Oui, Disclosure Day a réalisé un démarrage solide au box-office mondial. Le meilleur lancement du cinéaste depuis près d'une décennie.
Mais les projections à moyen terme tempèrent déjà l’enthousiasme autour du nouveau film de Steven Spielberg. Plusieurs analystes estiment que son équilibre financier est loin d’être acquis pour Universal.
Le seuil de rentabilité en salles est évalué entre 350 et 390 millions de dollars, selon Puck, sur la base d’un budget de production de 115 millions, auquel il faut ajouter les frais marketing, évalués à 80 millions .
Porté par Emily Blunt et Josh O’Connor, le long métrage de science-fiction a cumulé environ 120 millions de dollars dans le monde à l'heure actuelle, mais seulement 60 millions aux États-Unis. Un départ correct, mais encore insuffisant pour envisager sereinement la suite. Car comme souvent à Hollywood, tout se joue d’abord sur le marché américain, où la part des recettes reversée aux studios est nettement plus favorable qu’à l’international. Un facteur clé pour espérer rentabiliser un blockbuster de ce calibre.
Et la dynamique pourrait vite se tendre. Plusieurs projections anticipent une chute marquée au box-office US, dès le deuxième week-end, autour de -50 %, dans un marché qui va être saturé par la sortie événement de Toy Story 5 cette semaine, puis par celle de Supergirl puis du hit d'animation Des Minions et des Monstres. Tout ça avant même le début des grandes vacances...
D'autant que les vacances ne vont pas forcément aider, puisque "l’audience jeune est très faible”, note une étude de marché, qui souligne que les 18-24 ans ne représentent qu’une fraction marginale des spectateurs.
Mais comme Disclosure Day vise un public plus adulte, il sera aussi à contre-courant d’un calendrier de sorties dominé par les blockbusters familiaux. Dans ce contexte, certains analystes estiment que ce positionnement pourrait paradoxalement lui permettre de “survivre dans un marché saturé”, même si la concurrence s’annonce particulièrement frontale. La trajectoire du film dépendra donc autant de sa tenue sur la durée que de sa capacité à exister face à la puissance d’attraction des grandes franchises.
Le dernier gros succès réellement rentable de Steven Spielberg au box-office remonte à Ready Player One (2018), avec environ 590 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget de production d’environ 175 millions, ce qui en fait son dernier film à avoir dépassé son point d’équilibre en salles.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire