25 mai 2026

Vianney annonce une nouvelle tournée en 2027

Cinq ans après, il est de retour. Vianney, qui avait mis la musique entre parenthèses notamment pour construire une cabane dans les bois, annonce ce lundi une nouvelle tournée de 40 dates à partir de mars 2027. Le chanteur a publié sur ses réseaux sociaux une vidéo d’annonce listant ses prochains concerts dans les Zénith et Arena. Elle débutera le 24 mars 2027 à Reims, jusqu’au 24 mars 2028 à Narbonne, avec trois dates au Zénith de Paris-La Villette, du 8 au 10 avril 2027.

Il n’a pas mentionné à ce stade l’arrivée d’un prochain album, mais il est courant que les artistes adossent un nouvel opus à une tournée. Son dernier album studio composé de duos et trios, « A 2 à 3 », est sorti en 2023 sur le label indépendant Tôt ou tard (Vincent Delerm, Zaz, Noé Preszow).

« Vianney retrouvera ce qu’il aime le plus : être seul sur scène, face au public », avec « un spectacle généreux », a indiqué son label. L’artiste de 35 ans repartira en concert après cinq ans de pause, un éloignement artistique et médiatique choisi dont il avait fait part à ses fans. Entre-temps, il s’est mué en charpentier pour construire durant neuf mois une cabane en bois au milieu de la nature, une démarche documentée et partagée avec sa communauté. Ce lieu lui sert désormais de studio d’enregistrement.

Connu pour ses ballades pop dont « Beau-Papa », l’auteur-compositeur-interprète s’est fait connaître en 2014, guitare au cou, avec les titres « Je te déteste » et « Pas là ». Comptant parmi les figures de la chanson française actuelle, il a partagé un duo avec Gims en 2018 « La même », et collabore régulièrement avec d’autres artistes dont Kendji Girac.

Le cinéaste Andreï Zviaguintsev appelle Poutine à "mettre fin au carnage"

Honoré hier soir sur la Croisette, Andreï Zviaguintsev a profité de son passage sur la scène du Palais des Festivals pour adresser un message direct à Vladimir Poutine.

Le cinéaste russe, récompensé par le Grand Prix du Festival de Cannes pour Minotaure, a livré un discours aussi politique qu’émouvant, salué par une longue ovation du public.

Exilé depuis l’invasion de l’Ukraine, le réalisateur de Faute d'amour et Leviathan signe avec Minotaure un drame sombre et étouffant qui transpose l’esprit de La Femme infidèle de Chabrol dans la Russie de 2022, au cœur de la guerre. Le film suit un mari prêt à sombrer dans la violence après avoir découvert l’adultère de son épouse, tandis que la société russe s’enfonce dans la peur, la corruption et l’enrôlement forcé.

À travers cette mécanique de vengeance intime, Zviaguintsev radiographie les dérives morales d’une Russie en guerre : l’impunité, le cynisme, les arrangements permanents et la brutalité ordinaire deviennent les symptômes d’un système gangrené. Le tout porté par une mise en scène glaciale. Mais c’est surtout son discours de remerciement qui a marqué la cérémonie. En pesant chacun de ses mots, le cinéaste a lancé un appel solennel au président russe :

“Des millions de gens, de part et d’autre de la ligne de front, ne rêvent que d’une chose : que les massacres cessent enfin. Et la seule personne qui puisse mettre fin à cette boucherie est le président de la Fédération de Russie. Mettez fin à ce carnage. Le monde entier attend cela.”

Canal+ : pas de saison 4 pour la série Paris Police 1910

Ce lundi 25 mai, Canal+ diffuse le dernier épisode de Paris Police 1910, sa série policière phare qui nous transporte dans le Paris de la Belle Epoque. Et pour cette nouvelle saison, Fabien Nury, le scénariste, s’est intéressé à l’Affaire Steinheil, qui avait passionné le public et la presse en 1908.

