08 juin 2026

Kill Bill : The Whole Bloody Affair s'offre une bande-annonce avant sa sortie au cinéma

La version intégrale de Kill Bill débarque au cinéma cet été, avec une séquence animée encore jamais montrée.

Beatrix Kiddo est de retour, pour le grand plaisir de ses fans. On se souvient d’Uma Thurman en mariée ensanglantée ou au devant d’une moto, habillée d’une combinaison jaune, sabre à la main, s’apprêtant à en découdre avec la cheffe des yakuza, O-Ren Ishii : en 2003 sortait le premier volume de Kill Bill qui a rapporté plus de 180 millions de dollars au box-office mondial.

L'année suivante, Quentin Tarantino présentait hors compétition au Festival de Cannes The Whole Bloody Affair, un montage de plus de 4h fusionnant le Volume 1 et le Volume 2 de Kill Bill. Projeté sporadiquement à partir de 2011, il va bénéficier de sa première véritable exploitation dans les salles obscures, 22 ans après, avec un entracte de 15 minutes.

Côté casting, on retrouvera bien sûr Uma Thurman dans le rôle de Kido, Lucy Liu dans celui d’Oren Ishii, Vivica A. Fox, Daryl Hannah, Michael Madsen et enfin David Carradine pour incarner Bill. 

Synopsis : “Ancienne membre d'une organisation de tueurs d'élite, La Mariée (Uma Thurman) est laissée pour morte lors de son propre mariage par son ancien amant et mentor, Bill. Après avoir survécu à une balle dans la tête et perdu l'enfant qu'elle portait, elle sort d'un coma avec un seul objectif : la vengeance. Elle va devoir traquer les quatre membres restants du Détachement International des Vipères Assassines avant de pouvoir affronter Bill lui-même.”

Kill Bill : The Whole Bloody Affair sortira le 8 juillet prochain au cinéma en France.

07 juin 2026

Agnès Jaoui se souvient de sa présence aux Oscars il y a 26 ans

Récompensée à de nombreuses reprises tout au long de sa carrière, Agnès Jaoui entretient un lien privilégié avec les César. Avec 11 nominations, 7 trophées et un César d’honneur reçu en 2024, son parcours dans le cinéma français est largement salué. Mais de l’autre côté de l’Atlantique, une expérience prestigieuse lui a laissé un souvenir bien moins enthousiaste.

En 2000, Agnès Jaoui signe Le Goût des autres, une comédie dramatique portée notamment par Jean-Pierre Bacri, Alain Chabat, Gérard Lanvin et elle-même. Le film rencontre un immense succès en France, réunissant près de quatre millions de spectateurs et séduisant largement la critique.

Comme le rappelle Le Dauphiné Libéré, cette réussite se traduit par quatre César remportés, dont celui du meilleur film. Le long-métrage décroche également une nomination à l’Oscar du meilleur film étranger, offrant à sa réalisatrice l’opportunité de participer à la prestigieuse cérémonie organisée à Los Angeles en 2001.

Invitée de Télématin le 26 mai dernier pour présenter son nouveau film L’Objet du délit (via Le Dauphiné Libéré), Agnès Jaoui a été confrontée à des images de cette époque. Sur le tapis rouge hollywoodien, elle y déclarait sans détour : “C’est tout ce que je déteste !”

Questionnée sur cette phrase, elle a confirmé que son ressenti n’avait pas changé avec les années. “Ils n’en avaient rien à foutre de moi, et ce n’était pas très agréable”, explique-t-elle aujourd’hui.

Selon elle, l’intérêt que lui portaient certains interlocuteurs était surtout lié à une éventuelle carrière américaine. “Et puis ils voulaient juste que je travaille aux États-Unis. Mais s’ouvrir sur le monde étranger et regarder de la culture étrangère, c’est quand même beaucoup”, ajoute-t-elle, critiquant au passage ce qu’elle considère comme un manque de curiosité envers les cultures venues d’ailleurs.

Malgré cette déception, la réalisatrice reconnaît le caractère exceptionnel de l’événement. “C’était quand même une expérience complètement unique”, admet-elle. Avant d’ajouter : “C’était fascinant, rigolo et tout, mais du point de vue de la nourriture personnelle…”

Par cette formule, Agnès Jaoui évoque l’absence de véritable enrichissement intellectuel qu’elle a retiré de la soirée. Avec humour, elle préfère finalement retenir un détail plus léger : “J’ai eu une belle tenue.”

