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03 mai 2021

Journée mondiale de la liberté de la Presse : 10 films où le journalisme est à l'honneur

Depuis 1993, la journée du 3 mai est consacrée à la célébration de la liberté de la presse. Cette initiative vise à défendre les journalistes, un corps de métier qui a inspiré de nombreuses histoires sur grand écran.

Cette journée est l'occasion de vous recommander dix films qui mettent en scène le journalisme et ceux qui se battent pour faire circuler l'information, parfois en payant le prix du sang. Qu'elles s'intéressent à de simples reporters ou à des correspondants de guerre, à travers le prisme du thriller ou du biopic, les oeuvres sont d'ailleurs plutôt nombreuses.

Reds (1981)

Grand film des années 80, porté à bout de bras par Warren Beatty qui coiffe les casquettes d'acteur, producteur, réalisateur et co-scénariste, Reds évoque l'histoire authentique de John Reed, un journaliste militat communiste américain, qui couvrit la Révolution russe d'octobre 1917 et en tira un livre qui devint un Best Seller, Dix jours qui ébranlèrent le monde. Le film fut récompensé par 3 Oscars, dont celui du Meilleur réalisateur.

L'ombre de Staline (2020)

L'ombre de Staline est autant le portrait authentique d'un brillant journaliste idéaliste qu'une évocation trop rare à l'écran de l'un des crimes de masse les plus terribles du XXe siècle, connu sous le nom d'Holodomor. Relate une partie de la vie authentique du journaliste britannique Gareth Jones, qui raconta, au péril de sa vie, en 1933, ce que fut le terrible génocide par la faim organisé par Staline en Ukraine, le film est porté par un très solide casting, à commencer par James Norton dans le rôle-titre, épaulé par Vanessa Kirby et le toujours impeccable Peter Sarsgaard.

Les Hommes du président (1976)

4 Oscars dont celui du Meilleur scénario adapté pour Les Hommes du président, classique absolu signé Alan J. Pakula, devenu un mètre-étalon du film d'investigation. Contrairement au livre dont il est adapté, le film ne couvre que les sept premiers mois de l'affaire du Watergate. Ainsi, il commence par l'effraction dans l'immeuble du Watergate (alors siège du Parti Démocrate) et se termine par la seconde inauguration de Richard Nixon à la Maison-Blanche, le 20 janvier 1973.

Sympathie pour le Diable (2019)

Pour son premier film, le réalisateur Guillaume de Fontenay s'intéresse au reporter de guerre Paul Marchand, en adaptant son livre, Sympathie pour le diable, publié en 1997. Le film, qui a mis plus de deux décennies à se faire, retrace le parcours du journaliste français durant le siège de Sarajevo en 1992. Niels Schneider, qui prête ses traits au correspondant, est extraordinaire.

Révélations (1999)

Film fleuve, dense, parfois tendu à craquer, porté par deux magnifiques comédiens, Al Pacino et Russell Crowe, Révélations évoque le scandale de la dépendance à la nicotine des cigarettes, dévoilé par le lanceur d'alerte Jeffrey Weygand dans la célèbre émission 60 Minutes. Du grand cinéma, mis en scène par un Michael Mann au sommet de sa forme.

La Déchirure (1985)

Un an avant d'être couronné par une Palme d'or à Cannes pour son éblouissant Mission, Roland Joffé frappait déjà très fort avec La Déchirure. Absolument bouleversant, porté par la musique élégiaque et hypnotique de Mike Oldfield, le film relate l'histoire de Sidney Schanberg, journaliste au New York Times, couvrant les événements liés à la prise de pouvoir par les Khmer rouges au Cambodge en 1975. Mais le film est surtout le récit du calvaire de son ami et assistant, Dith Pran, arrêté et envoyé dans un camp de travail et de rééducation, non loin des fameux champs de la mort...

Salvador (1986)

James Woods et Jim Belushi donnant le meilleur d'eux-même devant la caméra d'un Oliver Stone toujours aussi énervé mais terriblement efficace, ca donne Salvador. Un Puissant film relatant l'histoire d'un reporter photographe (James Woods) parti refaire sa vie au Salvador, avant d'être rattrapé la guerre civile ravageant le pays dans les années 80, et parcouru par les terribles escadrons de la mort. Du cinéma choc et coup de poing, engagé, au final très émouvant.