Cette année-là, Marguerite Steinheil (Évelyne Brochu) est retrouvée ligotée dans son lit, son mari et sa propre mère sont morts, assassinés dans la pièce d’à côté. Cette affaire qui implique la célèbre "Pompe Funèbre" fait couler beaucoup d’encre.

L’enquête, confiée à l’inspecteur Jouin (Jérémie Laheurte), est menée rapidement et Marguerite devient la principale suspecte ; Fiersi (Thibaut Évrard) et le préfet Lépine seraient impliqués. Acculée, Meg convoque la presse : elle est prête à dire "toute la vérité"... Mais quelle vérité ?

Il n’y aura malheureusement pas de saison 4 pour la saga Paris Police. Fabien Nury a en effet expliqué lors d’un point presse organisé pour la promotion de la série qu’il avait toujours eu en tête de raconter l’histoire de ses personnages sur 3 saisons.

“J’ai toujours eu en tête de faire une trilogie. C’était quelque chose que je savais dès la première saison”, a-t-il ainsi confié. “L’avantage quand on fait une série historique, c’est que l’Histoire nous fait notre structure".

"Nous savions donc que nous arrivions avec Meg et que nous allions repartir avec elle. Nous savions très bien que la première saison allait traiter des conséquences de la mort de Felix Faure et qu’elle allait donc être impliquée."

"Nous savions aussi que la saison 3 tomberait au moment de l’affaire Steinheil. En définitive, est-ce que Paris Police, ce n’est pas l’histoire d’une femme que la police n’a jamais réussi à arrêter ? C’est ça que nous nous sommes demandé. Meg était notre élément subversif.”

Popularisée par Tom Cruise, cette histoire culte s’offre une sublime adaptation animée

Grand récit de science-fiction moderne, All You Need is Kill a vu son intrigue être transposée à la fois sur grand écran et en manga au cours de la décennie 2010. Mais si ces deux adaptations ont connu un véritable succès, peu de gens savent que ces œuvres sont tirées d’un même roman, ou plus précisément d’un light novel japonais, ces romans courts qui font fureur auprès des jeunes. Publié au Japon en 2004 et signé de la main de l’auteur Hiroshi Sakurazaka, All You Need is Kill est devenu l’une des plus grandes références de science-fiction contemporaine, et son titre devrait à nouveau faire parler les amateurs du genre : en effet, une nouvelle version cinématographique réalisée par le cinéaste Ken’ichirô Akimoto vient de sortir en salle, et ce nouveau long-métrage a la particularité d’être un film d’animation !

L’intrigue, les cinéphiles commencent à en connaître le socle commun, partagé par toutes les adaptations : dans un futur proche, le monde se reconstruit après l’invasion d’une gigantesque fleur extraterrestre. Quand cette mystérieuse plante entre en éruption et libère des créatures dévastatrices, la jeune Rita meurt dans le chaos... avant de se réveiller au début de la même journée ! Prisonnière d’une boucle temporelle, elle revit sans cesse la bataille, jusqu’à sa rencontre avec Keiji, lui aussi piégé dans le cycle. Ensemble, ils vont tenter de briser la boucle... ou mourir pour toujours.

Faisant le choix d’offrir son premier rôle à un personnage féminin plutôt que masculin, à rebours de l’œuvre originale et de ses adaptations habituelles, Ken’ichirô Akimoto parvient à réinventer une histoire déjà connue et appréciée du grand public – et mieux encore, à lui offrir ses lettres de noblesse grâce à une animation particulièrement léchée et atypique, mais aussi à sa distribution.

En effet, le cinéaste peut compter notamment sur les voix sensibles et attachantes de l’actrice Ai Mikami (Le Maître du Kabuki) et du célèbre Natsuki Hanae, véritable star du doublage, célèbre pour ses rôles de Tanjiro (Demon Slayer), Kaneki (Tokyo Ghoul) ou encore Okarun (Dandadan).