Cette année-là, la concurrence était particulièrement relevée. Dans la catégorie du meilleur film étranger, c’est finalement Tigre et dragon d’Ang Lee qui s’impose. Grand favori de la cérémonie et véritable phénomène international, le film taïwanais repart avec l’Oscar, laissant Le Goût des autres au pied du podium.

Pour les nostalgiques, Le Goût des autres est aujourd’hui à revoir sur Paramount+ ainsi que MUBI.

Pour Jason Statham, Bruce Lee est le meilleur acteur de films d'action

Aujourd’hui considéré comme l’un des visages incontournables du cinéma d’action, Jason Statham n’a jamais caché l’influence majeure qu’un acteur a exercée sur sa carrière. Bien avant de devenir la star de franchises à succès, le Britannique était un admirateur passionné d’une légende du grand écran : Bruce Lee.

Habitué à réaliser lui-même une grande partie de ses scènes physiques grâce à sa maîtrise du karaté, du kickboxing et des arts martiaux chinois, Statham a construit son parcours en s’inspirant de celui qu’il considère comme une référence absolue.

En 2008, il expliquait ainsi l’impact qu’avait eu sur lui le classique Opération dragon : “J’ai vu Opération dragon un nombre incalculable de fois, c’est un film pionnier du cinéma d’action et tous ceux qui ont été inspirés par Bruce Lee... Je suis certain que tous ceux qui ont fait un film d’action ont juste bavé d’admiration devant le talent brut de Bruce Lee et d’à quel point il était unique.”

Disparu en 1973 dans des circonstances qui continuent d’alimenter les discussions, Bruce Lee a marqué durablement l’histoire du cinéma malgré une filmographie relativement courte. Entre 1971 et 1973, il a enchaîné plusieurs rôles devenus culte, dont Opération dragon, son dernier long-métrage achevé.

Son héritage a profondément influencé les générations suivantes d’acteurs spécialisés dans l’action. Après sa disparition, des figures comme Jet Li tout d’abord, puis Jason Statham avec le temps, ont contribué à perpétuer cet héritage martial à Hollywood.

D’ailleurs, les deux hommes ont partagé l’affiche à plusieurs reprises, notamment dans The One en 2001, Rogue : L’Ultime Affrontement en 2007 ainsi que dans les trois premiers volets de la saga Expendables.

Si le public l’associe principalement à des productions comme Le Transporteur, Hyper Tension, Parker ou Le Flingueur, ce n’est pas un hasard. L’acteur a toujours privilégié les rôles qui correspondent à ses compétences physiques plutôt que de chercher à multiplier les contre-emplois.

Interrogé par le Huffington Post en 2012, il expliquait ce choix en prenant une nouvelle fois Bruce Lee comme exemple.

“Je suis un grand fan de Bruce Lee et si je voyais Bruce Lee essayer d’être un avocat à la petite semaine, je voudrais qu’on me rembourse mon ticket. Non pas que je puisse me comparer à Bruce Lee ou quoi que ce soit de ce genre, mais je dis simplement que ma force ne réside pas dans le fait de jouer quelque chose de très éloigné de mon ADN, donc cela dépend vraiment du rôle [proposé].”

Une philosophie qui a guidé l’essentiel de sa carrière et qui explique pourquoi il reste fidèle aux films d’action depuis plus de vingt ans.

Ces dernières années, Jason Statham a continué d’enchaîner les productions musclées. Entre les sagas Fast & Furious, Expendables et Beekeeper, ou encore le film d’action A Working Man sorti en 2025 sur Prime Video, l’acteur continue d’incarner des personnages capables de régler les conflits à coups de poing.

Ses rares incursions dans des registres légèrement différents remontent notamment à Homefront, écrit par Sylvester Stallone, ou aux deux films En eaux troubles (The Meg). Même dans ces projets, l’action demeure toutefois au cœur du récit.

À 58 ans, Statham conserve encore une crédibilité physique impressionnante. Reste à savoir combien de temps il pourra continuer à réaliser lui-même ses scènes les plus exigeantes. Certains de ses aînés, comme Stallone, ont prolongé leur carrière grâce à l’aide de doublures et de cascadeurs. L’acteur britannique suivra-t-il le même chemin ou continuera-t-il à s’appuyer sur ses propres capacités martiales ? La réponse viendra sans doute dans les prochaines années.

