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05 avril 2026

Lincoln : Daniel Day-Lewis a dit non à Steven Spielberg avant de changer d'avis et de gagner un Oscar

En 2013, lors de la cérémonie du Cercle des critiques de cinéma de New York (via NBC News), Steven Spielberg est monté sur scène pour remettre à Daniel Day-Lewis le prix du meilleur acteur. Ce moment était loin d’être anodin : il scellait une collaboration longue et exigeante autour du film Lincoln, qui allait devenir l’un des sommets de la carrière des deux artistes.

Le réalisateur oscarisé avait consacré près de dix ans à explorer la vie du 16e président des États-Unis. Durant cette période, il a multiplié les versions de scénario et les collaborations, cherchant avec acharnement à capturer l’essence d’Abraham Lincoln. Cette quête inlassable a finalement abouti à un succès critique et public retentissant. Mais l’histoire aurait pu prendre une toute autre tournure.

À cette époque, Steven Spielberg a lu publiquement pour la première fois la lettre que Daniel Day-Lewis, déjà doublement oscarisé et futur triple lauréat, lui avait adressée pour décliner la première version du projet. Ce scénario initial présentait Lincoln comme un chef de guerre intrépide dans une fresque épique. La lettre de l’acteur révèle sa sensibilité et sa manière unique de choisir ses rôles.

“Cher Steven,

Ce fut un réel plaisir de m’entretenir avec vous. J’ai écouté très attentivement ce que vous aviez à dire sur cette histoire fascinante, et depuis, j’ai lu le scénario et je l’ai trouvé, dans la précision avec laquelle il décrit ces événements marquants et dans les portraits empreints de compassion de tous les personnages principaux, à la fois puissant et émouvant. Je ne saurais expliquer pourquoi, à un moment donné, je ressens le besoin d’explorer une vie plutôt qu’une autre, mais je sais que je ne peux accomplir ce travail que si j’ai l’impression de n’avoir d’autre choix ; qu’un sujet coïncide inexplicablement avec un besoin très personnel et un moment très précis. Dans ce cas précis, aussi fasciné que j’aie été par Abe, c’était la fascination d’un spectateur reconnaissant, aspirant à voir une histoire racontée, plutôt que celle d’un participant. C’est ce que je ressens encore aujourd’hui, malgré moi, et même si je ne peux être certain que cela ne changera pas, je ne saurais vous encourager à envisager cette possibilité pour la première fois. J’espère que c’est clair, Steven. Je suis ravi que vous réalisiez ce film, je vous souhaite beaucoup de courage et je vous adresse mes meilleurs vœux ainsi que ma sincère gratitude pour avoir pensé à moi.”

Face à ce refus, Steven Spielberg n’a pas abandonné. Il raconte avoir tenté une seconde approche avec un scénario entièrement réécrit, pour recevoir une réponse similaire. Finalement, il s’est tourné vers Tony Kushner, son collaborateur sur Munich, pour créer une version entièrement nouvelle du script. De 500 pages initiales, le scénario a été réduit à l’essentiel, permettant de saisir l’âme du président dans les moindres détails.

Le résultat, Lincoln, est une œuvre profondément différente de la version épique initialement imaginée. Plutôt qu’un film de guerre, il s’agit d’une étude de personnage intimiste et politique, centrée sur la lutte acharnée de Lincoln pour faire adopter le 13e amendement et abolir l’esclavage. Le scénario de Kushner (ou du moins la partie utilisée dans le film) a également été salué par le Cercle des critiques de cinéma de New York, récompensant l’approche humaine et nuancée choisie par Spielberg et son équipe. En plus d’avoir reçu un nombre record de 12 nominations aux Oscars, le film a remporté deux statuettes : celle du Meilleur acteur pour Daniel Day-Lewis et celle des Meilleurs décors.

Ce parcours met en lumière l’exigence artistique de Daniel Day-Lewis, le perfectionnisme de Spielberg et l’alchimie rare qui naît lorsque deux grands talents se rejoignent sur une vision commune. Plus qu’un film historique, Lincoln est le fruit d’une décennie de dialogues, de refus et de réécritures, pour atteindre l’authenticité et la profondeur qui font encore aujourd’hui sa force.

13 janvier 2026

Gangs of New York : lorsqu'il a rencontré Daniel Day-Lewis, Leonardo DiCaprio est resté muet pendant 10 minutes

Faut-il rencontrer ses héros ? Oui, si l'on en croit Leonardo DiCaprio ! L'histoire s'est passée en 2001 et à l'époque, Martin Scorsese, le jeune comédien et l'équipe du film préparent le thriller historique Gangs of New York et réfléchissent au reste du casting.

