08 août 2026

Échec retentissant dans les années 80, ce film produit par Spielberg lui a tellement déplu qu'il a fait retirer son nom du générique

Dans les années 1980, le nom de Steven Spielberg est associé à certains des plus grands succès du cinéma populaire américain. Mais tous les projets auxquels le cinéaste a participé n’ont pas connu le même destin. En 1987, il aurait ainsi choisi de prendre ses distances avec un teen movie qu’il avait pourtant contribué à produire : Trois heures, l’heure du crime (Three O’Clock High).

Le cas est d’autant plus étonnant que ce n’est pas seulement le nom de Spielberg qui manque à l’appel au générique. Celui d’Amblin Entertainment, sa célèbre société de production, n’y apparaît pas non plus. Une manière de se désolidariser d’un film dont le résultat final se serait révélé très éloigné de ce que le réalisateur souhaitait associer à son image.

Pour comprendre cette décision, il faut se replacer dans le contexte de l’époque. Au milieu des années 1980, Amblin est devenue synonyme d’un certain cinéma familial et spectaculaire, mêlant aventure, humour, émotion et imaginaire. Les Goonies, Retour vers le futur ou encore Fievel et le nouveau monde contribuent notamment à installer cette identité auprès du public.

Trois heures, l’heure du crime évolue dans un registre sensiblement différent. Réalisé par Phil Joanou, qui mettra quelques années plus tard en scène Les Anges de la nuit, le film raconte la journée particulièrement mouvementée de Jerry, un lycéen plutôt discret qui commet l’erreur de provoquer Buddy, la terreur de son établissement.

Le rendez-vous est pris : à 15 heures, les deux adolescents devront régler leurs comptes. À mesure que l’heure fatidique approche, Jerry tente désespérément de trouver un moyen d’échapper à l’affrontement.

Sur le papier, le scénario pourrait rappeler de nombreuses comédies adolescentes qui fleurissaient alors à Hollywood. Mais le film de Phil Joanou emprunte une voie beaucoup plus singulière. Plutôt que de miser essentiellement sur les histoires d’amour et les situations légères, il transforme progressivement le quotidien du lycée en véritable source d’angoisse.

La menace représentée par Buddy plane ainsi sur une grande partie du récit et donne au film une atmosphère particulièrement tendue. Plusieurs séquences renforcent encore son côté étrange et irrévérencieux, qu’il s’agisse de pom-pom girls déchaînées ou d’une scène de séduction embarrassante impliquant Jerry et l’une de ses enseignantes.

Un univers nettement plus sombre et grinçant que celui auquel le public associait alors Amblin. C’est justement le résultat final qui aurait poussé Steven Spielberg à ne plus vouloir être officiellement associé au projet et à faire disparaître son nom du générique, tout comme celui de sa société.

Un détail particulièrement amusant demeure néanmoins pour les spectateurs attentifs. Malgré l’absence du cinéaste au générique, l’une de ses œuvres les plus célèbres trouve le moyen de s’inviter dans Trois heures, l’heure du crime.

Le morceau “Out To Sea”, composé par John Williams pour la bande originale des Dents de la mer, peut en effet être entendu dans le film. Un clin d’œil qui crée un lien assez ironique avec Spielberg, alors même que celui-ci aurait précisément souhaité effacer les traces officielles de sa participation.

Le long-métrage n’a en tout cas pas rencontré le succès commercial qui aurait pu lui donner tort. Produit pour environ 5 millions de dollars, Trois heures, l’heure du crime n’a récolté qu’un peu plus de 3,6 millions de dollars dans les salles américaines.

Resté relativement confidentiel depuis sa sortie en 1987 – et passé directement par la case vidéo en France –, le film est aujourd’hui surtout une curiosité dans l’histoire d’Amblin et de Steven Spielberg : celle d’un projet que le célèbre cinéaste avait accompagné avant de finalement préférer que son nom n’y soit plus associé.

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