Star Wars - The Mandalorian & Grogu : ils sont 3 à jouer le rôle principal du nouveau film

Cela ne vous aura peut-être pas échappé dans le générique de début de The Mandalorian & Grogu : Pedro Pascal est, sans surprise, le premier acteur crédité, et son nom est suivi de ceux de Brendan Wayne et Lateef Crowder qui, peut-être, ne vous parleront pas plus que cela. Surtout dans un film où un membre du casting peut seulement prêter sa voix à une créature, à l'image de Jeremy Allen White avec Rotta the Hutt.

Sauf que, dans le cas du premier long métrage Star Wars à sortir en salles depuis 2019 et L'Ascension de Skywalker, celui qui fait la voix n'est autre que Pedro Pascal qui, à l'exception de cette séquence au cours de laquelle son casque lui est retiré, partage le costume métallique avec deux autres personnes : Brendan Wayne est celui qui le portait sur le plateau, pour les besoins de plusieurs scènes, tandis que Lateef Crowder est la doublure cascade de l'acteur.

En soit, ce n'est pas étonnant. C'est même fréquent pour un blockbuster de cette trempe. Mais les noms de Brendan Wayne et Lateef Crowder apparaissent dans la partie "Casting" des crédits (au début et à la fin), et nom dans l'équipe technique, juste derrière celui de Pedro Pascal. "Dans la tradition de Star Wars, il y a toujours eu beaucoup de personnes impliquées dans la création d'un personnage", nous dit le comédien, sans tarir d'éloges sur des deux partenaires. "Ça a toujours été le cas, dès les film originaux de George Lucas."

"Dans le cas de Mandalorian, ce sont des choses que nous avons découvertes au fil du temps : j'ai passé beaucoup de temps dans le costume, Brendan est un acteur que Jon [Favreau] a rencontré sur plateau de Cowboys & envahisseurs et engagé très tôt, Lateff Crowder est le meilleur cascadeur au monde. Ou, de mon point de vue, l'une des seules personnes capables d'exécuter tous ces combats et ces cascades incroyables. Nous avons aussi un super coordinateur des cascades en la personne de J.J. Dashnaw, avec qui j'ai travaillé sur d'autres films et m'a aidé sur la physicalité et le fait d'évoluer dans le costume."

"Sans oublier toutes ces autres personnes qui ont aussi été dans le costume, mais que je n'ai jamais rencontrées. Et c'est à Jon que l'on doit le fait qu'ils soient crédités de la sorte dans le générique. Car le personnage vit depuis longtemps, et ils ont passé beaucoup de temps dans le costume, à construire ce qu'il est en tant que protagoniste, donc la meilleure chose à faire était de les créditer de la sorte dans le film, car ils sont aussi le Mandalorian."

De la même manière que Dark Vador, partagé entre Dave Prowse (dans l'armure), James Earl Jones (sa voix originale) et Sebastian Shaw (lorsque l'on voit son visage à la fin du Retour du Jedi) dans la trilogie originale, Din Djarin c'est un peu Pedro Pascal, mais pas seulement. Reste maintenant à savoir dans combien de plans du film il s'agit bien de lui.

24 mai 2026

Les Frères Pétard : le film avec avec Gérard Lanvin et Jacques Villeret a créé une grosse polémique à sa sortie au cinéma

Aujourd’hui considéré comme une comédie culte du cinéma français, Les Frères Pétard n’a pourtant pas eu un parcours tranquille avant son arrivée en salles. Porté par Jacques Villeret et Gérard Lanvin, le film réalisé par Hervé Palud en 1986 a suscité une vive polémique au point de frôler l’interdiction.

À l’époque, l’histoire de Momo et Manu – deux amis sans argent qui se lancent dans le trafic de marijuana pour survivre – passe très mal auprès des autorités. Dans un contexte de campagne gouvernementale antidrogue, cette comédie décalée est rapidement jugée provocatrice, voire dangereuse. Pourtant, le pitch est volontairement décalé, entre humour burlesque et satire sociale, et s’inscrit dans ce que l’on appelle désormais la stoner comedy, un genre encore peu développé en France à l’époque.

Dès sa conception, le film s’inscrit dans un contexte sensible. Il sort en pleine période de discours gouvernementaux très fermes contre la drogue. Cette dimension explique en partie la réaction des autorités face à une œuvre qui choisit le rire plutôt que le ton dramatique habituellement associé à ce sujet.

