27 février 2026

Netflix jette l'éponge : la plateforme refuse de surenchérir pour racheter Warner

Le feuilleton du rachat de Warner Bros vient de connaître un nouveau rebondissement. Netflix a officiellement jeté l'éponge jeudi 27 février, refusant de surenchérir face à l'offre améliorée de Paramount. Une décision qui met fin à six mois de bataille acharnée pour s'emparer du légendaire studio hollywoodien. Mais ça ne garantit en rien la victoire de Paramount.

"Nous avons toujours été disciplinés, et au prix nécessaire pour égaler la dernière offre de Paramount Skydance, l'accord n'est plus financièrement attractif", ont déclaré les co-PDG de Netflix, Ted Sarandos et Greg Peters, dans un communiqué conjoint transmis à Deadline. "Cette transaction a toujours été un 'agréable à avoir' au bon prix, pas un 'indispensable' à n'importe quel prix."

La nouvelle a immédiatement fait bondir l'action Netflix de 10%, les investisseurs saluant la prudence financière de la direction. Paramount avait relevé son offre à 31 dollars par action (contre 30 dollars initialement) et renforcé ses garanties de financement, poussant Warner Bros Discovery à déclarer cette proposition "supérieure" à l'accord de 82,7 milliards de dollars signé avec Netflix en décembre.

Mais à peine deux heures après l'annonce du retrait de Netflix, le procureur général de Californie Rob Bonta a douché l'enthousiasme ambiant. "Paramount/Warner Bros n'est pas un accord conclu", a-t-il déclaré, des propos rapportés par Deadline. "Ces deux titans hollywoodiens n'ont pas passé l'examen réglementaire. Le Département de la Justice de Californie mène une enquête ouverte, et nous avons l'intention d'être rigoureux dans notre examen."

Cette mise en garde survient une semaine après l'ouverture d'une enquête antitrust par la Californie, État où l'industrie du divertissement pèse lourd économiquement. "L'industrie du cinéma et du divertissement n'a pas seulement une importance historique pour notre État, c'est aussi un secteur critique qui soutient l'économie de la Californie et touche la vie des Américains au quotidien", avait déclaré Rob Bonta le 20 février. "Les transactions proposées pour Warner Brothers doivent faire l'objet d'un examen complet et robuste, et la Californie y regarde de très près."

L'affaire prend également une dimension politique. La sénatrice démocrate Elizabeth Warren avait qualifié une fusion Paramount-Warner de "catastrophe antitrust", tandis que 11 procureurs généraux républicains avaient écrit à la ministre de la Justice Pam Bondi pour exprimer leurs "préoccupations concernant le fait que la fusion proposée entraînera probablement une concentration excessive du marché".

Le dossier doit encore obtenir l'approbation des actionnaires de Warner Bros Discovery et le feu vert des régulateurs américains et internationaux. L'histoire n'est donc pas terminée.

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