On connait les artistes obligés de teaser un nouveau single pendant six semaines et de lancer une danse TikTok pour grappiller quelques streams. Céline Dion, elle peut se contenter de ressortir Ziggy.
Depuis le lancement, le 12 septembre, de sa résidence de seize concerts à la Plenitude Arena de Nanterre, son catalogue connaît une sérieuse seconde jeunesse. Ce jour-là, douze morceaux de la Québécoise occupaient douze des quinze premières places des tendances Spotify en France, catégorie qui mesure les chansons connaissant les plus fortes progressions.
Et on ne parle pas d’un petit regain nostalgique après deux verres de vin blanc.
Le 12 septembre, les écoutes de Ce n’était qu’un rêve ont augmenté de 307 %. Un garçon pas comme les autres (Ziggy) a pris 256 %, et On ne change pas 228 %. Quelques jours plus tard, la Céline-mania avait encore accéléré : selon Rolling Stone Canada, près de trente de ses titres figuraient alors dans les tendances françaises.
La palme revient notamment à une version live d’All By Myself, en hausse de 655 %. Beauty and the Beast gagnait 516 %, On ne change pas 493 %, tandis que The Power of Love et Imperfections dépassaient les 475 %. A ce stade, ce n’est plus un catalogue, c’est une opération de défibrillation.
Les gros classiques n’avaient pourtant pas exactement besoin d’être sauvés. Au 29 septembre, My Heart Will Go On cumulait plus de 731 millions d’écoutes sur Spotify. Because You Loved Me dépassait les 637 millions, tandis que It’s All Coming Back to Me Now approchait les 432 millions. Céline Dion générait alors plus de quatre millions de streams quotidiens sur l’ensemble de son catalogue.
Et le phénomène ne s’arrête pas aux frontières françaises. Pour que tu m’aimes encore s’est retrouvé parmi les titres en forte progression en Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas, en Suisse et même aux Etats-Unis. Jean-Jacques Goldman avait donc raison sur au moins un point : manifestement, il suffit encore qu’on l’aime.
Cette flambée accompagne évidemment le grand retour de Céline Dion sur scène. Sa résidence parisienne se poursuit jusqu’au 17 octobre, avant une nouvelle série de concerts annoncée pour mai 2027.
La chanteuse n’est pourtant pas restée totalement coincée dans les années 1990 : elle a publié cette année Dansons, écrit par Jean-Jacques Goldman, puis Bonjour, Pardon, Merci, signé Ycare. Mais sur Spotify, pour l’instant, ce sont surtout les antiquités qui font sauter la banque.
Comme quoi, chez Céline Dion, même les vieilles chansons ont visiblement encore droit à une tournée de rappel.

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