Comme le souligne Hervé Palud (via BFMTV), le décalage entre traitement comique et thématique sérieuse est précisément ce qui dérange : “C’est un délit qui est plus facile à mettre en scène dans une famille.”

Le réalisateur explique ainsi que l’option choisie dans Les Frères Pétard repose sur une approche légère et collective du récit, où même la cellule familiale peut être impliquée, contrairement à des représentations plus sombres et isolées de la drogue.

Avant même sa sortie en salles, le long-métrage doit passer par la commission de censure du CNC. Mais très vite, le dossier quitte le simple cadre administratif pour devenir une affaire politique. Le ministère de la Culture, dirigé par François Léotard avec Philippe de Villiers comme adjoint, reprend la main sur le projet.

Les pressions se multiplient. Hervé Palud raconte avoir été contacté directement pour modifier son film : “J’ai eu au téléphone Philippe de Villiers qui m’a demandé de couper telle ou telle réplique et de raccourcir telle ou telle scène. Il refaisait le film par téléphone! J’ai refusé.”

La situation s’intensifie quelques jours avant la sortie, avec la mise en place d’une commission exceptionnelle réunissant des représentants de la société civile. Le réalisateur décrit un climat d’urgence totale : “On m’a alors dit que j’allais avoir une sorte de section spéciale, une nouvelle commission constituée de représentants (mères de famille, profs, etc.) pour délivrer l’avis de sortie. Ils organisent ça le vendredi soir, soit cinq jours avant la sortie du film [le 10 octobre 1986, NDLR] – on ne savait pas s’il allait sortir !”

Selon lui, Philippe de Villiers intervient même directement devant cette commission : “Philippe de Villiers est venu lui-même – c’est de l’ingérence totale – pour faire un speech aux 21 personnes réunies ce jour-là et leur dire que le film était dangereux, qu’il fallait l’interdire.”

Si le film est autant attaqué, c’est aussi en raison de son ton. François Léotard, ira jusqu’à demander publiquement aux parents d’empêcher leurs enfants d’aller voir cette comédie qu’il considère comme “immorale”. Le ministre souhaitait également une interdiction aux moins de 13 ans, craignant l’influence du film sur les plus jeunes.

Dans une intervention télévisée, il insiste sur le danger supposé de cette représentation humoristique de la drogue, dans un climat où la société valorise davantage les récits sombres de dépendance et de chute.

Pour Hervé Palud, cette incompréhension est flagrante. Il compare notamment avec d’autres œuvres plus dramatiques traitant du même sujet, expliquant que la provocation venait surtout du ton léger du film plutôt que de son contenu.

Malgré les tentatives d’interdiction, Les Frères Pétard obtient finalement son autorisation de sortie. Derrière cette controverse, le film séduit justement par son absurdité et son humour atypique. Le duo formé par Gérard Lanvin et Jacques Villeret contribue largement à faire de cette satire sociale une œuvre populaire malgré les critiques.

Mais la polémique, elle, ne retombe pas. Le réalisateur se souvient d’une période particulièrement violente médiatiquement : “On a été tellement culpabilisés. On a été montrés du doigt et j’étais considéré comme le premier dealer de France. Il y avait des articles, c’était épouvantable. On a été maltraités. C’était un gros scandale.”

Le film sort dans environ 200 salles et attire plus de 2,3 millions de spectateurs, confirmant son succès populaire malgré la controverse.

Avec le recul, Les Frères Pétard est aujourd’hui considéré comme l’un des premiers grands succès français relevant de la stoner comedy, un genre très codifié aux États-Unis et encore rare en France dans les années 80.

Comme le rappelle Hervé Palud, les références américaines de ce type de comédie étaient alors peu connues en France. De son côté, une nouvelle génération de réalisateurs s’inspire plus tard de ce registre, notamment à travers des œuvres comme Five, La Beuze, Paulette ou encore la série Family Business.

