Ancienne présentatrice du magazine En société et intervenante régulière dans C à vous sur France 5, Émilie Tran Nguyen a été placée en garde à vue à Paris à la mi-juin pour « usage de produits stupéfiants », selon une information du Figaro provenant d’une source judiciaire. Depuis, la journaliste s’était montrée plutôt discrète.
Invitée du podcast The Good Mum, animé par Salomé Berlioux, elle s'est confiée sur sa maternité, son parcours et surtout sur la peur de ne pas réussir à transmettre à ses enfants ce qui, chez elle, a nourri l’envie de réussir. « Mon grand souci, c'est le souci des origines sociales », confie-t-elle d’emblée. Aujourd’hui, ses enfants grandissent dans une famille où leurs deux parents sont cadres supérieurs et vivent confortablement. Une réalité très éloignée de celle de leur mère lorsqu’elle était enfant.
Car avant de connaître cette situation, celle qui s'est fait évincée de France Télévisions a dû se battre. « Pour en arriver là, je me suis battue, j'ai mordu la terre, j'ai été boursière, j'ai travaillé depuis l'âge de mes 15 ans », raconte-t-elle. Dès l’adolescence, elle enchaînait notamment les petits boulots. « Les week-ends, je les passais chez Bata pour vendre des chaussures, pour pouvoir avoir mon indépendance, me payer mon petit ticket de bus, pour sortir... Aller au restaurant, pour mes enfants, c'est naturel. Aller au restaurant, pour moi, c'était un événement. Et encore, je n'avais pas le droit de prendre de boisson. C'était de l'eau dans la carafe. »
La journaliste évoque également les années où elle était boursière, avec une situation financière bien plus compliquée. « Quand tu es petit, tu as honte. J'étais en habits Leclerc. Je n'avais pas les habits de marque. Eux, ils ont déjà des Vans aux pieds. » Une différence qui, aujourd’hui encore, la fait réfléchir. Car ce qu’elle redoute, ce n’est pas que ses enfants soient trop gâtés. C’est plutôt qu’ils ne connaissent jamais cette nécessité qui l’a poussée à avancer.
« Je me demande toujours : est-ce que je fais bien ? Comment je fais pour leur raconter ? Parce que ça, ça m'a donné la niaque, moi. C'est ce qui m'a donné faim. » Cette « rage de réussir », Émilie Tran Nguyen la décrit comme profondément ancrée en elle. Elle la rattache notamment à son histoire familiale et au parcours de son grand-père, parti d’Algérie avant de gravir progressivement les échelons professionnels.
« Il a fait du marteau-piqueur jusqu'à ce qu'il arrive à être commercial de bois et arriver à porter des chemises et une serviette. Il a passé le relais à ma mère, qui m'a passé le relais, pour qu'on avance. » La journaliste se pose encore la question, sans prétendre avoir trouvé la réponse. « Donc je me dis : est-ce que mes enfants vont avoir cette rage de réussir ? Et comment je vais leur transmettre ce moteur-là ? », conclut-elle.

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