01 juillet 2026

Netflix réclame une réforme de la législation pour investir moins dans la création française

Netflix fait monter la pression.

Alors que la Commission européenne s'apprête à réexaminer cet automne la directive européenne sur les services de médias audiovisuels, le géant américain du streaming demande un plafonnement des investissements obligatoires qu'il doit consacrer à la création française.

Depuis le décret de 2021 transposant la directive européenne, les plateformes par abonnement comme Netflix, Prime Video ou Disney+ sont tenues d'investir 20 % de leur chiffre d'affaires réalisé en France dans des films, séries et documentaires français et européens. Un niveau d'obligation parmi les plus élevés d'Europe.

Aujourd'hui, Netflix investit plus de 250 millions d'euros par an dans la création française, dont environ 60 millions d'euros dans le cinéma. La plateforme finance ou produit entre 20 et 25 œuvres françaises chaque année. Mais elle estime que le système actuel n'est plus viable.

"En tant que partenaire essentiel de la création française, et déterminés à le rester, nous alertonssur la viabilité des règles actuelles de financement des diffuseurs", a déclaré un porte-parole de Netflix au quotidien Le Monde.

Selon les estimations citées par le journal, si rien ne change, les plateformes américaines pourraient représenter près de la moitié du financement de la création française d'ici à 2030, contre environ un quart en 2024. Netflix juge cette progression disproportionnée par rapport à la demande réelle du public français pour les œuvres nationales.

La plateforme ne cache pas non plus son autre objectif : obtenir un assouplissement de la chronologie des médias. Présent en France depuis près de douze ans, Netflix estime être pénalisé par rapport à Disney+, alors même qu'il investit davantage dans la production locale.

Aujourd'hui, Canal+ peut diffuser un film six mois après sa sortie en salles. Disney+ bénéficie d'une fenêtre de neuf mois grâce à ses engagements renforcés en faveur du cinéma français. Netflix, de son côté, doit patienter quinze mois avant de proposer un long métrage sur sa plateforme. Le groupe milite depuis plusieurs années pour ramener ce délai à douze mois.

Ces règles ont également des conséquences sur les films produits ou distribués par Netflix. Elles empêchent notamment la plateforme de présenter ses longs métrages en compétition au Festival de Cannes, qui exige une véritable sortie en salles pour tous les candidats à la Palme d'or. C'est aussi pour cette raison que le prochain Narnia, réalisé par Greta Gerwig, ne sortira pas en IMAX en France et sera directement mis en ligne sur Netflix.

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