n'est donc pas terminée.

18 février 2026

Warner Bros. accepte de rouvrir les négociations avec Paramount

C'est un nouveau rebondissement dans l’affaire du rachat de Warner Bros. Discovery... Si l’on pensait la bataille perdue pour Paramount, qui faisait des pieds et des mains pour rester dans la course, c’était sous estimer son PDG, David Ellison, qui n’est pas prêt d’abandonner. Même si le groupe Warner penchait plutôt pour l’offre de Netflix qui s’élevait à 83 milliards de dollars. 

Après avoir été devancée par le numéro 1 des plateformes de streaming, Paramount a contre-attaqué en engageant des poursuites contre Warner. Selon Bloomberg, le concurrent de Netflix a ensuite rencontré plusieurs dirigeants de la Commission européenne dont le président français Emmanuel Macron dans l’espoir de réveiller “la sensibilité historique de la France aux acquisitions affectant son industrie cinématographique [...] “. Enfin, le rival de Netflix a fini par écrire une lettre ouverte à l'industrie français.

Pour tenter de renverser la situation, Paramount s’attaque désormais au cœur du problème et a décidé d’améliorer son offre. Au deal initial de 30 dollars par action s’ajoute une prime de 650 millions de dollars en numéraire pour chaque trimestre où l’offre concurrentielle du géant du streaming n’a pas été honorée. Paramount accepte aussi de couvrir les 2,8 milliards de dollars d'indemnités de rupture que Warner Bros. devrait à Netflix si la fusion n’était pas actée au 31 décembre 2026.  

Warner Bros. a toujours des doutes sur l'offre de Paramount, mais pour la première fois le conseil d'administration considère que la proposition de Paramount pourrait être meilleure, ou pousser Netflix à améliorer la sienne. Et Variety confirme aujourd'hui que Warner accepte d'ouvrir les discussions avec Paramount, même si la compagnie "continue d'unanimement recommander favorablement la fusion avec Netflix". Les actionnaires de Warner sont appelés à voter le 20 mars prochain... 

21 janvier 2026

Netflix envisageait déjà d'investir les salles de cinéma avant de racheter Warner Bros.

Pourquoi Netflix n'a jamais osé franchir le pas du streaming pour tenter l'exploitation en salles ?

Lors d’une interview sur les résultats du quatrième trimestre 2025 (via Variety), les dirigeants de Netflix, Ted Sarandos et Greg Peters, ont révélé avoir déjà réfléchi à développer leur propre circuit de diffusion en salles :

"Nous avons débattu à de nombreuses reprises, au fil des années, pour savoir si nous devions créer un réseau de distribution cinématographique ou non", a expliqué Sarandos. "Dans un monde où il faut hiérarchiser les priorités et gérer des ressources limitées, ce projet n’est jamais passé en tête de liste."

Greg Peters souligne de son côté que le cœur de métier de Netflix – le streaming – nécessitait toute leur attention. "Nous étions concentrés sur d’autres investissements", ajoute-t-il, rappelant que la croissance rapide de la plateforme a toujours été la priorité absolue.

Si Sarandos avait précédemment qualifié l’expérience cinématographique de "dépassée", il précise aujourd’hui que ce point de vue reflétait uniquement la situation commerciale de Netflix à l’époque. "Nous n’étions pas dans le cinéma quand j’ai fait ces observations. Rappelez-vous, j’ai dit plusieurs fois : c’est un business, pas une religion. Les conditions changent."

Ce changement de conditions est précisément lié au rachat prévu des studios Warner Bros. Discovery pour 83 milliards de dollars, qui offre à Netflix un accès immédiat à une infrastructure cinématographique de premier plan, sans avoir à la construire de zéro.

"Nous bénéficierons bientôt d’une distribution cinématographique à l’échelle mondiale, d’une valeur de plus de 4 milliards de dollars au box-office", souligne Sarandos, qui s’engage à maintenir un fenêtre d'exploitation dans les salles de 45 jours avant la sortie en streaming pour les films Warner Bros.

