À 54 ans, Lââm n'a rien oublié de ses premières scènes improvisées dans le métro parisien. Bien avant les plateaux télé et les salles combles, la chanteuse s'est fait remarquer en donnant de la voix devant les usagers pressés. Alors que la RATP a professionnalisé cette scène avec son label Musiciens du métro, une ancienne déclaration de l'artiste revient sur le devant de la scène selon NextPlz.
Née le 1er septembre 1971 à Paris, Lââm a grandi entre foyers et petits boulots avant que la musique ne lui ouvre une porte. Fidèle à son image de chanteuse proche du public, elle n'a jamais renié ses débuts dans les couloirs du réseau. "Je suis prête à me produire dans la rue ou dans le métro, comme je le faisais à mes débuts", a-t-elle confié dans un entretien accordé à Paris Match en 2008.
Après une enfance mouvementée, la jeune femme rejoint les Ateliers Chanson de Paris pour se former et décide, dès sa majorité, de chanter dans le métro et dans la rue. Aux côtés de son amie Sarah Sebai puis du musicien Robert Suber, elle enchaîne reprises et compositions dans les couloirs, tout en envoyant des maquettes et en assurant des chœurs en studio.
Ce marathon finit par payer en 1997, lorsqu'elle est repérée et signe avec le label Heben Music. Quelques mois plus tard, sa reprise de Chanter pour ceux qui sont loin de chez eux s'impose sur les ondes et fait basculer sa vie. Mais derrière le succès, la chanteuse rappelle régulièrement que sa véritable école a été le métro parisien.
Si l'un de ses albums connaît un échec commercial dans les années 2000, Lââm ne cache pas avoir envisagé de revenir à ces premières amours. En 2008, elle se disait donc prête à retrouver la rue ou le métro, là où tout avait commencé pour elle. Loin d'un aveu d'échec, cette phrase assume qu'une artiste peut garder sa fierté, quelle que soit la taille de la scène.
Seize ans plus tard, alors que la chanteuse affiche désormais 54 ans, cette sortie résonne encore auprès de son public. À l'heure où la RATP encadre officiellement les performances avec son programme Musiciens du métro, difficile de ne pas y entendre un discret appel du pied à l'entreprise qui gère le réseau. De quoi alimenter, chez certains, le fantasme de la voir décrocher un badge officiel pour pousser à nouveau la voix à quelques mètres des rames.
Depuis 1997, la RATP a structuré ces concerts improvisés en lançant le label Musiciens du métro. Deux fois par an, près de 1 000 candidats auditionnent pour décrocher l'une des quelque 300 accréditations valables six mois. Ben Harper, Zaz ou Michel Polnareff comptent parmi ceux qui, comme Lââm, ont transformé ces couloirs en tremplin.

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