Le producteur Christian Fechner avait d’ailleurs anticipé les difficultés du projet, conscient de son caractère provocateur dans le contexte politique de l’époque. Et pourtant, malgré la tempête, le film s’impose avec le temps comme une référence du genre.

Ce qui devait être un film controversé est finalement devenu un classique. Aujourd’hui encore, Les Frères Pétard est régulièrement rediffusé à la télévision et reste associé à une époque où la comédie française osait bousculer les limites, quitte à provoquer un affrontement direct avec les institutions.

Au-delà du scandale, son héritage est double : celui d’un film culte du cinéma populaire, et celui d’un jalon fondateur dans l’histoire de la stoner comedy française.

L'Etrangleur de la place Rillington : classé X il y a 55 ans, ce chef-d'oeuvre est pourtant le plus grand rôle de Richard Attenborough

Disparu en 2006 à l'âge de 89 ans, le réalisateur Richard Fleischer fut un des plus solides artisans d'Hollywood. S'il a hélas terminé sa carrière sur des oeuvres anecdotiques, voire carrément oubliables et mauvaises, on retient heureusement de lui des films mémorables, et même des chefs-d'oeuvres : 20.000 lieues sous les mers; le splendide Les Vikings, classique absolu du film d'aventure. Le Génie du mal, extraordinaire plaidoyer contre la peine de mort. Le Voyage fantastique, grand classique de la SF. Soleil vert, autre pépite SF d'un atroce pessimisme...

En 1968, il signait un fabuleux thriller basé sur une histoire vraie, dans un style proche du documentaire, L'étrangleur de Boston, qui offrait à Tony Curtis le meilleur rôle de sa carrière. Le plus risqué aussi, tant son incarnation de ce tueur en série, et père de famille aimant, était à l'opposé absolu du spectre des rôles qu'il avait coutume d'incarner à l'écran.

C'est précisément dans cette même période, celle des années 60, qu'il fut approché par le producteur britannique Leslie Linder, qui caressait l'idée depuis quelques temps d'adapter un roman de l'auteur Ludovic Kennedy, paru en 1961 : 10 Rillington Place. Son adaptation sortira en1971, sous le titre L'Etrangleur de la place Rillington. Et sera même classée X en Grande-Bretagne…

10 Rillington Place est une adresse de bien sinistre mémoire, située dans les environs de Londres, qui a hanté et traumatisé les britanniques. Parce que l'histoire est vraie. En 1950, un homme simple d'esprit du nom de Timothy Evans fut pendu pour le meurtre de sa femme enceinte et de sa fille en bas âge. Analphabète et menteur invétéré, connu pour ses violentes disputes avec son épouse, Evans était le suspect le plus évident.

Jusqu'à la fin, il affirma être innocent des crimes dont on l'accusait, soutenant que c'était en réalité son voisin du 10 Rillington Place, un certain John Reginald Christie, qui avait en réalité commis ces crimes. L'ennui, c'est que personne, pas même Evans, ne fut en mesure d'avancer un mobile, même vaguement plausible, expliquant pourquoi Christie aurait commis de tels actes.

En 1953, la police découvrit que le lieu où Evans avait vécu regorgeait en réalité de cadavres : ils avaient été enterrés dans le jardin, enfouis sous le plancher et dans les murs, ou carrément entassés dans le vide ordure... Des corps qui dataient en réalité d'avant l'emménagement d'Evans. L'époque où, justement, John Reginald Christie occupait les murs.

C'est que derrière une apparence lisse et son métier de policier, ce dernier était en réalité atteint d'une véritable démence meurtrière. En une décennie, il viola, tua et cacha les corps de plusieurs femmes, sans jamais éveiller le moindre soupçon…

Soucieux de donner l'approche la plus authentique possible à son film, à l'instar de ce qu'il fit pour L'Etrangleur de Boston, Richard Fleischer planta ses caméras sur les lieux même du drame, dans le véritable Rillington Place. Les occupants du numéro 10 ayant toutefois refusé de quitter les lieux pour les besoins du tournage, le film fut finalement tourné juste à côté de cette adresse tristement célèbre, dans un appartement inoccupé situé au numéro 7. Initialement promis à la démolition, le lieu fut toutefois maintenu en l'état le temps nécessaire pour le tournage. Fleischer engagea même le bourreau Albert Pierrepoint comme consultant, afin qu'il veille à l'authenticité de la scène de la pendaison. C'est précisément lui qui procéda aux pendaisons d'Evans et de Christie.