Jason Statham est aujourd’hui à retrouver dans le thriller d’action Shelter, qui vient tout juste de sortir sur Prime Video le 5 juin dernier. On pourra ensuite le retrouver dans les salles obscures le 19 août 2026 dans le film d’action en haute mer, Mutiny, dont la bande-annonce est à découvrir ci-dessous. En janvier 2027, il fera son retour dans la peau d’Adam Clay dans Beekeeper 2.

06 juin 2026

Bernadette Chirac : l’ancienne Première dame est morte à l’âge de 93 ans

Jamais une Première dame n'aura autant marqué les esprits et son époque. Bernadette Chirac(Nouvelle fenêtre) s'est éteinte vendredi 5 juin, à l'âge de 93 ans. Le destin d'une femme qui bascule ce soir du 7 mai 1995 : son mari vient d'être élu président de la République à sa troisième tentative. À ses côtés à chaque instant, de la voiture qui traverse Paris au balcon du QG de campagne, c'est un couple politique qui fait son entrée à l'Élysée.

Issue d'une famille catholique bourgeoise, Bernadette Chodron de Courcel rencontre Jacques Chirac sur les bancs de Sciences Po en 1950 et l'épouse six ans plus tard. Soixante-trois ans de mariage, une vie de famille, un clan tourné presque exclusivement vers la politique, malgré la maladie de leur fille Laurence, décédée en 2016.

Mais elle trace aussi son propre sillon. Élue conseillère municipale de Sarran en 1971, elle est candidate aux cantonales de Corrèze en 1979. Jacques Chirac lui apporte son soutien. Jacques Chirac, un mot également. Bernadette Chirac restera conseillère générale de Corrèze jusqu'en 2015. L'attachement d'une vie à ce territoire.

En 2018, bien qu'affaiblie, elle est présente pour inaugurer la première rue au nom du couple Chirac. C'est l'une de ses dernières apparitions.

À l'Élysée, jamais une Première dame ne s'y est sentie aussi à l'aise. Entre 1995 et 2007, elle est le pilier indéfectible de son mari. Au palais, c'est son caractère bien trempé qui marquera les esprits.

Sa vie de femme, de politique, est devenue icône au cinéma, incarnée à l'écran par Catherine Deneuve en 2023. L'histoire d'une femme de l'ombre qui va prendre sa revanche en devenant une figure médiatique de premier plan, grâce notamment à l'opération Pièces jaunes. Pas question pour elle de faire de la figuration : Bernadette Chirac donne de sa personne. L'attention qu'elle porte aux enfants hospitalisés est chez elle une vocation. Elle n'est plus "l'épouse de", elle devient populaire, reconnue pour ses qualités propres.

Retirée de la vie publique depuis plusieurs années, Bernadette Chirac n'assiste pas à la cérémonie d'hommage national à Jacques Chirac en 2019, trop faible. Ensemble, le couple s'est épaulé l'un l'autre tout au long de leur vie.

Bande-annonce de Tombé du ciel avec Josiane Balasko et Jamel Debbouze

Après le succès de La Vache, le réalisateur Mohamed Hamidi s’attaque à ce qui pourrait bien devenir l’une des comédies surprises de l’été 2026 avec Tombé du ciel, dont la bande-annonce vient d’être dévoilée.

Le film est porté par l'humoriste Ilyes Djadel, qui adapte ici l’un de ses sketches phares : Le Lycée Catholique.

L’histoire suit Ilyes qui "mène une vie joyeuse dans la banlieue de Roubaix. Seul problème : le bac. Après avoir échoué deux fois, c’est sa dernière chance de l’avoir et de rendre enfin fier ses parents. Mais un incendie survient pendant le bac blanc, et on l’accuse d’en être à l’origine… Exclu de son lycée, il doit quitter son quartier et aller dans le seul établissement qui l’accepte : le pensionnat catholique de Saint-Albert-le-Grand, en Bourgogne. Entre choc des cultures et quête de rédemption, Ilyes va devoir surmonter ses préjugés… Et ceux des autres."

Au casting, on retrouvera donc Ilyes Djadel dans le premier rôle. Face à lui, Josiane Balasko et Fred Testot seront une bonne soeur et un frère en charge de l'établissement. Antoine Duléry, ainsi que Jamel Debbouze complèteront le casting.

Tombé du ciel sortira au cinéma le 12 août. 