Il s'agit de trouver quelqu'un pour jouer Bill le Boucher, redoutable chef de gang américain et assassin du père du personnage de DiCaprio. Un rôle qui accomplit des actes terribles dans le film et qui doit dégager un charisme terrifiant, et il faut pour cela un excellent comédien.

Un nom arrive autour de la table, celui de Daniel Day-Lewis. Sauf que l'acteur s'est éloigné des plateaux après The Boxer (1997) pour devenir cordonnier en Italie. La suite est racontée par DiCaprio lui-même :

"On m'a chargé d'aller lui parler, et je me souviendrai toujours de cette rencontre. C'était à New York, je suis allé toquer à sa brownstone. Il a ouvert, on s'est salués : 'Comment allez-vous ? Leonardo', il me répond : 'On va marcher ?', 'D'accord'."

"On a commencé à se promener dans Central Park, et il n'a rien dit pendant plusieurs minutes. Donc je me suis dit que j'allais faire pareil et ne rien dire non plus. On a donc marché en silence environ 10 minutes dans Central Park ! On ne s'était jamais rencontré, on marchait, c'était incroyablement irréel. Je me suis dit que j'allais attendre qu'il soit prêt à parler."

"Et enfin, au milieu de Central Park, il s'arrête près d'un banc et il dit : 'Ça me paraît bien. On s'assoit ?' On s'est assis, et on s'est mis à parler d'acting. Et je lui ai immédiatement parlé de ce rôle de gangster au début du XXe siècle à New York, celui d'un boucher qui trimballe ses couteaux de boucher, un chapeau haut de forme et une moustache dans un film de Martin Scorsese. Qui de sain d'esprit refuse une chose pareille ?"

Finalement, après plusieurs dîners, Daniel Day-Lewis accepte de jouer ce personnage hors norme et sort de ses quatre ans de pause professionnelle. A 44 ans lors du tournage, il livre une performance incroyable, notamment grâce à un monologue d'anthologie, qui lui vaudra une nomination à l'Oscar du Meilleur acteur. Il perdra face à Adrien Brody dans Le Pianiste.

"Dieu merci, il a dit oui", conclut DiCaprio, "j'ai pu travailler avec quelqu'un qui a eu sur moi une immense, immense influence."

06 octobre 2025

Daniel Day-Lewis défend le "Method Acting"

De retour sous les projecteurs après sa retraite, Daniel Day-Lewis a pris la parole pour défendre son approche du métier et notamment le "method acting", dont il est l'un des plus célèbres adeptes. Une pratique de plus en plus décriée. Ces dernières années, on a par exemple entendu Brian Cox reprocher à son camarade de Succession, Jeremy Strong, de trop en faire.

Mais dans un entretien au New York Times, le vainqueur des 3 Oscars explique d'abord qu’il "n’aime pas penser au jeu d’acteur en termes de technique". Pour lui, se concentrer à l’excès sur le processus détourne les comédiens de l’essentiel : "On finit par s’attarder sur des détails moins importants du travail."

Et il poursuit en insistant : 

"Bien sûr, il y a des techniques de jeu qu’on peut apprendre. Je sais que la Méthode est devenue une cible facile aujourd’hui. Mais je suis un peu agacé d’entendre toutes sortes de gens jacasser en disant qu’untel est ‘parti en full Method’, ce qui laisse entendre qu’un acteur se comporte comme un fou à l’extrême..."

Pour rappel, ce qu'on appelle Method Acting — ou la Méthode, également appelée Système Stanislavski — suggère une plongée totale de l'acteur dans le personnage, sans sortir du rôle. Une approche qui a profondément marqué le cinéma américain, inspirant dès les années 1960 des acteurs comme Marlon Brando, Al Pacino ou Robert De Niro.

Daniel Day-Lewis ne veut pas que cette manière d'incarner soit stigmatiser et défend :

"Tout le monde a tendance à se focaliser sur les détails secondaires du travail, qui sous-entendraient une sorte d’auto-flagellation systématique ou une expérience d’inconfort sévère, voire d’instabilité mentale avec la Methode. Mais dans la vie d’un acteur, ça doit avant tout venir d'un travail intérieur !"

L’acteur avait annoncé sa retraite en 2017, peu avant la sortie de Phantom Thread de Paul Thomas Anderson. Mais en 2025, Daniel Day-Lewis a refait surface dans Anemone, un drame indépendant signé par son fils Ronan Day-Lewis. Il y incarne Ray, un ancien soldat britannique devenu reclus. On ne sait pas s'il a utilisé la Méthode sur le tournage du film...