Lorsque Fleischer proposa à Richard Attenborough de tenir le rôle principal de John Reginald Christie, l'acteur sauta sur l'occasion sans même demander à lire le scénario au préalable. Il livre dans le film de Fleischer une extraordinaire composition, totalement investie et habitée, absolument glaçante. Probablement la meilleure de sa grande et illustre carrière.

Un rôle qui fut aussi une épreuve pour lui. "Je n'aime pas jouer ce rôle, mais je l'ai accepté d'emblée sans même avoir lu le scénario. Je ne me suis jamais senti aussi profondément impliqué dans un rôle que celui-ci. C'est une prise de position des plus percutantes sur la peine de mort" confia l'acteur dans un entretien au Times, en 1970 (via BBC Culture).

"Je ne parlais jamais à personne en général pendant le tournage" raconta l'acteur des années plus tard. "À l’heure du déjeuner, je me rendais dans ma chambre et je m’asseyais seul. L’une des sensations étranges que j’éprouvais était de ne pas pouvoir me débarrasser de cette image pendant très longtemps".

L'écho du film fut aussi amplifié par le contexte social qui traversait la Grande-Bretagne à ce moment précis. À peine quelques années après l'abolition de la peine de mort, des voix s'élevaient pour réclamer son rétablissement. Au cœur de ce débat houleux, l'affaire du 10 Rillington Place a refait surface dans l'opinion publique, précisément grâce à l'adaptation de Fleischer.

Timothy Evans, le malheureux accusé et pendu à tort, devint un symbole de l'injustice et de l'erreur judiciaire : la Justice mettra 16 ans à admettre le fait d'avoir envoyé un innocent à l'échafaud. C'est afin d'éviter toute nouvelle erreur judiciaire de ce type que la peine capitale fut ainsi supprimée comme sanction en cas de meurtre.

Peu diffusé à la télévision, situé au croisement du thriller et de l'horreur, avec ses cadrages parfois oppressants et son atmosphère étouffante, L'Etrangleur de la place Rillington n'est pas le film qui vient nécessairement en tête, en tout cas immédiatement, lorsqu'on évoque l'oeuvre de Richard Fleischer. Il figure pourtant largement parmi les plus grands films de son auteur, en plus d'être un sommet dans la carrière de son interprète principal. Envie de découvrir ce diamant noir ? Il est disponible en VOD ainsi qu'en DVD / Blu-ray.

Sergio Leone ne voulait pas d'autre acteur que Charles Bronson pour incarner le héros de Il était une fois dans l'Ouest

Considéré comme une référence absolue du western, Il était une fois dans l’Ouest occupe une place à part dans l’histoire du cinéma. Avec une moyenne impressionnante de 4,5 sur 5 sur AlloCiné, le film domine des monuments du genre comme Le Bon, la Brute et le Truand, Django Unchained ou encore Danse avec les loups. Pourtant, le long-métrage aurait pu avoir un visage bien différent.

Derrière la création du mystérieux Homme à l’harmonica, Sergio Leone nourrissait une conviction inébranlable : un seul acteur pouvait donner vie à ce personnage. Malgré les réticences des studios et les nombreuses propositions de stars hollywoodiennes, le réalisateur italien n’a jamais envisagé de compromis.

Dans le livre Conversations avec Sergio Leone, recueilli par Noël Simsolo, le cinéaste explique pourquoi il refusait catégoriquement de confier ce rôle à quelqu’un d’autre que Charles Bronson. Pour lui, l’acteur possédait exactement la présence qu’exigeait ce personnage silencieux et hanté par son passé.

