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18 septembre 2026

Le cinéaste iranien Reza Dormishian visé par un mandat d'arrêt

À l'instar de Jafar Panahi, Mohammad Rasoulof ou Mostafa Al-Ahmad, le cinéaste iranien Reza Dormishian est désormais visé par une procédure judiciaire en Iran.

Son avocat, Amir Reisian, a annoncé qu'un dossier avait été ouvert contre le réalisateur pour "propagande contre le système", devant la branche 7 du tribunal révolutionnaire de Téhéran. Un mandat d'arrêt a également été délivré contre lui et les Gardiens de la révolution islamique (IRGC), à l'origine de la plainte, ont demandé la saisie de ses biens.

"Malheureusement, les Gardiens de la révolution islamique ont engagé une procédure judiciaire contre moi, demandé la saisie de mes biens et un mandat d'arrêt a été délivré contre moi. Je vous serais sincèrement reconnaissant de votre soutien pour porter cette affaire à l'attention du public", confie à Première Reza Dormishian, qui souhaite que sa situation soit partagée autant que possible.

Dans un message publié sur X, son avocat précise : "Une procédure judiciaire a été ouverte contre mon client, M. Reza Dormishian, scénariste et réalisateur, pour 'propagande contre le système'", écrit-il. Il indique également qu'un mandat d'arrêt a été émis au stade des poursuites et que l'IRGC, en tant que plaignant, a demandé la saisie des biens du cinéaste.

Cette nouvelle procédure intervient après plusieurs années de pressions exercées contre le réalisateur. En novembre 2022, Reza Dormishian avait été empêché de quitter l'Iran alors qu'il devait se rendre au Festival international du film de l'Inde pour présenter en première mondiale Laminor. Son passeport avait été confisqué à l'aéroport de Téhéran. Il avait ensuite fait l'objet de poursuites et avait été empêché de travailler dans l'industrie cinématographique iranienne.

À l'époque, Dormishian avait publiquement exprimé son soutien au mouvement de protestation "Femme, Vie, Liberté", notamment sur Instagram. Plus récemment, il a également pris position contre la multiplication des exécutions en Iran.

A 45 ans, Reza Dormishian s'est imposé comme l'une des voix les plus engagées du cinéma iranien contemporain. Ses films I’m Not Angry! (2014), Lantouri (2016) et No Choice (2020) abordent frontalement différents aspects de la société iranienne et ont été confrontés à la censure et à des interdictions de diffusion dans son pays. Ils ont néanmoins été présentés dans de nombreux festivals internationaux, notamment à Berlin, Karlovy Vary, Varsovie, Tokyo et Shanghai, et ont reçu plusieurs récompenses.

Le cinéaste est également cofondateur d'une association venant en aide aux victimes d'attaques à l'acide en Iran. Il a par ailleurs produit plusieurs films du réalisateur Dariush Mehrjui, assassiné en 2023.