Robert Pattinson agacé par les critiques sur son physique de The Batman

Trop gringalet pour être le Dark Knight ?

Alors que The Batman : Part II s’apprête à partir en tournage, Robert Pattinson, l’interprète de Bruce Wayne revient sur les critiques qu’il a subi pour le premier volet, rapporte GQ magazine. 

L’acteur a doublé son programme de musculation après que certains spectateurs ont critiqué son physique de super-héros décevant :

"Je m'entraînais tous les jours, putain. Même après ça, j'avais toujours l'air de ne pas avoir fait de muscu... Je m'entraînais deux fois par jour, vers 3 heures du matin... Le truc, c'est que j’ai dit une fois en interview que je n'aimais pas aller à la salle et ça s'est retourné contre moi. J’essayais simplement d’avoir l’air cool..."

Cette fois, Robert Pattinson a installé une salle de sport chez lui pour préparer le second volet. L'Anglais loue actuellement une maison à Beverly Hills avec sa compagne Suki Waterhouse et leur fille de deux ans. Il y a aménagé un gym spécialement pour se préparer au tournage. Mais la préparation physique de l'ancien de Twilight n'est pas simple, tant le calendrier de production a été semé d'embûches, sans cesse repoussée. Robert Pattinson a dû combler le vide en tournant plusieurs films coup sur coup.

"Je me disais : bon, je vais en faire un autre entre-temps... Et finalement, j'ai tourné un nombre incroyable de films entre The Batman et The Batman II..."

The Batman : Part II sera de nouveau réalisé par Matt Reeves. 

Aux côtés de Robert Pattinson, on retrouvera Zoë Kravitz, Paul Dano (déjà présent dans le premier volet) mais aussi Sebastian Stan dans le rôle d’Harvey dent et Scarlett Johansson dans celui de sa femme. 

L’entraînement pour ce deuxième opus de Batman a sûrement été plus facile pour la star de Twilight après le tournage de L’Odyssée. En effet, le lieu de tournage exigeait que les acteurs et l’équipe marchent sur un chemin à 900 pieds dans les airs chaque jour : “[...] je n’ai jamais vu des gens avoir l’air aussi épuisés. Et ce n’était qu’un tiers du chemin.”

Pattinson a également révélé que le tournage du Batman se déroulerait sur 11 semaines et de nuit : “Oh 11 jours de nuit. Je me suis dit ‘Pardon ?’ Et puis : ‘Personne ne m’a envoyé un planning’”, a plaisanté le comédien.

Elijah Wood vénère Funny Games !

En plus d'être un solide acteur pour l'avoir démontré à de nombreuses reprises, Elijah Wood a aussi des goûts sûrs en matière de films. Il vient de le démontrer une nouvelle fois en jouant récemment l'invité dans le très fameux Criterion Closet, l'éditeur cinéphile par excellence.

Il discute avec passion de thrillers psychologiques comme The Vanishing et The Game, qu'il trouve "encore trop sous estimé". Tout en soulignant l'impact visuel et sonore d'œuvres telles que Blow Up, "un film formidable" qu'il a d'abord découvert grâce à sa bande originale composée par Herbie Hancock. Ou le documentaire Straight No Chaser, un "portrait intime et magnifique du pianiste de jazz Thelonious Monk", soulignant que "c'est une porte d'entrée fascinante dans l'univers de cet artiste, même pour ceux qui ne connaissent pas le jazz".

Elijah Wood analyse également les styles de réalisateurs majeurs comme Stanley Kubrick en plaçant dans sa besace Eyes Wide Shut, et Wes Anderson (dont il embarque carrément l'intégral de sa filmographie !), notant l'évolution de leur identité artistique unique.

Au milieu de sa petite sélection se trouve une furieuse pépite : Funny Games du cinéaste autrichien Michael Haneke. "C'est à la fois bouleversant et merveilleux, mais ce n'est pas pour les âmes sensibles. C'est drôle, les films d'horreur ne me font pas vraiment peur. L'horreur ne m'effraie pas, car elle relève souvent du monde imaginaire. Ce qui me terrifie, ce sont les choses que les humains font subir à d'autres humains, souvent sans raison apparente, et ce film est certainement une illustration de cela" commente Elijah Wood.

En sélection officielle à Cannes en 1997, c'est peu dire que la projection de Funny Games fut une des plus mouvementées de l'histoire du festival, pourtant habitué aux polémiques, selon les aveux de Gilles Jacob.