“Harmonica, c’est Bronson. Une force de marbre. Un métis qui poursuit sa vengeance. Un homme qui sait attendre le temps nécessaire pour tuer l’individu responsable de la mort de son frère. En tant qu’Indien, il a déjà une haine pour l’homme blanc. Et il torturera Frank en lui rappelant le nom de toutes ses victimes. Mais il doit toujours avoir un air impassible. Il ne parle pas beaucoup. Il exprime sa douleur avec l’harmonica. Sa musique est une lamentation qui vient de loin. C’est viscéral. Et c’est attaché à une mémoire ancestrale.”

Dans l’esprit de Leone, Bronson incarnait une présence presque minérale, capable d’exprimer la souffrance et la vengeance sans multiplier les dialogues. Cette intensité silencieuse représentait l’essence même du personnage.

Ce choix artistique, pourtant évident aux yeux du réalisateur, a longtemps laissé sceptique l’industrie américaine. À Hollywood, beaucoup jugeaient absurde de délaisser les grandes vedettes bankables au profit d’un acteur alors moins exposé.

“À Hollywood, on voulait me faire interner chez les fous. J’avais refusé toutes les stars et j’insistais pour avoir Bronson. On pensait que j’avais perdu la raison. Mais je suis entêté. J’ai obtenu Charles Bronson. Et je crois que la suite a démontré que j’étais loin d’être fou.”

Les producteurs de la MGM n’ont pourtant pas manqué d’alternatives à lui soumettre. Plusieurs stars majeures de l’époque ont en effet été envisagées pour endosser le rôle principal.

“Les Américains m’ont proposé toutes leurs stars. Un jour, on m’annonce que Rock Hudson veut le rôle. Le lendemain, on me propose encore un autre nom. Un jour, un de mes associés me déclare que Warren Beatty souhaite interpréter l’homme à l’harmonica.”

Parmi les propositions formulées aux studios, un nom a particulièrement provoqué l’agacement de Sergio Leone : celui de Warren Beatty. Le réalisateur estimait que l’acteur ne correspondait absolument pas à l’univers du film, au point d’imaginer la réaction déconcertée du public.

“Je lui dis : ‘Warren Beatty ? Je vais te décrire la réaction de mon public si je prends Warren Beatty. (...) [Des gens] regardent la séquence de la mouche. Ils s’amusent. Ils se laissent prendre par les images. Ils attendent, exactement comme les trois tueurs dans la gare. Et voilà que le train arrive… Alors, ils se mettent à frémir devant la fumée et en écoutant la musique de l’harmonica. Ils voient la silhouette de l’homme qui est descendu du train. Son chapeau cache son visage. Et voilà qu’il lève lentement la tête. Et c’est… Warren Beatty. Alors là, les spectateurs sursautent. Ils se regardent en disant : ‘Warren Beatty ! Mais qu’est-ce qu’il fout là, ce Warren Beatty ?! Il s’est trompé de film’.”

Pour Leone, l’apparition du personnage devait susciter fascination et mystère, pas un effet de surprise lié à la célébrité d’un acteur trop identifié.

À force d’insistance, Sergio Leone finit par obtenir gain de cause : Charles Bronson hérita du rôle de l’Homme à l’harmonica. Ce n’était d’ailleurs pas la première fois que le réalisateur pensait à lui : il l’avait déjà envisagé pour incarner Sentenza dans Le Bon, la Brute et le Truand, avant de finalement confier le personnage à Lee Van Cleef, devenu depuis l’un des antagonistes les plus marquants du western.

Le pari de Leone s’est révélé gagnant. Le succès de Il était une fois dans l’Ouest, combiné à celui d’Adieu l’ami la même année aux côtés d’Alain Delon, a transformé la carrière de Bronson. Jusque-là surtout cantonné à des premiers rôles dans des séries B comme Mitraillette Kelly, Le Californien ou Syndicat du crime, il s’impose alors durablement comme une véritable tête d’affiche du cinéma, avant d’enchaîner avec Le Passager de la pluie, La cité de la violence ou De la part des copains.