Spotlight (2016)

Oscar du Meilleur film en 2016, Spotlight est adapté de faits réels et retrace la fascinante enquête des journalistes du Boston Globe qui a mis au jour un scandale impliquant des prêtres pédophiles couverts par l’Eglise Catholique. Le titre du film fait référence au nom donné à l'équipe d’investigation du journal qui a travaillé pendant un an sur cette affaire, interrogeant les victimes d'abus sexuels et révélant que l'institution catholique avait protégé leurs bourreaux pendant des décennies. Leur article, publié en janvier 2002 et couronné par le prix Pulitzer en 2003, a permis de libérer la parole et déclenché une vague de révélations dans le monde entier.

Le Syndrome chinois (1979)

Le syndrome chinois est l’hypothèse de la conséquence la plus grave d'une fusion du cœur d'un réacteur nucléaire, dans laquelle les éléments combustibles en fusion du cœur percent les barrières qui le confinent, et s'enfoncent sous terre. Très solide film emmené par un extraordinaire trio, Michael Douglas, Jane Fonda et Jack Lemmon, le film était aussi d'une très inquiétante actualité. Douze jours après sa sortie survint le fameux accident à la centrale nucléaire de Three Mile Island en Pennsylvanie. Accident durant lequel le coeur du réacteur n°2 a en parti fondu, entraînant le relâchement de radioactivité dans l'environnement.

Pentagon Papers (2017)

Le scénariste du film, Josh Singer, s'y connaît en matière de journalisme et de scandale politique puisqu'il avait travaillé à l'écriture de Le Cinquième pouvoir (2013) et Spotlight (2015). Thriller journalistique et politique de haute volée signé par Steven Spielberg, Pentagon Papers revient sur la course de vitesse que mena le Washington Post en 1971 pour publier, malgré les risques, des extraits du document classé secret défense "United States-Vietnam Relations, 1945-1967: A Study Prepared by the Department of Defense", qui détaillait l'implication politique et militaire américaine dans la guerre du Viêtnam. Et notamment l'autorisation secrète de Nixon pour bombarder le Cambodge, violant sa neutralité.

03 mai 2020

Journée de la liberté de la presse : 5 films qui rappellent l'importance du métier de journaliste

À l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée chaque année le 3 mai, AlloCiné décide de se replonger dans ces films qui mettent en scène le journalisme et ceux qui se battent pour faire circuler l'information. Qu'elles s'intéressent à de simples reporters ou à des correspondants de guerre, à travers le prisme du thriller ou du biopic, nombreuses ont été les œuvres à avoir marqué l'histoire du cinéma. Parmi les plus emblématiques, on pense bien sûr au film d'Alan J. Pakula, Les Hommes du Président, qui revient sur l'affaire du Watergate, mais aussi à Good Night, and Good Luck de George Clooney, ou encore Le Syndrome chinois de James Bridges, dans lequel Jane Fonda incarne une journaliste enquêtant sur une centrale nucléaire.

Sorti récemment, en 2019, Camille de Boris Lojkine avait également séduit les spectateurs grâce à son portrait de la photojournaliste Camille Lepage. Cette dernière, incarnée à l'écran par Nina Meurisse, avait été tuée en Centrafrique par les ex-Seleka, en 2014. Elle avait 26 ans. La sélection qui suit reflète les choix personnels d'une partie de la rédaction sur les meilleurs films consacrés à ce sujet :

Le gouffre aux chimères (1951)

Près de soixante-dix ans après sa sortie, Le Gouffre aux chimères, réalisé par Billy Wilder (Certains l'aiment chaud, Sabrina...), trouve toujours un écho très actuel. Le film porté par le regretté Kirk Douglas, décédé en février dernier à l'âge de 103 ans, suit Charles Tatum, un journaliste sans scrupule, prêt à tout pour exploiter le filon d'une affaire qu'il suit pour son journal. Le reporter va en effet découvrir un homme, coincé au fond d'une galerie effondrée du Nouveau-Mexique. Tatum va faire en sorte de gagner sa confiance pour mieux tirer profit de la situation... Un film captivant, qui a très peu vieilli et qui ne redore pas le blason de la profession de journaliste, bien au contraire. Il permet néanmoins de s'interroger sur le rôle que les reporters peuvent jouer en tant que témoin de certaines situations, ou en tant que lanceur d'alerte.