Rappelons que, même sans division propre, Netflix a déjà expérimenté le cinéma avec des sorties limitées à succès, comme le final de Stranger Things 5 ou KPopDemon Hunters. Ainsi, Peters estime que ces tests, combinés aux accords de distribution, ont prouvé que le cinéma peut être "un complément efficace au modèle de streaming".

20 janvier 2026

Rachat de Warner Bros. : Netflix joue son va-tout pour battre Paramount

L’offre de Paramount, qui s’élevait à 30 dollars par action, n’a pas su séduire Warner Bros. qui lui préfère son concurrent : Netflix. Un accord a été signé entre ce dernier et Warner : le géant mondial du streaming offre 83 milliards de dollars. Mais le deal n’est pas encore finalisé, certains éléments restant à préciser. 

A la suite de cet accord, Paramount américaine a contre-attaqué en engageant des poursuites contre Warner. Une plainte qui vise à obtenir plus d’informations sur l’accord entre Netflix et le studio. Par ailleurs, Paramount multiplie les offensives pour obtenir gain de cause. David Ellison, son patron, souhaiterait voir ses candidats au conseil d’administration de WBD dans le but de réexaminer l’offre de rachat. Selon le média américain Bloomberg, Paramount aurait également rencontré plusieurs dirigeants de la Commission européenne dont le président français Emmanuel Macron. Paramount espère ainsi réveiller «la sensibilité historique de la France aux acquisitions affectant son industrie cinématographique et télévisuelle nationale» détaille le média. 

Si le numéro 1 des plateformes streaming a pris l’avantage, l'offensive de Paramount semble faire effet puisque Netflix propose désormais une offre 100% en cash à WBD. La première incluait une partie du rachat en actions. Mieux encore, si la plateforme prévoyait d’offrir une fenêtre d’exclusivité de 17 jours au studio pour sortir ses films au cinéma avant de les mettre en ligne, Ted Sarandos, le directeur de Netflix, annonce désormais 45 jours.

Mais ce nouveau deal s’inscrit au cœur d’une autre bataille, celle de l’économie des salles et Hollywood n’a pas tardé à exprimer ses craintes face à ce rachat. Le syndicat des cinéastes américains dirigé par le réalisateur d’Inception, Christopher Nolan, a tiré la sonnette d’alarme contre ce deal accueilli comme une grande menace pour l’industrie du divertissement-une menace pour l’économie des salles, mais aussi contre un modèle historique de sortie des films sur grand écran qui peine à survivre.

Ted Sarandos a alors affirmé sa position : "Je ne me suis pas lancé dans ce business pour endommager l’économie des salles. Je me suis lancé dans ce business pour aider les consommateurs, pour aider les fans de films". C’était sans compter sur les dernières déclarations de Matt Damon, l’acteur à l'affiche de The Rip sur Netflix, qui a épinglé la plateforme : "Netflix se dit : 'Est-ce qu’on peut avoir un gros coup de théâtre dans les cinq premières minutes ?' On veut que les gens restent captivés. Et ce ne serait pas si mal de répéter l’intrigue trois ou quatre fois dans les dialogues, parce que les gens sont sur leur téléphone en regardant".

19 janvier 2026

Les deux patrons de Warner Bros. défendent encore Joker : Folie à deux

La suite du Joker, de Todd Phillips, qui avait valu l'Oscar du meilleur acteur à Joaquin Phoenix, n’a pas connu le succès attendu. En effet, si le premier film avait généré un milliard de dollars de recettes, le deuxième se place loin derrière en rapportant seulement 207,5 millions de dollars au box-office pour 200 millions de budget.  

Ce deuxième volet raconte le procès et la détention d’Arthur Fleck, aka le Joker, avec la particularité de mettre en scène de nombreuses séquences musicales reflétant l’état psychologique de l’ennemi juré de Batman. Autre nouveauté, l’intégration du personnage d’Harley Quinn, la compagne du Joker, interprétée par Lady Gaga.

