Les mots sont souvent insuffisants pour décrire Afida Turner, mais derrière la performeuse survoltée qui transforme en tube rock même la plus anodine des comptines, se cache une femme qui a dû se construire seule et dans le drame.
A l’âge de trois ans, celle qui a su se réapproprier Etienne a vu son père tuer sa mère sous ses yeux.
« Je ne souhaite ça à personne. C’est mon karma, c’est comme ça, confie-t-elle à Jeremstar, qui l’interviewait dans sa célèbre baignoire. Je n’ai pas eu de papa, je n’ai pas eu de maman, je n’ai pas eu d’enfance. »
Afida Turner a été placée et, comme beaucoup trop d’enfants confiés à l’assistance publique, elle a subi des violences. Ses « souvenirs de famille d’accueil », ce sont « les coups, les brimades, bouffer avec les chiens, les moutons, dehors. »
« C’était ça, ma vie. C’est vraiment ce que j’ai vécu. Tu regardes les photos, j’avais les cheveux rasés. C’était "sale négresse", "sale arabe", "va dehors, tu bouffes avec les chiens". C’étaient les gens qui m’avaient accueillie, et ça a fait de moi celle que je suis devenue, parce qu’il faut forcément trouver une alternative », confie l’artiste.
Afida Turner explique avoir été poussée dehors par sa famille d’accueil à 16 ans. « Je suis partie avec une brosse à dents, un dentifrice et quelques vêtements. J’ai pris un train Paris-Nord, je suis restée à la Gare du Nord. J’ai pris un hôtel. C’était 50 francs (la nuit) et je travaillais à Saint-Michel, je vendais des t-shirts et des souvenirs, puis j’ai bifurqué à Châtelet-les-Halles », ajoute-t-elle.
Ce qui l’a fait tenir durant son adolescence, c’est d’aller « à l’église » pour prier : « Je sais que ça va paraître un peu con et un peu cliché, mais j’allais à l’église et j’allumais beaucoup de cierges. » Et ce qui l’aide, aujourd’hui, à « penser beaucoup moins » à ce passé, c’est son « métier, l’amour des fans, et les belles rencontres. »
« Mais si tu ne penses qu’à ça, tu as envie de te jeter par la fenêtre », explique Afida Turner, qui a trouvé la force de se battre.
« Quand on n’a rien, on veut tout, et je pense que c’est ce qui a fait ma force. De ne pas avoir de papa, de maman, de ne pas savoir où tu vas bouffer. Et quand tu es en famille d’accueil où tu te fais violenter, tu n’as qu’une envie, c’est de gagner ta vie et pouvoir te barrer, de rêver quand tu vois à la télé tes acteurs, tes chanteurs, tous ces gens qui t’inspirent en te disant "Moi aussi j’ai envie de faire ça. Je veux rentrer dans la télé et sortir de cet enfer". Et c’est ce qui m’est arrivé », ajoute la chanteuse qui s’est fait connaître dans Loft Story 2 sous le surnom de Lesly.