Zodiac (2007)

Adapté du livre de Robert Graysmith, dessinateur de presse au San Francisco Chronicle, Zodiac est un thriller sombre et glaçant sur le serial killer qui a terrorisé l'Amérique dans les années 1970 en s'en prenant à de jeunes couples. Il a la particularité de suivre le point du vue de Graysmith (Jake Gyllenhaal), devenu obsédé par l'enquête pour retrouver l'assassin qui envoyait des messages codés aux journaux pour surfer sur sa notoriété, plutôt que celui des forces de police (dont l'inspecteur est incarné par Mark Ruffalo). En observant en marge de l'enquête les conséquences sur la vie personnelle de Graysmith, entâchée par ses recherches compulsives, David Fincher questionne la notion de fascination que l'on éprouve vis-à-vis des tueurs en série; une réflexion qu'il continuera à développer dix ans plus tard dans la série Mindhunter.

Spotlight (2015)

Oscar du Meilleur film en 2016, Spotlight est adapté de faits réels et retrace la fascinante enquête des journalistes du Boston Globe qui a mis au jour un scandale impliquant des prêtres pédophiles couverts par l’Eglise Catholique. Le titre du film fait référence au nom donné à l'équipe d’investigation du journal qui a travaillé pendant un an sur cette affaire, interrogeant les victimes d'abus sexuels et révélant que l'institution catholique avait protégé leurs bourreaux pendant des décennies. Leur article, publié en janvier 2002 et couronné par le prix Pulitzer en 2003, a permis de libérer la parole et déclenché une vague de révélations dans le monde entier.

 Le film de Tom McCarthy, dont le script figurait sur la black list des meilleurs scénarios cherchant un producteur, est porté par un casting cinq étoiles (Michael Keaton, Mark Ruffalo, Rachel McAdams, Liev Schreiber... tous sont parfaits) et sa narration est extrêmement bien ficelée. Le réalisateur ne cherche jamais le sensationnalisme et choisit de reprendre les codes du polar et du thriller, pour faire ressentir au spectateur l'intensité du travail de ces reporters prêts à investir toute leur énergie dans la mission qu'ils se sont fixés : informer leurs lecteurs coûte que coûte et faire éclater la vérité. 

Pentagon Papers (2017)

Film contemporain le plus récent de Steven Spielberg, après sa relecture de l'abolition de l'esclavage par Lincoln (2012) et d'un incident historique au cours de la Guerre froide avec Le Pont des Espions (2015), Pentagon Papers se focalise sur une affaire d'État mise en lumière par le Washington Post  au début des années 1970. Le journal enquête sur la dissimulation d'informations de la part du gouvernement américain au sujet de l'enlisement de la guerre du Vietnam. Cette révélation, deviendra l'un des premiers scoops de l'histoire du journalisme aux Etats-Unis. Servi par un duo d'acteurs au sommet (Meryl Streep et Tom Hanks) et une mécanique narrative implacable, le film de Spielberg est d'une douloureuse actualité, et montre avec beaucoup de pédagogie la nécessité absolue de la survie du journalisme en pleine ère trumpiste.

Sympathie pour le diable (2019)

Pour son premier film, le réalisateur Guillaume de Fontenay s'intéresse au reporter de guerre Paul Marchand, en adaptant son livre, Sympathie pour le diable, publié en 1997. Le film, qui a mis plus de deux décennies à se faire, retrace le parcours du journaliste français durant le siège de Sarajevo en 1992. D'une grande maîtrise, le biopic trouve sa force dans ses images froides, sa violence brute, mais aussi dans la performance bluffante de Niels Schneider, qui prête ses traits au correspondant. L'acteur québécois sera auréolé du Prix de la Meilleure interprétation masculine au Festival international du film de Saint-Jean-de-Luz, en 2019.

Tourné à Sarajevo, Sympathie pour le diable parvient à récréer avec beaucoup de réalisme le cauchemar et les conditions de travail des reporters, qui vivent au rythme des bombardements. Le film réussit également à éveiller les consciences et à créer un dialogue chez les spectateurs en abordant les conséquences traumatiques de ces hommes et femmes qui risquent leur vie pour rendre l'information accessible. Paul Marchand, lui-même, a participé à la conception du scénario, avant de mettre fin à ses jours en 2009.