La suite du Joker, de Todd Phillips, qui avait valu l'Oscar du meilleur acteur à Joaquin Phoenix, n’a pas connu le succès attendu. En effet, si le premier film avait généré un milliard de dollars de recettes, le deuxième se place loin derrière en rapportant seulement 207,5 millions de dollars au box-office pour 200 millions de budget.
Ce deuxième volet raconte le procès et la détention d’Arthur Fleck, aka le Joker, avec la particularité de mettre en scène de nombreuses séquences musicales reflétant l’état psychologique de l’ennemi juré de Batman. Autre nouveauté, l’intégration du personnage d’Harley Quinn, la compagne du Joker, interprétée par Lady Gaga.
Des choix de scénario et de mise en scène qui n’ont pas su séduire le public. Pour autant, les deux boss de Warner, Michael De Luca et Pamela Abdy, continuent de défendre le film. Interviewés dans The Wrap, ils confient leurs impressions sur cet échec. "J’ai vraiment aimé le film. Je l’aime toujours…", déclare Pamela Abdy. Michael De Luca poursuit :
"C’était vraiment une œuvre à contre-courant. Peut-être trop pour un large public habitué aux productions plus mainstream, mais je trouvais que Todd (Phillips, le réalisateur) et son scénariste Scott (Silver) ont fait la chose que peu de réalisateurs et scénaristes font, ils ont décidé d’innover. Je les estime beaucoup pour cela, mais malheureusement le film n’a pas trouvé son audience."
Les deux producteurs s’attribuent volontiers l’échec du film et assument leurs erreurs. En réduisant le nombre de projections tests, les dirigeants du studio n’ont pas pu anticiper le désastre commercial.
Même si le premier opus livrait déjà des séquences musicales - on se souvient de la scène culte de la descente des escaliers du Joker, qui sert d’ailleurs d’affiche au film - Joker : Folie à deux va encore plus loin dans l'aspect musical. Un parti pris risqué, largement critiqué à l’époque par le PDG de Warner, David Zaslav, selon The Hollywood Reporter.
Cette suite a en revanche été très appréciée par le célèbre cinéaste Quentin Tarantino, connu pour ses BO aiguisées. En avril dernier, dans le podcast de Bret Easton Ellis, il saluait les choix artistiques et surtout le geste de Todd Phillips :
"Le Joker a réalisé ce film. Tout le concept, le fait qu’il ait dépensé l’argent du studio comme ça, c’est ce que le Joker aurait fait, d’accord ? Et il sort ce gros cadeau surprise, c’est le lapin qui sort du chapeau, il te sert la main et tu prends une décharge de 10 000 volts. Il envoie chier tous les fans de comic books. Il envoie chier le public du film. Il envoie chier Hollywood, tous les actionnaires de DC et Warner Bros. Todd Phillips est le Joker."
Les deux patrons de Warner mènent une politique plutôt ambitieuse : apporter une dimension auteuriste aux films commerciaux et blockbusters de leur société de production. Si cela n’a pas payé avec Joker : Folie à deux, le succès inattendu au box-office de Sinners ou encore du dernier film de Paul Thomas Anderson, Une bataille après l’autre, confortent les producteurs dans leurs choix.

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