11 septembre 2025

Daniel Day-Lewis n'a jamais été à la retraite

Huit ans après avoir annoncé son retrait du cinéma, Daniel Day-Lewis revient finalement sur grand écran dans Anemone, le premier long-métrage de son fils Ronan.

À l’occasion d’un entretien avec Rolling Stone, le comédien aux trois Oscars est revenu sur cette supposée retraite qui n’en était pas vraiment une, en fait...

"Avec le recul, j’aurais eu mieux fait de me taire, c’est sûr.... Ça paraît tellement grandiloquent, ce genre de déclaration… Je n’ai jamais eu l’intention de prendre ma retraite en réalité. J’ai simplement arrêté ce type de travail, acteur, pour faire autre chose. C'est la deuxième fois qu'on dit de moi que suis à la retraite. Mais ça n'a jamais été mon intention !"

L’acteur de 68 ans n'est plus apparu depuis 2017 et sa prestation dans Phantom Thread de Paul Thomas Anderson, après lequel il avait publié un communiqué annonçant sa décision de se mettre en retrait. Une manière, expliquait-il alors, de "tracer une ligne et d’éviter qu'on me propose d'autres choses, d'éviter replonger dans un nouveau projet."

Mais en réalité, Daniel Day-Lewis n’a jamais cessé d’aimer son métier : "Le travail, je l’ai toujours aimé. Mais il y avait des aspects de cette vie auxquels je n’ai jamais pu me faire. À chaque tournage, je ressortais vidé, creusé. Et pour la première fois, avec Phantom Thread, j’ai eu le sentiment qu’il n’y aurait plus de régénération."

L’acteur trois fois oscarisé a voulu utiliser sa "fierté" comme une barrière pour ne pas céder à la tentation d’un nouveau rôle. Mais l’envie de collaborer avec son fils a été plus forte.

"Je savais que Ronan allait réaliser des films et j’avais une tristesse résiduelle à l’idée de m’éloigner de ça. Je me suis dit : ce serait merveilleux de trouver une façon de travailler ensemble. Et avec lui, le feu s’est rallumé instantanément. Ce fut une joie pure du début à la fin."

Anemone sera présenté en avant-première mondiale au Festival de New York cet automne, avant une sortie limitée le 3 octobre, puis large le 10 octobre. Aucune date de sortie Française pour le moment.

13 août 2025

Anemone : première image avec Daniel Day-Lewis

À 60 ans, Daniel Day-Lewis avait décidé de prendre sa retraite.

En 2017, juste après le somptueux Phantom Thread de Paul Thomas Anderson qui lui avait valu une sixième nomination à l'Oscar du Meilleur acteur, Daniel Day-Lewis a choisi de se retirer du métier. Mais aujourd'hui, à 68 ans, il signe son grand retour au cinéma.

Un come back sentimental, puisque c'est pour jouer dans le premier film de son fils Ronan Day-Lewis, qui s'appelle Anemone. Et Focus Features ne s'est pas privé de publier la toute première photo officielle offrant un aperçu du grand retour sur grand écran de l'acteur le plus oscarisé de tous les temps (trois statuettes de Meilleur acteur pour My Left Foot (1989), There Will Be Blood (2007) et Lincoln (2012), personne n'a fait mieux), qui affiche une énorme moustache pour l'occasion.

Anemone sortira dans quelques salles américaines le 3 octobre, avant une sortie large le 10 octobre.

"Le film explore les liens complexes et profonds qui existent entre frères, pères et fils", annonce le synopsis très à propos.

D'ailleurs, Ronan Day-Lewis cosigne également le scénario avec son père.

À l’affiche, on retrouvera aussi Sean Bean (Game of Thrones), Samantha Morton (The Walking Dead), Samuel Bottomley (Everybody’s Talking About Jamie) et Safia Oakley-Green (Out of Darkness).

Anemone n'a pas encore de date de sortie française.

05 juillet 2025

Gangs of New York : Daniel Day-Lewis est allé très loin dans son investissement physique... au risque d'y laisser sa vie

Il faut le reconnaître : Daniel Day-Lewis est un acteur d’exception. Et nul besoin d’avoir vu tous ses films pour savoir que l’acteur anglais met tout en œuvre pour adopter une approche méthodique, lui qui est réputé pour l’intensité dramatique de ses interprétations.