Des choix de scénario et de mise en scène qui n’ont pas su séduire le public. Pour autant, les deux boss de Warner, Michael De Luca et Pamela Abdy, continuent de défendre le film. Interviewés dans The Wrap, ils confient leurs impressions sur cet échec. "J’ai vraiment aimé le film. Je l’aime toujours…", déclare Pamela Abdy. Michael De Luca poursuit : 

"C’était vraiment une œuvre à contre-courant. Peut-être trop pour un large public habitué aux productions plus mainstream, mais je trouvais que Todd (Phillips, le réalisateur) et son scénariste Scott (Silver) ont fait la chose que peu de réalisateurs et scénaristes font, ils ont décidé d’innover.  Je les estime beaucoup pour cela, mais malheureusement le film n’a pas trouvé son audience."

Les deux producteurs s’attribuent volontiers l’échec du film et assument leurs erreurs. En réduisant le nombre de projections tests, les dirigeants du studio n’ont pas pu anticiper le désastre commercial.

Même si le premier opus livrait déjà des séquences musicales - on se souvient de la scène culte de la descente des escaliers du Joker, qui sert d’ailleurs d’affiche au film - Joker : Folie à deux va encore plus loin dans l'aspect musical. Un parti pris risqué, largement critiqué à l’époque par le PDG de Warner, David Zaslav, selon The Hollywood Reporter.

Cette suite a en revanche été très appréciée par le célèbre cinéaste Quentin Tarantino, connu pour ses BO aiguisées. En avril dernier, dans le podcast de Bret Easton Ellis, il saluait les choix artistiques et surtout le geste de Todd Phillips :

"Le Joker a réalisé ce film. Tout le concept, le fait qu’il ait dépensé l’argent du studio comme ça, c’est ce que le Joker aurait fait, d’accord ? Et il sort ce gros cadeau surprise, c’est le lapin qui sort du chapeau, il te sert la main et tu prends une décharge de 10 000 volts. Il envoie chier tous les fans de comic books. Il envoie chier le public du film. Il envoie chier Hollywood, tous les actionnaires de DC et Warner Bros. Todd Phillips est le Joker."

Les deux patrons de Warner mènent une politique plutôt ambitieuse : apporter une dimension auteuriste aux films commerciaux et blockbusters de leur société de production. Si cela n’a pas payé avec Joker : Folie à deux, le succès inattendu au box-office de Sinners ou encore du dernier film de Paul Thomas Anderson, Une bataille après l’autre, confortent les producteurs dans leurs choix.

13 janvier 2026

Paramount fait un procès à Warner Bros. pour faire capoter son deal avec Netflix

Paramount a engagé des poursuites judiciaires contre Warner Bros. Discovery (WBD) au sujet de son accord en cours avec Netflix.

On sait que Netflix a annoncé son intention d’acquérir Warner Bros. Discovery, pour 83 milliards de dollars. Mais l’opération est toutefois loin d’être finalisée, de nombreux paramètres restant à définir.

Autre candidat au rachat, Paramount Pictures, piloté par David Ellison, qui convoite le studio historique depuis plusieurs années, a vu son offre de 30 dollars par action être rejetée par WBD. Un refus qui n'est pas passé.

Selon Deadline, Paramount vient donc de déposer une plainte afin d’obtenir des informations jugées insuffisantes sur les contours de l’accord potentiel entre WBD et Netflix.

Plus précisément, la plainte demande "au tribunal d’ordonner à WBD de communiquer des informations sur la manière dont a été évaluée la participation résiduelle de Global Networks, sur la valorisation globale de la transaction Netflix, sur le mécanisme de réduction du prix d’achat lié à la dette, ainsi que sur la base de l’‘ajustement de risque’ appliqué à notre offre entièrement en numéraire de 30 dollars par action".