Le film suscita même une haine viscérale de Nani Moretti, membre du Jury présidé cette année-là par Isabelle Adjani, au point de lâcher qu'il claquerait la porte du Jury si le film choc d'Haneke recevait le moindre prix.

Il faut dire que si le cinéaste autrichien s'était jusque-là fait connaître avec des films déjà glaçants et fascinants, comme Benny's Video, il poussait avec Funny Games le malaise jusqu'à un point d'incandescence jamais atteint.

Armé d'une mise en scène à la fois sobre et implacable, brisant régulièrement le quatrième mur, Haneke ne laisse aucun répit au spectateur dans cette histoire de famille séquestrée et torturée par un duo de jeunes sadiques. Tétanisé par le spectacle abjecte qui se déroule sous ses yeux, le spectateur est prisonnier de son désir de voyeurisme et son goût pour la violence.

"J'étais frustré de cette façon qu'ont les Médias de traiter en général la violence, d'une manière consommable. Donc je voulais faire un film qui corrige cette image. Je trouve dangereux cette banalisation de la violence. je voulais que les spectateurs se rendent compte de ce qu'ils regardent" commentait Haneke, dans un tacle évident à Hollywood et sa manière de traiter justement cette violence, complètement déresponsabilisée, souvent gratuite, et même cool.

"Dans ce jeu, le pion, c’est… vous, le spectateur. Votre sadisme voyeur, vos réactions, votre peur jouissive. Haneke vous prend au mot : vous aimez le spectacle du meurtre, de la violence, de la terreur ? (Ne dites pas non, pensez à tous les morts que vous avez vus sur un écran au cours de votre vie.) Eh bien, vous allez en avoir –jusqu’à la limite du supportable. Personne ne sera épargné, ni l’enfant, ni le chien" écrivait Gilles Verdiani, critique cinéma dans Première, en février 1998.

Ajoutant : "Vous n’aurez aucune explication psychologique (trauma, vengeance, folie) pour vous rassurer. Même pas un mobile. Ça ne sera ni stylisé pour faire beau, ni détourné pour faire drôle, ni éloigné pour faire moins mal. Ce sera froid, précis et implacable. Vous voulez essayer ?" 29 ans après sa sortie, l'impact laissé par le film reste toujours aussi foudroyant. Et réservé à un public très averti.

Voyage au bout de l'Enfer : le réalisateur Michael Cimino avait encore un regret plus de 40 ans après

Le spectre du Viêtnam hante l'Amérique et les films américains. L'un des premiers à traiter le traumatisme de la guerre fut Voyage au bout de l'enfer, réalisé par Michael Cimino en 1978. "Mon film ne parle pas de politique, du Viêtnam, des Etats-Unis, c'est avant tout l'histoire d'un groupe d'amis ou une famille, et comment ils survivent à cette tragédie. Ca, c'est le coeur de mon film" nous avait confié le bien regretté cinéaste en 2013, décédé trois ans plus tard en juillet 2016 à l'âge de 77 ans.

Irrigué par un puissant sentiment de mélancolie, porté par d'extraordinaires comédiens donnant le meilleur d'eux-mêmes, dont un Christopher Walken à juste titre oscarisé parmi les cinq remportés, Voyage au bout de l'enfer est l'un des plus grands films du cinéma américain, et du cinéma tout court. Après ce chef-d'oeuvre absolu, Cimino fut le réalisateur américain le plus désiré par Hollywood.

Pourtant, à peine deux ans plus tard, il fut le plus détesté, après l’échec cuisant de La Porte du paradis, qui provoqua la quasi faillite de la United Artists. S’il a pu se remettre en selle avec le succès de L' Année du dragon en 1985, il n’a tourné au bout du compte qu’une poignée de films, dont le dernier, The Sunchaser, date de 1996. Homme secret et rare en interview, il est resté un cinéaste de légende jusqu'à la fin.

En février 2015, Cimino s'était longuement confié à un journaliste du Hollywood Reporter, balayant généreusement sa carrière. Et de rappeler ce qu'il devait à Clint Eastwood, qui l'avait largement appuyé pour être à la barre de son tout premier film, Le Canardeur, qui lança sa carrière.

"C'était le premier film de Malpaso [la société de production d'Eastwood]. L'une des grandes qualités d'Eastwood, c'est qu'il n'a jamais hésité à donner leur chance à de nouveaux talents. [...] J'ai eu une chance incroyable de les avoir [NDR : Clint Eastwood et Jeff Bridges] dans mon premier film. Et je ne me suis jamais autant amusé en tournant un film.

