«Tourner la page d’une histoire un peu honteuse ». A York, dans le nord de l’Angleterre, des habitants saluent la décision de la municipalité de retirer son dernier titre honorifique à Sarah Ferguson, ex-épouse de l’ex-prince Andrew, en raison de ses liens avec le pédocriminel américain Jeffrey Epstein.
La mesure a beau être purement symbolique, c’est un nouveau coup pour celle que les Britanniques surnomment « Fergie », qui portait aussi le titre de duchesse de York jusqu’en octobre dernier. Helen Gibbons, enseignante retraitée, n’a pas voulu rater l’évènement. Quand son époux lui a parlé d’un vote au conseil municipal jeudi pour priver Sarah Ferguson de cette distinction, elle a annulé une réunion de son club de lecture pour y assister. Cette femme de 78 ans était parmi la poignée d’habitants de cette ville de 200.000 âmes à faire le déplacement au Guildhall, l’imposant édifice gothique où siège le conseil.
La décision de retirer à Sarah Ferguson, 66 ans, cette distinction intitulée « Freedom of the City of York » (Liberté de la Ville de York) a été adoptée à l’unanimité, en quelques minutes. Un soulagement pour Helen Gibbons, qui voit dans ce vote « une bonne chose ». « Je me surprends moi-même car croyez-moi, je suis tout sauf une républicaine », assure-t-elle la main sur le coeur.
En 1987, « Fergie » avait reçu le titre de duchesse de York, un an après son mariage avec celui qui était alors le prince Andrew. Ce dernier avait été le premier à perdre cette distinction en 2022, en raison de ses liens avec le pédocriminel américain décédé en 2019. Depuis, la déchéance d’Andrew n’a cessé de s’aggraver, au fil des révélations sur ses liens avec le pédocriminel américain. Fin octobre, il perdait tous ses titres royaux, dont celui de duc d’York, entraînant le retrait du titre de duchesse dont bénéficiait Sarah Ferguson, avec laquelle il vivait encore jusqu’à peu, malgré leur divorce en 1996.
Et depuis février, Andrew est sous enquête judiciaire, soupçonné de « manquements dans l’exercice de fonctions officielles », suite à la publication de nouveaux documents liés à l’affaire Epstein par le ministère américain de la Justice. Des documents qui ont aussi étalé au grand jour les liens entre Sarah Ferguson et Epstein, auquel elle écrivait en 2009 qu’il était « le frère » dont elle avait « toujours rêvé ». Face au scandale, l’ex-duchesse est restée discrète. Sa dernière apparition publique remonte à décembre 2025, lors du baptême de sa petite-fille Athéna. Bien qu’elle ne soit pas inquiétée par la justice, son image en a pris un coup. Plusieurs associations caritatives ont rompu avec elle.
Helen Gibbons a compris l’ampleur du scandale entourant « Fergie » grâce à sa petite-fille de 17 ans. « Un samedi après-midi en préparant le thé, elle est entrée dans une colère noire en tombant sur une vieille tasse à l’effigie d’Andrew et Sarah », raconte-t-elle. « Elle l’a jetée à la poubelle ! », poursuit-elle. Alors « j’ai commencé à lire les journaux… c’était assez choquant ».
Longtemps, les Britanniques ont semblé pardonner « Fergie » pour ses frasques et ses déboires notamment financiers, beaucoup estimant qu’elle apportait de la fraîcheur à une famille royale plutôt rigide. Mais dans la pittoresque rue médiévale et commerçante de York « The Shambles », l’humeur oscille désormais entre colère froide et indifférence. Robert Pratt, ex-cheminot à la retraite, confie son souhait de « tourner la page d’une histoire un peu honteuse ».

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