23 mai 2026

Le palmarès complet de Cannes 2026 :

Palme d’or du court-métrage : 

Para los contrincates (Aux adversaires) de Federico Luis

Caméra d’or : 

Ben’imana de Marie-Clémentine Dusabejambo

Prix d’interprétation masculine :

Emmanuel Macchia et Valentin Campagne pour Coward

Prix du scénario :

Emmanuel Marre pour Notre Salut

Prix d’interprétation féminine :

Virginie Efira et Tao Okamoto pour Soudain

Prix du jury :

L’Aventure rêvée de Valeska Grisebach

Prix de la mise en scène ex-aequo :

Javier Ambrossi et Javier Calvo pour La Bola negra

Paweł Pawlikowski pour Fatherland

Le Grand Prix :

Minotaure de Andreï Zviaguintsev

Palme d’or :

Fjord de Cristian Mungiu

Lanterns sur HBO Max : pourquoi cette série de science-fiction très attendue divise déjà

Une série de science-fiction très attendue. À la fin de l'été, le 17 août 2026, les abonnés français à la plateforme de streaming HBO Max pourront découvrir Lanterns. Ce show américain de huit épisodes met en scène des personnages appartenant à l'Univers DC Comics, plus particulièrement ceux créés dans les bandes dessinées Green Lantern. Quinze ans après le long-métrage avec Ryan Reynolds, qui avait essuyé de sévères critiques, Chris Mundy, Damon Lindelof et Tom King vont proposer leur version et essayer de faire mieux que leur prédécesseur.

Cette fois, l'intrigue se concentrera sur deux super-héros Hal Jordan et John Stewart, interprétés respectivement par Kyle Chandler et Aaron Pierre. Ce dernier devra faire ses preuves alors qu'il vient d'être recruté pour rejoindre les Green Lantern Corps, des policiers intergalactiques. Son objectif ? Prouver à son mentor qu'il est digne de porter l’anneau de pouvoir, l'arme "la plus puissante de l'univers" capable de matérialiser n'importe quel objet.

Le duo se rendra au cœur des États-Unis, à Rushville, dans le Nebraska, pour enquêter sur un meurtre qui pourrait avoir été commis par des forces extraterrestres. Lundi 18 mai 2026, HBO Max a dévoilé sur YouTube un deuxième teaser après un premier qui s'était attiré les foudres des fans. En cause ? Le manque d'éléments appartenant à l'univers DC Comics, la bande-annonce voulant insister sur le fait que Lanterns sera davantage une enquête qu'un film de super-héros.

Une stratégie payante auprès du grand public, pas forcément initié à l'univers des comics, mais qui a irrité les passionnés de la franchise qui regrettaient une absence totale du vert dans la palette de couleurs des premières images, craignant que Lanterns, qui s'est d'ailleurs débarrassée de l'adjectif Green dans son titre, ne soit pas fidèle à son matériau d’origine. D'autres ont été déroutés par ce trailer ressemblant davantage à un épisode de True Detective, dont le show s'inspire, plutôt qu'à un film DC.

"Il n’y a même pas de vert, même l’herbe est jaune, je pleure", peut-on lire dans les commentaires sous la première vidéo YouTube. "Je m'attendais à des policiers intergalactiques. Je n'ai eu que des policiers", a écrit un utilisateur dans un message aimé 10 000 fois. "S’ils n’avaient pas montré l’anneau et la lanterne pendant quelques secondes, on aurait cru que c’était une série policière", pensait un autre.

Des remarques acerbes auxquelles le showrunner Chris Mundy a finalement répondu dans une interview accordée à Entertainment Weekly. "C’est une série Green Lantern, donc il y a du vert, avait-il rassuré. Mais elle se veut très ancrée dans le réel, donc nous tournons dans de vrais lieux avec peu de recours aux fonds verts. [...] Nous avons énormément de respect pour le matériau original, sinon nous ne ferions pas cette série. Je pense que lorsque les gens la verront, il n’y aura pas de controverse." Son argument sera-t-il entendu ? Réponse dans quelques mois.