J'allais voir Clint tous les jours et je lui disais : "Hé, patron, tu es content des rushs ?" Il répondait : "Michael, continue simplement à tourner ce que tu tournes". Il ajoutait : "J'ai tourné tellement de films avec de superbes décors, et on dirait qu'ils auraient pu être tournés à Burbank, mais toi, tu as l'œil pour les grands formats. Avec le recul, compte tenu de toutes mes expériences, c'était de loin la meilleure. Et je continue encore aujourd'hui à toucher des chèques pour ce film. Il est toujours diffusé partout dans le monde".

Et Cimino d'exprimer un vif regret dans la foulée : "Je suis vraiment très, très contrarié de ne pas avoir remercié Clint Eastwood tout particulièrement lorsque j’ai reçu mon Oscar. Clint aurait dû être la première personne que j’aurais remerciée, car sans lui, je n’aurais jamais eu la chance de réaliser Voyage au bout de l'Enfer".

En fait, il a été si mortifié par cet oubli qu'il a tenté de se rattraper dans la foulée : "J’ai publié une annonce dans la presse spécialisée pour essayer d’expliquer pourquoi j’avais omis de remercier certaines personnes et pour rattraper les lacunes de mon discours de remerciement, qui était vraiment nul. Vous savez, quand on se retrouve devant des milliers de personnes… Et qu’elles font toutes partie du milieu et qu’elles ont toutes voté pour vous. C’est difficile de ne pas être ému". Quarante ans après, Cimino nourrissait encore des regrets sur cette omission largement pardonnable.

Scarlett Johansson critique les Oscars pour cet énorme oubli il y a 5 ans

Après avoir retrouvé l’univers des blockbusters avec Jurassic World : Renaissance et avoir présenté son premier long-métrage en tant que réalisatrice, Scarlett Johansson est revenue sur un sujet qui continue manifestement de la frustrer : le traitement réservé à Avengers: Endgame par l’Académie des Oscars.

Dans un entretien accordé à Vanity Fair en 2025, l’actrice a exprimé son incompréhension face au manque de reconnaissance accordé au film Marvel lors de la saison des récompenses. Malgré son immense succès critique et commercial, Endgame n’avait obtenu qu’une seule nomination, celle des meilleurs effets visuels.

Pour Johansson, cette situation demeure difficile à expliquer : “Comment ce film a-t-il pu ne pas être nominé aux Oscars ?”

L’actrice estime que l’exploit réalisé par le film aurait mérité une place dans les catégories majeures, notamment celle du meilleur film.

“C’était un film impossible, qui n’aurait pas dû fonctionner, qui fonctionne vraiment bien en tant que film – et c’est aussi l’un des films les plus réussis de tous les temps.”

À ce jour, Black Panther reste l’unique production Marvel à avoir décroché une nomination dans la prestigieuse catégorie du meilleur film.

Avengers: Endgame occupe une place particulière dans la carrière de Scarlett Johansson. Le film marquait la fin du parcours de Natasha Romanoff, alias Black Widow, personnage qu’elle interprétait depuis son apparition dans Iron Man 2 en 2010.

Même si elle a ensuite retrouvé le rôle dans le film solo Black Widow, sorti en pleine pandémie, la comédienne ne semble pas envisager un retour dans l’univers Marvel.

Interrogée sur une éventuelle réapparition du personnage, elle a réaffirmé sa position : “J’aurais beaucoup de mal à comprendre en quoi un retour serait pertinent pour moi, pour le personnage que j’incarne.”

Johansson reconnaît toutefois conserver un attachement fort à ses anciens partenaires de jeu : “Mes amis me manquent et j’aimerais vraiment être avec eux pour toujours, mais ce qui est bien avec ce personnage, c’est que son histoire est complète. Je ne veux pas perturber ça. Pour les fans aussi, c’est important pour eux.”

Bien qu’elle ait participé à la cérémonie des Oscars peu avant ses propos l’an dernier aux côtés de June Squibb, vedette de son film Eleanor The Great, Scarlett Johansson ne s’est pas privée de critiquer l’événement.

La longueur de la cérémonie figure notamment parmi ses principaux reproches : “Pourquoi était-ce si long ?”

