21 août 2026

Alice au Pays des Merveilles : Tim Burton revient sur son tournage le plus chaotique

Dans la longue filmographie de Tim Burton, les productions ambitieuses et techniquement complexes ne manquent pas. Pourtant, lorsqu’il s’agit de désigner le tournage le plus difficile à maîtriser de sa carrière, le cinéaste n’hésite pas longtemps : Alice au Pays des Merveilles, son adaptation du célèbre classique de Lewis Carroll sortie en 2010.

Le réalisateur s’est replongé dans ses souvenirs à l’occasion de son passage dans le Video Club de Konbini en 2025. Alors que Mercredi, dont il est producteur et réalisateur de plusieurs épisodes, était diffusée sur Netflix, Tim Burton a profité de cet entretien pour évoquer les œuvres qui ont nourri sa passion pour le cinéma, mais également plusieurs étapes importantes de sa propre carrière.

Et parmi elles, une expérience reste manifestement à part.

Au cours de la discussion, Tim Burton est notamment interrogé sur deux films qu’il a réalisés pour Disney : Alice au Pays des Merveilles en 2010 et Dumbo, arrivé neuf ans plus tard. Deux adaptations en prises de vues réelles de classiques du studio, mais dont la fabrication a été très différente.

Pour Alice au Pays des Merveilles, le cinéaste s’est retrouvé face à un véritable défi technique, à une époque où Disney commençait tout juste à miser massivement sur ce type de relecture spectaculaire.

“C’est drôle parce que quand j’ai fait Alice au Pays des Merveilles, c’était tout nouveau, Disney qui faisait tout ce blabla… Ça a été le film le plus chaotique que j’ai jamais réalisé, parce que je n’ai pas utilisé qu’une seule technique, je n’ai pas fait que de la motion capture... J’ai mélangé tous les effets.”

Le long-métrage reposait en effet sur une combinaison particulièrement complexe de procédés. Personnages numériques, animation, effets visuels et capture de mouvement devaient cohabiter pour donner naissance au Pays des Merveilles imaginé par le réalisateur. Une méthode qui compliquait considérablement la possibilité de visualiser le résultat définitif pendant la production.

Cette particularité a même empêché le studio d’appliquer l’une des pratiques habituelles des grosses productions hollywoodiennes : organiser des projections tests suffisamment tôt pour recueillir les réactions du public et éventuellement procéder à des ajustements.

“Vous savez, dans le Hollywood moderne, on teste un film avant de le sortir. Ici, ils n’ont pas pu le tester car il n’y avait rien avant la toute fin. C’était une espèce de puzzle bizarre car les yeux de telle personne étaient plus gros, cette personne était entièrement en animation, c’était à moitié de la motion capture, à moitié…”

Pendant une grande partie de la postproduction, Alice au Pays des Merveilles n’existait donc pas véritablement sous une forme permettant de juger le résultat final. Les nombreuses pièces de ce gigantesque assemblage visuel n’ont fini par prendre leur place que très tardivement.

Une expérience suffisamment singulière pour que Tim Burton soit persuadé qu’elle ne pourra pas se reproduire.

“Quelques mois avant, ceux qui ont vu le film avant sa sortie, il n’y avait pas du tout de film. Il s’est matérialisé à la toute fin. C’était le film le plus chaotique, désordonné... Plus aucun film ne sera réalisé comme ça, je peux vous le garantir !”

Si sa conception a donné quelques sueurs froides à son réalisateur, Alice au Pays des Merveilles a finalement rencontré un succès colossal. Le film constitue également l’une des nombreuses collaborations entre Tim Burton et Johnny Depp, qui y prête ses traits au fantasque Chapelier fou.

Le public a largement répondu présent : le long-métrage a attiré plus de 4,5 millions de spectateurs dans les salles françaises et franchi la barre symbolique du milliard de dollars de recettes à travers le monde. Une belle récompense pour celui que Burton décrit comme son film le plus “chaotique et désordonné”.

Tim Burton n’en a pas fini avec les univers fantastiques : outre ses nouveaux épisodes de Mercredi, le cinéaste travaille également sur un mystérieux projet d’animation, dont il n’a pour l’instant révélé que très peu de détails.

En parallèle, il développe également pour Warner Bros. une nouvelle version du classique de science-fiction L’Attaque de la femme de 50 pieds, dont le scénario a récemment été confié à Danya Jimenez et Hannah McMechan, les scénaristes de KPop Demon Hunters.

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