Parmi ses rôles les plus emblématiques figurent Au nom du père, My Left Foot, Le Dernier des Mohicans, Le Temps de l’innocence, The Boxer, Gangs of New York, There Will Be Blood et Lincoln et à ce jour, il reste le seul acteur à avoir remporté à trois reprises l’Oscar du Meilleur acteur, pour ses performances dans My Left Foot, There Will Be Blood et Lincoln.

Ainsi, lorsqu’il s’investit dans un rôle, Daniel Day-Lewis n’hésite pas à s’y plonger complètement : qu’il s’agisse de demander à être appelé “Lincoln” pendant le tournage du biopic du même nom, ou d’apprendre à confectionner des robes pour Phantom Thread, l’acteur pousse son dévouement jusqu’à la fameuse “Method Acting” comme on l’appelle.

Il a d’ailleurs expliqué sa démarche au cours d’une interview pour la BBC : “Une partie de mon travail consiste à m’abandonner dans mes rôles. C’est logique pour moi de chercher à vouloir rester dans ces univers. Mais au-delà de cette logique, c’est aussi mon plaisir, parce que c’est là que se trouve mon travail.”

Cependant, sur le tournage de Gangs of New York, son approche a fini par le rendre malade et aurait même failli le tuer. En effet, comme le rappelle SlashFilm, alors que le drame policier de 2002 de Martin Scorsese se déroule à New York en 1863, Daniel Day-Lewis a expressément demandé à ce que son personnage porte des vêtements d’époque. Il a donc passé tout son temps vêtu avec les habits de son personnage et ce, en dehors du tournage aussi. Malheureusement, ces costumes ne l’ont pas protégé du froid de New York, ce qui l’a conduit à contracter une pneumonie.

Et quand on lui a demandé de porter des vêtements chauds et surtout de se soigner, il a refusé. Ses raisons ? Cela ne l’aiderait pas à rester immergé dans la peau de son personnage et dans l’époque. Toujours en tentant de rester fidèle à son personnage, il a également exigé des remèdes d’époque uniquement, mais cette exigence a été de courte durée, et il a dû finalement céder à la médecine moderne pour ne pas aggraver son cas...

28 janvier 2024

Martin Scorsese aimerait encore faire sortir Daniel Day-Lewis de sa retraite

La saison des prix bat son plein à Hollywood. Martin Scorsese vient ainsi d'être nommé pour la dixième fois 10e à l'Oscar du meilleur réalisateur pour Killers of the Flower Moon. Un record : il bat ainsi Steven Spielberg. Ses acteurs Lily Gladstone et Robert De Niro sont eux aussi en lice, mais pas Leonardo DiCaprio, qui ne figure pas dans la catégorie meilleur acteur cette année.

Un peu avant de découvrir cette sélection, Martin Scorsese a été honoré lors des National Boards Awards, et il en a profité pour dire devant le public assistant à la cérémonie qu'il aimerait retravailler avec Daniel Day-Lewis.

En 1993, le réalisateur lui avait offert l'un des rôles principaux du Temps de l'innocence, puis 10 ans plus tard, le cinéaste avait refait appel à lui pour jouer Bill le Boucher dans Gangs of New York. A ce moment-là, l'acteur était en retraite anticipée depuis 2016 : il n'avait rien tourné depuis Les Sorcières de Salem, et avait même refusé le rôle d'Aragorn dans Le Seigneur des Anneaux de Peter Jackson pour pouvoir rester auprès de sa famille.

"Merci à toi, Daniel, de me remettre cet prix, a dit Martin Scorsese en montant sur la scène des National Board Review Awards. Cela m'honore particulièrement que ce soit toi qui sois là. Vous savez, on a fait deux films ensemble, et ce furent deux des plus belles expériences de toute ma vie, je dois dire. Peut-être qu'il est temps d'en réaliser une nouvelle ?"

On ne voit pas la réaction de Daniel Day-Lewis, mais le public est surexcité.

Le fait est que le comédien de 66 ans a de nouveau pris sa retraite : il n'a plus tourné de film depuis Phantom Thread, en 2017. Alors que Martin Scorsese, lui, multiplie les projets. A peine après avoir sorti Killers of the Flower Moon, le cinéaste a parlé de son envie d'adapter à nouveau un ouvrage de David Grann, Les Naufragés du Wager, qui devrait marquer de nouvelles retrouvailles avec DiCaprio. Il aimerait aussi filmer une nouvelle histoire autour de Jésus. Daniel Day-Lewis répondra-t-il à l'offre de Scorsese ? Pourrait-il participer à l'un de ces films ? Wait and see...