Plus largement, elle estime que le problème touche aujourd’hui une partie de l’industrie du cinéma : “Les films sont si longs maintenant – ils sont trop longs, vous ne trouvez pas ? On dirait une corvée.”

Au cours de l’interview, Vanity Fair a évoqué l’hommage consacré à James Bond lors de la cérémonie de 2025, un segment qui avait suscité de nombreuses réactions parmi les téléspectateurs.

Sans détour, Johansson a laissé entendre qu’elle n’avait pas été séduite par cette séquence : “Sans commentaire. On aurait dit un placement publicitaire. C’était bizarre. Les gens se demandaient : ‘C’était quoi ce bordel ?’”

L’hommage en question réunissait notamment les chanteuses RAYE, Lisa et Doja Cat pour plusieurs performances musicales, tandis que Margaret Qualley participait à un numéro chorégraphié. La séquence avait largement divisé le public, poussant même RAYE à répondre aux critiques en déclarant : “J’ai fait de mon mieux.”

Après avoir présenté Eleanor The Great dans la section Un Certain Regard du Festival de Cannes 2025, Scarlett Johansson est revenue devant la caméra dans Jurassic World : Renaissance de Gareth Edwards, quelques mois plus tard, en juillet 2025, aux côtés de Jonathan Bailey et Mahershala Ali. Le blockbuster est aujourd’hui à revoir sur MyCanal.

Concernant Eleanor The Great, porté notamment par June Squibb et Chiwetel Ejiofor, le film est sorti en novembre 2025 et est disponible en VOD.

Scarlett Johansson sera prochainement à retrouver dans L’Exorciste de Mike Flanagan (The Haunting of Hill House), attendu au cinéma en 2027, ainsi que dans The Batman II de Matt Reeves, tout comme son ancien partenaire de Marvel, Sebastian Stan.

05 juin 2026

Faux mouvement : 51 ans après, Wim Wenders retire son film qui montrait Nastassja Kinski nue à 13 ans

Nastassja Kinski, 66 ans aujourd'hui, fit ses débuts à l'écran devant la caméra de son compatriote Wim Wenders dans le film Faux Mouvement, en 1975. Alors qu'elle n'a que 13 ans, elle y apparaît pourtant nue, seulement vêtue d'une culotte. Elle est sur un lit et un homme adulte s'allonge à côté d'elle, la gifle puis la caresse.

Une scène problématique, dont le réalisateur vient d'accepter le retrait de diffusion. "Je constate aujourd'hui que Nastassja Kinski aurait dû être mieux protégée", a déclaré hier dans un communiqué le cinéaste, présentant ses "excuses" à l'actrice qui réclamait le retrait de la scène... depuis dix ans.

"Les nombreuses réactions, remarques et discussions de ces derniers jours ont largement contribué à affiner mon regard sur les événements de l’époque. Je t’en suis reconnaissant. Seul un échange ouvert et respectueux permet de repenser les positions et de réévaluer les responsabilités" a ajouté Wenders.

En 2024, la comédienne avec évoqué le tournage de ce film, au micro de la station allemande RTL : "Pourquoi ne l'ont-ils pas filmée autrement ? La même histoire, mais filmée différemment pour qu'on ne voie pas tout" avait-elle plaidé. "Je veux confronter les responsables. Je veux des excuses pour ce qui s'est passé".

En mai dernier, elle s'était à nouveau épanchée sur ce film et sa scène, dans le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung. Elle y déclarait qu'elle n'avait pas été préparée à se déshabiller, et que sa mère n'avait pas donné son consentement pour cette scène : "Même si, à 13 ans, je ne savais pas encore grand-chose, j'avais déjà remarqué que ce n'était pas correct".

Nastassja Kinski avait tenté de convaincre Wim Wenders de retirer cette scène dans le passé, sans succès, tandis que l'entourage du cinéaste faisait valoir l'argument qu'il n'existait aucun droit légal à la suppression de cette scène, ou au retrait du film.

Celui qui a été Président du jury lors de la dernière Berlinale en février 2026 a donc finalement accepté sa demande. Peu après l’annonce du retrait de la diffusion de Faux mouvement, l’avocat de l’actrice, Christian Schertz, a affirmé à l’Agence France-Presse que "le film aurait dû être retiré depuis longtemps. Je regrette en outre que cela n’ait eu lieu qu’à la suite de la pression publique", expliquant qu’il "attendait de voir" en quoi consistait "la proposition de dialogue" du réalisateur.