Pour Peter Jackson, la disparition progressive des DVD et Blu-ray est une vraie catastrophe pour le cinéma.
Invité à Cannes où il a reçu une Palme d’honneur, le réalisateur du Seigneur des Anneaux a déploré la mort du support physique, qu’il considère comme une immense perte pour les cinéphiles… mais aussi pour les futurs réalisateurs.
"On peut encore trouver des Blu-ray et des DVD, mais c’est devenu un produit de niche pour passionnés", explique-t-il dans IndieWire. Le cinéaste regrette surtout la disparition des contenus bonus, des versions longues et des gigantesques making-of qui accompagnaient autrefois les sorties vidéo. Impossible évidemment de ne pas penser aux éditions collector mythiques du Seigneur des Anneaux, devenues cultes pour toute une génération.
"Nous avions tourné des heures et des heures de making-of pour les DVD du Seigneur des Anneaux. Beaucoup de gens m’ont remercié pour ça. Ils regardaient ces bonus encore et encore parce que ça leur donnait envie de faire du cinéma... Aujourd’hui, tout ça a disparu et je trouve ça vraiment dommage."
"Mais bon, l'industrie a toujours évolué", tempère dans la foulée Peter Jackson, qui se veut fataliste quant aux mutations technologiques naturelles du cinéma : "À l'arrivée du cinéma parlant, on publiait des tas d'articles expliquant comment le son ruinait les films. C'était pareil avec la couleur. On écrivait des articles très intelligents pour expliquer pourquoi la couleur était une abomination et comment elle avait ruiné l'industrie cinématographique. Bref, ça arrive tout le temps."
En revanche, le réalisateur est nettement moins philosophe lorsqu'il s'agit de dresser le constat de l’industrie actuelle, qui laisse beaucoup moins de place aux cinéastes qu’il y a 20 ans :
"À l’époque, il y avait peut-être sept studios qui finançaient des films, plus beaucoup d’indépendants fortunés..." Selon lui, Hollywood produisait alors plus de 100 films de studio par an, auxquels s’ajoutaient des dizaines de productions indépendantes. Désormais, avec la concentration de l’industrie et la domination de quelques géants, ce nombre aurait drastiquement chuté.
"Aujourd’hui, on va peut-être finir avec trois studios. Même s’ils produisent chacun 20 films par an, ça ne fait plus que 60 films. Ça veut dire qu’il y a techniquement 60 réalisateurs qui auraient pu faire un film il y a vingt ans et qui n’auront plus cette chance aujourd’hui. Comment ça pourrait être une bonne chose ?"

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