Deadline précise que l’offre de Netflix porterait sur 27,75 dollars en cash, complétés par des actions Netflix, pour racheter les activités studios et streaming de WBD. L’activité de télévision linéaire, Discovery Global, serait quant à elle scindée et introduite en Bourse au troisième trimestre, avant la finalisation de l’accord. À noter que les projets Netflix et Paramount nécessitent tous deux des autorisations réglementaires, avec des délais estimés entre 12 et 18 mois.

Autre point de tension : Paramount entend désormais proposer ses propres administrateurs lors de l’assemblée générale annuelle 2026 de Warner Bros. Discovery, afin de faire campagne contre l’approbation de l’accord avec Netflix. En cas de succès, le conseil d’administration pourrait ainsi basculer en faveur de l’option Paramount plutôt que Netflix.

Enfin, Paramount prévoit également de soumettre une modification des statuts de WBD, visant à rendre obligatoire l’approbation des actionnaires pour toute scission de Global Networks. Et si Warner Bros. Discovery convoquait une assemblée générale extraordinaire avant son rendez-vous annuel pour valider l’accord Netflix, Paramount annonce qu’il solliciterait activement des procurations contre cette approbation.

Bref, Paramount ne veut pas lâcher l'affaire et se lance dans un bras de fer juridique et stratégique qui pourrait faire traîner le deal de Netflix pendant un certain temps...

09 décembre 2025

108 milliards de dollars ! Paramount surenchérit sur Netflix pour racheter Warner Bros.

Le feuilleton continue. Après l'annonce vendredi dernier d'un accord entre Netflix et Warner Bros. Discovery pour 82,7 milliards de dollars, Paramount frappe un grand coup. Lundi matin, la compagnie dirigée par David Ellison a lancé une offre publique d'achat (OPA) hostile sur Warner Bros. Discovery, proposant 30 dollars par action en cash, soit une valorisation totale de 108,4 milliards de dollars (!), rapporte Deadline.

"L'offre de Paramount pour l'intégralité de WBD apporte aux actionnaires 18 milliards de dollars de plus en cash que la contrepartie de Netflix", martèle la compagnie dans son communiqué. Contrairement à Netflix qui ne visait que les studios Warner Bros. et HBO Max, Paramount propose de racheter l'intégralité de WBD, y compris les chaînes linéaires (CNN, TNT Sports, Discovery networks).

L'offre serait soutenue par la famille Ellison – menée par Larry Ellison, cofondateur d'Oracle et multimilliardaire – ainsi que RedBird Capital, avec 54 milliards de dollars d'engagements de dette de Bank of America, Citi et Apollo. "Les actionnaires de WBD méritent une opportunité d'examiner notre offre supérieure en cash pour leurs actions dans l'ensemble de la société", déclare David Ellison, PDG de Paramount.

Quelques heures après l'annonce, Warner Bros. Discovery a publié son propre communiqué confirmant "réception" de l'offre hostile. Le conseil d'administration "examinera et considérera attentivement l'offre de Paramount Skydance conformément aux termes de l'accord de Warner Bros. Discovery avec Netflix", précise le texte relayé par Deadline. Le conseil dévoilera sa recommandation "dans un délai de 10 jours ouvrables".

En attendant, "le conseil ne modifie pas sa recommandation concernant l'accord avec Netflix", et les actionnaires "sont priés de ne prendre aucune mesure pour le moment".

Paramount joue aussi la carte du cinéma en salles. Lors d'une conférence téléphonique, David Ellison a promis que "Paramount s'engage à accroître la production de films et séries des deux entreprises, y compris un calendrier de plus de 30 sorties en salles par an. Nous allons satisfaire les besoins du public cinéphile", rapporte Deadline.

Un argument de poids face à Netflix, dont le modèle privilégie le streaming avec une fenêtre exclusive de 17 jours en salles (contre 45 jours réclamés par les circuits comme AMC). Le réalisateur James Cameron avait d'ailleurs qualifié un rachat par Netflix de "désastre" pour le cinéma en salles. James Gunn, lui aussi, a défendu le modèle de sortie en salles, notamment pour la refonte du DCU avec des blockbusters tels que Superman et bientôt Supergirl.